Physique

S. f. (Physique) propriété de certains fluides, par laquelle ils tendent sans-cesse à occuper un espace plus grand. L'air et toutes les substances qui ont acquis le degré de chaleur nécessaire pour leur vaporisation, comme l'eau au-dessus du terme de l'eau bouillante, sont expansibles. Il suit de notre définition, que ces fluides ne sont retenus dans de certaines bornes que par la force comprimante d'un obstacle étranger, et que l'équilibre de cette force avec la force expansive, détermine l'espace actuel qu'ils occupent. Tout corps expansible est donc aussi compressible ; et ces deux termes opposés n'expriment que deux effets nécessaires d'une propriété unique dont nous allons parler. Nous traiterons dans cet article.

S. f. en Physique, est l'action par laquelle un corps est étendu et dilaté, soit par quelque cause extérieure, comme celles de la raréfaction ; soit par une cause interne, comme l'élasticité. Voyez DILATATION, RAREFACTION, ELASTICITE.

Les corps s'étendent par la chaleur ; c'est pourquoi leurs pesanteurs spécifiques sont différentes, suivant les différentes saisons de l'année. Voyez PESANTEUR SPECIFIQUE, EAU, etc. Voyez aussi PYROMETRE et EXTENSION. Voyez ci-dessus EXPANSIBILITE. Chambers.

S. f. en Physique, se dit proprement du bruit que fait la poudre à canon quand elle s'enflamme, ou en général l'air, quand il est chassé ou dilaté avec violence : c'est pour cela que le mot explosion se dit aussi du bruit qui se fait quelquefois lorsqu'on excite la fermentation dans des liqueurs en les mêlant ensemble. Il parait que l'explosion vient de l'effort de l'air qui, resserré auparavant, se dilate tout-d'un-coup avec force. Mais comment l'inflammation de la poudre et le mélange de deux liqueurs produisent-ils cette dilatation subite et bruyante ? comment et pourquoi l'air était-il auparavant resserré ? voilà ce qu'on n'explique point, &, à parler vrai, ce qu'on ignore parfaitement. Voyez POUDRE A CANON, FERMENTATION, etc. Voyez ci-devant EXPANSIBILITE. (O)

S. f. (Physique) est la propriété que certains corps ont de pouvoir souffrir de l'extension. Ce mot se dit principalement des cordes, des métaux, etc. Voyez DUCTILITE et EXTENSION.
S. f. (Physique) en parlant des corps, est la même chose qu'étendue. Voyez ETENDUE.

EXTENSION signifie aussi la même chose que dilatation, expansion, raréfaction. Voyez ces mots.

On voit une preuve bien sensible de l'extension des métaux par la chaleur, à la machine de Marly : toutes les barres qui servent à communiquer le mouvement des roues, varient tellement de longueur, qu'on a été obligé de faire plusieurs trous à l'endroit de leur jonction, pour les ajuster entr'elles à proportion de leur longueur. Supposant deux tiers de ligne pour l'allongement d'une barre de fer de six pieds, ce serait six pouces sur cent taises ; ce qui produirait dans le jeu des pistons un dérangement considérable, sans la précaution dont on vient de parler. La chaleur, ainsi que le froid, doivent par cette raison déranger souvent les horloges de clocher : la même raison peut influer quelquefois sur les montres de poche. D'habiles artistes ayant remarqué que l'extension du fer parle chaud, est à celle du cuivre comme 3 à 5, ont employé cette idée d'une manière ingénieuse pour donner aux verges des pendules une forme telle, qu'elles ne souffrent point d'extension par la chaleur. Voici en général et en peu de mots une idée des moyens qu'ils ont employés pour cela. Ils ont attaché la verge de fer à la partie supérieure d'un cylindre de laiton : ce cylindre est fixement attaché par sa partie inférieure ; il se dilate de bas en-haut, tandis que la verge se dilate de haut en-bas ; et en faisant la longueur du tuyau à celle de la verge, comme 3 à 5, il est visible que le tuyau sera autant dilaté de bas en-haut, que la verge de haut en-bas, et qu'ainsi la distance de l'extrémité inférieure de la verge à l'extrémité inférieure et fixe du tuyau, sera constante, donc si le point autour duquel la verge oscille, est placé près de l'extrémité inférieure du tuyau, le pendule conservera une longueur constante. Voyez PENDULE, et les mémoires de l'acad. 1741. Voyez aussi les leç. de Phys. de M. l'abbé Nollet, tome IV. pag. 365. etc. et l'article EXPANSIBILITE.