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Catégorie : Ile
(L'ISLE DE) Géographie nom de deux îles de la mer des Indes, dont l'une est appelée la grande Java, et l'autre la petite Java, ou Bali.

La grande Java a au N. O. l'île de Sumatra, dont elle est séparée par le détroit de la Sonde, au N. les îles de Banea et de Bornéo, au N. E. l'île de Madura, à l'E. celle de Bali, et au S. la mer des Indes, qui la sépare de la terre d'Endraght, ou de la Concorde.

Les anciens ont connu l'île de Java, c'est la , Jaba diu de Ptolomée : ce mot diu, qui dans le langage des Indiens, veut dire une ile, nous fait connaître que l'île de Java portait déjà le même nom qu'aujourd'hui du temps de cet auteur, et c'est une chose bien remarquable. Ptolomée ajoute, que Jaba diu, signifie l'île de l'Orge, et l'on sait qu'il y vient très-bien, quoique les naturels du pays y cultivent le riz par préférence, s'étant accoutumés à cette nourriture, de même que les étrangers qui viennent l'habiter.

Il semble que les habitants de Bornéo aient les premiers découverts cette île ; du-moins ils y ont eu un grand hameau, mais elle est au pouvoir des Hollandais, qui en 1619, ont établi le centre de leur commerce à Batavia. Cependant ils ne sont pas les uniques souverains de l'île ; elle a ses rois et ses peuples qui sont alliés de la compagnie ; cette compagnie possède la côte du Nord, où elle a bâti de très-bonnes forteresses pour sa défense ; la côte méridionale est occupée par des peuples indomptés, et indépendants, dont le plus puissant est le sourapati ; l'intérieur du pays est sous la domination d'un empereur appelé le Mataram, qui fait sa résidence à Cartasoura.

L'île de Java comprend le royaume de Bantam, le royaume de Jacarra ou de Batavia, la province de Karavang qui appartient en propre à la compagnie, le royaume de Tsieribom qui est considérable : son roi est indépendant du Mataram, et allié des Hollandais. On trouve ensuite le pays de Tagal, où sont de vastes campagnes de riz, le petit royaume de Gressic qui a son roi particulier le meilleur ami des Hollandais, et le pays de Diapan.

Presque toute la côte méridionale est bornée par une chaîne de montagnes, qui enferme une vaste région presque inaccessible ; c'est entre cette chaîne et la mer, que se trouve le pays de Kadoevang, qui est soumis à l'empereur ; mais cet empereur même ne règne que par la protection que lui donne la compagnie ; à plus forte raison peut-elle compter sur les vassaux de cet empereur. De plus elle ne doit rien craindre des peuples qui sont entre la mer et les montagnes au midi de l'île ; en un mot, elle a par tout la supériorité territoriale, et finalement ce qui lui assure la possession de la grande Java, c'est la conquête qu'elle a fait de l'île de Madura, qui lui est assurée par un traité conclu en 1725, et exécuté jusqu'à ce jour.

L'île de Java en renferme plusieurs autres ; elle est traversée par diverses grandes montagnes, et coupée par quantité de rivières ; elle produit beaucoup de riz ; on y recueille du poivre, du gingembre, des oignons, de l'ail ; elle abonde en fruits, cocos, mangues, citrons, concombres, citrouilles, bananes, pommes d'or, etc. On n'y manque ni de drogues, ni de gommes, ni d'épiceries ; on y a très-abondamment des bêtes domestiques et sauvages, des bœufs, des vaches, des brebis, des chèvres, et même des chevaux ; la volaille, les paons, les pigeons, les perroquets y multiplient à souhait.

Les lieux inhabités sont peuplés de tigres, de rhinocéros, de cerfs, de bufles, de sangliers, de fouines, de chats sauvages, de civettes, de serpens ; et les rivières ont des crocodiles très-dangereux pour ceux qui s'y baignent, ou qui se promenent sur le rivage sans précaution. Quelques montagnes de l'île ont des volcans, qui jettent bien loin des cendres, des flammes, et de la fumée.

La religion des Javants est la mahométane, que leur a porté un arabe, dont le tombeau est en grande vénération dans le pays. Les Européens y professent comme en Hollande, la religion réformée : Valentin qui a séjourné longtemps dans cette ile, en a publié en hollandais la description la plus exacte, mais trop diffuse, et compilée sans ordre ; l'article qu'en a donné M. de la Martinière, ne laisse rien à désirer.

La grande île de Java git ès-quart de sud-est, près de l'île de Sumatra, entre le 123 et le 134d de long. et entre le sixiemed de lat. sud pour sa partie la plus septentrionale, et 8d. 30'. pour sa partie la plus méridionale.

La petite Java s'appelle autrement l'île de Bali, et est située à l'E. de l'île de Java ; elle n'a que douze lieues d'Allemagne de circuit : on remarque au sud de cette île un grand cap très-haut.

Le cap du nord git par les 8d. 30'. de lat. sud ; l'île de Bali est très-peuplée ; ses habitants sont idolâtres, noirs, et ont des cheveux crépus ; le pays abonde en coton, en riz, en gros et menu bétail, et en chevaux de la plus petite race ; les fruits les plus communs, sont des noix de coco, des oranges, et des citrons, dont on voit des lieux incultes et des bois tous remplis ; la mer y est des plus poissonneuses ; le prince de Bali exerce sur ses sujets un empire absolu ; son île est une rade commune pour les vaisseaux qui vont aux îles Moluques, à Banda, Amboine, Macassar, Timor, et Solor ; ils viennent tous relâcher ici pour y prendre des rafaichissements, à cause de l'abondance et du bon marché des denrées ; la ville capitale de l'île porte aussi le nom de Bali. (D.J.)




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