Imprimer
Catégorie parente: Science
Catégorie : Philosophie morale
S. f. (Grammaire et Philosophie morale) état tranquille dans lequel l'âme placée vis-à-vis d'un objet, ne le désire, ni ne s'en éloigne, et n'est pas plus affectée par sa jouissance qu'elle ne le serait par sa privation.

L'indifférence ne produit pas toujours l'inaction. Au défaut d'interêt et de gout, on suit des impressions étrangères, et l'on s'occupe de choses, au succès desquelles on est de soi-même très-indifférent.

L'indifférence peut naître de trois sources, la nature, la raison et la foi ; et l'on peut la diviser en indifférence naturelle, indifférence philosophique, et indifférence religieuse.

L'indifférence naturelle est l'effet d'un tempérament froid. Avec des organes grossiers, un sang épais, une imagination lourde, on ne veille pas ; on sommeille au milieu des êtres de la nature ; on n'en reçoit que des impressions languissantes ; on reste indifférent et stupide. Cependant l'indifférence philosophique n'a peut-être pas d'autre base que l'indifférence naturelle.

Si l'homme examine attentivement sa nature et celle des objets ; s'il revient sur le passé, et qu'il n'espère pas mieux de l'avenir, il voit que le bonheur est un fantôme. Il se refroidit dans la poursuite de ses désirs ; il se dit, nil admirari prope res est una, Numici, solaque, quae possit facère et servare beatum ; Numicius, il n'y a de vrai bien que le repos de l'indifférence.

L'indifférence philosophique a trois objets principaux, la gloire, la fortune et la vie. Que celui qui prétend à cette indifférence s'examine, et qu'il se juge. Craint-il d'être ignoré ? d'être indigent ? de mourir ? Il se croit libre, mais il est esclave. Les grands fantômes le séduisent encore.

L'indifférence philosophique ne diffère de l'indifférence religieuse que par le motif. Le philosophe est indifférent sur les objets de la vie, parce qu'il les méprise ; l'homme religieux, parce qu'il attend de son petit sacrifice une récompense infinie.

Si l'indifférence naturelle, réfléchie, ou religieuse est excessive, elle relâche les liens les plus sacrés. On n'est plus ni père attentif, ni mère tendre, ni ami, ni amant, ni époux. On est indifférent à tout. On n'est rien, ou l'on est une pierre.



Affichages : 1293