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Catégorie : Morale
S. f. (Morale) disposition habituelle ou passagère de notre âme, qui nous fait manquer malgré nous soit aux lumières de la raison, soit aux principes de la vertu. On appelle aussi faiblesses les effets de cette disposition.

La faiblesse que j'appelle habituelle est à-la-fais dans le cœur et dans l'esprit ; la faiblesse que j'appelle passagère, vient plus ordinairement du cœur. La première constitue le caractère de l'homme faible, la seconde est une exception dans le caractère de l'homme qui a des faiblesses. Quand je parle ici de l'homme, on entend bien que je veux parler des deux sexes, puisqu'il est question de faiblesses. Personne n'est exempt de faiblesses, mais tout le monde n'est pas homme faible. On est homme faible, sans savoir pourquoi, et parce qu'il n'est pas en soi d'être autrement ; on est homme faible, ou parce que l'esprit n'a point assez de lumières pour se décider, ou parce qu'il n'est pas assez sur des principes qui le déterminent pour s'y tenir fortement attaché ; on est homme faible par timidité, par paresse, par la mollesse et la langueur d'une âme qui craint d'agir, et pour qui le moindre effort est un tourment. Au contraire on a des faiblesses ou parce qu'on est séduit par un sentiment louable, mais trop écouté, ou parce qu'on est entrainé par une passion. L'homme faible dépourvu d'imagination, n'a pas même la force qu'il faut pour avoir des passions ; l'autre n'aurait point de faiblesses si son âme n'était sensible, ou son cœur passionné. Les habitudes ont sur l'un tout le pouvoir que les passions ont sur l'autre. On abuse de la facilité du premier, sans lui savoir gré de ce qu'on lui fait faire, parce qu'on voit bien qu'il le fait par faiblesse ; on sait gré à l'autre des faiblesses qu'il a pour nous, parce qu'elles sont des sacrifices. Tous deux ont cela de commun, qu'ils sentent leur état, et qu'ils se le reprochent ; car s'ils ne le sentaient pas, il y aurait d'un côté imbécillité, et de l'autre folie ; mais par ce sentiment l'homme faible devient une créature malheureuse, au lieu que l'état de l'autre a ses plaisirs comme ses peines. L'homme faible le sera toute sa vie ; toutes les tentatives qu'il fera pour sortir de sa faiblesse ne feront que l'y plonger plus avant. L'homme qui a des faiblesses sortira d'un état qui lui est étranger ; il peut même s'en relever avec éclat. Turenne n'étant plus jeune eut la faiblesse d'aimer madame de C ** ; il eut la faiblesse plus grande de lui révéler le secret de l'Etat ; il répara la première en cessant d'en voir l'objet ; il répara la seconde en l'avouant, ce qu'un homme faible n'eut jamais fait.

Ajoutons quelques traits à la peinture de l'homme faible. Livré à lui-même il serait capable des vertus qui n'exigent de l'âme aucun effort ; il serait doux, équitable, bienfaisant : mais par malheur il n'agit presque jamais d'après ses propres impressions. Comme il aime à être conduit, il l'est toujours ; pour le dominer il ne faut que l'obséder. On lui fait faire le mal qu'il déteste, on l'empêche de faire le bien qu'il chérit. Il craint d'être éclairé sur son état, parce qu'il le sent ; il repousse la vérité quand on la lui présente, et devient opiniâtre par faiblesse. Quelquefois aussi, quand il est blessé, il fait le mal de son propre mouvement, parce qu'alors l'émotion qu'il éprouve le met hors de lui-même, et qu'il ne distingue plus ni le bien ni le mal. On aime quelquefois les gens faibles, rarement on les estime.

Il y a d'autres personnes qu'on appelle faibles, quoique leur caractère soit totalement opposé au précédent. Toute leur âme est active, leur imagination s'allume aisément ; elles sont toujours agitées par une ou par plusieurs passions qui se combattent et qui les déchirent ; elles n'ont jamais rien Ve de sens froid ; elles sont bonnes ou méchantes, suivant le sentiment qui les affecte : personnes dangereuses dans la société, et plutôt folles que faibles.

FOIBLESSE, se dit, en Médecine, de la diminution des forces, si considérable, qu'elle cause la lésion de toutes les fonctions, surtout celle du mouvement musculaire. Voyez DEBILITE, (Médecine) et FORCES.

On appelle aussi faiblesse dans les fibres, leur défaut de force d'action ; conséquemment au relâchement qu'elles ont contracté, au défaut de ressort dans les solides en général. Voyez DEBILITE, (Pathologie) et FIBRE, (Pathologie) (d)

FOIBLESSE de la vue, voyez les articles VUE et AMBLYOPIE.




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