S. f. (Philosophie) doctrine qui se borne à la considération de son objet, sans aucune application à la pratique, soit que l'objet en soit susceptible ou non.

Pour être savant dans un art, la théorie suffit ; mais pour y être maître, il faut joindre la pratique à la théorie. Souvent les machines promettent d'heureux succès dans la théorie, et échouent dans la pratique. Voyez MACHINE.

On dit la théorie de l'arc-en-ciel, du microscope, de la chambre obscure, du mouvement du cœur, de l'opération des purgatifs, etc.

Théories des planètes, etc. Ce sont des systèmes ou des hypothèses, selon lesquelles les Astronomes expliquent les phénomènes ou les apparences de ces planètes, et d'après lesquels ils donnent des méthodes pour calculer leurs mouvements. Voyez SYSTEME, PLANETE, etc. Chambers.

THEORIE, s. f. (Antiquité grecque) , pompe sacrée composée de chœurs de musique que les principales villes grecques envoyaient toutes les années à Délos. Plutarque, en racontant la magnificence et la dévotion de Nicias, dit : avant lui les chœurs de musique que les villes envoyaient à Délos pour chanter des hymnes et des cantiques à Apollon, arrivaient d'ordinaire avec beaucoup de désordre, parce que les habitants de l île accourant sur le rivage au-devant du vaisseau, n'attendaient pas qu'ils fussent descendus à terre ; mais poussés par leur impatience, ils les pressaient de chanter en débarquant, de sorte que ces pauvres musiciens étaient forcés de chanter dans le temps même qu'ils se couronnaient de leurs chapeaux de fleurs, et qu'ils prenaient leurs habits de cérémonie, ce qui ne pouvait se faire qu'avec beaucoup d'indécence et de confusion. Quand Nicias eut l'honneur de conduire cette pompe sacrée, il se garda bien d'aller aborder à Délos ; mais pour éviter cet inconvénient, il alla descendre dans l île de Rhène, ayant avec lui son chœur de musiciens, les victimes pour le sacrifice et tous les autres préparatifs pour la fête ; il avait encore amené un pont qu'il avait eu la précaution de faire construire à Athènes selon la mesure de la largeur du canal qui sépare l île de Rhène et celle de Délos. Ce pont était d'une magnificence extraordinaire, orné de dorures, de beaux tableaux et de riches tapisseries. Nicias le fit jeter la nuit sur le canal, et le lendemain au point du jour il fit passer toute sa procession et ses musiciens superbement parés, qui en marchant en bel ordre et avec décence, remplissaient l'air de leurs cantiques. Dans cette belle ordonnance il arriva au temple d'Apollon. On choisissait pour la conduite des chœurs un des principaux citoyens, et c'était une grande gloire que d'être intendant des théores. Voyez THÉORE. Voyez aussi pour les détails de cette célèbre procession navale, qu'on nommait théorie, les archaeol. graec. de Potter. l. II. c. ix. t. I. pag. 284 et suiv. (D.J.)