S. m. pl. (Théologie et Philosophie) secte de philosophes et de théologiens scolastiques, ainsi nommés de leur chef Jean Duns, surnommé Scot, Scotus, parce qu'il était natif d'Ecosse selon quelques-uns, ou selon d'autres d'Irlande, que l'on comprenait alors sous le nom de Scotia. Scot était religieux de l'ordre de S. Français, sur la fin du xiij. siècle, et au commencement du xiiij. Il se distingua extrêmement dans l'université de Paris, par sa pénétration et sa facilité à traiter les questions de philosophie et de théologie ; ce qui lui fit donner le nom de docteur subtil. D'autres l'ont nommé le docteur très-résolutif, parce qu'il avança quantité de sentiments nouveaux, et qu'il ne s'assujettit point à suivre les principes des théologiens qui l'avaient précédé. Il se piqua surtout de soutenir des opinions opposées à celles de S. Thomas, et c'est ce qui a produit dans l'école les deux sectes des Thomistes et des Scotistes. Voyez THOMISTES.

Au reste les uns et les autres, quant à la philosophie, étaient Péripatéticiens ; ils différaient seulement en ce que les Scotistes distinguaient en chaque être, autant de formalités qu'il y avait de qualités différentes, et croyaient toutes ces formalités absolument distinguées du corps, faisant pour ainsi dire autant de différentes entités, excepté celles qui étaient métaphysiques et comme sur - ajoutées à l'être. Voyez FORMALITE.

Quant à la théologie, la question de l'immaculée conception, et celle de la manière dont les sacrements opèrent, sont les principaux points sur lesquels les Scotistes étaient, et sont encore opposés aux Thomistes. Voyez CONCEPTION et SACREMENT.