Imprimer
Catégorie parente: Logique
Catégorie : Grammaire latine
adj. m. terme de Grammaire latine. On ne le dit que de certains verbes qui se conjuguent à la manière des verbes passifs, et qui cependant n'ont que la signification active. Ils ont quitté la signification passive ; et c'est pour cela qu'on les appelle déponens, du latin deponens, participe de deponere, quitter, déposer. M. de Valenge les appelle verbes masqués, parce que sous le masque, pour ainsi dire, de la terminaison passive, ils n'ont que la signification active. Miror ne veut pas dire je suis admiré, il signifie j'admire.

Cette terminaison passive donne lieu de croire que ces verbes dans leur première origine n'avaient que la signification passive. En effet, miror, par exemple, ne signifie-t-il pas, je suis étonné, je suis dans la surprise, à cause de telle ou telle chose, par telle raison. Priscien, au liv. VIII. de significationibus verborum, rapporte un grand nombre d'exemples de verbes déponens, pris dans un sens passif, qui habet ultrò appetitur, qui est pauper aspernatur : le pauvre est méprisé : meam novercam lapidibus à populo consectari video : je vois ma belle-mère poursuivie par le peuple à coups de pierres.

Ces exemples sont dans Priscien : le tour passif est plus dans le génie de la langue latine que l'actif ; au contraire, l'actif est plus analogue à notre langue ; ce qui fait que nous aurions bien de la peine à trouver le tour passif original de tous les verbes, qui n'ayant été d'abord que passifs, quittèrent avec le temps cette première signification, et ne furent plus qu'actifs. Les mots ne signifient rien par eux-mêmes ; ils n'ont de valeur que celle que leur donnent ceux qui les emploient : or il est certain que les enfants, dans le temps qu'ils conservent les mêmes mots dont leurs pères se servaient, s'écartent insensiblement du même tour d'imagination : quand le grand-pere disait miror, il voulait faire entendre qu'il était étonné, qu'il était affecté d'admiration et de surprise par quelque motif extérieur ; et quand le petit-fils dit miror, il croit agir, et dit qu'il admire. Ce sont ces écarts multipliés qui font que les descendants viennent enfin à ne plus entendre la langue de leurs pères, et à s'en faire une toute différente : ainsi le même peuple passe insensiblement d'une langue à une autre. (F)



Affichages : 874