S. f. en Chronologie, terme qui marque l'équation solaire à laquelle il faut avoir égard pour empêcher que la nouvelle lune n'arrive un jour trop tard. Ce mot vient du grec , post, après, et , cado, je tombe.

Il est opposé à celui de proemptose, qui marque l'équation lunaire, à laquelle il faut avoir égard pour empêcher que la nouvelle lune n'arrive un jour trop tôt.

Pour entendre la différence de ces deux mots, il faut se rappeler ce que nous avons dit à l'article EPACTE : savoir, que le cycle des épactes qui revient au bout de 19 ans, et qui fait retomber les nouvelles lunes aux mêmes jours, ne saurait être perpétuel pour deux raisons ; la première, parce qu'au bout de 300 ans environ, les nouvelles lunes arrivent un jour plutôt qu'elles ne doivent arriver suivant le cycle de dix-neuf ans. La seconde, parce que de quatre années séculaires il n'y en a qu'une de bissextile suivant le nouveau style ; et que par conséquent dans les années séculaires qui ne sont point bissextiles, les nouvelles lunes doivent arriver un jour plus tard que l'épacte ne le donné. La métemptose est le changement qu'on fait au cycle des épactes dans les années séculaires non bissextiles : et la proemptose est le changement qu'on fait à ce cycle au bout de 300 ans, à cause du peu d'exactitude du cycle des 19 ans. On ne fait ces changements qu'au bout de chaque siècle, parce que ce temps est plus remarquable et rend la pratique du calendrier plus aisée.

Pour pouvoir faire facilement ces changements, on a construit deux tables. Dans la première on a disposé par ordre tous les cycles possibles des épactes, dont le premier commence à 30 ou *, et finit à 18 ; et le dernier commence à 1, et finit à 19 ; ce qui fait en tout 30 cycles d'épactes, et on a mis à la tête de chacun de ces cycles différentes lettres de l'alphabet pour les distinguer. Ensuite on a construit une autre table des années séculaires ; et à la tête de ces années on a mis la lettre qui répond au cycle des épactes dont on doit se servir durant le siècle par lequel chacune de ces années commence.

Ces lettres marquées ainsi au commencement de chaque cycle des épactes s'appellent leur indice. Ainsi le cycle 22, 3, 14, etc. qui est le cycle des épactes pour ce siècle, est marqué de l'indice C, et ainsi des autres. Voyez EPACTE.

Cela posé, il y a trois règles pour changer le cycle des épactes. 1°. Quand il y a métemptose, proemptose, il faut prendre l'indice suivant ou inférieur ; 2°. quand il y a proemptose sans métemptose, on prend l'indice précédent ou supérieur ; 3°. quand il y a proemptose et métemptose, ou qu'il n'y a ni l'une ni l'autre, on garde le même indice. Ainsi en 1600 on avait le cycle 23, 4, 15, qui est marqué de l'indice D. En 1700 qui n'a point été bissextile, on a pris C. En 1800 il y aura proemptose et métemptose, et ainsi on retiendra l'indice C. En 1900 il y aura encore métemptose, et on prendra B qu'on retiendra en 2000, parce qu'il n'y aura ni l'une ni l'autre.

La raison de ces différentes opérations est 1°. que la métemptose fait arriver la nouvelle lune un jour plus tard ; ainsi il faut augmenter de l'unité chaque chiffre du cycle des épactes. Car si l'épacte est, par exemple, 23, la nouvelle lune devrait arriver suivant le calendrier des épactes, à tous les jours de chaque mois où le chiffre 23 est marqué. Mais à cause de l'année non bissextile elle n'arrivera que le jour suivant qui a 24 ; ainsi il faudra prendre 24 au lieu de 23 pour épactes, et ainsi des autres.

2°. Quand il y a proemptose seulement, la nouvelle lune arrive réellement un jour plutôt que ne le marque le calendrier des épactes. Ainsi il faut diminuer chaque nombre du cycle d'une unité, par conséquent on prend le cycle supérieur.

3°. Quand il n'y a ni métemptose ni proemptose, on garde le cycle où l'on est, parce que l'épacte donne alors assez exactement la nouvelle lune ; et on garde aussi ce même cycle, quand il y a métemptose et proemptose, parce que l'une fait retarder la nouvelle lune d'un jour ; et l'autre la fait avancer d'autant : ainsi elles détruisent réciproquement leur effet. Voyez Clavius qui a fait le calcul d'un cycle de 301800 ans, au bout duquel temps les mêmes indices reviennent, et dans le même ordre. Chambers. (O)