S. f. (Astronomie) période ou espace de temps compris entre deux nouvelles lunes consecutives. Voyez LUNE.

La lunaison est aussi nommée mois synodique, et elle est composée de 29 jours 12 heures 3/4. Voyez MOIS, etc.

La lunaison est fort différente de l'espace de temps que la lune met à faire sa révolution autour de la terre ; car cet espace de temps qu'on appelle mois périodique lunaire, est de 27 jours 7 heures 43 sec. plus court d'environ 2 jours que la lunaison. Voyez la raison de cette différence à l'article LUNE.

Après 19 ans, les mêmes lunaisons reviennent au même jour, mais non pas au même instant du jour ; y ayant au contraire une différence d'une heure 25 minutes 33 secondes ; en quoi les anciens étaient tombés dans l'erreur, croyant le nombre d'or plus sur et plus infaillible qu'il n'est. Voyez NOMBRE D'OR, METHONIQUE, éPACTE, et CALENDRIER. Voyez aussi SAROS.

On a trouvé depuis qu'en 312 ans les lunaisons avancent d'un jour sur le commencement du mois ; de façon que lorsque l'on réforma le calendrier, les lunaisons arrivaient dans le ciel quatre à cinq jours plus tôt que le nombre d'or ne le marquait. Pour remedier à cela, nous faisons maintenant usage du cycle perpétuel des épactes.

Nous prenons 19 épactes pour répondre à un cycle de 29 ans ; et quand au bout de 300 ans la lune a avancé d'un jour, nous prenons dix-neuf autres épactes : ce qui se fait aussi lorsque l'on est obligé de rajuster, pour ainsi dire, le calendrier au soleil par l'omission d'un jour intercalaire, comme il arrive trois fois dans 400 ans.

Il faut avoir soin que l'index des épactes ne soit jamais changé, si ce n'est au bout du siècle, lorsqu'il doit l'être en effet par rapport à la métemptose ou proemptose. Voyez METEMPTOSE et PROEMPTOSE.

LUNAIRE, (Commerce) On appelle dans le Levant intérêts lunaires, les intérêts usuraires que les nations chrétiennes paient aux Juifs chaque lune ; les Turcs comptent par lunes et non par mois pour l'argent qu'ils empruntent d'eux. Voyez INTERET. Dictionn. de comm.