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Catégorie : Géographie & Astronomie
(Géographie et Astronomie) c'est la quatrième partie de l'hémisphère divisée par le méridien. La quarte septentrionale orientale est celle qui est entre l'orient et le midi. (D.J.)

QUARTE, fièvre (Médecine) espèce de fièvre intermittente, qui revient tous les quatre jours après deux jours d'intermission, et qui s'annonce par le frisson, auquel succede la chaleur. Dans cette fièvre, la nature tâche de se délivrer elle-même de quelque matière nuisible adhérente à quelques-uns des viscères hypocondriaques, et de prévenir en s'en délivrant le mal qui en pourrait résulter.

Ses symptômes. Elle surpasse ordinairement par son opiniâtreté, la fièvre tierce : elle est souvent accompagnée de faiblesse, d'extensions involontaires des membres, de maux de tête, et de quelques douleurs contondantes dans le dos, dans les reins et dans les jambes. Les pieds et les mains se refroidissent, le visage et les ongles palissent, le frisson et le froid surviennent ensuite, les lèvres tremblent ; il y a des anxiétés dans les parties voisines du cœur, et des inquiétudes dans le corps. Ces symptômes durent pour l'ordinaire deux ou trois heures. La chaleur qui renait peu-à-peu n'est point brulante. Le froid étant cessé, le battement des artères devient plus réglé, plus grand et plus prompt. Il succede enfin au bout de quatre ou six heures une légère moiteur sur la peau, qui termine l'accès. Dès qu'il est passé, le malade se trouve en assez bon état pendant les deux jours d'intermission, excepté qu'il lui reste un certain sentiment douloureux dans les extrémités supérieures et inférieures. L'urine, qui pendant l'accès était tenue et aqueuse, devient épaisse, et dépose un sédiment. Le même accès que nous venons de décrire reparait après deux jours d'intervalle à la même heure qu'auparavant, et pour l'ordinaire sans variété. S'il retarde, c'est tant mieux ; s'il anticipe de beaucoup, il est à craindre que la maladie ne tourne en fièvre continue.

Ses variétés. La fièvre quarte n'est pas toujours de même nature. Quelquefois elle est simple, et quelquefois double. Dans le premier cas elle est telle que nous l'avons décrite ci-dessus. On l'appelle double lorsque dans l'espace de quatre jours, il survient deux accès ; en sorte cependant qu'ils conservent chacun leur caractère, et commencent dans un temps particulier, qui répond toujours alternativement à celui du précédent accès. Le troisième jour demeure entièrement libre, et c'est ce qui arrive très-souvent lorsqu'on traite mal la fièvre quarte simple, ou qu'on commet quelque faute dans le régime.

On distingue encore la fièvre quarte en vraie ou batarde. La première observe plus exactement qu'aucune autre fièvre, le temps de son retour. Dans la seconde, au contraire, le temps du retour n'est point certain, et elle est accompagnée d'une plus grande chaleur, et d'un frisson plus violent.

Quelquefois les accès reviennent tous les quatre jours, et sont précédés d'extensions involontaires des membres et de frissonnements ; mais ils n'ont point de terme fixe. La fièvre ne cesse pas tout à fait ; quoique sa violence diminue, elle est seulement moins forte dans les jours intermédiaires que dans ceux où l'accès revient. La chaleur est encore plus grande que la naturelle, le pouls est plus agité, le malade n'a ni force ni appétit ; il a la bouche seche, la tête pesante, son sommeil est inquiet, son urine rougeâtre et épaisse, dépose un sédiment. Les Médecins appellent cette fièvre, quarte continue ; nous en dirons encore un mot dans la suite.

Les fièvres quartes varient encore suivant la différence des gens qu'elles attaquent ; dans ceux dont les hypocondres sont mal disposés, elles sont opiniâtres et fâcheuses ; c'est bien pis si le sujet est cacochyme. Elles dégénèrent aisément en coutume dans ceux dont les forces sont épuisées par l'âge, la maladie et le mauvais régime. On s'en aperçoit par l'abattement qui suit l'accès, par la vitesse du pouls, la chaleur lente, le défaut d'appétit, l'accablement, les inquiétudes, l'insomnie, le désordre de l'esprit, etc.

La fièvre quarte est quelquefois épidémique, comme on l'a Ve en 1606, 1652, 1684, 1719, 1726, etc. sur quoi l'on peut lire Sennert, Hoffman, et autres observateurs. De plus, cette maladie est même épidémique dans quelques pays, comme en Zélande, en Westphalie, en Poméranie, et autres contrées septentrionales ou marécageuses, dont l'air en automne est imprégné d'exhalaisons putrides, et où les habitants usent d'aliments cruds et pesans.

Ses causes. La cause générale de la fièvre quarte, est une matière visqueuse, morbifique, logée dans les vaisseaux hypocondriaques, et communiquant par leurs moyens avec la veine-porte. Le foie, la rate et les glandes du mésentère sont d'ordinaire le siège de cette fièvre, et les premières voies très-rarement. Il est évident que ces viscères sont attaqués dans la fièvre quarte par les hydropisies, les jaunisses, et autres maladies pareilles qui en sont quelquefois les suites.

La cause prochaine de la fièvre quarte est une contraction spasmodique générale des parties nerveuses qui dérange le mouvement des solides et des fluides ; il en résulte un mouvement tardif du sang dans les viscères du bas-ventre qui servent à sa purification et à ses excrétions, surtout dans le foie et dans la rate.

Les causes occasionnelles sont assez fréquemment une fièvre tierce ou quotidienne mal traitée, des obstructions ou des engorgements dans les vaisseaux hypocondriaques. Cela parait en ce que les personnes qui sont dans un âge déjà avancé, d'un tempérament mélancholique, qui mènent une vie trop sédentaire, chez lesquelles il se trouve la suppression des règles ou des hémorrhoïdes, qui usent d'aliments grossiers et mal-sains, qui font un très-grand usage de liqueurs spiritueuses, qui ont souffert un froid subit dans le bas-ventre, après avoir eu fort chaud auparavant ; toutes ces personnes, dis-je, sont plus sujettes à la fièvre quarte que les autres, et l'éprouvent ordinairement en automne.

Ses pronostics. Remarquons d'abord pour consoler ceux qui ont la fièvre quarte, que quand elle est simple elle n'est pas dangereuse, et qu'elle ne produit la mort que lorsque le corps est d'un tempérament très-cacochyme, affoibli par l'âge ; lorsque la maladie a été irritée par des passions violentes, ou que le médecin et le malade l'ont fait dégénérer par quelque grande faute en une maladie chronique et funeste.

Il est vrai qu'elle résiste souvent aux remèdes les mieux employés, surtout dans la saison de l'automne ; en sorte qu'alors on la voit persister tout l'hiver. Elle est surtout très-opiniâtre lorsque le mal a jeté de profondes racines dans les viscères, que la masse des humeurs est viciée, et que tout le système nerveux est affoibli.

La fièvre quarte printanière se guérit aisément, parce que la température et la légéreté de l'air hâte l'effet des remèdes. Il en est de même quand elle attaque un corps jeune et vigoureux, qui se conduit bien, et dont le corps n'est point chargé d'humeurs impures.

La fièvre quarte, même irrégulière, et qui devient double de simple qu'elle était auparavant, n'a point le danger qu'on imagine dans un jeune homme bien constitué, parce que son corps est assez fort pour chasser la matière qui cause la maladie ; et cette récidive d'accès y concourt au moyen d'un petit nombre de remèdes convenables.

Il y a plus, la fièvre quarte est souvent un préservatif et un remède de plusieurs maladies chroniques ; car l'augmentation du mouvement des solides et des fluides pendant l'accès, atténue les humeurs épaisses, les fait circuler, et contribue beaucoup à détruire les anciennes obstructions des vaisseaux et des glandes. C'est pourquoi tous les grands médecins anciens et modernes ont regardé la fièvre quarte comme le remède de plusieurs autres maladies, particulièrement des affections hypochondriaques, de l'asthme convulsif, des mouvements épileptiques, et de la néphrétique, pourvu que le médecin la traite avec prudence, la tempere, et n'en suspende pas le cours par ses remèdes.

Lorsque la fièvre quarte est grave, et qu'on la traite mal, elle dégénere en de fâcheuses maladies, telle que l'hydropisie, le scorbut, les tumeurs oedémateuses, la fièvre lente, l'ictère, la toux férine, etc.

Ceux qui meurent de la fièvre quarte périssent ordinairement dans le frisson et le délire. Chez les enfants les contractions spasmodiques qu'elles leur causent, dégénèrent en des mouvements convulsifs.

Sa méthode curative. Les indications pour la cure de la fièvre quarte, se réduisent :

1°. A corriger et à évacuer par les émonctoires convenables les crudités visqueuses, acides et bilieuses, qui ont passé des premières voies dans le sang, avec le chyle et la lymphe, et qui causent des mouvements fébriles dans le système nerveux.

2°. A procurer un cours libre au sang dans les viscères du bas-ventre, surtout dans ceux où aboutit la veine-porte, à en détruire l'amas, l'engorgement et l'obstruction, ou pour le moins à empêcher qu'elles n'augmentent.

3°. A calmer la contraction spasmodique du système nerveux, qui cause tous les symptômes fâcheux qui surviennent durant la maladie.

4°. A rétablir la force des viscères de l'estomac et des parties nerveuses, pour empêcher le retour des accès et une nouvelle rechute.

Les remèdes qui satisfont à la première indication sont ceux qui ont la vertu d'émousser les acides, de dissoudre la ténacité des humeurs, de tempérer leur acreté, et de nettoyer les premières voies. Si les acides prédominent, on usera de remèdes alkalis, de sels neutres, de la terre foliée de tartre, etc. On corrigera l'acrimonie bilieuse par les remèdes opposés. On évacuera les crudités visqueuses par les sels des fontaines médicinales, tels que ceux d'Egra, d'Epson, de Sedlitz, etc.

On satisfait à la seconde indication, par les extraits amers des gommes balsamiques résineuses, tempérées ; par des préparations minérales, qui ont une qualité active et pénétrante.

Les remèdes propres à calmer les contractions spasmodiques du système nerveux, sont les liniments nevritiques joints aux frictions, les lavements antispasmodiques et adoucissants ; les bains d'eau douce, les épithemes et les liniments préparés avec des drogues spiritueuses et aromatiques, qu'on applique dans le frisson sur la région de l'épigastre.

On satisfait à la dernière indication par les amers, qui ont une qualité balsamique et astringente ; telles sont les essences tirées des plantes amères aiguillonnées de quelque liqueur calybée, le quinquina, ou l'électuaire antifébrile d'Hoffman.

Observations cliniques. Comme la fièvre quarte est quelquefois une maladie très-opiniâtre, surtout dans l'automne, les hypocondriaques, les vieillards et les cacochymes, on ne doit point se hâter de la traiter par des remèdes violents, mais user des remèdes tempérés, propres à calmer les spasmes du système nerveux, à soutenir les forces ; il faut faire plus de fond sur le régime que sur la pharmacie.

Il est bon dans cette fièvre, ainsi que dans les autres maladies chroniques, d'user pour boisson d'une décoction de racines de salsepareille et de chicorée, de feuilles de chardon béni et de raisins secs. Les eaux minérales tempérées, comme celles de Selts, conviennent aussi. On fera bien d'exciter la transpiration avant et après l'accès, non par des sudorifiques, mais par des remèdes, qui en augmentant le ton des solides, accélèrent la circulation. L'exercice du cheval, la promenade, la danse, etc. mises en usage quelques heures avant l'accès, sont propres à cet effet.

Quand la fièvre est sur son déclin, que la chaleur s'apaise, et que le corps devient moite, on doit prendre garde d'interrompre la transpiration en s'exposant au froid, ou en préférant des liqueurs froides à des boissons délayantes chaudes.

La saignée ne convient que dans la pléthore, la suppression des mois, des hémorrhoïdes, et autres cas semblables. Les vomitifs ne veulent être employés que dans les nausées et les vomissements occasionnés par un amas d'humeurs visqueuses dans les premières voies.

Le quinquina est d'une utilité admirable ; mais seulement après qu'on a purgé les premières voies, diminué la pléthore, et levé les obstructions des viscères. Il est bon de le donner avec des drogues apéritives et diaphorétiques, comme aussi de le mêler quelquefois avec du safran de Mars tres-subtilisé.

On adoucira les maux de tête qui subsistent souvent dans la fièvre quarte, en usant des remèdes qui lâchent le ventre, et des bains tiedes des pieds, qui détournent le sang de la tête vers les extrémités inférieures.

On prévient les rechutes de cette fièvre en suivant un bon régime, en entretenant la transpiration libre, en fortifiant l'estomac, en usant pendant quelque temps de stomachiques convenables.

Réflexions particulières sur la fièvre quarte continue. Cette fièvre est fâcheuse parce que la chaleur continue jusqu'au temps de l'accès suivant ; ce qui fait que la maladie approche beaucoup d'une fièvre hectique. Elle est accompagnée d'une soif continuelle, de sécheresse dans le palais, de manque d'appétit, de douleurs de tête, et de somnolence sans soulagement pour le malade. On vient cependant à-bout de la guérir par une méthode curative, patiente et éclairée. Cette méthode demande des boissons de liqueurs délayantes et acidules, de doux purgatifs, des apéritifs, des résolutifs ; et le soir une dose modérée de quelque anodin, comme de pilules de styrax. La saignée, les vomitifs, les purgatifs stimulants, et les aléxipharmaques chauds, doivent être évités, comme autant de remèdes nuisibles. (D.J.)

QUARTE, (Jurisprudence) se dit de la quatrième partie de quelque chose ; il y a en droit plusieurs sortes de quartes.

Quarte suivant l'ancien droit romain, était la légitime de droit ; elle était ainsi appelée, parce qu'elle consistait en la quatrième partie de la succession ; ce qui fut changé depuis. Voyez LEGITIME.

Quarte de l 'authentique praeterea ; est le quart de la succession du conjoint prédécédé, que les lois romaines accordent au conjoint survivant, lorsqu'il est pauvre et qu'il n'a point d'autres reprises à exercer sur les biens du prédécédé, ou qu'elles ne suffisent pas pour le faire subsister suivant sa condition.

Ce droit a été établi par les novelles 53 et 54 de Justinien, dont Irnerius a tiré l'authentique praeterea, qu'il a insérée au code unde vir et uxor.

Cette portion appartient au survivant en toute propriété, lorsqu'il n'y a point d'enfants communs, et en usufruit lorsqu'il y a des enfants.

Quand il y a plus de trois enfants, le conjoint survivant, au lieu de la quarte, n'a que sa part afférente. Voyez Décius, cons. 24, et Dumoulin, ibid. Despeisse, le Brun, des succ. le tr. des gains nuptiaux, chap. XIIIe

QUARTE CANONIQUE, ou FUNERAIRE, est ce qui est dû au curé du défunt lorsque celui-ci meurt sur sa paraisse, et se fait enterrer ailleurs.

L'usage de presque toutes les églises de France est que le curé qui a conduit le corps de son paraissien dans l'église d'un monastère où le défunt a élu sa sépulture, partage le luminaire par moitié avec les religieux.

Il y a néanmoins des églises où l'on ne donne que la quatrième partie du luminaire au curé ; cette discipline est ancienne, et autorisée par des conciles généraux, et entr'autres par celui de Vienne ; c'est ce qu'on appelle la quarte funéraire ; quelques arrêts sont conformes à cette discipline.

Le concile de Vienne veut même que l'église paroissiale du défunt ait aussi la quatrième partie des donations qu'il fait au monastère où il veut être inhumé.

La glose sur le canon in nostrâ fixe la portion du curé au tiers : le synode de Langres en 1404, la fixe tantôt à la moitié, tantôt à la quatrième partie des frais funéraires ; ce même concile ajoute qu'il est dû de droit pour toutes les sépultures faites chez les mendiants, non-seulement la quatrième partie des frais funéraires, mais encore de omnibus relictis ad quoscumque usus certos vel incertos.

Les monastères bâtis avant le concile de Trente, et qui quarante ans avant n'ont point payé de quarte funéraire, n'en doivent point ; mais elle est dû. par ceux qui sont établis depuis. Il faut néanmoins en cela se conformer à l'usage. Voyez les mém. du clergé, tome III.

QUARTE DU CONJOINT PAUVRE, voyez ci-devant QUARTE DE L'AUTHENTIQUE PRAETEREA.

QUARTE DOUBLE ; c'est lorsque l'héritier fait en même temps la détraction de la légitime et de la trébellianique. Voyez le Brun, tr. des success. liv. II. c. IIIe sect. 3. n. 39.

On entend aussi quelquefois par double quarte, lorsque l'héritier fait la détraction de la quarte falcidie et de la quarte trebellianique. Voyez ci-après QUARTE FALCIDIE et QUARTE TREBELLIANIQUE.

QUARTE FALCIDIE, qu'on appelle aussi falcidie simplement ; est le quart que l'héritier a droit de retenir sur les legs suivant le droit romain.

La loi des douze tables avait laissé aux testateurs la liberté de léguer de leurs biens autant qu'ils le jugeaient à propos.

Mais comme cette liberté indéfinie parut sujette à plusieurs inconvéniens, elle fut restreinte par plusieurs lais.

D'abord la loi furia défendit de léguer à quelqu'un plus de mille écus d'or, mille aureos, à peine de restitution du quadruple contre le légataire qui aurait reçu davantage.

Cette précaution n'étant pas suffisante pour l'héritier, la loi voconia défendit de donner au légataire plus qu'il ne resterait à l'héritier et à tous ceux qui étaient compris dans le dénombrement du peuple, d'instituer pour héritier aucune femme ou fille pour plus du quart de leurs biens.

Mais comme il était encore facile de frauder cette loi, Caius Falcidius, tribun du peuple du temps du triumvirat d'Auguste, fit une loi qui fut appelée de son nom falcidia, par laquelle tout le patrimoine d'un défunt fut divisé en douze onces ou parties ; et il fut défendu à tout testateur de léguer à quelqu'un ultrà dodrantem, c'est-à-dire plus de neuf onces, faisant les trois quarts de la succession, soit qu'il n'y eut qu'un héritier, ou qu'il y en eut plusieurs ; de manière que le quart des biens demeurât toujours aux héritiers, et que ceux-ci ne fussent tenus d'acquitter les legs que jusqu'à concurrence du surplus.

La falcidie se prend sur tous les legs et fideicommis particuliers, et sur les donations à cause de mort, même sur un legs d'usufruit.

On excepte le testament du soldat qui est fait à l'armée, les legs pieux, etc.

Au reste il n'y a point de falcidie que les dettes ne soient payées ; les droits dotaux n'y sont pas non-plus sujets.

On ne rejette point sur les autres legs ce qui n'a pu être déduit sur ceux non sujets à la falcidie ; cela demeure en pure perte pour l'héritier.

Suivant le droit des pandectes, on ne pouvait pas prohiber à l'héritier la détraction de la falcidie, mais par le droit du code, cela a été permis ; ce qui est confirmé par l'ordonnance des testaments.

La détraction de la falcidie appartient à l'héritier, et non pas au légataire.

Pour la pouvoir retenir, il faut que l'héritier ait fait inventaire ; autrement il est tenu de payer les legs indéfiniment.

L'héritier n'impute sur la falcidie que ce qu'il a eu du défunt en qualité d'héritier, et non ce qu'il a eu à quelque autre titre, comme de legs ou de fideicommis, et par forme de prélegs.

Pour régler si la falcidie est dû., on forme une masse de tous les biens que le testateur avait au moment de son décès, et alors on connait si les legs excédent le quart des biens.

La falcidie peut concourir avec la quarte trébellianique, et même avec la légitime.

La falcidie peut être prohibée par testament ou codicille, soit purement et simplement, ou bien le testateur peut défendre de cumuler la falcidie et la trébellianique, ou l'une de ces deux quartes avec la légitime ; mais il faut que ces prohibitions soient expresses ; une prohibition tacite ne suffirait pas.

En pays coutumier la falcidie n'a pas lieu. Voyez ff. ad legem falcid. et au code, liv. VI. tit. 50, nov. 1. cap. IIe nov. 119, cap. IIe Berengarius Fernandus, tract. de falcidiâ ; le Brun, des successions ; Furgoles, des testaments.

QUARTE FUNERAIRE ou QUARTE CANONIQUE. Voyez ci-devant QUARTE CANONIQUE.

QUARTE TREBELLIANIQUE est la quatrième partie de la succession que l'héritier institué a droit de retenir, lorsqu'il est grevé de fidei-commis, soit pour le tout ou pour partie ; cette quarte tire son nom du senatus-consulte trébellien, par lequel elle fut établie.

Ce qui y donna lieu, fut que l'hérédité était souvent abandonnée par l'héritier institué, lorsqu'il voyait que la succession était embarrassée, et qu'il n'y avait point de profit pour lui. Cette abdication de l'héritier entrainait l'extinction des fidei-commis.

Il fut pourvu à cet inconvénient d'abord par le S. C. trébellien, qui ordonna d'abord que si l'héritier était chargé de rendre moins des trois quarts de la succession, les actions seraient dirigées tant contre l'héritier grevé, que contre le fidei-commissaire, chacun à proportion de leurs émoluments.

Mais si l'héritier était chargé de rendre plus des trois quarts, ou la totalité, le senatus-consulte Pégasien lui donnait le droit de retenir le quart : avec cette différence seulement, que s'il avait accepté la succession volontairement, on interposait des stipulations pour le faire contribuer aux charges à proportion de l'émolument ; si c'était comme contraint, tout le bénéfice et les charges passaient au fideicommissaire.

Justinien, pour simplifier les choses, donna toute l'autorité au senatus-consulte trébellien, qu'il amplifia, en ordonnant que l'héritier grevé de fideicommis, soit qu'il eut le quart plus ou moins, suivant le testament, aurait toujours le quart, ou ce qui s'en défaudrait, et que les actions des créanciers se dirigeraient contre lui et contre le fideicommissaire au prorata de l'émolument.

La quarte trébellianique contribue donc aux dettes ; mais elle ne contribue pas aux legs et fidei-commis particuliers.

La détraction de cette quarte se fait sur le fideicommis universel, et non sur les legs et fidei-commis particuliers.

Du reste la trébellianique se retient sur tous les corps héréditaires, à moins que le testateur n'ait assigné à l'héritier grevé un corps certain pour sa trébellianique, ou que cela n'ait été convenu entre l'héritier et le fidei-commissaire, auxquels cas il doit se contenter de cet effet, pourvu qu'il soit suffisant pour le remplir du quart des biens, les dettes payées.

L'héritier ne peut pas retenir la quarte trébellianique sur ce que le défunt a destiné pour être employé ès œuvres pies, ni sur les choses qu'il a défendu d'aliéner.

Celui qui a détourné des effets, n'y prend point la quarte trébellianique.

Il n'en est pas dû non plus à celui qui n'a accepté l'hérédité, que comme contraint, et aux risques, périls et fortunes du fidei-commissaire.

Le défaut d'inventaire n'empêche pas l'héritier de retenir la quarte trébellianique.

Il peut la retenir avec la falcidie, et même avec la légitime du droit ; mais le testateur peut défendre de cumuler ces différents droits, pourvu que la prohibition soit expresse.

Quoiqu'il y ait plusieurs degrés de substitutions établis par le testament, la quarte trébellianique ne se retient qu'une seule fais.

Tout ce que l'héritier grevé tient du défunt à titre d'héritier, s'impute sur la trébellianique.

La quarte trébellianique n'a pas lieu dans les pays coutumiers, si ce n'est dans les coutumes qui désirent une institution d'héritier pour la validité du testament, ou qui se refèrent au droit écrit pour les cas non exprimés. Voyez au code le tit. ad S. C. trebellianum, l'ordonnance des testaments, celle des substitutions, le recueil de quest. de Bretonnier, le tr. des testaments de Furgoles, tom. IV. et les mots FIDEI-COMMIS, HERITIER, SUBSTITUTION, TESTAMENT. (A)

QUARTE, en italien quartario, mesure des liquides en usage à Venise ; quatre quartes font le bigot, huit quartes la botte, et seize quartes l'amphora.

Quarte, c'est pareillement à Venise une des mesures des grains. La quarte pese environ 32 liv. gros poids ; quatre quartes font le staro, cent quarante-quatre quartes quatre cinquiemes font le last d'Amsterdam.

Quarte, mesure des liqueurs qui se nomme en plusieurs endroits quartot ou pot. Elle contient à-peu-près deux pintes mesure de Paris. Voyez POT.

Quarte est aussi une sorte de mesure de grains, particulièrement en usage à Briare ; elle approche assez du boisseau de Paris ; car les onze quarts de Briare font le septier de Paris qui est composé de douze boisseaux. On se sert aussi de la quarte à Port-sur-Saône, à Luxeuil, à Saint-Loup, à Favernay, à Vannillers, à Vesoul, à Betfort, à Sare-Louis, à Sarebric, à Metz, et à Pont-à-mousson. Quelques-unes sont égales pour le poids, les autres sont différentes. A Port-sur-Saône, la quarte de froment pese 60 livres poids de marc ; celle de meteil 59, celle de seigle 58, et celle d'avoine 48. A Luxeuil, Saint-Loup et Favernay, la quarte de froment pese 70 liv. de méteil 68, et de seigle 67.

A Vannillers, la quarte de froment pese 63 livres, de meteil 62, et de seigle 61. A Vesoul, la quarte de froment pese 60 livres, de meteil 59, de seigle 58, d'avoine 44 liv. A Betfort, la quarte de froment pese quarante-trois liv. et celle de meteil 41. A Sare-Louis, la quarte de froment pese 110 livres, de meteil 109, de seigle 108, et d'avoine 96. A Sarebric, la quarte de froment pese 128 livres, de meteil 126, de seigle 116, d'avoine 108. A Metz, la quarte de froment pese 93 liv. 1/4, de meteil 95 3/4, de seigle 99 1/4, d'avoine 82 livres. A Pont-à-mousson, la quarte de froment pese 120 livres, de meteil 112, et de seigle 112 : toutes ces pesées sont aux poids de marc. Dictionn. de commerce, tom. III. pag. 1025.

QUARTE, s. m. en Musique, est la troisième consonnance parfaite. (Voyez CONSONNANCE.) Son rapport est de 3 à 4. Elle est composée de trois degrés diatoniques ou de quatre sons ; d'où lui vient le nom de quarte : son intervalle est de deux tons et demi.

La quarte peut s'altérer en diminuant son intervalle d'un demi-ton, et alors elle s'appelle quarte diminuée, ou en augmentant d'un semi-ton ce même intervalle, et alors elle s'appelle triton, parce que l'intervalle en est de trois tons pleins ; il n'est que de deux tons, c'est-à-dire, d'un ton et deux semi-tons dans la quarte diminuée ; mais c'est un intervalle banni de l'harmonie, et admis seulement dans le chant.

Il y a un accord qui porte le nom de quarte et quinte ; quelques-uns l'appellent accord d'onzième : c'est celui où, sous un accord de septième, on suppose à la basse un 5e son, une quinte au-dessous du fondamental ; car alors ce fondamental fait quinte, et sa septième fait onzième ou quarte sur le son supposé. Voyez SUPPOSITION. Un autre accord s'appelle triton : c'est un accord dominant, dont la dissonance est portée à la basse ; car alors la note sensible fait triton sur cette dissonance. Voyez ACCORD.

Deux quartes justes de suite sont permises en composition, même par mouvement semblable, pourvu qu'on y ajoute la sixte ; mais ce sont des passages dont on ne doit pas abuser, et que la basse fondamentale n'autorise pas extrêmement. (S)

QUARTE DE NAZARD, (Lutherie) jeu d'orgue ainsi nommé, par lequel sonne la quarte au-dessus du nazard, et un jeu de ceux qu'on appelle de mutation : ce jeu qui est de plomb, sonne l'octave au-dessus du prestant. Voyez la table du rapport et de l'étendue des jeux de l'orgue. Les basses sont à cheminée, et les dessus ouverts ; ou bien il est fait en fuseau, comme le nazard. Voyez NAZARD.

QUARTE estocade de, (Escrime) est un coup d'épée qu'on porte à l'ennemi de dans et sur les armes. Voyez TIRER dans les armes et sur les armes.

Cette estocade s'exécute ainsi, 1°. faites du bras droit tout ce qui a été enseigné pour parer en quarte ; 2°. étendez subitement le jarret gauche, pour qu'il chasse le corps en avant ; 3°. portez le pied droit vers l'ennemi, sans qu'il s'élève beaucoup de terre, à quatre longueurs de pied de distance d'un talon à l'autre ; 4°. pliez le genouil droit, et tenez l'os de la jambe qu'on appelle tibia, perpendiculaire à l'horizon ; 5°. développez le bras gauche avec action, étendez les doigts de cette main ; 6°. avancez le corps jusqu'à ce que le bout de ces doigts soit sur l'à-plomb du talon gauche ; 7°. tournez le dedans de la main gauche de même côté que le dedans de la droite, et mettez le fendant de la main au niveau de la ceinture ; 8°. regardez l'ennemi par dessus l'humerus ; 9°. la main droite doit se trouver au niveau des yeux, parce que le corps s'est baissé par l'allongement du pied droit ; (il ne faut faire aucun mouvement pour placer la main au niveau des yeux ; elle se trouve naturellement en la soutenant à la hauteur où on la met du premier temps :) 10°. il faut effacer de même qu'en parant quarte, en tournant l'axe des épaules à gauche. Na. Qu'il faut faire ces mouvements d'un seul temps, et avec action.

QUARTE parer en, c'est détourner du vrai tranchant de son épée celle de l'ennemi sur un coup qu'il porte dedans et sur les armes. Voyez TIRER dans les armes et sur les armes.

Pour exécuter cette parade, il faut 1°. sans varier la pointe d'aucun côté, élever le poignet à la hauteur du nœud de l'épaule, sans roidir le bras ; 2°. avancer un peu le haut du corps vers l'ennemi, en tournant l'axe des épaules à gauche. Voyez EFFACER. 3°. tourner la main de façon que le plat de la lame soit parallèle à l'horizon, (il faut, en tournant la main, serrer la poignée de l'épée avec tous les doigts pour donner plus d'action à ce mouvement.) 4°. porter le talon du vrai tranchant du côté de l'épée ennemie jusqu'à ce que la garde ait passé l'alignement du corps (observez de ne pas porter le bras plus loin) ; 5°. tenez le bras souple en toutes ses jointures, et observez que le coude ne regarde pas la terre, au contraire qu'il fasse continuellement effort pour tourner en-dehors ; 6°. regardez l'ennemi par-dessus le bras. Na. Qu'on fait tous ces mouvements avec action, d'un seul temps, et sans remuer les pieds.

QUARTE BASSE, ESTOCADE DE, (Escrime) est un coup d'épée qu'on allonge à l'ennemi dedans, et sous les armes. Voyez TIRER dedans les armes, et sous les armes.

Elle s'exécute comme l'estocade de quarte (voyez ESTOCADE DE QUARTE) ; avec cette différence, que la lame de votre épée passe sous le bras de l'ennemi.

QUARTE BASSE, PARER EN, (Escrime) c'est détourner avec le vrai tranchant de son épée celle de l'ennemi, sur un coup qu'il porte dedans ou sous les armes. Voyez TIRER dedans, et sous les armes.

Cette parade s'exécute comme la quarte, excepté qu'on doit avoir la pointe de l'épée plus basse que le poignet, et la lame de l'ennemi doit passer sous votre bras.



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