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Catégorie : Art
S. f. EMBRYULKIA, en Chirurgie ; c'est l'opération par laquelle on tire l'enfant du ventre de sa mère. Voyez OPERATION CESARIENNE.

Ce mot est formé du grec , fétus, et de , tirer.

Ce que les Grecs appellent embryulkie, les Latins le nomment opération césarienne ; et M. Dionis observe que ce dernier terme ne s'est introduit, et n'a prévalu qu'à cause qu'il est plus facîle à prononcer que l'autre. L'étymologie du mot embryulkie ne dénote pas cette interprétation, et il semble que ce terme d'art devrait signifier l'extraction de l'enfant du ventre de la mère, dans un accouchement contre nature. (Y)

EMBRYULKIE, (Man. Maréch.) mot formé et dérivé du grec embryon, et de , extrahere, tirer.

Dionis a donné ce nom à l'histérotomie, vulgairement appelée operation césarienne ; d'autres ont prétendu qu'il signifie l'extraction d'un enfant dans un accouchement contre nature. Nous l'envisagerons ici dans le sens que lui a prêté l'anatomiste et l'opérateur, sans perdre notre temps à examiner le fond de la contestation et sans prétendre décider.

Il paraitra sans-doute singulier que j'entreprenne d'enrichir l'hippiatrique d'une opération jusques ici uniquement réservée à la Chirurgie. Si l'on compare cependant les difficultés qu'elle présente, et les craintes qu'elle inspire naturellement aux praticiens les plus hardis, lorsqu'il s'agit de la tenter sur une femme, dans l'intention de sauver la mère et l'enfant, ou l'un ou l'autre, avec la facilité et l'assurance que le maréchal doit avoir en la pratiquant sur la jument ; je suis persuadé qu'elle trouvera parmi nous autant de partisans qu'elle a eu de contradicteurs relativement à l'espèce humaine.

Le cas dans lequel je la propose n'est pas précisément celui où le fétus a une peine infinie à sortir par le vagin ; je la conseillerais principalement dans la circonstance où la mère prette à mettre bas, serait surprise par une maladie formidable et désespérée ; alors il me semble que sans attendre l'évenement funeste dont nous portons un pronostic juste et assuré, on pourrait aisément se dispenser d'abandonner le poulain à son sort.

Pour en faire l'extraction, renversez la jument avec toutes les précautions possibles ; on la couchera sur le dos, et on l'assujettira de manière que ni le maréchal ni ses aides puissent en être blessés. Faites ensuite une incision cruciale à la partie moyenne et inférieure de l'abdomen ; cette incision sera d'environ un pied et demi, et se terminera aux os pubis. Les gros intestins se présenteront incontestablement, et les efforts occasionnés par les vives douleurs auxquelles la jument sera en proie, les pousseront encore hors de la capacité. Faites-les donc écarter, vous apercevrez bientôt l'utérus ; pratiquez-y une ouverture qui réponde à la première ; mais usez de beaucoup de circonspection pour ne pas porter atteinte au poulain : ouvrez aussitôt encore les membranes qui le renferment, les eaux qu'elles contiennent s'épancheront, et vous retirerez sur le champ l'animal.

Cette operation nous impose nécessairement l'obligation d'en pratiquer une seconde promptement et sans différer. Il s'agit de couper le cordon qui le tient assujetti au placenta, et d'en faire la ligature. Dès le premier instant de sa naissance, l'homme paye une sorte de tribut à la chirurgie, par le besoin qu'il a de la main du chirurgien ; sans cette section et sans cette ligature, il ne subsisterait en effet que quelques moments. La nature, dans les animaux, a pourvu à cet inconvénient en suggérant à la femelle qui met bas, l'instinct de mâcher le cordon ombilical pour le couper : elle ne saurait y parvenir qu'après un certain temps, attendu la consistance membraneuse de ce même cordon, et la force de son tissu ; et ce n'est que parce qu'il a été extrêmement froissé et contus, et que les parois des artères ombilicales sont affaissées et prises les unes dans les autres ; de manière que leur cavité étant, pour ainsi dire effacée, le sang ne peut plus se frayer aucune issue en-dehors lorsque la section a été faite.

Ici nous devons agir au défaut de la mère qui n'existe plus ; on se munira d'une quantité suffisante de gros fil que l'on pliera en cinq ou six doubles de la longueur d'environ un pied, et que l'on aura eu soin d'arrêter aux deux extrémités par un nœud à chacune d'elles. Ce fil ainsi préparé, on liera le cordon à environ quatre ou cinq pouces du corps du poulain, de façon qu'il ne soit ni trop ni trop peu serré ; la ligature maintenue par des doubles nœuds répétés à mesure des entortillements, on coupera le cordon trois pouces au-dessous, et l'on observera que cette section ne soit suivie d'aucune effusion de sang : si l'on en aperçoit, on resserrera les fils, et les trois pouces de longueur que l'on laisse en-deçà, serviront à placer une seconde ligature, si la première était absolument insuffisante. Du reste ce n'est que par cette raison que j'ai fixé en quelque sorte les mesures ; car à quelque distance que soient faites et la ligature et la section, la nature sur laquelle nous devons nous reposer du soin d'achever et de perfectionner l'ouvrage, opère toujours la séparation du cordon à sa sortie de l'anneau ombilical, et au niveau du tégument ; cette séparation a lieu en huit ou dix jours plus ou moins, et nous devons graisser l'excédent du cordon, avec du beurre, du saindoux, etc.

On conçoit au surplus, que le succès de l'embryulkie dépend de notre attention à prévenir la mort de la jument. Plus nous attendons, plus le fétus est débilité ; et si la mère est morte, il est certain que nous avons d'autant moins de temps à perdre, que le poulain ne lui survivrait que quelques instants. Il ne sera plus question enfin que de procurer à l'enfant les moyens de s'alaiter, et d'entretenir une vie que le maréchal vient en quelque façon de lui rendre. (e)




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