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Catégorie parente: Arts & métiers
Catégorie : Tailleur & couturière
S. f. (Tailleur et Couturière) ce sont des ouvertures longues et étroites, pratiquées par les Tailleurs à tous les endroits de nos vêtements, d'homme surtout, où l'on veut avoir la commodité de les ouvrir et de les fermer par le moyen des boutons. Le bouton est à droite, et la boutonnière est à gauche. Le bouton est dessus le bord du vêtement, et il entre dans la boutonnière par-dessous. La boutonnière est faite ou de soie, ou de fil, ou de fil d'or et d'argent, selon la richesse ou la simplicité de l'habillement. Ses côtés sont bordés d'une espèce de tissu fort, étroit, et un peu relevé, que le tailleur forme à l'aiguille ; et les extrémités sont contenues par deux brides.

Il y a des boutonnières ouvertes, et ce sont celles dont nous venons de parler. Il y en a de fermées, et ce sont celles qu'on place dans des endroits où elles étaient autrefois d'usage, et où la boutonnière et le bouton ne sont plus que d'ornement.

Les boutonnières prennent chez les Tailleurs et les Couturières, différents noms relatifs à la façon de la boutonnière.

BOUTONNIERE, terme de Chirurgie, incision qu'on fait au périnée, pour pénetrer dans la vessie et y placer une canule qui puisse donner issue aux matières qui y sont contenues.

Cette opération est nécessaire pour procurer le cours des urines, des graviers, et du pus ; par son moyen on fait commodément des injections dans une vessie graveleuse ou ulcérée : elle a lieu dans certaines rétentions d'urine qui viennent des fongus de la vessie ; ce sont des excraissances charnues qui bouchent l'orifice interne de la vessie, et qui empêchent que la contraction de ce viscère agisse sur l'urine contenue.

Pour faire cette opération, on place le malade comme pour lui faire l'opération de la taille ; on prend une sonde cannelée (voyez CATHETER) ; on l'insinue doucement dans la vessie (voyez CATHETERISME) ; un aide monté sur une chaise ou un tabouret, placé au côté droit du malade, soulève les bourses, et applique ses doigts indicateurs parallèlement le long du périnée à chaque côté de l'urethre. L'opérateur, le genou droit en terre, tient avec fermeté de la main gauche le manche de la sonde, de façon qu'elle fasse un angle droit avec le corps du malade. Il fait faire, autant qu'il est possible, une saillie au périnée avec la courbure de la sonde, à côté du raphé, entre les deux doigts index de l'aide-chirurgien. L'opérateur doit appuyer pour un moment le bec de sa sonde sur le rectum, pour bien remarquer au-dessus de l'anus jusqu'à quel endroit il pourra continuer l'incision. Il prend alors un lythotome ou bistouri, qu'il tient de la main droite comme une plume à écrire : il porte la pointe de l'instrument dans la cannelure de la sonde, au-dessous des bourses ; il perce les téguments et l'urethre au côté gauche du raphé, et il continue son incision inférieurement jusqu'au point qu'il a remarqué au-dessus de l'anus, en se gardant de passer outre, de crainte d'intéresser l'intestin. Dès que l'incision est faite, l'opérateur retire le lythotome, et prend un gorgeret dont il porte le bec dans la cannelure de la sonde, sur laquelle il le fait couler jusque dans la vessie. Il retire la sonde, prend le manche du gorgeret avec la main gauche, et de la droite il conduit une canule arrivée dans la vessie à la faveur du gorgeret, qu'il retire ensuite en lui faisant faire un demi-tour sur la canule ; de façon qu'en le retirant, son dos ou surface convexe regarde l'angle supérieur de la plaie, qu'on panse avec de la charpie seche, qu'il faut soutenir avec des compresses et un bandage contentif, qui ne gêne point la sortie de l'urine. Il ne diffère point de l'appareil de la lythotomie. Voyez LYTHOTOMIE.

L'objet de la Chirurgie est de guérir et non d'opérer : ainsi dès qu'on a fait la boutonnière au périnée, on n'a rempli qu'un des points du traitement, et le malade se trouve simplement dans une disposition favorable pour recevoir les secours qu'un chirurgien intelligent doit lui procurer. Cette opération permet l'issue aux matières graveleuses, dont il faut aider la sortie par des injections, et dont il faut quelquefois faire l'extraction lorsqu'il se trouve des petites pierres, dont le volume sera d'un diamètre plus grand que celui des ouvertures latérales de l'extrémité antérieure de la canule. Voyez CANNULE. Les injections doivent être appropriées à la nature et à l'état de la maladie qui les exige, parce qu'il faut quelquefois mettre des fongus en suppuration ; tantôt mondifier une vessie malade, déterger ensuite les ulcères ; d'autres fois fortifier les fibres qui ont perdu leur ressort, etc. Lorsqu'on sera parvenu à rétablir les choses dans l'état naturel, par l'usage successif ou combiné des différents moyens qui seront indiqués, on supprime la canule, et on met dans l'urethre une sonde creuse ou cannelée, courbée en S (voyez ALGALIE) par laquelle les urines couleront d'abord en partie : à mesure que la plaie se resserrera, les urines ne prendront point d'autre route pour s'écouler ; et la plaie n'étant plus mouillée par les urines, elle se réunira bientôt.

L'administration des remèdes doit être variée, et n'est pas, comme on voit, moins soumise aux indications dans le traitement des maladies chirurgicales, que dans celui des maladies internes : le manuel chirurgical même doit être différent, suivant les circonstances qui se présentent. On sait que l'art d'opérer, dépouillé de tout rapport à la guérison des maladies, et considéré simplement en lui-même, demande des connaissances anatomiques très-exactes : mais elles ne suffisent point à un chirurgien. La structure de la partie ne lui montre point de routes nouvelles pour diriger ses opérations : l'usage des parties et le mécanisme par lequel elles exécutent leurs fonctions, sont absolument nécessaires à savoir, pour qu'on puisse juger sainement de la maladie, qui consiste dans la lésion des fonctions. C'est sur ces connaissances physiologiques et pathologiques, qui suffisent à un habîle homme dans l'autre branche de l'art de guérir, et qui dans la Chirurgie doivent être soutenues de la connaissance exacte de la structure, du volume, de l'étendue, des attaches des parties, et de leurs différents rapports à celles qui les environnent, qu'on sait se tracer et qu'on suit avec toute la certitude possible des voies d'opérer qui ne sont point déterminées par les préceptes. Dans l'opération de la boutonnière, l'incision est commune aux téguments et à l'urethre ; cependant des circonstances particulières demandent qu'on étende et qu'on dirige différemment la section des parties. Il survint à un homme de quarante-cinq ans, par une rétention totale d'urine, une tumeur au périnée qui s'étendait dans les bourses, dans les aines, sous la peau qui couvre le pubis et la verge. Le progrès en fut si rapide, qu'en deux fois vingt-quatre heures il survint une suppuration gangreneuse. On ouvrit en plusieurs endroits du périnée, des bourses, et des aines ; les parties se dégorgèrent, les urines coulèrent en abondance, les lambeaux gangréneux se détachèrent ; on parvint enfin à guérir toutes ces plaies, excepté une du périnée qui resta fistuleuse, et par laquelle les urines coulaient involontairement. Le malade avait déjà souffert l'opération de la boutonnière sans succès, lorsqu'il se confia à M. Petit. Je supprime ici le détail des complications et des traitements préliminaires que ce grand praticien mit en usage, pour me restraindre à l'opération. M. Petit jugea par la sortie continuelle et involontaire des urines, que l'orifice interne de la fistule était au-delà du sphincter de la vessie, parce que quand le trou d'une fistule est en-deçà du sphincter, l'urine ne peut sortir par la fistule qu'après être entrée dans l'urethre, et elle n'y entre que par les efforts que le malade fait lorsqu'il veut uriner. Ce malade au contraire, sans être averti du besoin d'uriner, et sans faire aucun effort, rendait presque toutes ses urines par le trou de la fistule sans en rendre par la verge, ou s'il en rendait, c'était toujours volontairement, et quand il était excité par le résidu des urines ; car le trou de la fistule était si petit, que malgré l'écoulement involontaire et continuel des urines, sa vessie se remplissait une ou deux fois par jour ; de sorte qu'à chaque fois il rendait un verre d'urine et à plein canal, surtout lorsqu'avec le doigt il bouchait le trou de la fistule près le bord de l'anus. Sur ces observations, M. Petit jugea que le trou interne de la fistule étant au-delà du sphincter de la vessie, il fallait que l'incision s'étendit jusque-là ; et que l'opération faite à ce malade par les chirurgiens de sa province, avait été infructueuse, parce que le trou interne de la fistule n'avait point été compris dans l'incision. Pour guérir radicalement le malade, M. Petit, après avoir fait l'incision comme nous l'avons décrite, la continua en coulant son bistouri le long de la cannelure de la sonde, et la porta jusqu'au-delà du cou de la vessie, pour fendre le sinus fistuleux dans toute son étendue : il mit une canule, et réussit comme il l'avait solidement conçu, à guérir le malade. Cette observation est insérée dans le premier volume des Mém. de l'acad. royale de Chirurgie.

A l'occasion des opérations qui conviennent au périnée et à la vessie, indépendamment de la lythotomie, voyez FISTULE AU PERINEE et RETENTION D'URINE. (L)

BOUTONNIERE ; on donne en général ce nom à toute pièce de bois de layetterie d'environ sept pouces de long, cinq de large, et quatre de haut.




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