adj. (Physique) Nous appelons ainsi ce qui a des parties rangées les unes auprès des autres, en sorte qu'il soit impossible d'en ranger d'autres entre-deux dans un autre ordre ; et généralement on conçoit de la continuité par-tout où l'on ne peut rien placer entre deux parties.

Ainsi nous disons que le poli d'une glace est continu, parce que nous ne voyons point de parties non polies entre celles de cette glace, qui en interrompent la continuité ; et nous appelons le son d'une trompette continu, lorsqu'il ne cesse point, et qu'on ne peut point mettre d'autre son entre-deux. Mais lorsque deux parties d'étendue se touchent simplement et ne sont point liées ensemble, en sorte qu'il n'y a point de raison interne, comme celle de la cohésion ou de la pression des corps environnans, pourquoi l'on ne pourrait point les séparer et mettre quelque chose entre-deux, alors on les nomme contiguès. Ainsi dans le contigu la séparation des parties est actuelle, au lieu que dans le continu elle n'est que possible. Deux hémisphères de plomb, par exemple, sont deux parties actuelles de la boule, dont ils sont les moitiés ; et ces deux parties seront contiguès, si on les place l'une auprès de l'autre, en sorte qu'il n'y ait rien entre-deux : mais si on joignait les deux hémisphères ensemble, de manière à former un seul tout, ce tout deviendrait un continu, et la contiguité de ses parties serait alors simplement possible, en tant que l'on conçoit qu'il est possible de séparer cette boule en deux hémisphères, comme avant la réunion. Il résulte de-là, suivant quelques Métaphysiciens, que l'idée de l'espace absolu doit nous le représenter comme un continu ; mais ce n'est qu'une abstraction. Voyez ESPACE et CONTIGU. Article de M. Formey.

Les Philosophes demandent si le continu est divisible à l'infini, c'est-à-dire, s'il est divisible dans une infinité de parties. Voyez DIVISIBILITE.

Les anciens attribuaient l'élevation de l'eau dans les pompes, à l'amour de la nature pour la continuité, et à son horreur pour le vuide, la pesanteur et l'élasticité de l'air leur étant inconnues. Voyez AIR et VUIDE.

Les Mathématiciens divisent la quantité en discrette et continue. Voyez QUANTITE.

La quantité continue est l'étendue, soit des lignes, soit des surfaces, soit des solides ; elle est l'objet de la Géométrie. Voyez LIGNE et GEOMETRIE.

La quantité discrette, c'est les nombres qui sont le sujet de l'Arithmétique. Voyez NOMBRE. L'étendue est une quantité continue, parce qu'on ne remarque point d'intervalle entre ses parties ; qu'entre deux portions d'étendue on ne peut en imaginer une autre : au lieu que les nombres sont une quantité discrette, et dans laquelle il n'y a point de continuité : car il n'y a point de nombres si peu différents entre lesquels on n'en puisse imaginer un, plus grand que le moindre des deux nombres donnés, et plus petit que le plus grand.

La proportion continue, en Arithmétique, est celle dans laquelle le conséquent de la première raison est l'antécedent de la seconde, comme 3. 6 : : 6. 12 : Voyez PROPORTION.

Si au contraire le conséquent de la première raison est différent de l'antécedent de la seconde, la proportion s'appelle discrette, comme 3 : 6 : : 4. 8. (O)