adj. On dit, en Arithmétique et en Géométrie ; une raison directe ou une proportion directe. Pour bien concevoir ce que c'est, supposons deux grandeurs A, B d'une part, et deux autres grandeurs C, D d'une autre part ; et considérant les deux premières A, B comme des causes dont les deux autres C, D sont les effets, en sorte que la première cause A soit au premier effet C, comme la seconde cause B est au second effet D, on dit en ce cas que les causes sont en raison directe des effets. Mais si la première cause A est au premier effet C, comme le second effet D est à la seconde cause B, alors les causes sont en raison inverse ou réciproque des effets. On voit par ces exemples, pourquoi ces raisons ou proportions ont été ainsi dénommées.

Quand deux triangles sont semblables, leurs côtés homologues sont en raison directe. Voyez RAISON, REGLE DE TROIS ou DE PROPORTION. Les corps sont attirés en raison directe de leurs masses, et en raison renversée du carré de leurs distances. Voyez RENVERSE, RECIPROQUE, INVERSE. (E)

DIRECT, adj. en Optique, vision directe d'un objet, est celle qui est formée par des rayons directs ; c'est-à-dire par des rayons qui viennent directement et immédiatement de l'objet à nos yeux. Elle est opposée à la vision qui se fait par des rayons ou réflechis ou rompus, c'est-à-dire par des rayons qui partent de l'objet, et qui avant d'arriver à nos yeux, tombent sur la surface d'un miroir qui nous les renvoye, ou sur la surface d'un corps transparent qui les brise, et à-travers lequel ils passent. Voyez LUMIERE, RAYON.

DIRECT, (Astronomie) On considère les planètes dans trois états ; savoir, directes, stationnaires, et retrogrades. Voyez PLANETE.

On dit qu'elles sont directes, quand elles paraissent se mouvoir en-avant suivant l'ordre des signes du zodiaque ; stationnaires, quand elles paraissent rester en repos ; et retrogrades, quand elles paraissent se mouvoir dans un sens contraire. Voyez RETROGRADATION et STATION. (E)

DIRECT ; dans l'histoire, on dit qu'un discours est direct, qu'une harangue est directe, lorsqu'on fait parler ou haranguer les personnages eux-mêmes. Au contraire on appelle discours indirects, ceux dont l'historien ne rapporte que la substance ou les principaux points, et qu'il ne fait pas prononcer expressément par ceux qui sont censés les avoir tenus. Les anciens sont pleins de ces harangues directes, pour la plupart imaginaires. Il est étonnant, surtout, quelle éloquence Tite-Live prête à ces premiers Romains, qui, jusqu'au temps de Marius, s'occupaient plus à bien faire qu'à bien dire, comme le remarque Salluste. Les modernes sont plus réservés sur ces morceaux oratoires.

Cependant comme il ne faut pas être prodigue de ces ornements, il ne faut pas non plus en être avare. Il est des circonstances où cette espèce de fictions, sans altérer le fond de la vérité, répand dans la narration beaucoup de force et de chaleur. C'est lorsque le personnage qui prend la parole, ne dit que ce qu'il a dû naturellement penser et dire. Salluste pouvait ne donner qu'un précis des discours de Catilina à ses conjurés. Il a mieux aimé le faire parler lui-même, et cet artifice ne sert qu'à développer par une peinture plus animée le caractère et les desseins de cet homme dangereux. L'histoire n'est pas moins le tableau de l'intérieur que de l'extérieur des hommes. C'est dans leur âme qu'un écrivain philosophe cherche la source de leurs actions ; et tout lecteur intelligent sent bien qu'on ne lui donne pas les discours du personnage qu'on lui présente, pour des vérités de fait aussi exactes que la marche d'une armée, ou que les articles d'un traité. Ces discours sont communement le résultat des combinaisons que l'historien a faites sur la situation, les sentiments, les intérêts de celui qu'il fait parler ; et ce serait vouloir réduire l'histoire à la sécheresse stérile des gazettes, que de vouloir la dépouiller absolument de ces traits, qui l'embellissent sans la déguiser.

Il n'est aucun genre de narration où le discours direct ne soit en usage, et il y répand une grâce et une force qui n'appartient qu'à lui. Mais dans le dialogue pressé, il a un inconvénient auquel il serait aussi avantageux que facile de remédier. C'est la répétition fatigante de ces façons de parler, lui dis-je, reprit-il, me répondit-elle, interruptions qui rallentissent la vivacité du dialogue, et rendent le style languissant où il devrait être le plus animé. Quelques anciens, comme Horace, se sont contentés dans la narration, de ponctuer le dialogue. Mais ce n'était point assez pour éviter la confusion. Quelques modernes, comme la Fontaine, ont distingué les répliques par les noms des interlocuteurs ; mais cet usage ne s'est introduit que dans les récits en vers. Le moyen le plus court et le plus sur d'éviter en même temps les longueurs et l'équivoque, serait de convenir d'un caractère qui marquerait le changement d'interlocuteurs, et qui ne serait jamais employé qu'à cet usage. Article de M. MARMONTEL.

DIRECTE, (Jurisprudence) ce terme, quand il est seul, signifie ordinairement la seigneurie directe, c'est-à-dire la seigneurie féodale qui est opposée à la simple propriété.

On dit aussi quelquefois en directe simplement et pour abréger, au lieu de dire en ligne directe.

Il y a action directe, qui est opposée à action contraire et utile. Voyez ACTION.

Ligne directe. Voyez LIGNE.

Propriété directe. Voyez PROPRIETE.

Seigneurie directe, est de deux sortes : l'une opposée à la simple propriété, et qu'on appelle quelquefois simplement directe ou seigneurie féodale ; l'autre sorte de seigneurie directe, qu'on appelle plutôt domaine direct, est la propriété opposée à l'usufruit ou autre jouissance, telle que la propriété du bailleur à rente foncière comparée à celle du preneur à rente. Voyez SEIGNEURIE DIRECTE.

Succession directe ou en ligne directe, est opposée à succession collatérale. Voyez SUCCESSION. (A)