Invention

S. f. (Histoire des Inventions modernes) art de tirer sur du papier l'empreinte des lettres, des caractères mobiles, jetés en fonte, et qui servent de moule. On l'appelle autrement art typographique, et c'est un fort bon terme. Venons à la chose.

L'Imprimerie, cet art si favorable à l'avancement des Sciences, qui acquièrent toujours de la perfection à mesure que les connaissances se multiplient, fut trouvée vers le milieu du quinzième siècle, à-peu-près dans le temps que la Gravure fut connue, et les Romains n'avaient qu'un pas à faire pour en avoir la gloire.

four à, (Invention égyptienne) c'est en Egypte un bâtiment construit dans un lieu enfoncé en terre, et en forme de dortoir ; l'allée qui est au milieu a 4 ou 5 chambres à ses côtés de part et d'autre.

La porte de l'allée est fort basse et fort étroite : elle est bouchée avec de l'étoupe, pour conserver une chaleur continuelle dans toute l'étendue du four.

La largeur des chambres est de 4 ou 5 pieds, et la longueur en a trois fois autant.

Les chambres ont double étage : celui d'en bas est à rez de chaussée ; celui d'en haut a son plancher inférieur, et ce plancher a une ouverture ronde au milieu : le plancher supérieur est vouté en dôme et pareillement ouvert.

(Invention ancienne et moderne) représentations publiques imaginées pour amuser, pour plaire, pour toucher, pour émouvoir, pour tenir l'âme occupée, agitée, et quelquefois déchirée. Tous les spectacles inventés par les hommes, offrent aux yeux du corps ou de l'esprit, des choses réelles ou feintes ; et voici comme M. le Batteux, dont j'emprunte tant de choses, envisage ce genre de plaisir.

L'homme, dit-il, est né spectateur ; l'appareil de tout l'univers que le Créateur semble étaler pour être vu et admiré, nous le dit assez clairement. Aussi de tous nos sens, n'y en a-t-il point de plus vif, ni qui nous enrichisse d'idées, plus que celui de la vue ; mais plus ce sens est actif, plus il a besoin de changer d'objets : aussitôt qu'il a transmis à l'esprit l'image de ceux qui l'ont frappé, son activité le porte à en chercher de nouveaux, et s'il en trouve, il ne manque point de les saisir avidement. C'est de-là que sont venus les spectacles établis chez presque toutes les nations. Il en faut aux hommes de quelque espèce que ce soit : et s'il est vrai que la nature dans ses effets, la société dans ses événements, ne leur en fournissent de piquans que de loin à loin, ils auront grande obligation à quiconque aura le talent d'en créer pour eux, ne fût-ce que des fantômes et des ressemblances, sans nulle réalité.

S. m. (Invention de Mécanique) canal ou conduit qui sert à faire entrer l'air, le vent, l'eau, et autres choses liquides dans quelques endroits, ou à les faire sortir. On fait des tuyaux d'étain, de plomb, de laiton, pour monter les orgues ; ces derniers sont en manière de caisses carrées, les autres sont ronds.

Les tuyaux pour la conduite et décharge des eaux et pour les machines hydrauliques, se font ordinairement de fer fondu, de plomb, de terre, et de bois. On emploie communément pour ceux-ci du bois de chêne ou d'aulne. Les tuyaux de fer se fondent dans les fonderies et forges de fer ; leur diamètre est suivant la volonté de celui qui les ordonne, leur épaisseur proportionnée à leur diamètre, et leur longueur comme de deux pieds et demi à trois pieds ; on les joint les uns aux autres par le moyen de quatre vis et de quatre écrous à chaque bout, en mettant entre deux pour étancher l'eau, du cuir ou du feutre d'un vieux chapeau.