S. f. (Physique et Métaphysique) science des causes finales. Voyez CAUSE FINALE, et joignez-y les réflexions suivantes du chancelier Bacon.

L'examen des causes finales est, dit-il, plus dans l'ordre de la Morale que de la Physique, qui s'appauvrira toutes les fois qu'elle voudra étudier les faits dans les motifs, et qu'au lieu de s'informer comment la nature opere, elle demandera pourquoi. Cette curiosité, qui vient d'une inquiétude naturelle de l'esprit, et de son penchant secret à franchir les limites, peut avoir sa place, mais à la suite de toutes les autres questions. La Providence nous permet de suivre ses voies pour les adorer, mais non pas d'approfondir ses vues. Elle se plait à faire sortir du cours de la nature des événements inopinés, où tous nos jugements vont échouer ; et par ces routes secrètes qui la dérobent à nos yeux, elle devient plus respectable encore sous le voile du mystère, que si elle avait marqué dans tous ses pas les desseins de sa sagesse.

C'est à son exemple que les maîtres de la terre ont besoin de se rendre quelquefois invisibles pour conserver leur majesté ; plus admirables, quand ils font naitre le bonheur et la tranquillité publique de l'orage des brigues et des passions, que s'ils faisaient ouvertement tout plier sous le poids de leur autorité. Aussi les matérialistes qui n'ont point aperçu les traces d'une intelligence supérieure dans le gouvernement de l'univers, d'ailleurs connaissaient mieux la nature que la plupart des autres philosophes, qui voulant suivre la marche de la Providence, lui prêtaient des contradictions indignes.

Comme l'homme est porté à se croire le plus parfait de tous les êtres, il se croit aussi la cause finale de toute création. Les philosophes, réputés orthodoxes dans tous les siècles, ont enseigné que le monde a été fait pour l'homme, la terre pour son habitation, et tous les corps lumineux pour lui servir de spectacle. Les rois n'en font pas tant, lorsqu'ils s'imaginent être la cause finale pour laquelle toutes les sociétés ont été formées, et les gouvernements institués. (D.J.)