S. m. en terme d'Astronomie, se dit de chacune des extrémités de l'axe sur lequel la sphère du monde est censée faire sa révolution. Voyez SPHERE. Ce mot vient du grec , vertère, tourner.

Ces deux points éloignés de l'équateur de 90 degrés chacun, sont aussi appelés les pôles du monde. Tels sont les points P et Q, Pl. astronom. fig. 21. celui des deux qui nous est visible, comme P, c'est-à-dire, qui est élevé sur notre horizon, s'appelle le pôle arctique ou septentrional, et celui qui lui est opposé, tel que Q, est appelé antarctique ou méridional. Voyez ARCTIQUE et ANTARCTIQUE.

POLE, en terme de Géographie, est l'extrémité de l'axe de la terre, ou l'un des points sur la surface de notre globe par lesquels passe l'axe.

Tels sont les points P, Q, Pl. géograph. fig. 1. celui des deux qui est élevé sur notre horizon, est appelé le pôle arctique ou septentrional ; et son opposé Q s'appelle pôle antarctique ou méridional. Voyez GLOBE.

M. Halley prétend que le jour du solstice, sous le pôle, est aussi chaud que sous la ligne, quand le soleil est au zénith. A toutes les heures de ce jour, sous le pôle, les rayons du soleil sont inclinés à l'horizon, avec lequel ils font un angle de 23 degrés et demi ; au lieu que sous la ligne, quoiqu'il soit vertical, il n'éclaire pas plus de 12 heures, et il est absent autant ; outre que pendant 3 heures 8 minutes de ces 12 heures qu'il est sur l'horizon de la ligne, il n'est pas autant élevé que sous le pôle. Voyez CHALEUR.

La hauteur ou l'élévation du pôle est un arc du méridien intercepté entre le pôle et l'horizon. Voyez HAUTEUR, ELEVATION.

La manière de trouver cette élévation est un problème très-commun dans l'Astronomie, la Géographie et la Navigation ; la hauteur du pôle et la latitude d'un lieu étant la même chose, c'est-à-dire, l'un donnant l'autre. Voyez LATITUDE.

Pour observer la hauteur du pôle, on se sert d'un quart de cercle, avec lequel on observe la plus grande et la plus petite hauteur méridienne de l'étoile polaire. Voyez MERIDIEN.

On ôte ensuite la plus petite hauteur de la plus grande, et on divise cette différence par 2 ; le quotient est la distance de l'étoile au pôle ; cette distance ajoutée à la plus petite hauteur trouvée, donne l'élévation du pôle que l'on demandait.

Ainsi M. Couplet étant à Lisbonne en 1697 sur la fin de Septembre, observa que la plus grande hauteur méridienne était de 41°. 8'. 40''. et la plus petite de 36°. 28'. 0''. dont la différence est 4°. 37'. 40''. et la moitié de cette différence 2°. 18'. 59''. ajoutée à la plus petite hauteur, donne 38°. 46'. 50''. pour la hauteur du pôle à Lisbonne. Voyez HAUTEUR.

La hauteur du pôle et la ligne méridienne étant ensemble la base de toutes les observations astronomiques, pour les déterminer le plus exactement qu'il est possible, on doit corriger les hauteurs méridiennes par la doctrine des réfractions. Voyez REFRACTION.

Moyennant quoi, M. Couplet soustrayant 1'. 25''. dans l'exemple proposé, réduit la hauteur corrigée à 38°. 45'. 25''. La hauteur du pôle ôtée de 90 degrés, fait connaitre la hauteur de l'équateur, c'est-à-dire, l'angle de l'équateur avec l'horizon. Voyez EQUATEUR.

Si la plus grande hauteur méridienne de l'étoile polaire ou d'une autre étoile quelconque de l'hémisphère septentrional, excède la hauteur de l'équateur, en soustrayant cette dernière de la première, on aura la déclinaison septentrionale de l'étoile. Si la hauteur de l'étoile est plus grande que celle de l'équateur, la première étant soustraite de la dernière, donne la déclinaison méridionale de l'étoile. Voyez DECLINAISON.

Si au lieu de quart de cercle, on se veut servir de gnomon pour avoir la hauteur du pôle, en y employant les observations du soleil, il faudra calculer sa déclinaison, laquelle suppose qu'on connaisse son vrai lieu déduit des tables ou éphémérides ; et marquant sur la ligne méridienne le centre de l'image, on aura par conséquent sa distance au zénith. Cette distance au zénith étant connue, on y ajoutera ou on en retranchera la déclinaison du soleil, selon que cet astre est au sud ou au nord de l'équateur ; et l'on aura ainsi la distance de l'équateur au zénith, laquelle est toujours égale à la hauteur du pôle. Au reste, si la déclinaison du soleil excède la hauteur du pôle du lieu, ce qui peut arriver dans la zone torride, lorsque le soleil est moins éloigné du pôle que le zénith du lieu, alors la différence entre la déclinaison du soleil et sa distance au zénith sera la hauteur du pôle du lieu. Voyez LATITUDE.

M. Hook et quelques autres croient que la hauteur du pôle, et la position des principaux cercles dans le ciel, ont une situation différente de celle qu'ils avaient anciennement ; mais M. Cassini croit que cette conjecture n'est pas fondée, et que toute la différence que l'on trouve dans les latitudes des lieux, etc. par rapport aux anciennes supputations, vient de l'inexactitude des anciennes observations ; sur quoi voyez au mot ECLIPTIQUE et OBLIQUITE la question de l'obliquitté de l'écliptique qui revient à celle-ci.

Pole dans les sphériques, est un point également éloigné de toutes les parties de la circonférence d'un grand cercle de la sphère, comme est un centre dans une ligne plane.

Le pôle est un point éloigné de 90 degrés du plan d'un cercle, et qui est dans une ligne qui passe perpendiculairement par le centre, appelée axe.

Le zénith et le nadir sont les pôles de l'horizon. Les pôles de l'équateur sont les mêmes que ceux de la sphère ou du globe. Voyez ZENITH, NADIR, etc.

Poles de l'écliptique sont deux points sur la surface de la sphère, éloignés des pôles du monde de 23°. 30'. et de 90 degrés de tous les points de l'écliptique. Voyez ECLIPTIQUE, etc.

Dans la géométrie des courbes, on appelle pôle un point fixe par lequel passent des lignes tirées à cette courbe, et qui ont servi à sa description. Ainsi on dit pôle de la conchoïde. Voyez CONCHOÏDE.

L'étoile du pôle, ou l'étoile polaire, est une étoile de la seconde grandeur, qui est la dernière de la queue de la petite ourse. Voyez OURSE et POLAIRE.

Le voisinage de cette étoile au pôle, qui fait qu'elle ne se couche jamais, est d'un grand secours dans la navigation, etc. pour déterminer le méridien, l'élévation du pôle, et par conséquent la latitude, etc. Voyez MERIDIEN et LATITUDE. Chambers. (O)

POLES, dans l'aimant, ce sont deux points de l'aimant qui correspondent aux pôles du monde, dont l'un regarde le nord, et l'autre le sud. Voyez AIMANT.

Si l'on rompt l'aimant en tant de parties que l'on voudra, chaque fragment aura ses deux pôles. Si l'on coupe un aimant par une ligne perpendiculaire à l'axe, les deux parties qui se touchaient auparavant, deviendront les deux pôles opposés dans chaque segment.

Pour aimanter une aiguille, etc. la partie que l'on veut diriger vers le nord, doit être touchée avec le pôle méridional de l'aimant, et avec son pôle septentrional, l'extrémité qui doit être tournée au midi. Voyez AIGUILLE.

Un morceau de fer acquiert des pôles en restant longtemps debout et dans une situation constante ; mais ces pôles ne sont pas fixes.

Gilbert, dans son traité de l'aimant, dit que si l'on chauffe l'extrémité d'une verge, et qu'on la laisse refroidir dans une direction septentrionale, elle deviendra un pôle fixe septentrional ; et si on la met dans une direction méridionale, elle sera un pôle fixe méridional : néanmoins cela n'arrive pas dans tous les cas.

Si l'on tient en bas ou vers le nadir l'extrémité refroidie, elle acquiert un peu plus de magnétisme que si elle se refroidissait dirigée horizontalement vers le nord ; mais le meilleur est de la laisser un peu inclinée vers le nord. Il n'est pas plus avantageux de la chauffer plusieurs fois qu'une seule.

D'autres ajoutent que si l'on tient une verge dirigée vers le nord, et que dans cette position l'on frappe à coups de marteau l'extrémité septentrionale, elle deviendra un pôle fixe septentrional ; et que le contraire arrivera si l'on frappe à coups de marteau l'extrémité méridionale. Ce que l'on dit des coups de marteau doit pareillement s'entendre de l'effet de la lime, de la meule, de la scie, etc. et même un frottement doux, pourvu qu'il soit continué longtemps, fera naitre des pôles.

Plus les coups sont forts, le reste égal, plus aussi le magnétisme a de force. Un petit nombre de coups bien appliqués, produisent autant d'effet qu'un grand nombre. Les vieux forets et les poinçons qui ont servi longtemps ont leur pôle fixe septentrional, à cause qu'on les met presque toujours dans une position verticale, quand on en fait usage. Les forets nouveaux ont des pôles changeants, ou le pôle septentrional fort léger. Si l'on fore horizontalement avec quelqu'un de ces instruments dirigé vers le sud, il est rare que l'on produise un pôle méridional fixe, et encore plus rare si l'on incline vers le bas l'instrument dirigé au sud ; mais si en le frottant on l'incline en haut, en le dirigeant toujours vers le sud, on fera un pôle méridional fixe. Voyez à l'article AIMANT un plus grand détail sur les pôles de cette pierre. Chambers.

POLES de la terre, (Géographie moderne) les pôles de la terre sont deux points fixes, opposés diamétralement et placés à l'extrémité de l'axe autour duquel la terre tourne ; ils répondent exactement aux deux points des cieux, autour desquels les étoiles paraissent faire leur révolution. Le pôle qui est sous la grande ourse est le pôle arctique ou septentrional, l'autre se nomme antarctique ou méridional. Chacun de ces pôles est à 90d. de l'équateur. Tout cela se comprend encore mieux à l'inspection du globe que par des explications. Le mot pôle vient du grec , je tourne, parce que c'est par rapport à l'action de tourner que ces deux points ont été ainsi nommés. (D.J.)

POLE, poisson de mer qui est une espèce de sole, à laquelle il ressemble par la forme du corps ; il est cependant plus épais et moins allongé ; ses écailles sont aussi plus petites, et découpées sur les bords. On distingue encore aisément ce poisson de la sole en ce qu'il a un mauvais goût désagréable. Rondelet, Histoire naturelle des poissons, part. I. liv. XI. chap. XIIe Voyez SOLE, POISSON.