S. m. (Géométrie) est un instrument dont les Arpenteurs se servent, et par le moyen duquel ils rapportent et tracent sur le papier les angles qu'ils ont pris sur le terrain avec le demi-cercle, le graphomètre ou l'équerre d'arpenteur. Voyez LEVER UN PLAN.

Le rapporteur consiste en un limbe demi-circulaire B A G (Planche de l'arpentage fig. 29.) qui est de cuivre, d'argent, de corne, ou de quelque autre matière semblable. Ce limbe est divisé en 180 degrés, et terminé par le diamètre B A, au milieu duquel il y a une petite entaille ou lèvre, appelée le centre du rapporteur.

Sur le limbe du rapporteur on écrit aussi quelquefois les nombres qui désignent les angles au centre des polygones réguliers : ainsi vis-à-vis le nombre 5, qui marque les côtés du pentagone, on trouve 72, qui est l'angle au centre du pentagone. Voyez POLYGONE.

Usage du rapporteur. 1. Pour tracer sur le papier un angle d'un nombre de degrés donnés. Supposons, par exemple, qu'il s'agisse de tirer du point o une ligne qui fasse un angle de 50 degrés avec la ligne A o B : mettez le centre du rapporteur sur le point o, et son diamètre sur la ligne A o B. Faites ensuite un point sur le papier vis-à-vis de l'endroit où sont marqués 50 degrés sur le limbe du rapporteur ; par ce point et par le point o tirez une ligne o P, cette ligne fera avec A o B l'angle proposé de 50 degrés.

2. Pour trouver la quantité d'un angle donné ; par exemple le nombre de degrés que contient l'angle P o A, mettez le centre du rapporteur sur le sommet de l'angle o, et son diamètre sur la ligne o A, l'endroit où le timbre sera coupé par la ligne o P marquera le nombre de degrés que contient l'angle P o A, c'est-à-dire 50.

3. Pour inscrire dans un cercle un polygone régulier quelconque, par exemple un pentagone, mettez le centre et le diamètre du rapporteur sur le centre et sur un diamètre du cercle proposé ; et marquez sur le cercle un point vis-à-vis le nombre de degrés que doit avoir l'angle au centre du polygone, qui est, dans ce cas-ci, 72. Par cette marque et par le centre du cercle tirez une ligne qui coupe la circonférence. Du point d'intersection de cette ligne au point où le diamètre du rapporteur coupe la circonférence, tirez une ligne droite ou corde du cercle. Cette ligne sera le côté du pentagone, dont on prendra ensuite la longueur avec le compas, pour la porter tout-autour de la circonférence ; on aura ainsi les points par où doit passer le polygone inscrit, et il n'y aura plus qu'à joindre ces points par des lignes droites pour achever de décrire le polygone. Voyez POLYGONE.

4. Pour décrire sur une ligne donnée un polygone proposé, par exemple un octogone, ôtez de 180 degrés l'angle au centre du polygone, qui est ici 45d. il restera 135 pour l'angle que font entr'eux deux côtés consécutifs de l'octogone cherché ; et la moitié de cet angle est 67 1/2 ; mettant donc le diamètre du rapporteur sur la ligne donnée, de manière que son centre soit sur une des extrémités de cette ligne, vous marquerez un point vis-à-vis de 67d 1/2, et par ce point et le centre du rapporteur vous tirerez une ligne droite. Vous ferez la même chose à l'autre extrémité de la ligne donnée, en y mettant le centre du rapporteur ; le point où se couperont les deux droites tirées par les deux extrémités de la ligne donnée, sera le centre du cercle qui doit être circonscrit à l'octogone ; décrivant donc ce cercle, et portant huit fois sur sa circonférence la longueur de la ligne donnée, on n'aura plus qu'à joindre tous les points qu'on aura marqués, pour avoir l'octogone entier.

Le rapporteur perfectionné est un instrument fort semblable au précédent, excepté qu'il contient un peu plus de lignes, moyennant quoi on peut aller jusqu'à prendre des angles composés de degrés et de minutes, ce qui est impraticable avec le rapporteur simple. (E)

RAPPORTEUR, ou outil à placer les roues de rencontre, (Horlogerie) c'est un instrument (voyez les Pl. et les fig. de l'Horlogerie) dont les Horlogers se servent pour les trous de la roue de rencontre, à-peu-près comme ils emploient l'outil à rapporter des trous ; on l'emploie pour prendre l'élévation de certains points ou trous au-dessus des platines. Il est composé de trois pièces ; 1°. de la pièce m p mobile autour du point m, du ressort r qui la pousse continuellement vers le bout B de la vis V, et de cette vis au moyen de laquelle on la fait élever ou baisser à volonté. Il doit y avoir de plus dans l'entaille E une petite partie adaptée fixement en croix avec l'instrument, afin que lorsque l'on le serre sur la platine, il ne puisse bercer dans aucun sens. Voici comme on s'en sert, on le présente sur la platine et on voit si la pointe p donne précisément dans le trou de la roue de rencontre qu'on veut boucher : si elle n'y donne pas, et qu'elle donne plus haut, on l'abaisse un peu au moyen de la vis v, jusqu'à ce qu'elle donne précisément dedans ; ensuite on serre la vis s pour que cette hauteur ne change point. Le trou étant bouché, on représente de nouveau l'instrument et on le traine un peu sur la platine, en faisant porter la pointe p contre l'endroit où était le trou ; alors elle marque un petit trait qui détermine la hauteur du trou.

RAPPORTEUR, (Barreau) Voyez RAPPORT, Barreau. J'ajouterai seulement que l'office d'un rapporteur exige qu'il mette de l'ordre dans les preuves, de la clarté dans les informations, de la précision dans la récapitulation, et des motifs dans son avis ; tout le reste aurait un air d'affectation, d'envie de briller, de légèreté, d'inattention, de précipitation, ou de vaine gloire. (D.J.)