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Catégorie parente: Arts & métiers
Catégorie : Potier
S. m. en terme de Potier de terre, est l'ouvrier qui fait toutes les grosses pièces comprises sous le nom général de fourneaux. Voyez FOURNEAUX à l'article POTERIE. C'est encore un ouvrier qui fait tous les vaisseaux de Chimie en terre en usage dans les laboratoires, les ateliers des Artistes, et les cuisines.

Les fournalistes ne sont point du corps des Potiers de terre. Il n'appartient qu'aux fournalistes de faire les fourneaux de ciment, qui servent aux hôtels des monnaies, aux affinages et fontes de métaux, aux distillations ; enfin à tous les ouvrages d'Orfèvrerie, de Fonderie, et d'opérations de Chimie.

C'est pareillement à eux seuls qu'il appartient de faire et vendre toutes sortes de creusets, de quelque forme et grandeur, et de quelque usage que ce sait. Outre les ouvrages de terre ordinaire pour lesquels ils dépendent de la communauté des Potiers, ils ne dépendent que de la cour des monnaies. C'est pardevant le procureur général de cette cour qu'ils font leur chef-d'œuvre, sont reçus maîtres, et prêtent serment.

Cette petite communauté n'a point de jurés ; la cour des monnaies leur en tient lieu.

L'apprentissage est de cinq ans ; et le service chez les maîtres après l'apprentissage, de deux autres années.

Le fils de maître ne doit que la simple expérience, et l'apprentif étranger le chef-d'œuvre. L'un et l'autre leur est donné à la cour des monnaies, où l'aspirant est reçu à la maitrise ; son brevet d'apprentissage et ses lettres de maitrise enregistrés, aussi-bien que la réception du serment qu'il y fait.

Les veuves jouissent des privilèges de la maitrise de leurs maris ; elles ne peuvent cependant obliger de nouvel apprentif, mais seulement achever celui qui est commencé. Elles peuvent travailler par elles-mêmes ou faire travailler des compagnons.

Les maîtres ne peuvent vendre des fourneaux et des creusets propres aux fontes des métaux ou aux distillations, qu'à gens connus, ou avec permission obtenue par écrit des officiers de la cour des monnaies. Ils ont liberté entière pour la vente des autres ouvrages de terre ordinaire.

La matière dont on fait les fourneaux et les creusets, est partie de ciment et partie de terre glaise, bien courroyés ensemble. Le ciment ne doit être que de grès de pot-à-beurre pulvérisé et bien battu, le ciment de tuileau n'y étant pas propre.

Les outils sont en petit nombre et simples. Un maillet ou masse de bois à long manche, dont la tête est armée de clous. Il sert à battre le ciment ; un petit rabot aussi de bois, ou plus simplement une palette faite d'une douve, à le courroyer et le mêler avec la terre glaise.

Les fourneaux se font à la main avec la seule palette que l'on poudre de sablon, afin qu'elle ne s'attache point à la terre. Les creusets ont des moules de bois plus ou moins grands, suivant l'ouvrage, et de la figure de l'ouvrage même. Ces moules se tiennent par une queue ou manche aussi de bois ; et après les avoir saupoudrés d'un peu de sable, on les couvre à discrétion d'autant de terre bien courroyée qu'on le croit nécessaire, qu'on arrondit ensuite tout-autour, et qu'on aplatit par-dessous avec la palette.

Il y a de grandes et de petites palettes, de carrées, de longues, et en triangle. Ces dernières sont un peu tranchantes, et servent comme de couteau pour enlever ce qu'il y a de trop de matière, et réduire l'ouvrage à sa juste épaisseur. On les appelle palettes, parce qu'en effet les plus grandes ressemblent à celles dont les enfants se servent dans quelques-uns de leurs jeux.

Des bâtons longs, ronds et pointus, de diverses longueurs et de différents diamètres, servent à ouvrir les trous, qu'en terme de l'art on appelle des registres, qu'on laisse aux fourneaux pour, en les bouchant ou en les laissant ouverts, y entretenir le degré de feu convenable. Ces bâtons, à cause de leur figure, se nomment des fuseaux.

Outre les fourneaux et les creusets, les Fournalistes ne font guère que des réchaux et des espèces de fourneaux carrés, mais plus longs que larges, dont les blanchisseuses se servent pour chauffer leurs fers-à-repasser. Ces sortes d'ouvrages sont aussi de grès de pot-à-beurre, de même que les fourneaux d'une nouvelle invention propres à faire du café. Dictionnaire et règlements du Commerce.

Cet état demanderait beaucoup plus de connaissance d'Histoire naturelle, de Physique et de Chimie, que ces ouvriers n'en ont communément.




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