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Catégorie parente: Arts & métiers
Catégorie : Meunier
S. m. Il y en a de plusieurs sortes. Ce sont des machines dont on se sert pour pulvériser différentes matières, mais principalement pour convertir les grains en farine. Les uns sont mus par le courant de l'eau, d'autres par l'action du vent : c'est de ces derniers dont il va être premièrement traité dans cet article. La description que nous donnons de cette très-ingénieuse et très-utile machine est en partie de M. de la Hire, et se trouve à la fin du traité de Charpenterie de Mathurin Jousse. C'est, comme on verra, un devis exact de toutes les pièces qui composent le moulin-à-vent ; nous y avons ajouté plusieurs remarques nécessaires, et refait entièrement les figures qui dans le livre cité se sont trouvées très-mal faites, et peu conformes au discours, commençant cette description par les ailes, comme fait l'auteur cité.

Les ailes (Pl. I. II. III.) qui tournent, suivant l'ordre des lettres L M N O, ont 8 pieds de large ; elles sont composées de deux volans, 84, 84 qui ont chacun 40 pieds sur 12 à 13 pouces de gros, et qui passent au travers de la tête de l'arbre tournant, où on les arrête avec des coins.

Aux quatre bouts des deux volans, on assemble avec des frettes de fer les antes 85, qui ont 21 pieds de long, y compris les joints sur les volans qui sont de 7 à 8 pouces : pour faire ces antes on prend du bois sec qui ait 21 pieds de long et 10 pouces de gros ; on le refend en deux, ce qui fait deux antes.

Les lattes 87 ont 8 pieds de long sur 2 pouces de gros, et sont au nombre de 29 à chaque aile ; la distance des unes aux autres est d'un pied : la première est éloignée du centre de l'arbre de 4 pieds 6 pouces.

Chaque aile a 34 pieds de long.

On met à chaque aile quatre cotrets 86 pour entretenir les lattes ; ils ont chacun 15 pieds de long, 2 pouces de large et 1 pouce d'épaisseur. Les volans sont perpendiculaires à l'axe, et l'inclinaison du plan de chaque aile est de 54°. ou 60°.

Il faut 220 aunes de toile pour habiller un moulin. Cette toile est un gros coutil qui a la largeur de la moitié d'une des ailes.

Au deuxième étage. Le rouet H est fait de quatre pièces de bois 57, qu'on appelle chanteaux, de 9 pieds de long, 26 pouces de large et 5 pouces d'épais assemblés carrément, et dont le bord extérieur est circulaire. Quand les chanteaux n'ont pas 26 pouces de large, on y met des goussets 59, qui sont quatre pièces de bois triangulaires qu'on assemble avec les chanteaux dans les quatre angles qu'ils font, ce qui rend le dedans du rouet octogone. On applique sur la partie du rouet qui regarde la lanterne K, quatre ou cinq parements 58 qui sont de même circonférence que les chanteaux, et qui font tout le tour de la roue. Ils n'ont que la moitié de la largeur des chanteaux, et ont 4 pouces d'épais : ils sont fixés avec 20 boulons de fer à tête et à vis.

Les chanteaux et les parements se font ordinairement de bois d'orme.

Le rouet a 9 pieds de diamètre de dehors en dehors, et a sur son bord 48 alluchons de bois de cornier, nefflier ou alisier, d'environ 15 pouces de long, y compris les queues, sur 3 à 4 pouces de gros. Ils sont plantés perpendiculairement sur le plan du rouet par le moyen de leur queue carrée qui traverse les chanteaux et les parements. La queue est elle-même retenue par une cheville qui la traverse.

Le frein 65 est un morceau de bois d'orme de 32 pieds de long, 6 pouces de large, 1 1/4 d'épaisseur, appliqué sur l'épaisseur dans toute sa circonférence. Il est attaché par un de ses bouts à une des hautes pannes 46 par le moyen du hardeau, qui est une corde attachée au bout du frein par un boulon de fer qui le traverse, et ensuite lié à une des hautes pannes ; et par l'autre bout il est attaché à un bout d'une pièce de bois 34 assez mince appelée l'épée de la bascule du frein, qui passe dans la chambre de dessus, où l'autre bout entre dans une mortaise dans laquelle il est mobile sur un boulon de fer. Cette mortaise est faite dans une pièce de bois 33 de 15 pieds de long sur 8 pouces de hauteur et 4 pouces d'épaisseur, appelée la bascule du frein, dont un des bouts entre dans une mortaise faite dans un des poteaux corniers, où il est mobile sur un boulon de fer qui est le point d'appui du levier éloigné de la mortaise où entre l'épée de 2 pieds. Il faut remarquer que la bascule du frein est disposée de manière que par son seul poids elle arrête le moulin, et qu'il faut la lever pour lâcher le frein, et laisser tourner le moulin ; ce qu'on fait du pied du moulin par le moyen d'une corde qui est attachée au porte-poulie 35 du frein. Cette corde passe sur la poulie qui est à l'extrémité de la bascule, passe ensuite sur une autre poulie dont elle descend par un trou qui est à côté du moulin, et va jusqu'au bas.

L'arbre tournant 56 a 18 pieds de long sur 20 pouces de gros. Il porte les volans et le rouet ; on y pratique deux grandes mortaises dans lesquelles entrent les deux pièces 61 appelées embrasures, qui font la croisée du rouet. Ces pièces ont neuf pieds de long, 12 pouces de large et 5 pouces d'épaisseur. Le reste du vuide de ces mortaises est rempli avec des coins de 9 pouces de long sur 3 et 6 pouces de gros.

L'arbre tournant a deux collets ; celui d'en haut est éloigné du flanc du rouet d'un demi-pié, et a 19 pouces de diamètre : il est garni de 16 allumelles qui sont des bandes de fer attachées suivant sa longueur, et encastrées de toute leur épaisseur dans le bois. Il pose sur un morceau de marbre 50 de 15 pouces en carré, de 9 pouces d'épais, attaché par une agraffe de fer sur une pièce de bois 48 de 15 pouces de gros, appelée le jeu, et emmortaisée dans les hautes pannes, au milieu duquel il est placé. On met ordinairement une frette de lien de fer entre le collet et le rouet. Il y a à chaque côté du collet de l'arbre une pièce de bois 55 appelée luon, de 3 pieds de long sur 4 et 6 pouces de gros, emmortaisée par un bout dans le jeu, et par l'autre dans un petit entrait qui est au-dessus : ils servent à maintenir l'arbre, et empêchent qu'il ne sorte de dessus le marbre où il est posé.

Environ 8 pieds loin du plan du rouet, on fait à l'arbre tournant, le collet d'embas de 7 à 8 pouces de gros et de 13 pouces de long, garni de 4 allumelles de fer, et posant moitié dans une concavité faite au palier du petit collet : ce palier 51 a 12 pieds de long sur 12 pouces de gros, et est emmortaisé dans les hautes pannes. On applique sur ce palier, à l'endroit où pose le collet, une semelle 52 de 2 pieds de long sur 6 pousses d'épaisseur et 12 pouces de large, avec une concavité pour y loger l'autre moitié du collet de l'arbre.

Environ à 14 pouces loin du palier du petit collet, en est un autre 53 qu'on nomme le palier du heurtoir, de même longueur et grosseur que le premier, et emmortaisé dans les hautes pannes ; on l'appelle ainsi parce qu'il porte dans son milieu une semelle enchassée en queue d'aronde, à laquelle est fixé le heurtoir 54 fait de nefflier, de 4 pouces de gros sur 6 à 7 pouces de long : c'est contre ce heurtoir que vient s'appuyer le bout de l'arbre tournant, coupé perpendiculairement, et garni d'une plaque de fer.

Il faut remarquer que l'arbre tournant est incliné à l'horizon vers le moulin d'un angle d'environ 10°. cette inclinaison fait que les ailes prennent mieux le vent.

Il faut encore observer que les deux paliers dont nous venons de parler, et celui du gros fer, peuvent s'avancer ou reculer quand on veut, parce que les mortaises dans lesquelles entrent leurs tenons, sont fort longues : on les remplit d'un côté ou d'autre de morceaux de bois appelés clés, aussi épais que les tenons, et d'une longueur convenable.

La lanterne K est composée de deux pièces circulaires 62, appelées tournes, dont la supérieure a 22 pouces de diamètre, et l'inférieure 23 pouces sur chacune 4 pouces d'épaisseur. Elles sont percées chacune de dix trous pour y mettre les dix fuseaux, qui ont 15 à 16 pouces de long, l'épaisseur des tourtes comprise, sur 2 1/2 pouces de diamètre. On met dans la lanterne un morceau de bois qu'on appelle tourteau, qui entretient les tourtes, au moyen de quatre boulons de fer qui passent au-travers de ces quatre pièces, et sont arrêtées par-dessus avec des clavettes. Il faut que le milieu de la lanterne soit placé dans la ligne à plomb, qui passe par le centre de l'arbre tournant.

Le gros fer b terminé en fourchette, de 3 pouces sur 4 pouces de gros et 7 pieds de long, passe au-travers des tourtes et du tourteau qui y sont arrêtés ferme, il est perpendiculaire à l'axe de l'arbre tournant, et se meut par le bout supérieur dans la pièce 49 qu'on appelle le palier du gros fer, qui a 1 pied de gros, et s'emmortaise dans les hautes pannes, et par le bout inférieur terminé en fourchette, il prend l'x de fer ou anil (fig. 8 Pl. V.) qui est scellé dans la partie de dessous de la meule supérieure, laquelle est percée d'un trou assez grand au milieu ; cet x a un trou carré au milieu, dans lequel entre un des bouts du petit fer a, fig. 9. qui passe au travers de la meule inférieure, et pose sur une crapaudine ; on voit par ce moyen que la meule supérieure est soutenue en l'air sur le petit fer, et qu'elle tourne lorsque le gros fer tourne.

On appelle boite ou le boitillon le morceau de bois au-travers duquel passe le petit fer a, et qui remplit le trou de la meule inférieure.

La trémie 72, dont les dimensions sont arbitraires, a ordinairement 4 pieds en carré sur 2 pieds de profondeur ; sa figure est pyramidale, on la voit plus en grand, fig. 1. et 2. Pl. V. elle est de menuiserie aussi bien que l'auget 73, dans lequel donne sa pointe ou sommet ; l'auget C D a 3 pieds de long, 15 pouces de large par le haut, et 9 pouces par le bas, qui est l'endroit où il touche le gros fer a qui est carré, ce qui fait que lorsqu'il tourne il donne des secousses à l'auget qui panche vers le gros fer, et par ce moyen fait tomber le blé d'entre les meules, où il est ensuite écrasé. Mais comme on a besoin quelquefois de faire tomber plus ou moins de blé entre les meules, on a trouvé l'invention de le faire fort aisément. Il y a au bout de l'auget deux petites cordes C B, C E, Pl. V. fig. 1. 2. qui y sont attachées, et qui passent de telle manière sur des morceaux de bois, que de la ruche où elles vont aboutir, lorsqu'on les tire, l'une C E serre le bout de l'auget contre le gros fer, et lui fait donner des secousses plus fortes, on l'appelle le baille blé ; l'autre C B au contraire l'éloigne du gros fer, et fait donner des secousses moins fortes ; on les arrête toutes deux à côté de la trémie au point où l'on veut.

On avait encore besoin de savoir quand il n'y avait plus guère de blé dans la trémie sans être obligé d'y regarder, ce qu'on aurait pu oublier, ce qui pourrait causer la perte du moulin, à cause que les meules tournant sans rien entr'elles pourraient faire feu et le communiquer au moulin. On a donc pendu une petite sonnette A à quelque endroit du moulin le plus commode pour qu'elle fût entendue, à laquelle on a attaché une petite corde 6, 2, qui vient s'arrêter à un petit morceau de bois 2, appliqué contre le fer du côté de la trémie, et auquel on a attaché une petite corde 2, 1, qui entre par un trou dans la trémie à un pied environ du bas ; il y a au bout de cette corde un guenillon ou linge qui y est attaché. Il faut remarquer que la corde qui vient de la sonnette jusqu'au morceau de bois n'est point lâche ; cela étant ainsi disposé, quand on met le blé dans la trémie et qu'il est à la hauteur du trou par où passe la corde, on la tire et on l'engage dans le blé, ce qui élève le morceau de bois 2 qui ne touche plus au gros fer ; mais quand la trémie s'est vuidée jusqu'à ce point où est le chiffon, en même temps que le guenillon échappe, le morceau de bois retombe contre le gros fer qui lui donne des secousses, et fait par ce moyen sonner la petite sonnette ; la cheville 5 porte alors sur le petit morceau de bois, le fait tourner sur lui-même, et partant tient la corde 2, 6, qui répond à la sonnette.

Au-dessus et tout au travers des meules sont placés les trumions 71 qui portent la trémie, ils ont chacun 7 pieds de long sur 4 pouces de gros ; ils sont soutenus à chaque bout par un assemblage composé de deux montants de 3 pieds de haut sur 2 et 3 pouces de gros, assemblés dans une des solives du plancher, et d'une traverse de 2 pieds de long sur 2 et 6 pouces de gros.

Les surfaces opposées des deux meules entre lesquelles le blé est moulu, ne sont point planes. La surface de la meule inférieure est convexe, et celle de la supérieure est concave, comme le fait voir la fig. 3. Pl. V. l'une et l'autre de forme conique, mais très-peu élevées, puisque les meules ayant 6 pieds de diamètre, la meule de dessous qu'on appelle gissante n'a guère que neuf lignes de relief, et celle de dessus un pouce de creux ; ainsi les deux meules vont en s'approchant de plus en plus l'une de l'autre vers leur circonférence. Cette plus grande distance qui se trouve au centre, est ce qui facilite au blé qui tombe de la trémie de s'insinuer jusques sur les deux tiers du rayon des meules, et c'est où il commence à se rompre, l'intervalle des meules n'étant en cet endroit que des deux tiers ou des trois quarts de l'épaisseur d'un grain de blé. On augmente ou on diminue cet intervalle selon que l'on veut que la farine soit plus ou moins grosse en abaissant ou en élevant la trempure.

La meule tournante a assez de vitesse si elle fait 50 ou 60 tours par minute, une plus grande vitesse échauffe trop la farine.

Les meules ordinaires ont depuis 5 jusqu'à 7 pieds de diamètre sur 12, 15 ou 18 pouces d'épaisseur, et peuvent peser depuis 3000 à 4500. Si celle de 4500 fait 53 tours par minute, elle peut moudre en 24 heures 120 septiers de blé du poids de 75 livres chacun quand la meule est nouvellement piquée, et qu'elle est de bonne qualité, l'expérience faisant voir que les plus dures et les plus spongieuses sont préférables aux autres. Voyez le profil des meules, fig. 3. Pl. V.

On enferme les meules avec les archures 66, c'est une menuiserie de 2 pieds de haut sur 20 pieds de pourtour environ, cela dépend de la grandeur des meules qui ont environ 6 pieds de diamètre ; elle se démonte en trois parties quand on veut repiquer les meules. Elle est faite de 6 taises 4 pieds de courbe, qui ont 3 pouces de gros. On comprend dans ces 6 taises 4 pieds les ceintres dans lesquels il y a une rainure pour y loger les trente douves ou panneaux qui font le pourtour des meules ; ces courbes sont entretenues par neuf traverses de 22 pouces de long sur 2 et 3 pouces de gros.

On met sur les archures les couverceaux qui sont quatre planches d'un pouce d'épais, dont 2 devant et deux derrière, et qui servent à enfermer les meules.

Au-dessus des archures et derrière la trémie ou H G, fig. 1. 2. Pl. V. est la trempure 67, qui est une pièce de bois de 9 pieds de long sur 6 et 4 pouces de gros, dans un des bouts de laquelle, savoir celui qui est derrière la trémie entre l'épée de fer 70, à 6 pouces loin de cet endroit, est le poteau debout 68 qui porte le dos d'ane sur lequel porte la trempure ; à l'autre bout est attachée une corde qui passe au-travers du plancher et va s'arrêter à côté de la huche, ou bien est chargée d'un poids ; un peu au-dessus de la trempure est une grande gouttière de bois qui sort hors du moulin pour égoutter les eaux de la pluie qui pourront couler le long de l'arbre tournant, et tomber sur les meules.

Au premier étage, derrière et à 6 pouces loin de l'attache B, qui a 3 taises de long sur 24 pouces de gros, et autour de laquelle tourne le moulin, est le poteau de faux sommier 28 de 6 pouces de long, 12 pouces de large, et 6 pouces d'épaisseur, emmortaisé par un bout dans le faux sommier 27, qui a 12 pieds de long, sur 6 et 7 pouces de gros, et qui soutient le plancher des meules ; et par l'autre dans un doubleau qui est une des pièces qui forme le plancher du premier étage ; dans ce poteau, environ à 3 pieds du faux sommier est emmortaisé par un bout à tenon et mortaise double sans être chevillé le palier 29 du petit fer ; ce palier a 6 pieds de long sur 6 pouces de gros, et passe par l'autre bout sur la braie 32, laquelle a 6 pieds de long sur 6 pouces de gros, et qui est enmortaisée par un bout dans son poteau 31, qui a 7 pieds de haut sur 8 à 9 pouces de gros ; la braie par l'autre bout est soutenue par l'épée de fer 70 qui passe-au-travers ; cette épée a 9 pieds 1/2 de long, 3 pouces de large, un demi pouce d'épais ; le palier est guidé du côté de la braie par une coulisse verticale pratiquée dans le poteau de remplage, qui fait partie du pan de bois derrière la braye ; un tenon pratiqué à l'extrémité du palier entre dans cette coulisse où il peut se mouvoir verticalement.

Au milieu du palier du petit fer est la souche 30, qui est un morceau de bois de 15 pouces de diamètre sur 6 pouces d'épais, au milieu de laquelle est le pas ou la crapaudine dans laquelle tourne le bout intérieur du petit fer.

L'épée qui, comme nous avons dit, entre par le bout supérieur dans la trempure, et par l'inférieur dans le bout de la braye, sert de planches. Cette ouverture circulaire a le même diamètre que la chausse qu'on y fait passer toute entière, et dont l'extrémité garnie de peau et d'un cerceau est retenue par ce cerceau, qui forme un bourlet d'un diamètre plus grand que celui de l'ouverture : on étend ensuite la chausse en long dans la longueur de la huche, observant de faire entrer la baguette dans les boucles F G, ou attaches destinées à la recevoir ; on accroche ensuite les quatre extrémités des deux longues barres du châssis aux lanières des treuils destinées à les recevoir, et qu'on aura lâchées pour cette opération ; on fait ensuite entrer l'entonnoir dans le trou pratiqué à la surface supérieure de la cage qui répond à l'anche où cet entonnoir est retenu par le bourlet dont il est garni : on dirige l'anche dans l'entonnoir ou le manche qui lui sert de prolongement, afin que la farine qui sort par-là d'entre les meules entre dans la chausse du blutoir ; on croche aussi aux chevilles destinées à les recevoir les deux longues cordes O P qui cotoyent dans des fourreaux la longueur de la chausse, et on roidit ces cordes à discrétion en faisant tourner plus ou moins les petits treuils qui tirent le châssis, et dont les étoiles sont retenues par les cliquets qui leur répondent : en cet état le blutoir est monté.

Il y a une tourte a, fig. 9. Pl. V. de 20 pouces de diamètre, fretée d'une bande de fer qui est fixée sur le petit fer des meules au-dessus de la souche, et au-dessous des cartelles qui soutiennent le plancher des meules. Cette tourte est traversée par quatre chevilles de bois de cornier ou alizier, comme les fuseaux de la lanterne, ou les alluchons du rouet : à ces chevilles répond l'extrémité K d'un bâton K L fig. 5 fixe par des coins dans un arbre ou treuil vertical M N, placé du côté de la bascule du frein dont les pivots roulent ; savoir, celui d'en bas sur une crapaudine fixée sur le second doubleau du plancher inférieur, ou sur une semelle, dont les extrémités portent sur le premier et le second doubleau, le tourillon supérieur du même axe roule dans un collet pratiqué à une des faces d'une des cartelles qui soutiennent les meules.

Le même treuil porte, comme nous avons dit, un autre bâton appelé baguette F G, qui entre dans la cage du blutoir, et va passer dans les attaches qui sont cousues sur une des longues cordes ; la tourte a qui tourne avec la meule supérieure, éloigne horizontalement quatre fois à chaque révolution l'extrémité K du bâton qui lui répond, ce qui fait tourner un peu le treuil vertical, et par conséquent la baguette qui y est fixée. Cette baguette tire donc la chausse horizontalement jusqu'à ce que la cheville qui répond au baton supérieur venant à échapper, l'action élastique des longues cordes qui ont été tendues hors de la direction rectiligne que la bande par les petits treuils leur a donné, ramène la baguette dans le sens opposé, ce qui fera retourner le treuil et le bâton en sens contraire, jusqu'à ce que celui-ci soit arrêté par une des chevilles de la tourte a, qui, en tournant, se présente à lui, et sur laquelle il tombe avec une force proportionnée à la tension des longues cordes.

Ces oscillations horizontales répétées quatre fois à chaque tour de meule, font que la farine mêlée au son, qui est entré par l'entonnoir de la chausse, est promenée en long et en large dans la chausse, et qu'elle passe au-travers, comme au-travers d'un tamis, et tombe dans la huche, le son beaucoup plus gros, ne pouvant y passer, est promené en long et en large dans la chausse, en long parce que la longueur de la chaussée est inclinée à l'horizon, et sort enfin par l'ouverture annulaire où est le cerceau, et se répand sur le plancher ou dans les sacs destinés à le recevoir. On garnit de peau de mouton les extrémités de la chausse, parce que les parties fléchies un grand nombre de fois en sens contraire, seraient bientôt rompues, si elles étaient seulement d'étamine.

Comme ce sassement continuel élève comme en vapeur les parties les plus fines de la farine, on a soin de clorre la cage du blutoir, soit avec des planches pour le dessus, ou avec des toiles épaisses pour le tour de cette cage. Même on met un morceau de toile devant l'ouverture par laquelle sort le son, pour empêcher de ce côté la perte de la folle farine. Ce morceau de toile est seulement attaché par sa partie supérieure, et pend comme un tablier devant l'ouverture de la chausse par laquelle le son s'échappe. Ce sont les chutes du bâton sur les chevilles qui causent le bruit que l'on entend dans les moulins lorsqu'on laisse agir le blutoir. Car, lorsqu'on ne veut pas séparer le son de la farine, on suspend l'effet du blutoir en éloignant le levier des chevilles par le moyen d'une petite corde que l'on attache en quelque partie du moulin ; on fait aussi passer la manche de l'anche dans une autre ouverture X. fig. 4. au haut de la cage de la huche, que celle qui répond à la chaussée du blutoir, et la farine mêlée avec le son est reçue dans la huche.

Pour l'en retirer, il y a vers les extrémités de la huche des ouvertures D E pratiquées dans la face antérieure, et fermées par des planches mobiles dans des coulisses que l'on pousse d'un côté ou d'autre pour ouvrir ou fermer. C'est par ces ouvertures que l'on retire la farine que l'on met dans des sacs pour la transporter où l'on juge à-propos.

La huche 37, représentée en grand, fig. 4. Pl. V. qui reçoit la farine, est de menuiserie : les planches qui en font la fermeture ont un pouce d'épais : les quatre pieds et les huit traverses sont des planches de deux pouces d'épais qui sont refendues.

On appelle l'anche 38, ou fig. 1. Pl. V. la conduite par laquelle la farine tombe dans la huche ou dans le blutoir, par le moyen de la tempure, ou trempure, qui est un levier à lever la meule supérieure ; ce qui fait moudre plus gros ou plus menu, parce que le petit fer soutient la meule supérieure ; le petit fer pose sur son palier, qui pose sur la braxe ; il sera levé si on tire la corde qui est attachée au bout de la tempure.

Le blutoir est une chausse presque cylindrique A B, fig. 4. 5. 6. Pl. V. d'étamine plus ou moins fine d'environ 4 pieds de longueur, qui est placée en long dans la cage, au-dessus de la huche. Cette chausse, composée de trois ou quatre lés d'étamine, est terminée par le bout B par un cerceau d'environ 18 pouces de diamètre ; et de l'autre bout A, par un châssis quadrangulaire, d'environ 2 pieds de long sur 7 à 8 pouces de large. Ce châssis et le cerceau sont bordés de peau de mouton, longue du côté du cerceau d'environ trois pouces, et à laquelle l'étamine est réunie par une couture double. Du côté du châssis, qui est lui-même fermé par une pièce de pareille peau clouée avec rivet sur le bois, est aussi une pareille bande de peau, mais plus large sur la circonférence, de laquelle la chausse est également arrêtée par une double couture. Cette bande de peau est percée à la partie supérieure d'une ouverture circulaire d'environ 3 pouces de diamètre, à laquelle on ajuste un entonnoir C, aussi de peau de mouton, et terminé par un bourlet d'un pouce ou un pouce et demi de grosseur. Ce bourlet sert à retenir l'entonnoir à l'ouverture pratiquée à la face supérieure de la cage du blutoir, comme on voit, fig. 4. Cette ouverture répond à l'anche par laquelle la farine, mêlée au son, sort de dedans les archures qui renferment les meules.

Le long de la chausse et de chaque côté, depuis le milieu des traverses verticales du châssis, jusqu'aux extrémités du diamètre horizontal du cerceau qui termine la chausse, s'étendent deux cordes O P de 7 à 8 lignes de diamètre, qui sont renfermées dans des fourreaux de peau de mouton cousus sur la longueur de la chausse, suivant les lisières de l'étamine. Ces cordes sont arrêtées par un nœud sur les traverses du châssis, et de l'autre bout sur quelques chevilles près de l'ouverture latérale à laquelle le cerceau de la chausse est ajusté.

Sur le milieu de la chausse, et sur le fourreau qui renferme la plus grosse de ces cordes dont on a parlé, on coud à 8 ou 10 pouces de distance l'une de l'autre, deux attaches F G, fig. 5 et 6. ou boucles de cuir de cheval, ou de peau d'anguille, dont l'ouverture soit assez grande pour recevoir l'extrémité d'un bâton F H, qu'on appelle baguette, d'un demi-pouce environ de grosseur. Ce bâton est fixé par son autre extrémité dans une mortaise pratiquée à l'arbre vertical M N, qui fait agir le blutoir.

Il y a du côté de la cage qui répond au châssis de la chausse, deux petits treuils a b, c d, horizontaux d'un pouce et demi de gros, dont les collets sont arrêtés dans des entailles pratiquées aux faces extérieures des deux poteaux corniers de la face latérale de la cage du blutoir, et où ces collets sont retenus par de petites semelles qui les recouvrent. Ces deux treuils portent chacun à leur extrémité une roue de 4 ou 5 pouces de diamètre dentée en rochet, que l'on appelle étoile, à chacune desquelles répond un cliquet, par le moyen duquel on fixe ces petits treuils où l'on veut.

Chacune des quatre extrémités des longues barres du châssis de la chausse, et qui excède au-delà du travers d'environ un demi-pouce, est arrondi en façon de poulie. C'est sur ces espèces de poulies que l'on fait passer des cordelettes ou des lanières de peau d'anguille, ou de cuir, dont une des extrémités est accrochée à une entre-taise fixée aux montants de la cage, et l'autre extrémité est attachée à un des petits treuils ; savoir, les deux supérieures, qui répondent aux extrémités de la longue barre supérieure au treuil supérieur a b, et les deux autres au treuil inférieur c d.

Pour monter la chausse du blutoir dans sa cage, on fait premièrement passer de dehors en dedans le châssis par l'ouverture circulaire pratiquée dans une des faces latérales de la huche fermée en cet endroit.

Tout ce que l'on vient d'expliquer ne regarde que la machine du moulin.

De la maçonnerie qui soutient la cage du moulin. On bâtit circulairement un mur de moilons d'environ un demi-pié d'épaisseur sur douze pieds de haut ; l'espace en-dedans œuvre qu'il renferme est de 21 pieds de diamètre. On divise cette circonférence en quatre parties égales, et en bâtissant le mur, on bâtit aussi 4 gros piliers de pierre de même hauteur que le mur, mais saillans en dedans hors du mur d'environ 3 pieds sur 2 pieds de large.

On met à l'équerre sur ces 4 piliers élevés de même hauteur et dressés de niveau deux à deux, savoir, ceux qui sont diamétralement opposés, les soles A de 4 taises de long sur 15 à 16 pouces de gros, sur le milieu desquelles est encastrée l'attache, qui a 3 taises de long sur 2 pieds de gros, et autour de laquelle tourne le moulin : aux quatre bouts des soles dans la face supérieure, on fait deux mortaises embrevées l'une après l'autre ; on en fait aussi deux, l'une au-dessus de l'autre, dans chaque face de l'attache qui est carrée ; et dans ces mortaises sont emmortaisés huit liens C C, dont les quatre supérieurs ont 12 pieds de long sur 15 à 16 pouces de gros ; et les quatre inférieurs, 9 pieds de long sur 12 pouces de gros ; ils tiennent l'attache bien ferme et bien à-plomb.

Sur ces liens, juste au-tour de l'attache qui est arrondie à 16 ou 20 pans, est un assemblage carré de quatre pièces de bois 4, appelé la chaise, de 5 pieds de long sur 12 pouces de gros : cet assemblage est à tenons et mortaises doubles ; mais les tenons sortent assez pour y mettre deux grosses chevilles carrées. La partie supérieure de la chaise est arrondie cylindriquement sur l'épaisseur d'environ 4 ou 5 pouces.

Sur la chaise sont posées parallèlement les trattes 6, 6, de trois taises de long sur quinze à seize pouces de gros, éloignées l'une de l'autre du diamètre de l'attache ; dans les deux trattes sont assemblés d'équerre à tenons et mortaises, les deux couillardes 7, 7, de trois pieds de long y compris les tenons, sur quinze à seize pouces de gros : cela fait avec les trattes un carré qui renferme l'attache.

On pose sur les trattes les huit doubleaux 8, ou solives, chacune de douze pieds de long sur sept et huit pouces de gros, qui font le plancher du premier étage ; et sur les doubleaux on y met des planches d'un pouce d'épais, qui font le plancher.

Les quatre poteaux corniers 9, sont les quatre poteaux qui sont dans les angles de la cage, et qui en font la hauteur ; ils ont dix-neuf pieds et demi de long sur dix à onze pouces de gros ; dans les bouts de ces poteaux, qui sont plus bas que les trattes, s'assemblent trois petites soupentes 10, de quinze pieds de long pour les deux, qui font la longueur du moulin, et de douze pieds pour celle qui en fait la largeur du côté des ailes ; elles sont garnies chacune de trois potelets ou entretoises 11, de trois pieds de long, assemblés d'un bout dans les soupentes, et de l'autre dans les pannetes, pour ceux qui sont dans la longueur du moulin ; et pour ceux qui sont dans sa largeur, ils sont assemblés dans le dernier doubleau vers les ailes ; tant les soupentes que les potelets, ont trois à quatre pouces de gros.

Il y a une quatrième soupente e de douze pieds de long sur huit à dix pouces de gros, emmortaisée dans les deux poteaux corniers qui sont vers la queue du moulin, et qui sert à la porter, parce qu'elle est posée dessus, et de plus, parce qu'il y a un boulon de fer, qui est arrêté par une grosse tête qu'il a dans le premier doubleau en allant de derrière en devant, et qui passe au-travers de la queue et de la soupente, et est arrêté par-dessous avec une clavette.

La queue D D a trente-huit pieds de long sur quinze pouces de gros par le bout qui est assemblé dans le couillard où elle est attachée ; elle va un peu en diminuant par l'autre bout auquel est attachée une corde avec laquelle on met le moulin au vent.

Des deux côtés de la queue sont les limons E de la montée de la longueur dont il est besoin pour aller depuis le rez-de-chaussée jusques dans le moulin, sur douze pouces de large et cinq d'épais ; ils sont posés de champ, et sont assemblés dans les deux bouts des trattes ; on les taille par dents de dix pouces de hauteur depuis le haut jusqu'en bas, pour y placer les marches, qui ont six pieds de long et un pouce d'épais ; vers le milieu de la queue, est un assemblage de charpente F, appelé chevalet, qui sert à entretenir la montée avec la queue ; il est composé de deux bras 14, de huit pieds de long sur quatre et six pouces de gros, appliqués aux deux côtés de la queue d'une entretoise 16, assemblée à tenons et mortaise embrevée dans les bras et posée sur la queue ; elle a de long la largeur de la queue en cet endroit, sur trois et quatre pouces de gros au-dessus de l'entretoise ; sur le bout des bras est assemblé le chaperon 17, de deux pieds de long sur quatre et six pouces de gros ; dans les bouts inférieurs des bras est assemblé le support 15 de la montée, qui a six pieds de long sur quatre et six pouces de gros ; et pour le mieux relier avec les bras, il y a des étriers de fer qui l'embrassent par-dessous, et qui sont attachés sur les bras.

Sur le bout des trattes au haut de la montée, est placé le faux pont, de trois pieds et demi de large sur huit pieds de long ; les planches qui en font le plancher ont un pouce d'épais, elles portent par un bout sur les trattes, et de l'autre sur une petite sablière de trois pieds quatre pouces environ de longueur sur cinq et six pouces de gros, assemblée dans le poteau cornier, et soutenue par-dessous avec un lien de quatre pieds de long sur sept et quatre pouces de gros, emmortaisé dans la sablière et dans le bout du poteau cornier : dans les bouts des sablières, tant de celle qui porte le faux pont que de celle qui porte la galerie, est assemblé le poteau de l'angle 19 du faux pont, de huit pieds de long sur quatre pouces de gros ; dans ce poteau et dans le poteau cornier est assemblé l'appui 20 du faux pont, de trois pieds de long sur quatre et trois pouces de gros ; il y a une petite guette qui est assemblée dans cet appui et dans la petite sablière qui est dessous ; elle a trois pieds quatre pouces de long, sur quatre et trois pouces de gros : il y a encore à l'entrée du faux pont, un autre poteau égal et parallèle au poteau d'angle, avec un appui qui les joint.

Sur les extrémités des doubleaux sont posées les panettes 23, de quinze pieds de long sur sept à huit pouces de gros, assemblées à tenons et mortaises embrevées dans les poteaux corniers.

Le pan de bois au pourtour du premier étage, est composé de quatorze guettes 24, de huit pieds de long ; de sept poteaux de remplage, y compris ceux d'huisserie de sept pieds de long, et du linteau de la porte sur quatre et neuf pouces de gros, tant les uns que les autres : les guettes et les poteaux qui sont dans les longues faces du moulin sont assemblés dans les panettes et dans les pannes meulières 41, et celles et ceux qui sont dans la largeur du moulin sont assemblés dans le premier et dernier doubleau, et dans les collets 40.

Sur le bout de l'attache est posé le sommier 26, de douze pieds de long sur vingt-quatre pouces de gros, dans lequel entre son mamelon : c'est sur le sommier que le moulin tourne, et que porte une partie de sa pesanteur ; c'est ce qui fait qu'on le garnit d'une plaque de cuivre à l'endroit où il pose sur l'attache.

Derrière et parallèlement au sommier, à six pouces loin, est placé le faux sommier 27, de douze pieds de long sur six à sept pouces de gros ; il est emmortaisé dans deux des poteaux qui sont au pourtour du premier étage ; il soutient les bouts des quatre cartelles 36 de six pieds de long, sept pouces de large, et six pouces d'épais, qui soutiennent les meules.

La montée qui va du premier étage au second, est composée de deux limons 39, de neuf pieds de long sur quatre et six pouces de gros ; de dix marches faites de planches de deux pieds et demi de long sur un pouce d'épais.

Explication des pièces qui sont au second et au dernier étage. Au dessus du pan de bois du 1. étage sont assemblés dans les poteaux corniers les deux colliers 40, de douze pieds de long, l'un devant, l'autre derrière le moulin : celui du côté des volans porte les bouts des cartelles sur lesquelles les meules reposent ; celui qui est du côté de la montée porte les sept solives 22 de dix pieds de long sur cinq et sept pouces de gros, qui composent le plancher du second étage ; elles sont assemblées d'un bout dans le sommier qu'elles afleurent en-dessus ; et de l'autre bout, après avoir passé sur le collier, elles ont trois pieds de saillie pour former la galerie : sur les solives sont attachées des planches d'un pouce d'épais qui forment le plancher ; ce plancher a deux ouvertures, l'une par laquelle on monte du premier étage au second, et l'autre par laquelle on tire le blé.

Immédiatement au-dessus du plancher du second étage, le long des côtés du moulin, sont assemblées à tenons et mortaises embrevées dans les poteaux corniers, les pannes meulières 41, de quinze pieds de long sur neuf et dix-huit pouces de gros ; elles sont posées de champ sur les deux bouts du sommier.

Près les pannes meulières du côté des volans, est une entretoise 42, de douze pieds de long sur sept à huit pouces de gros, servant de sablière ; elle est emmortaisée dans les poteaux corniers.

Le pan de bois au pourtour de cet étage est composé de douze guettes 24, de sept pieds et demi de long sur quatre et six pouces de gros, et trois poteaux de remplage ; il est assemblé pour les côtés dans les pannes meulières et dans les hautes pannes 46, et pour le côté du volant, dans l'entretoise 42, et le collier supérieur 47, qui est au-dessous du jeu : un des poteaux, savoir celui qui est du côté des volans, a sept pieds et demi de long, sur quatre et six pouces de gros ; les deux autres 25, à bossages par le haut, ont la même longueur sur huit à neuf pouces de gros.

Le pan de bois dans la face de la galerie est composé de trois sablières, dont la première 45, est à la hauteur du plancher, et pose sur l'extrémité en saillie des solives ; la seconde 44 sert d'appui aux croisées de la galerie, et la troisième f, qui est à la hauteur des hautes pannes, s'assemble en entaille avec elles ; ces trois sablières ont chacune douze pieds de long sur trois et quatre pouces de gros pour les deux inférieures, et quatre sur six pour celle qui est à la hauteur des hautes pannes : elles sont emmortaisées dans deux poteaux 43, de 9 pieds de long sur cinq et six pouces de gros, qui servent de poteaux corniers à la galerie ; ils sont assemblés par le bout d'en haut dans le bout des autres pannes, et par le bout d'en bas dans deux petites sablières de trois pieds et demi de long sur quatre et six pouces de gros, qui sont à la hauteur du plancher, et qui tiennent à tenons et mortaises dans les gros poteaux corniers ; elles soutiennent les ailes de la galerie, et ont un lien par-dessous qui a quatre pieds de long sur sept et quatre pouces de gros : dans les petites sablières et dans le bout des hautes pannes, sont assemblées deux guettes, une de chaque côté ; elles ont neuf pieds de long sur quatre pouces de gros ; elles font les côtés de la galerie.

Outre les trois sablières de la face de la galerie, il y a encore 5 potelets, dont trois qui font les fenêtres, ont 5 1/2 pieds de long, et sont éloignés les uns des autres de 2 pieds ; les deux autres qui sont sous les milieux des fenêtres ont 3 1/2 pieds de long : il y a encore 4 guettes, dont deux qui ont 5 1/2 pieds de long, sont assemblées dans les sablières d'appui, et à la hauteur des hautes pannes ; les deux autres ont 3 1/2 de long, et sont assemblées dans la face inférieure de la sablière d'appui et dans celle qui pose sur le plancher : toutes ces pièces ont 3 sur 4 pouces de gros.

Les deux autres pannes 46 qui servent d'entablement, ont 3 taises de long, sur 14 pouces de gros ; c'est dans ces deux pièces que sont assemblées, dans les faces latérales intérieures, les trois paliers et le jeu, et dans les faces inférieures les quatre poteaux corniers.

Il y a encore sous les hautes pannes, l'un devant l'autre derrière, deux colliers 47 de 15 pieds de long, sur 8 à 9 pouces de gros, qui sont assemblés dans les poteaux corniers ; celui qui est du côté de la galerie, est soutenu par deux liens de 3 pieds de long, sur 6 et 7 pouces de gros : une des fermes du comble pose dessus.

Explication du comble. Le comble est composé de trois fermes ; la première en commençant du côté des ailes, pose sur le jeu, et est composée de deux arbalêtriers 75, de 9 de long à-peu-près, d'un entrait de 5 pieds de long, et d'un poinçon 77 de 3 à 4 pieds, le tout sur 4 et 6 pouces de gros. La seconde, qui est au milieu du moulin, pose sur les hautes pannes à l'endroit où les poteaux de remplage 25 sont emmortaisés dans les hautes pannes ; ces poteaux ont un passage par le haut, pour mieux soutenir les hautes pannes. La ferme est composée de deux arbalêtriers, d'un demi entrait 76, et d'un poinçon qui a un lien 78 de chaque côté, qui s'emmortaise dans le faite 79. La troisième ferme pose sur le collier, et est composée de deux arbalêtriers, d'un poinçon et de deux entraits : le poinçon a un lien qui prend un peu au-dessus de l'entrait, et va soutenir le chevron de la croupe, qui est au-dessus de la galerie ; il y a encore à cette croupe, deux empanons qui ont 3 à 4 pouces de gros, aussi-bien que le chevron de croupe. Il y a un faite, dont la longueur est de 15 pieds, sur 7 et 5 pouces de gros ; et seize chevrons 80 de 12 pieds de long, sur 3 et 4 pouces de gros.

Il faut pour l'étendue de la couverture 112 taises de planches appliquées sur les chevrons, elles servent de lattes pour attacher les bardeaux, qui ont 10 pouces de long et 3 pouces de large ; ils sont posés en pureau ordinaire de 4 pouces : il en faut 4500 pour toute la couverture.

Il faut aussi pour le houssage, fermeture ou clôture du moulin 127 ais à couteau : savoir 16 de 15 pieds de long, 48 de 18 pieds, 58 de 12 pieds et 5 de 3 pieds pour le devant du faux pont. Tous ces ais ont 10 pouces de large, 9 lignes d'épaisseur par le dos, et 3 par le taillant.

Explication de l'engin à tirer le blé. On monte le blé dans le second étage du moulin par le moyen d'une machine placée dans les fermes du comble, et dont voici la description.

Cette machine est composée d'un grand arbre h g q, d'environ 6 pouces de diamètre, et dont la longueur est depuis le plan des dents du rouet jusqu'à la croupe du moulin. Cet arbre porte en h du côté du rouet, un petit hérisson qu'on appelle la machine, d'environ 2 pieds de diamètre, et dont les dents peuvent engrainer intérieurement dans celles du rouet, lorsqu'on soulève le collet sur lequel pose le tourillon de cet axe, ce qui se fait par la mécanique suivante.

Le collet de l'axe est porté par une pièce de bois s, mobile par une de ses extrémités, sur un boulon de fer qui le traverse et un des chevrons du comble dans lequel on a pratiqué une mortaise, ce qui fait un levier du second genre ; l'autre extrémité de ce levier est portée par celle d'un autre levier s m n, du premier genre ; dont le point d'appui m est une petite barre de fer m k, faisant l'effet d'une chaîne par laquelle il est suspendu à quelques-uns des chevrons du comble ; l'autre extrémité de ce second levier est armée d'une corde n p, qui descend à la portée de la main, et que l'on peut fixer à un crochet, pour laisser tourner la machine, tant qu'on en a besoin ; l'autre extrémité q de l'arbre mobile sur un bout de chevron emmortaisé dans le chevron de la croupe et un des empanons ; la partie q 7 6 de cet arbre, comprise depuis cette extrémité jusqu'à l'endroit où il traverse la fermure de croupe, sert de treuil sur lequel s'enroule la corde q R g, à l'extrémité de laquelle est attachée une s de fer, par le moyen de laquelle et de la corde qui passe par l'autre treuil de cette s, on saisit le sac de blé que l'on veut monter dans le moulin. Cette corde passe sur un rouleau mobile par un bout dans un des arbalêtriers de la galerie, qui est à la hauteur des hautes pannes ; ce rouleau renvoie la corde et fait qu'elle descend à plomb du centre de l'ouverture de la galerie.

Sur le même arbre, entre la fermure de croupe et celle du milieu du moulin, est un tambour g composé de différentes lattes qui traversent l'arbre et forment, avec d'autres qui leur servent d'entretoises, comme une espèce de grand dévidoir, sur lequel la corde sans fin appelée vindenne, fait plusieurs tours : cette corde descend si on veut, aussi-bien que celle du levier, dans le premier étage, la vindenne, par deux trous, et celle de la bascule par un seulement, afin de pouvoir manœuvrer cette machine, soit du premier ou du second étage : lors donc que l'on veut monter un sac dans le moulin, et par le moyen du vent, on tire la corde n p, de la bascule de l'hérisson, ce qui le soulève et met ses dents en prise avec celles du rouet qui le fait alors tourner ; et le treuil pratiqué à l'autre extrémité de l'arbre sur laquelle la corde à laquelle le sac est suspendu, s'enroule pendant cette opération, la vindenne ou corde sans fin s'enroule d'un côté sur le tambour, et se déroule de l'autre, en sorte qu'il y a toujours le même nombre de tours sur le tambour et en nombre suffisant pour que cette corde ne puisse pas glisser ; veut-on cesser de monter le sac, il n'y a qu'à lâcher la corde de la bascule, et le poids de l'hérisson et de ses agrêts, le faisant aussi-tôt descendre, dégagera ses dents de celles du rouet, il cessera de tourner : mais il faut alors saisir la vindenne, sans quoi le poids du blé contenu dans le sac, ferait promptement retrograder l'arbre de l'hérisson, ce qui ferait descendre le sac avec rapidité.

On peut aussi monter le blé dans le moulin, quoiqu'il ne fasse point de vent, il ne faut pour cela que manœuvrer l'arbre par le moyen de la vindenne, observant que les dents de l'hérisson ne soient pas en prise avec les dents du rouet. On se sert de la même machine pour redescendre la farine au bas du moulin.

D e l'engin ou cabestan à virer au vent. L'engin à virer au vent est composé d'un treuil 12, de 3 pieds de haut sur 7 pouces de diamètre, et dont la tête est garnie d'une frette de fer, pour l'empêcher d'éclater lorsqu'on met le levier dans l'oeil pour le tourner ; d'un chaperon 13, de 2 pieds de long sur 4 pouces de gros, dans lequel sont assemblées par le haut, les jambes 64, qui ont 2 pieds de long sur 3 et 4 pouces de gros, elles sont aussi assemblées par le bas, dans l'essieu 60 qui a à chacune de ses extrémités une roue 63 d'un pied de diamètre sur 3 pouces d'épais, pour pouvoir le mener plus facilement où l'on veut ; dans cet essieu est assemblée la semelle 2, dans un trou de laquelle tourne le pivot d'enbas du treuil ; celle d'en-haut 3 est de deux pièces pour embrasser le collet du treuil, elles sont entretenues par le poteau du bout k, qui est lui-même arrêté dans la semelle par deux liens i. Ce poteau a 2 1/2 de haut, sur 4 à 5 pouces de gros, les liens ont 4 pouces de gros sur 1 1/2 pied de longueur. On amarre cet engin par une corde à un des poteaux 69, dont il y en a douze semblables fichés en terre dans la circonférence que l'extrémité de la queue décrit sur le terrain : au lieu de poteaux de bois on en met ordinairement de pierre.

Il y a des moulins à vent construits dans une tour de pierre, et dont la construction ne diffère de ceux-ci qu'en ce que c'est seulement le comble qui tourne pour mettre les ailes au vent. Dans ces moulins l'arbre tournant, le rouet et le frein suivent le comble, et les meules, la lanterne qui les fait tourner, sont placées au centre de la tour ; le comble entier et la queue qui y est assemblée, sont portés par des roulettes qui roulent dans une rainure circulaire, pratiquée à une semelle qui recouvre la maçonnerie de la tour. Voyez cette construction représentée dans les Planches du moulin à pompe, et l'explication des mêmes Planches.

Des moulins à eau. Il y en a de plusieurs sortes, selon les lieux où ils sont placés, et le plus ou moins d'abondance d'eau pour les faire mouvoir, et le plus ou moins de vitesse de cette eau.

Celui représenté sur la Pl. VI. est supposé construit sur une rivière navigable, à la partie d'aval d'une arche de pont, ou entre deux piliers de maçonnerie, ou enfin entre deux palées, comme sont placées les machines hydrauliques du pont N. D. à Paris, représentées dans nos Planches de Charpente, et sur lesquelles il faut jeter les yeux, la construction de la cage des roues, etc. ayant beaucoup de rapport avec celle des mêmes parties dans le moulin dont il s'agit.

Sur les pieds droits de la maçonnerie ou sur les chaperons des palées on construit un plancher de poutres, solives et madriers. Ce madrier est percé de six ouvertures, par cinq desquelles descendent de longues pièces de bois, servant de chaînes assez longues pour atteindre depuis le plancher jusqu'à la surface des plus basses eaux. Ces chaînes, dont quatre suspendent le châssis E E qui porte la grande roue à aubes A, et la cinquième qui suspend la vanne avec laquelle on forme le coursier, sont percées de trous carrés sur deux rangées parallèles, distants l'un de l'autre de six pouces ou environ. C'est dans ces trous que l'on fait entrer les verroux, qui fixent le châssis à une hauteur convenable, pour que les aubes inférieures soient plongées dans l'eau, et reçoivent par conséquent l'impression du courant, premier moteur de toute la machine. On élève le châssis et la vanne par le moyen des crics, comme à la machine du pont N. D. ou avec des verins qui sont de fortes vis de bois. Voyez VERIN et les planches de Charpenterie. Les crics ou les verins sont placés sur le plancher du premier étage, et les verroux posent sur leurs semelles.

La grande roue A, composée de plusieurs assemblages de charpente, porte les aubes de trois pieds de hauteur, sur environ 15 pieds de longueur, et aussi un rouet C, dont les alluchons, au nombre de soixante, engrenent dans les fuseaux de la grande lanterne F, qui sont au nombre de seize. L'arbre vertical de cette lanterne porte par son pivot inférieur sur le palier D, garni d'une crapaudine ; et par sa partie supérieure, traverse le moyeu G de la roue horizontale qui engrene dans la lanterne H des meules.

La partie inférieure du moyeu G de la roue horizontale est arrondie et roule entre deux moises qui ferment la sixième ouverture qui est au plancher.

Les meules et les archures ou tonneaux qui les renferment, sont placées sur un fort assemblage de charpente, fig. 1 et 2. Pl. V. de 4 pieds d'élévation, sur 6 ou 7 en carré, formant une cage à jour, dont la face supérieure fermée par des madriers de trois pouces d'épais, posés sur des carteles ou solives de six pouces de gros, est le plancher des meules. L'hérisson G entre dans le vuide de cette cage par une des faces latérales, pour engrener avec les fuseaux de la lanterne H, enarbrée sur l'axe ou fer de la meule tournante. Ce fer porte par son pivot inférieur sur le palier qui est garni d'une crapaudine.

Le palier, dont les deux extrémités sont terminées en tenons, est emmortaisé dans les deux braies dont les mortaises sont plus longues que les tenons n'ont de largeur, et où ils sont fixés par les coins ou clés. On fait ainsi cet assemblage pour pouvoir avec facilité rectifier l'engrenage de l'hérisson avec la lanterne, en l'approchant ou l'éloignant autant qu'il est nécessaire. Les deux braies sont mobiles dans de longues rainures pratiquées aux faces intérieures opposées des poteaux corniers où elles aboutissent. Ces quatre poteaux corniers sont assemblés par leur bout inférieur dans les semelles ou patins, qui sont eux-mêmes assemblés à mi-bois ; et ils sont affermis dans la situation verticale par huit liens assemblés à tenons et mortaises, embrevés dans les poteaux et dans les patins. Les poteaux corniers sont aussi réliés ensemble deux à deux par des chapeaux dont la longueur est perpendiculaire à la ligne qui joint ensemble les centres de l'hérisson et de la lanterne. Les chapeaux sont joints ensemble par deux entre-taises et les solives qui composent le fond du plancher des meules.

Du côté opposé à l'hérisson, se trouve la huche dans laquelle tombe la farine mêlée au son ; car le moulin n'a pas de blutoir.

Si on voulait y en adapter un, il faudrait placer le treuil vertical du blutoir près d'un des angles de la cage, et le blutoir passerait sous le plancher des meules, pour aller rencontrer quelques-uns des fuseaux de la lanterne H, prolongés au-dessus d'une des tourtes qui la composent ; le reste du blutoir serait disposé comme il a été dit ci-dessus en parlant du blutoir du moulin à vent.

La trémie L et l'auget K, disposés, par rapport aux meules, de la même manière que dans le moulin à vent, sont supportés par le plancher supérieur auquel on monte par un escalier pratiqué dans un des angles du bâtiment. Ce plancher est percé d'une ouverture carrée, dans laquelle est placée la trémie. Il y a aussi une autre ouverture que l'on ferme avec une trape, par laquelle et au moyen d'un engin ou treuil mu par le hérisson horizontal G, on parvient à monter les sacs de blé non moulu au second étage, pour être versé dans la trémie. Voyez les Pl. et leur explication.

Les moulins construits sur des bateaux ne diffèrent de ceux-ci qu'en ce que la roue à aubes est double, c'est-à-dire qu'il y en a deux, une à chaque bout de l'arbre horizontal qui traverse le bateau. Cet arbre a deux colliers garnis d'allumelles qui roulent sur deux semelles fixes sur les plats-bords du bateau. Il porte un hérisson dont les dents engrenent dans une lanterne fixée sur un autre arbre horizontal et parallèle au premier. Cet arbre porte un rouet dont les dents conduisent la lanterne des meules. Il y a un frein autour de ce rouet, dont les extrémités sont attachées aussi-bien que la bascule qui le roidit, à la cage de charpente qui soutient les meules. Le reste comme dans celui que nous venons de décrire.

Il y a des moulins à eau d'une autre construction plus simple que la précèdente ; mais ils ne peuvent être établis que dans les lieux où on a une chute d'eau de quatre ou cinq pieds de hauteur au-moins. Ayant donc construit en bonne maçonnerie la cage du moulin et le contre-mur qui avec une des faces du bâtiment forme le canal ou coursier dans lequel la roue à aubes doit être placée, et dans lequel l'eau doit couler ; ce coursier est renfermé par une vanne que l'on ouvre quand on veut laisser tourner le moulin. Il y a aussi dans le canal supérieur une autre vanne que celle qui répond au coursier, par laquelle on peut viderle canal, et un déchargeoir pour laisser écouler l'eau superflue.

La roue à aubes de 15 ou 18 pieds de diamètre, est composée de deux cercles de charpente assemblés parallèlement sur l'axe horizontal qui traverse le coursier. Sur la circonférence de cette roue formée de planches, sont fixées perpendiculairement les aubes au nombre de seize ou vingt ; le même axe porte un rouet de neuf pieds de diamètre, placé dans la cave du moulin. Ce même rouet qui a 48 alluchons, mène une lanterne de neuf ou dix fuseaux, fixée sur l'arbre de fer de la meule supérieure. Le pivot inférieur de cet arbre de fer tourne dans une crapaudine posée sur un palier ; le palier est supporté par une braie qui est elle-même suspendue, au moyen d'une épée de fer, à une tempure dans l'étage supérieur, dont la corde va se fixer quelque part auprès de la huche. Le bout supérieur du fer, moins gros que le reste, entre dans le trou carré de l'X ou anil de fer scellé à la partie inférieure de la meule supérieure. Le reste de ces moulins est semblable à ceux décrits ci-dessus.

Lorsque l'eau destinée à faire tourner un moulin, n'est pas abondante, et que la chute a beaucoup de hauteur, on la conduit au-dessus de la roue par une buse ou canal de bois, dont l'entrée se ferme avec une vanne, quand on veut arrêter le moulin. La circonférence des jantes de la roue est couverte de planches, et forme un cylindre ou tambour, dont la surface sert de fond à un grand nombre d'auges composées de planches latérales qui font tout le tour de la roue, et de planches transversales comme des aubes, mais inclinées du côté de la buse, par où l'eau vient. L'eau venant à tomber du haut de la roue, dans les auges qu'on appelle pots, son choc et son poids la font tourner ; et par conséquent le reste du moulin comme celui ci-dessus.

Mais si l'eau a beaucoup de chute, et qu'elle soit en quantité suffisante, on peut construire un moulin avec encore moins de frais, comme ceux, par exemple, construits en Provence et en Dauphiné ; ils n'ont qu'une seule roue horizontale de six ou sept pieds de diamètre, et dont les aubes sont faites en cuillières pour mieux recevoir le choc de l'eau qui coule dans une buse, tuyau ou canal d'un pied environ d'ouverture dirigée à la concavité des cuillières. L'axe de cette roue, sur lequel la meule est aussi fixée, terminé en embas par un pivot, roule sur une crapaudine placée sur un sommier dont une des extrémités pose sur un seuil dans la cave du moulin ; l'autre extrémité du même sommier pose sur une braie, ou est suspendue par une épée à une tempure par le moyen de laquelle on approche ou on éloigne la meule tournante de la meule gissante. On arrête ces sortes de moulins, en interceptant le cours de l'eau par le moyen d'une vanne ou d'un clapet à bascule, que l'on peut mettre en mouvement de dedans le bâtiment même du moulin. L'eau étant arrêtée ou obligée de prendre un autre cours, le moulin cessera de tourner ; quant à celle qui vient frapper les cuillières ou aubes de la roue qui est dans la cave du moulin, elle s'écoule par une ouverture pratiquée à une des murailles de cette cave.

On trouve au Basacle à Toulouse des moulins de cette espèce, qui sont ce qu'il y a de mieux imaginé et de plus simple jusqu'à présent.

Il y a aux moulins du Basacle seize meules de front placées dans un même bâtiment en-travers de la rivière ; et comme elles sont toutes mues de même par la force du courant, il suffira d'expliquer ce qui convient à deux ou trois de ces meules.

On a construit plusieurs piles de mâçonnerie qui servent de pieds droits à des arcades de trois à trois pieds et demi de largeur, qui divisent le canal en seize canaux différents : les avants et arrières becs des piles sont éloignés l'un de l'autre de cinq et demi environ. Ces arcades qui servent de coursier, et dont la fig. prem. Pl. I. représente le plan de la fondation au-dessous du radier ; la fig. 2. le plan au niveau du radier ; la fig. 3. le plan du premier étage ; la fig. 4. la coupe transversale par le milieu de la tonelle ; la fig. 5. la coupe au-devant des vannes ; la fig. 6. l'élévation du côté d'amont ; la fig. 7. la coupe longitudinale par le centre ; la fig. 8. partie supérieure, la coupe par le centre vue du côté d'aval, et partie inférieure, la coupe par un plan antérieur du côté de la sortie du coursier ; la fig. 9. l'élévation du côté d'aval ; la fig. 10. le profil de la roue, et la fig. 11. le plan de la roue : ces deux dernières figures sont dessinées sur une échelle double. Ces arcades, dis-je, sont formées du côté d'amont par des vannes qui descendent dans des coulisses, et qu'on lève quand on veut laisser tourner le moulin. Le coursier va en rétrécissant jusqu'à l'endroit où il aboutit à la circonférence d'un cylindre ou tonneau de maçonnerie sans fond, dans lequel est placé une roue horizontale, dont l'axe vertical concentrique à ce cylindre, porte la meule supérieure. L'eau retenue derrière la vanne passant par le pertuis qu'elle laisse ouvert lorsqu'elle est levée, entre avec précipitation dans le coursier dirigé obliquement suivant la tangente au cylindre, et ne trouvant point pour sortir une ouverture aussi grande que celle par laquelle elle est entrée, gonfle et s'introduit avec plus de force dans le cylindre, en formant un tourbillon elle contraint la roue horizontale qui y est de tourner avec elle.

L'eau après avoir fait plusieurs tours, et frappé les aubes de la roue, s'échappe par le vuide que ces mêmes aubes laissent entr'elles, sort par le fond du cylindre ; et s'écoule du côté d'aval, où on a ménagé une pente.

L'essieu ou arbre de la roue, laquelle a trois pieds de diamètre, est terminé par un pivot tournant sur une crapaudine fixée sur un palier. Ce palier repose par une de ses extrémités sur un seuil où il est encastré de quelques pouces. L'autre extrémité de ce palier est suspendue par un poteau ou épée de bois boulonée à une braie qui est elle-même suspendue par un autre poteau ou épée retenue sur le plancher par un boulon qui la traverse, ou sur une tempure. Toutes ces pièces servent comme dans les autres moulins à élever ou baisser la meule supérieure.

La roue à aubes intérieures de trois pieds de diamètre est d'une seule pièce de bois de dix pouces d'épaisseur : cette pièce de bois est un tronçon d'un gros arbre que l'on garnit en haut et en-bas d'une frette ou bande de fer pour l'empêcher de fendre. On y taille les aubes que l'on incline à l'axe d'environ cinquante-quatre degrés, ou pour le mieux, l'inclinaison doit être telle que la diagonale du parallélogramme fait sur les directions horizontales circulaires de l'eau, et sur sa direction verticale y soit perpendiculaire, les côtés du parallélogramme étant proportionnels aux vitesses. Voyez dans les Planches d'Agriculture, la représentation de ce moulin, et l'explication des mêmes Planches.

Enfin on a inventé dans ces derniers temps d'employer le flux et le reflux de la mer à faire tourner les moulins, invention très-heureuse et très-utile attribuée à un nommé Perse, maître charpentier à Dunkerque ; il faut pour cela avoir un lieu bas d'une étendue suffisante pour contenir assez d'eau : on ferme la communication de ce lieu à la mer par une chaussée, dans le travers de laquelle on pratique trois canaux parallèles. Celui du milieu sert de coursier à la roue ; un des deux autres qui communique à la mer, et que nous appellerons canal de flot, communique par deux branches aux deux extrémités du coursier. Le troisième canal appelé canal de jusant, communique au bassin ou réservoir, et aussi aux deux extrémités du coursier par deux branches ; le coursier est séparé des canaux par quatre vannes placées dans les branches de communication ; après que le flux monte d'une quantité suffisante, ou ouvre la vanne du canal de flot qui communique au coursier du côté par où l'eau doit y entrer, et on ferme la seconde du même canal ; on ouvre aussi celle du canal de jusant, qui communique à la sortie du coursier, et on ferme l'autre du même canal en cet état, et l'étang étant supposé vuide, l'eau de la mer à marée montante, entrera par le canal de flot, et passera dans le coursier sous la roue qu'elle fera tourner, et du coursier entrera dans l'étang ; ce qui fera tourner le moulin pendant environ quatre des six heures que dure le flot. On ouvrira alors toutes les autres vannes, afin que pendant les deux heures qui restent à écouler jusqu'à la pleine mer, l'eau puisse entrer en abondance dans l'étang, et qu'elle soit au niveau de la pleine mer ; on fermera alors toutes les vannes pour retenir l'eau, jusqu'à ce que le jusant ou reflux ayant fait baisser les eaux de la mer pendant deux heures au-dessous du niveau de celles contenues dans l'étang, on ouvrira alors la vanne du canal de jusant, qui communique à l'entrée du coursier, et aussi celle qui communique de la sortie du même coursier au canal de flot ; les deux autres vannes demeurant fermées, et l'eau de l'étang passant par le coursier, fera tourner la roue du même sens qu'auparavant, avec une vitesse proportionnelle à la chute que les différents niveaux de l'eau contenue dans l'étang et de la mer pourra lui procurer, et le moulin tournera jusqu'à la basse mer, si l'eau contenue dans l'étang est suffisante, ou seulement jusqu'à ce qu'elle soit épuisée.

Une heure environ avant la basse mer, on ouvrira toutes les vannes pour laisser écouler entièrement toute l'eau de l'étang de la mer, ou du-moins qu'elle se mette de niveau aux plus basses eaux, où le jusant puisse les abaisser. On refermera alors toutes les vannes, qu'on laissera fermées jusqu'à ce que le flot ayant assez élevé les eaux de la mer pour leur procurer une chute suffisante dans l'étang, on r'ouvrira celle du canal de flot qui communique à l'entrée du coursier, et celle du canal de jusant, qui communique à la sortie du même coursier, les deux autres demeurant fermées ; et le moulin tournera comme auparavant, et du même sens soit de flot ou de jusant.

C'est-là sans doute, ce que l'inventeur s'est proposé ; mais on peut simplifier encore cette invention, ainsi que nous allons l'expliquer ; mais alors le moulin tournera pendant le flot d'un certain sens, et pendant le jusant dans le sens opposé ; ce qui n'entraine aucun inconvénient, étant facile de disposer les engrenages des roues et des lanternes pour cela : ce qui même ne peut que tendre à leur conservation. Il y aura donc un seul canal en-travers de la chaussée de l'étang. Ce canal sera fermé par deux vannes, une du côté de la mer qui sera nommée vanne de flot, et une autre du côté de l'étang appelée vanne de jusant, qui fermeront de part et d'autre le coursier. Les deux parties du canal hors les vannes, communiqueront ensemble par une branche qui sera fermée aussi par une vanne. L'étang étant supposé vuide, la mer basse, et toutes les vannes fermées, excepté celle de jusant, on attendra que le flot soit assez monté, et que la différence des niveaux de la mer et de l'étang soit suffisante, pour que la chute des eaux puisse faire tourner le moulin. On ouvrira alors la vanne de flot du coursier, celle de la branche de communication demeurant fermée, et l'eau de la mer passant sous la roue dans le coursier, la fera tourner presque jusqu'au temps de la pleine mer. Quelque temps auparavant on ouvrira la vanne qui fermait la branche de communication des deux parties du canal, pour que l'eau de l'étang puisse se mettre de niveau aux plus hautes eaux du flot. On les y retiendra alors en fermant cet vanne et celle de jusant, jusqu'à ce que le reflux ait abaissé les eaux de la mer d'une quantité suffisante pour procurer à celles de l'étang assez de chute dans le coursier ; alors on ouvrira la vanne de jusant, et l'eau de l'étang s'écoulant dans le coursier à la mer, fera tourner la roue du moulin en sens contraire. Quelque temps avant la basse mer, on ouvrira la vanne de la branche de communication afin de laisser écouler entièrement à la mer l'eau qui est contenue dans l'étang ; et à l'instant où le flot suivant recommence, on la refermera et celle de flot, jusqu'à ce que sa hauteur au-dessus de la surface de l'étang puisse procurer assez de chute pour faire tourner la roue dans sa première direction ; on ouvrira alors la vanne de flot pour recommencer la même opération, et faire provision d'eau dans l'étang pour suffire à faire tourner le moulin pendant le temps du reflux suivant. (D)

Noms des pièces qui entrent dans la construction d'un moulin.

Observation sur les moulins à vent et à eau, avec leur théorie. Du moulin à vent. Le moulin à vent, quoique connu de tout le monde, est cependant d'une construction beaucoup plus ingénieuse qu'on ne l'imagine communément. On croit qu'il nous a été apporté d'Asie dans le temps des croisades ; quoi qu'il en sait, cette machine a été poussée à un degré de perfection que les machines communes n'atteignent pas ordinairement. Mais avant que de passer à sa théorie, il est nécessaire de revenir sommairement sur les principales parties de sa construction.

Construction sommaire du moulin à vent, considéré relativement à sa théorie. La structure intérieure du moulin à vent est fort semblable à celle du moulin à eau. La différence qui est entre ces deux machines ne consiste guère que dans la manière d'appliquer la force extérieure.

La manière d'appliquer cette force dans le moulin à vent consiste dans un essieu ou arbre E F (Planche de la Pneumatique, fig. 15.), traversé par deux bras ou leviers A B et C D, qui font ensemble un angle droit et qui peuvent avoir chacune environ trente-deux pieds de long. Sur ces bras, sont attachées des espèces de voiles, appelées ailes, qui ont la figure de trapezes, surfaces dont les faces H I et F G sont parallèles. La plus grande H I est d'environ six pieds, et la moindre F G est de la longueur qui est déterminée par les rayons tirés de H et de I au centre. L'usage de ces ailes est d'être toujours présentées au vent afin de recevoir son impression ; &, afin qu'elles aient cet effet, on emploie deux différentes constructions qui constituent les deux espèces de moulin à vent dont on fait ordinairement usage.

Dans le premier, la machine entière est soutenue par un arbre mobile, perpendiculaire à l'horizon, sur un appui ou pied, et peut tourner sur ce pied d'un côté ou d'un autre, suivant qu'on en a besoin.

Dans l'autre, il n'y a seulement que le tait de la machine et l'essieu des ailes qui tourne ; &, pour cet effet, on donne à ce tait la forme d'une tourelle, et on l'entoure d'un cercle de bois dans lequel on a pratiqué une rainure où sont placées de distance en distance plusieurs rouleaux. Dans cette rainure, roule un autre cerche de bois sur lequel le tait entier porte. A l'anneau, ou cercle mobile, sont fixés des rayons a b, auxquels on attache une corde dont l'autre bout tient à une espèce de petit vindas. Par ce moyen, en tournant le vindas et assujettissant ensuite la corde ou crochet de fer G, on donne aux ailes la position nécessaire.

Théorie du mouvement des moulins à vent, et de la position de leurs ailes. L'angle que les ailes doivent faire avec l'essieu ou l'arbre auquel elles sont attachées, est l'objet d'une question délicate que les Mathématiciens ont jugée digne de leurs recherches.

Afin de concevoir comment le moulin est mis en mouvement, il faut savoir la théorie des mouvements composés. Lorsqu'un corps frappe perpendiculairement contre une surface il emploie toute sa force : mais s'il frappe cette surface obliquement, son mouvement étant composé de deux autres dont l'un est perpendiculaire et l'autre parallèle à la surface frappée, le seul de ces deux mouvements qui agisse est le perpendiculaire ; et chaque direction oblique de mouvement est la diagonale d'un parallélogramme, dont les directions perpendiculaires et parallèles sont les deux côtés. De plus, si après avoir décomposé une impulsion oblique sur une surface dans la perpendiculaire à cette surface, il arrive que cette surface ne puisse pas se mouvoir suivant la direction que cette impulsion tend à lui donner, et qu'elle puisse seulement changer sa direction, il faut encore redécomposer cette impulsion perpendiculaire en deux autres : dont l'une soit celle que la surface peut suivre, et l'autre celle qu'elle ne saurait suivre. Voyez COMPOSITION DE MOUVEMENT.

Pour donner une idée de l'action du vent sur les moulins, nous emploierons une comparaison. Représentons-nous un gouvernail attaché obliquement à la quille d'un navire, et frappé par le courant de l'eau parallèlement à la quille, c'est-à-dire, frappé obliquement, il est aisé de voir, en tirant la ligne qui exprime l'impulsion perpendiculaire, que cette impulsion tendra à arracher le gouvernail du navire, et que cette direction, perpendiculaire au gouvernail, est oblique à la quille. Or, comme ce gouvernail, poussé par une impulsion oblique qui tend à l'arracher du vaisseau, ne saurait en être détaché par la manière dont il y est assuré, il s'ensuit que des deux mouvements dont l'impulsion oblique est composée, il ne faut avoir égard qu'à celui qui est dans la direction que le gouvernail peut suivre, et abandonner l'autre comme inutile. Or, la direction dans laquelle le gouvernail ne peut se mouvoir sans se détacher de la quille, est celle qui le pousse circulairement autour de son extrémité comme centre. L'effet de l'impulsion oblique de l'eau sur le gouvernail doit donc être réduit d'abord à une impulsion perpendiculaire, et ensuite cette impulsion à celle qui tend véritablement à faire tourner le gouvernail. Voyez GOUVERNAIL. Présentement, dans un mouvement oblique et composé dans lequel il n'y a qu'une des forces composantes qui soit à employer, il est clair que plus la proportion que cette force aura à l'égard de l'autre sera petite, moins le mouvement aura d'effet et au contraire. Or, en examinant les mouvements composés sur le gouvernail, on trouve que plus il est oblique à l'égard de la quille, plus la proportion de la force qui tend à le faire tourner est grande par rapport à l'autre. Mais, d'un autre côté, plus il est oblique à l'égard de la quille, ou, ce qui revient au même, plus il est oblique à la direction de l'eau, plus l'impulsion est faible. L'obliquitté du gouvernail a donc en même temps un avantage et un désavantage ; mais comme cet avantage et ce désavantage ne sont point égaux et qu'ils varient suivant les différents angles de l'inclinaison, ils se compliquent d'une manière fort variable, et prévalent chacun à leur tour l'un sur l'autre.

On a agité la question de la situation la plus avantageuse à donner au gouvernail. M. Renau, dans sa théorie de la manœuvre des vaisseaux, a trouvé que la meilleure situation à lui donner était celle où il faisait un angle de 55 degrés avec la quille.

Cette théorie sur le gouvernail peut s'appliquer aux moulins à vent. En effet, supposons présentement qu'un moulin exposé à l'action du vent eut ses quatre ailes perpendiculaires à l'arbre auquel elles sont adaptées, comme elles reçoivent alors le vent perpendiculairement, il est clair que son impulsion ne tendrait qu'à les détruire. Il est donc nécessaire, pour qu'elles soient de quelque utilité, qu'elles aient une direction oblique à l'axe, et qu'elles reçoivent par conséquent le vent obliquement.

Afin de traiter la question plus facilement, ne considérons qu'une aile verticale : l'impulsion du vent sur cette aile étant oblique, doit être réduite à l'impulsion perpendiculaire ; et comme l'aile ne saurait suivre cette direction, il faut encore la décomposer en deux autres, dont l'une tende à la faire tourner sur son axe, et dont l'autre tendrait à la renverser. Mais il n'y a que la première de ces deux impulsions qui puisse avoir son effet ; il faut donc que l'impulsion entière du vent sur l'aile n'agisse que pour la faire tourner ou de droite à gauche ou de gauche à droite, suivant que son angle aigu est tourné d'un côté ou de l'autre, etc. Ce qu'il y a d'heureux dans la construction de cette machine, c'est que les trois autres ailes ne peuvent tourner que du même côté.

Supposons donc que le vent vienne de la direction de l'axe, et que x soit l'angle de l'aile avec l'axe, l'effort perpendiculaire du vent sur l'aile sera d'abord f (sin. x)2, en appelant f la force absolue que le vent exercerait contre l'aile s'il la frappait perpendiculairement : or cette force se décompose en deux, une parallèle à l'axe qui n'a point d'effet, et l'autre perpendiculaire à l'axe, et qui est la force qui tend à faire tourner l'aile. Or on trouvera très-aisément que celle-ci est f (sin. x.)2 cos. x. qui doit être un maximum : donc la différence = 0. Voyez MAXIMUM. Donc 2 cos. x 2 sin. x - sin. x 3 = 0. ou 2 - 3 sin. x 3 = 0. ce qui donne sin. x = à environ le sinus de 55 degrés.

L'obliquitté de l'aile du moulin à l'égard de l'arbre auquel elle tient, a précisément le même avantage et le même désavantage que l'obliquitté du gouvernail à l'égard de la quille ; et M. Parent qui a cherché par la nouvelle analyse la situation la plus avantageuse de l'aile sur l'arbre, a trouvé que c'était précisément le même angle de 55 degrés. Cependant dans la pratique cette règle est peu observée, et apparemment peu connue. On donne ordinairement aux ailes l'angle de 60 degrés, qui diffère assez sensiblement du vrai.

Au reste ; il n'est pas inutile de rappeler ici ce que M. Daniel Bernoulli a remarqué dans son hydrodynamique sur la manière dont on résout ordinairement le problème de la position la plus avantageuse des ailes du moulin à vent à l'égard du vent. Il observe que dans la solution de ce problème on doit avoir égard à la vitesse respective du vent par rapport au moulin, au lieu qu'on regarde d'ordinaire la vitesse du vent comme infinie ; et cet auteur fait voir qu'en ayant égard à la vitesse du moulin et la regardant comme donnée, le problême est beaucoup plus compliqué que dans l'hypothèse où on le resout ordinairement. On peut ajouter à ce qu'il a dit que dans la solution de ce problème on ne peut pas regarder la vitesse du moulin comme donnée à volonté, ainsi que la vitesse du vent. Il y a une certaine vitesse à laquelle l'aile doit arriver pour se mouvoir uniformément ; et qui est telle que quand elle a cette vitesse, la force du vent pour la mouvoir est zéro. D'où il s'ensuit que la figure et la position est l'aile étant donnée, sa vitesse proprement dite, celle à laquelle elle doit arriver pour se mouvoir uniformément, est nécessairement donnée. Le problème consiste donc à savoir quelle doit être la figure et la position de l'aile, pour que cette vitesse soit la plus grande qu'il est possible.

La raison qui a obligé M. Daniel Bernoulli à avoir égard à la vitesse respective du vent et du moulin, c'est qu'il prétend avoir observé que la vitesse du vent bien loin d'être infinie par rapport à celle du moulin, est quelquefois à-peu-près égale à la vitesse de la partie supérieure des ailes. De plus, il remarque que dans le calcul des forces motrices des ailes des moulins, on doit avoir égard aux différentes vitesses des différents points d'une même aile, lesquelles vitesses sont entr'elles comme les distances de ces points au centre du moulin : de sorte que l'angle de 55 degrés donné par les auteurs, lui parait trop grand. Dans certains cas même il faudrait, selon lui, incliner les ailes sous un angle de 45 degrés ; et il prétend que la meilleure figure qu'on put leur donner serait de les courber, afin que le vent les frappât sous un moindre angle en haut qu'en bas, et que par conséquent l'avantage d'un plus grand levier étant compensé par une moindre force, le vent put agir également sur tous les points des ailes. Voyez mon traité de l'équilibre et du mouvement des fluides, Paris 1744, page 372. J'ai ajouté de nouvelles remarques à celles de M. Daniel Bernoulli sur cette matière. (O)

Du moulin à eau. Il parait par une épigramme de l'anthologie grecque, que l'usage des moulins à eau n'a commencé que du temps d'Auguste. Jusque-là on s'était toujours servi de moulins à bras. Vitruve, contemporain de ce prince, fait la description des moulins à eau dans son liv. X. et cette description peut servir de commentaire à l'épigramme grecque. Il y aurait beaucoup de choses à dire touchant les meules et les moulins à bras dont on se servait avant que l'on eut inventé les moulins à eau ; mais comme cette matière a été traitée assez amplement par Saumaise dans ses commentaires sur Solin, nous y renvoyons le lecteur.

Dans les moulins à eau la force motrice est une roue à la circonférence de laquelle sont attachées des aubes (voyez AUBES) qui étant frappées par le courant de l'eau ou par son poids, déterminent la roue à tourner. Voyez ROUES, MACHINES HYDRAULIQUES, et FORCE DES EAUX au mot FORCE. Voyez aussi l'article AUBE, déjà cité, où vous trouverez plusieurs détails physiques et mécaniques sur ces sortes de moulins ; ces détails nous dispensent d'en parler ici plus au long.

Mémoire instructif pour l'intelligence d'un moulin à vent qui puise l'eau au jardin de madame Planterose. Le moulin à vent qui élève l'eau au jardin de madame Planterose, situé au faubourg S. Sever à Rouen, est de ceux que l'on nomme moulins à pile, c'est-à-dire que le corps du moulin est une tour de maçonnerie, et que le comble tourne sur la maçonnerie lorsque l'on veut en exposer les ailes au vent.

Si on se contentait d'avoir une idée de cette machine, ce mémoire se réduirait à peu de chose, parce que la mécanique appliquée à ce moulin est simple ; mais puisqu'il s'agit d'être utile à ceux qui en voudraient construire une semblable, on sera obligé d'entrer dans le détail de la construction du moulin, de la machine qui y est appliquée, et de la pompe dont on a fait usage. Afin de faire comprendre comment ces parties sont unies, et en quoi consiste leur solidité : on sera pareillement obligé de faire connaitre quelles sont les forces de ce Moulin, et de quelle façon on les a dirigées.

I. Pl. Le premier dessein représente le plan de tout l'ouvrage ; A est la tour de maçonnerie bâtie de moilon avec des chaînes de pierre. Outre la porte et la fenêtre que l'on voit en cette maçonnerie, on a observé sur la retraite une ouverture de 10 pouces b, dont nous parlerons à la troisième Pl. figure première.

C est un canal creusé dans l'intérieur d'une pièce de bois, lequel passe dans cette ouverture ; il porte l'eau qu'il a reçue de la pompe d dans la cuvette de pierre E. L'usage de cette cuvette est de donner de la facilité à puiser de l'eau fraiche pour l'usage de la maison.

Le trop plein de cette cuvette s'écoule dans le grand réservoir, d'où elle est distribuée au besoin aux jets d'eau et aux jardins pour les arrosements.

f est le puits situé dans la tour ; g un entablement de charpente posé sur le puits, qui sert à assujettir le corps de pompe d, et à le tenir solidement au centre du puits.

h est la queue du moulin qui descend du comble jusqu'à fleur de terre, où elle arrive à 20 pieds de distance de la tour : elle sera plus amplement détaillée à la quatrième Planche, fig. 3.

A l'extrémité inférieure de cette queue est une forte corde attachée à un petit cabestan portatif I, avec lequel un homme fait tourner tout le comble du moulin, lorsque l'on veut présenter les ailes au vent. K est le plan de ce cabestan ; L est le pieu où il est fixé : on place de semblables pieux tout autour du moulin à distance convenable pour tourner le moulin et l'exposer à tous les vents.

II. Pl. Le second dessein donne l'élévation du moulin vu du côté de la porte et des ailes ; la porte est élevée de sept pieds et demi, pour faciliter l'introduction des longues pièces de bois qu'il faut entrer dans la tour. Le moulin est couvert en essentes, comme étant plus capables de resister aux mouvements qu'éprouve ce comble lorsqu'on le tourne.

Dans le comble sont deux lucarnes, une par laquelle passe l'arbre tournant, vu sur son marbre A ; l'autre donne passage au levier 75 qui parait au-dehors de la tour, au bout duquel est un contre-poids 22. qui sera expliqué au troisième dessein, fig. première. Il faut qu'un homme trouve dans cette lucarne un passage libre pour aller au contre-poids 22, en passant par-dessus le levier C.

Les ailes ont 25 pieds de long depuis le centre de l'arbre A, jusqu'à leur extrémité ; la partie des ailes appelée volans qui est garnie de toile, a huit pieds de large et 18 pieds de long : on trouvera une plus grande explication de ces ailes dans l'explication de la quatrième Planche, fig. 3.

Lorsque le vent est faible on revêtit les ailes comme en m ; lorsque le vent est plus fort, on diminue les toiles comme en n ; lorsqu'il est très-fort, on les retraint comme en o : dans le très-gros temps on peut faire marcher le moulin sans toile, comme en p.

Les ailes ont quatre arcboutants q q q q, qui les fortifient beaucoup, en ce qu'ils les unissent solidement entr'elles : on trouvera ci-après la raison qui a déterminé à faire usage de ces arcboutants.

III. Planche. La troisième Planche, fig. première, donne la coupe du moulin et d'une partie du puits : on voit dans cette coupe toute la machine, dont nous ne parlerons qu'après avoir expliqué la construction des parties qui la contiennent et qui la supportent.

Dans l'intérieur de la tour est un plancher 60, dont le plan est à côté fig. 2, fait de poutrelles et de planches de sapin. On y a pratiqué deux ouvertures ; on place une échelle dans celle qui est de côté, pour monter dessus ce plancher ; l'autre ouverture qui est au milieu de ce même plancher, donne passage à la barre de fer F pour descendre sur le bout du levier de la pompe G, où elle est attachée au point 8.

La corde 23, dont on ne voit que partie, laquelle sert à lever et à abaisser le levier du frein du moulin Q, passe par cette même ouverture du plancher 60, et descend jusqu'en bas, pour l'usage journalier du garde- moulin.

On passe encore par cette même ouverture les corps de pompes et les branches du piston, qui sont d'une grande longueur ; et lorsqu'on les veut introduire, on détache les planches 1. 2. 3. 4. 5. 6. fig. 2, ce qui donne de la liberté pour entrer ces pièces dans la tour et les introduire dans le puits.

Ce plancher est fixe, mais tout ce qui est au-dessus de lui est mobile et tourne avec le comble lorsque l'on porte les ailes du côté du vent.

On monte au plancher supérieur et mobile, par une échelle que l'on suspend à un crampon attaché à une des poutres, lorsqu'on n'en fait pas usage, afin qu'elle ne soit pas brisée lorsque le comble tourne ; et lorsque l'on veut s'en servir, on la pose sur le plancher 60.

Le plancher mobile, autrement l'assemblage de charpente, sur lequel toute la machine et le comble sont posés, tourne sur un ourlet dont on voit la coupe en 62, et le plan en la 3. fig. de la Pl. III. il est composé de neuf pièces de bois qui couvrent presque tout le parpin de la tour.

Ces pièces sont assemblées par les bouts à tenons et à mortaises. Les assemblages de ces neuf pièces portent sur neuf billots de bois de chêne qui sont engagés dans la maçonnerie de la tour, et ces billots en font le parpin, comme on le voit en 63, fig. 1.

Les neuf pièces qui forment l'ourlet, sont fortement attachées à ces billots avec des chevilles de fer brettées afin qu'elles ne puissent se détacher ni rien perdre de leur plan circulaire.

L'ourlet qui s'élève de trois pouces et demi à la partie supérieure de ces pièces de bois, a été formé en les élargissant, et nul morceau ne doit être rapporté à cet ourlet.

A la face supérieure de l'ourlet 62, fig. 3, on a incrusté à fleur du bois neuf bandes de fer plat qui forment le cercle entier. Les extrémités de ces bandes se joignent et portent une pointe en crochet qui entre à force dans l'ourlet, en sorte que nul clou n'y est employé : ces bandes de fer servent à faciliter le mouvement de la charpente qui doit tourner sur l'ourlet.

IV. Planche. La première figure de cette Pl. présente une des poutres qui portent sur l'ourlet vue par-dessous ; on voit dans la hoche qui doit embrasser l'ourlet, une pièce de fer qui est incrustée à fleur du bois. Lorsque cette poutre est posée sur l'ourlet, la pièce de fer porte sur les bandes 62, fig. 3. de la Planche III. incrustée dans l'ourlet. Lorsque l'on tourne le comble, ces pièces de fer coulent l'une sur l'autre, facilitent le mouvement, et empêchent que les bois ne soient usés par le frottement ; on enduit ces parties de savon mou : on voit deux de ces hoches 65 et 65, fig. 3.

Fig. 2. La figure 2 de la même Planche donne le plan de toute la charpente qui est posée sur l'ourlet 62, fig. 1. de la Planche III. expliquée ci-dessus ; et la figure 3 de la même Planche donne le profil de la même charpente 61. L'arbre tournant, la queue du moulin, le frein, le comble, et tout ce qui doit porter sur cet assemblage de charpente paraissent en cette figure : ces mêmes pièces paraissent de même en la 1. fig. Pl. III. 61, mais elles sont vues d'un autre sens.

Quant à la grosse charpente, l'assemblage est d'une assez facile exécution pour n'entrer dans aucun détail. On remarquera seulement que le carré long qui est pratiqué vers le milieu de cet assemblage, fig. 2, n'occupe pas le milieu de la tour, parce que la roue P fig. 3. sur laquelle est placé le frein, n'y pourrait tourner étant en place ; c'est pour lui laisser de sa liberté, qu'on a porté cette ouverture un peu vers le souchet de l'arbre tournant 73, fig. 3.

L'usage de la pièce 64, est pour le frein, voyez la coupe de cette pierre, en la fig. 1 de la Pl. III.

La chaîne du frein est tournée autour pour y fixer le bout du cercle R, appelé frein. La même pièce sert aussi à deux arcboutants 11, destinés à soutenir les jumelles K k, Pl. III. fig. 1, qui traversent la poutre 13.

Les lignes ponctuées 66, sont deux autres arcboutants des mêmes jumelles K, Pl. III.

14, poutre au-travers de laquelle passent les jumelles L et L, fig. 1. de la Pl. III.

L'espace qui est entre les trous 13 et 14, par lesquels doivent passer les quatre jumelles ci-dessus, étant plongé d'un côté à l'autre du moulin, doit passer par le centre de la tour, parce que c'est la place que doit occuper le levier C, fig. 1 de la Pl. III. lequel doit agir entre ces quatre jumelles.

68 est la place que doit occuper la queue du moulin V, fig. 3, lorsqu'elle est en place. Cette espèce de fourche doit être forte ; le tenon qu'on y voit doit entrer dans le corps de la queue V, fig. 3, et la soutenir en place au moyen du lien de fer qui doit l'attacher au fourchet.

Les mortaises 69 et 79 percées dans la charpente, doivent recevoir deux pièces X, fig. 3, dont on ne voit qu'une.

Les pièces chevillées dont on ne voit que la coupe y et y, sont les mêmes que l'on voit en Y, fig. 3, dont cependant on n'a représenté qu'une. Ces quatre pièces servent à retenir la queue V, fig. 3, en état, et obligent toute la charpente à obéir lorsque l'on tourne le moulin au vent au moyen de cette queue.

La queue V, fig. 3, de 43 à 44 pieds, est une pièce de bois fort lourde qui attire le moulin en arrière ; pour prévenir les accidents qui s'en suivraient, on passe deux pièces de bois 71 et 72 sous la charpente ; on les attache solidement aux trois poutres qu'elles touchent ; la queue qui les tire au moyen des pièces y et y tend à soulever toute la charpente, ensemble l'arbre tournant qui est sur son marbre 75, encore plus lourd que la queue, ce qui annulle l'action de cette lourde pièce de bois, et établit une sorte d'équilibre entre les pièces qui portent sur l'ourlet.

Les sablières 74, fortes de 5 sur 6 pouces d'échantillon, sont bien assemblées dans le bout des poutres : elles contribuent à faire de cette charpente un tout solide.

L'arbre tournant A, fig. 3, dont l'action tend perpétuellement à entrer dans le moulin, tend conséquemment à faire perdre à l'assemblage de toute la charpente la forme ronde qu'elle doit avoir pour tourner sur l'ourlet. Pour prévenir ces accidents qui seraient considérables, on a liaisonné cette espèce de charpente avec le fer, comme on le voit, les assemblages ordinaires et les chevilles ne pouvant pas y rester seules.

Figure 3 de la IV. Planche. L'arbre tournant A, fig. 3 de la IV. Pl. vue en toute sa longueur, est disposé comme celui des moulins à vent ordinaire, il est appuyé sur son marbre 75. Ce marbre est appuyé sur le billot 73 où il est incrusté d'un pouce. Ce billot est une forte pièce de bois de 16 à 17 pouces d'échantillon, posée à queue d'aronde sur les poutres de la charpente, fig. 2, où elle est liaisonnée avec de fortes barres de fer bien chevillées.

Au moyen de ce billot et du marbre ainsi placés l'un sur l'autre, l'arbre tournant qui y est porté par son collet 67, est élevé à l'horizon de 7 à 8 degrés qui suffisent pour recevoir avantageusement l'impulsion du vent. L'arbre est retenu sur son marbre par le creux qu'on y a pratiqué, afin que son collet y entre de quelques pouces ; il est aussi retenu par les montants de la lucarne 78, fig. 2, qui joignent ce marbre.

L'autre extrémité de l'arbre tournant est retenue en deux manières : l'une l'empêche d'entrer en-dedans du moulin, et l'autre l'assujettit au point où il doit tourner sur lui-même.

76, fig. 2 et fig. 3 sont deux pièces de bois bien attachées à la charpente, dans lesquelles on a pratiqué un passage garni de fer où l'arbre tournant est emprisonné par une hoche faite vers le bout, de sorte qu'il ne peut varier, mais on lui conserve la liberté de tourner librement sur lui-même. Derrière le bout de l'arbre est une pièce de bois 77, fig. 2 et fig. 3, incrustée dans les poutres qui la supportent, où elle est solidement attachée avec un lien de fer. Cette pièce porte une forte pointe de fer, acérée par son extrémité, polie et large d'un pouce ; cette pointe a de bons épaulements qui l'empêchent d'entrer dans la pièce de bois 77 plus qu'elle ne doit. Cette sorte de pointe arcboute et porte contre une pièce plate d'acier 78, de 6 lignes d'épaisseur, qui est au bout de l'arbre tournant qu'elle empêche de reculer lorsqu'il tourne.

Les parties de l'arbre tournant qui frottent soit au collet 67, soit dans la prison 76, sont garnies de lames de fer d'un pouce de large sur 3 lignes ; on les a incrustées dans l'arbre même de toute leur épaisseur à un pouce de distance les unes des autres, de sorte que cet arbre porte sur des parties qui sont moitié de bois, moitié de fer, par lesquelles il est très-bien préservé de l'usure des frottements, si on les enduit souvent de vieux-oing. Au surplus, cet arbre est fortifié des ferrures, telles qu'on les voit, fig. 3.

Des ailes. L'arbre tournant doit avoir 18 pouces d'échantillon vers la tête A, les ailes y sont assemblées par couples. 79 est une pièce de bois nommée entre-but, laquelle passe au-travers de l'arbre A ; elle est destinée à recevoir deux bras des ailes 80, qui sont attachés sur l'entre-but avec des étriers de fer et des chevilles qui les traversent.

Le trou 81 qui reste à remplir à l'arbre A, est le lieu par où doit passer le deuxième entre-but, lequel doit porter les deux autres bras des ailes. Le tout étant placé, et les ailes étant bien en équilibre entr'elles, on introduit deux coins en 81, c'est-à-dire, un en-dessous, et l'autre en-dessus de l'ouverture par où doit passer le dernier entre-but. Lorsque l'on chasse ces coins, les deux entre-buts s'approchent et se serrent l'un contre l'autre, ce qui les fixe solidement ; on use de plusieurs autres coins pour assujettir les autres pièces de ces ailes, comme on le voit en la 3 fig.

Les bras des ailes 80 sont percés de 17 mortaises dans lesquelles on introduit des barreaux de 8 pieds et quelques pouces de longueur, qui forment les volans que l'on voit, Planche II. lesquels reçoivent la toile. La position de ces barreaux est une partie essentielle dans la construction du moulin ; c'est de leur position que vient le biais nécessaire aux volans pour recevoir l'impulsion du vent dans le degré le plus avantageux à faire tourner le moulin.

Figure 4 de la IV. Planche. Les ouvriers qui travaillent ces moulins, n'ont aucun usage constant à cet égard, et les meuniers ont chacun leur caprice. M. Belidor a examiné cette matière et a fixé ce biais à 55 degrés d'écartement de l'arbre tournant. La fig. 4 rend ce biais tel qu'il est exécuté au moulin que nous décrivons, dont on a reconnu le bon usage, depuis l'année 1743 que ce moulin a été construit, jusqu'à présent (1755).

a, fig. 4 de la IV. Planche, est la ligne qui représente l'arbre tournant 80, le bras des ailes dans lequel passent les barreaux. 82, le barreau dont un des bouts doit approcher de 55 degrés de la ligne a, et ce côté du barreau doit avoir 6 pouces de longueur plus que le côté opposé, afin que le vent ait plus de prise sur cette partie, et détermine mieux le moulin à prendre le mouvement circulaire. Tous les barreaux sont dans cette situation ; l'enfoncement diversement observé par les praticiens de ces ailes, ne me parait point utile, et quelques-uns le pratiquent d'une manière nuisible.

Ces ailes ainsi disposées étant poussées d'un bon vent, font neuf tours à chaque minute, sur quoi on a arrangé l'intérieur de la machine.

On a remarqué que la longueur des ailes est un modérateur à la vitesse ; que si on leur donne plus de 25 pieds de long, elles auront plus de force que celles du moulin décrit, mais elles iront moins vite ; elles ne feront pas neuf tours en une minute, quoique poussées du même vent. Il en est de même, si on les diminuait de longueur, elles tourneraient plus promptement, mais elles ne leveraient pas un aussi pesant fardeau. Cette observation pourra être utile à ceux qui seraient dans le cas de changer les proportions de cette machine.

Des parties qui donnent le mouvement à la pompe. Les rouleaux 1 et 2, fig. 3 de la Pl. IV. ont 5 pouces de diamètre, et 1 pied de long ; ils tournent sur leurs chevilles de fer et d'acier battus ensemble. Ces chevilles sont soutenues par deux bras de levier B, fig. 3, et par la roue P qu'elles traversent.

Les rouleaux sont fortifiés de bandes de fer, comme on les voit fig. 5 de la IV. Planche où un de ces rouleaux est développé. Ils tournent librement sur leurs chevilles, et deux rondelles en facilitent encore le mouvement.

III. Planche, fig. 1. Revenons à la coupe du moulin, III. Planche, fig. 1. qui nous présente toute la machine : A est l'arbre tournant dont on ne voit que la coupe : B est un des leviers qui portent les rouleaux 1 et 2, plus amplement expliqués ci-dessus ; ce levier passe au-travers de l'arbre A, et est fixé à la roue P. Cette roue ne sert point à la machine, nous en donnerons l'usage ci-après.

Lorsque l'arbre tourne, le rouleau 1 monte et élève le levier C. Lorsque ce levier est parvenu jusqu'à la ligne ponctuée c qui est au-dessus, le rouleau échappe l'hoche 3, qui est audit levier, et le levier tombe de lui-même, tandis que le rouleau continue de marcher.

Le levier c étant retombé à son point, le rouleau 2 le reprend, et s'élève de nouveau ; de sorte que dans un tour de moulin, le levier C est élevé deux fais.

Ce mouvement est communiqué au levier D au moyen de la corde E qui les attache ensemble. Vers le milieu de ce levier D est une barre de fer F, qui occupe le centre de la tour, et qui descend sur le levier de la pompe G, où elle est attachée au point 8 ; en sorte que le mouvement des leviers supérieurs est communiqué à ce dernier, qui élève la branche du piston H ; le piston élève l'eau, qui prend son cours par le conduit de bois C, qui a été expliqué à la première Pl. de-là l'eau tombe dans la cuvette pour se rendre au grand réservoir.

De l'économie des forces du moulin, III. Pl. fig. première. Suivant les proportions qu'on a données à la pompe, la colonne d'eau qu'elle contient, et dont nous donnerons le détail ci-après, pese 520 l. y compris la branche du piston, et les ferrures qui sont attachées. Le frottement du piston, des rouleaux et de la colonne d'eau que le moulin éleve, est évalué à 200 livres ; le poids des leviers qui obligent le piston à rentrer précipitamment dans la pompe est d'environ 30 livres ; ces trois sommes réunies, la résistance ou le poids à mouvoir par l'action du vent est de 750 livres, à prendre cette résistance à la branche du piston H.

Mais comme le levier G, appliqué à cette branche du piston, a son point d'appui 4, distant du piston de 6 pieds 9 pouces, et que le mobile 8, appliqué à l'autre extrémité du même levier, est distant de la branche du piston H de 3 pieds et 3 pouces ; le mobile F n'est plus chargé que des 27 quarantiemes de la somme totale : ainsi, la barre de fer F ne sera plus chargée que de 460 livres, au lieu de 750 ; conséquemment le levier D qui supporte la barre de fer au point 5, n'est chargé que de la somme de 460 livres.

Mais ce levier D a son point d'appui 6 à 6 pieds 6 pouces du point de la résistance 5 ; et le mobile ou la corde E appliquée à l'autre extrémité 7 du même levier, est distant de la résistance 5 de 4 pieds 9 pouces. Le mobile ou la corde E n'est plus chargé au point 7 que de 26 quarante-cinquiemes ; ainsi aulieu de 460 que pese la branche de fer au point 5, la corde E, qui représente le mobile du moulin ou la puissance, n'a plus à supporter qu'un fardeau de 340, le tout à compter rondement.

Le levier supérieur C perd partie de ces avantages, lorsque le rouleau 1 ou 2 agissent sur lui : car lorsqu'un de ces rouleaux commence à l'élever, il suffit qu'il soit mu avec une force égale à 340. Mais à mesure que ce rouleau avance, il s'éloigne du point de la résistance, ou de la corde E qui la représente, et cette résistance devient plus considérable à mesure qu'il avance vers le point d'appui 9 du même levier : en sorte qu'étant parvenu à échapper l'hoche 3, la résistance augmentée est en effet de 460, comme nous l'avons trouvé être au point 5 du même levier D, tous deux au centre de la tour.

Le moulin étant en mouvement par l'action du vent, doit donc faire un effort de 460 pour élever l'eau. Pour faire cet effort, on a employé quatre ailes, qui sont des leviers de 25 pieds de longueur, lesquels prennent la résistance par les rouleaux 1 et 2, qui sont à 4 pieds du centre A, où est le point d'appui des ailes ; par conséquent le vent agissant sur les ailes avec un effort égal à 4 vingt-cinquiemes de 460 ou à 78 livres, enleverait ces 460 livres, et donnerait le mouvement à la pompe, si ce n'était les frottements de l'arbre tournant sur lui-même, qui sont peu considérables, d'autant que cet arbre est en équilibre sur son marbre 75 fig. 3. de la III. Pl. c'est-à-dire, que la tête de l'arbre joint aux ailes, font équilibre avec le reste de l'arbre à l'endroit où cet arbre porte sur son marbre, qui en est le centre.

Un homme seul qui prend les ailes l'une après l'autre par leur extrémité, fait marcher le tout, et pompe de l'eau sans être aidé par l'action du vent ; mais il ne peut supporter ce travail que pour 3 ou 4 coups de pompe, l'effort qu'il est obligé de faire étant d'environ 90 à 95 livres.

L'effort à faire sur les ailes par l'extrémité du bras pour donner le mouvement au moulin, étant évalué à 95 livres, un vent qui pousse une des ailes avec une force de 25 suffira, et la fera tourner librement.

Pour recevoir le vent capable d'opérer, on a donné à chaque aile un volant de 8 pieds de large et de 18 pieds de long, que nous avons vu, II. Planche, garnis de toile, lesquels présentent au vent, dans la position la plus avantageuse, ainsi que nous l'avons dit, fig. 4. de la IV. Pl. une surface de 576 pieds de toile carrée, qui le font agir au plus petit vent qu'il soit possible ; objet qu'on s'était proposé dans la construction de ce moulin destiné à fournir en été l'eau nécessaire aux agréments et aux arrosements d'un terrain sablonneux et brulant. On parlera du produit de cette machine en parlant de la pompe à la V. Planche.

Des parties de la machine, Planche III. fig. 1. Le levier supérieur C porte un contrepoids de plomb 22 fixé à l'extrémité ; il parait hors de la tour à 6 pieds de distance du point d'appui 9 : son poids doit être tel, que tout ce qui pese vers le piston de la pompe H, lorsque les leviers retombent, ne pese que 25 à 30 livres ; celui de cette machine, qui est ainsi réglé, pese environ 180 livres. Ce contrepoids reçoit des secousses considérables lors des grands vents, ce qui oblige de l'attacher avec précaution, et d'employer de forts écrous avec des clavettes derrière pour le fixer, autrement les écroux s'ébranleraient, et le contrepoids tomberait. Il faut que ce contre-poids n'ait nul jeu dans ses attaches, si ce n'est dans la charnière qu'il faut très-forte.

A ce même levier C on voit une hoche 3 qui sert à deux usages essentiels : le premier est lorsque le rouleau 1 a dépassé cette hoche, le levier a la liberté de retomber incessamment vers son point ; que si le levier était sans hoche, il serait soutenu par le rouleau, un temps qui serait perdu et qui serait préjudiciable, parce que dans les grands vents ce levier C n'aurait pas le temps de revenir à son point, le rouleau 2 le devancerait et le joindrait pendant sa chute avec un grand bruit, elle en diminuerait l'effet, d'autant que le mouvement de ce levier et de toute la machine serait raccourci.

C'est cet excès de mouvement et ce choc qui arrivent lorsque le garde du moulin est éloigné, qui ont obligé de mettre aux ailes les arcboutants dont nous avons parlé à la II. Pl. q q q q ; ces ailes souffrent beaucoup de ce contre-coup, qui les met en danger de rompre. Au moyen de l'hoche 3 du levier C, ces contre-coups sont plus rares, moins forts ; et si le garde- moulin est surpris par la violence du vent, les arcboutants q q q q de la II. Pl. mettent les ailes en état de les supporter.

Le second usage de cette hoche 3 du levier C est lorsque le gardien du moulin, qui s'éloigne volontiers, est surpris par quelque changement de vent qui, venant à prendre les ailes par-derrière, les oblige de tourner en sens contraire : on sait par expérience que la machine va très-bien en sens contraire, et qu'elle élève l'eau, comme si le mouvement se faisait du bon côté ; mais ce ne peut être qu'au dommage de la machine, qui se trouve forcée en plus d'un point. Cette hoche y remédie parfaitement ; le rouleau 2 agissant alors en sens contraire, est porté vers le levier C, où rencontrant l'hoche 3 il y est arrêté jusqu'à ce que les ailes étant exposées au vent reprennent le sens qu'elles doivent suivre.

A l'extrémité intérieure de ce même levier C, vers le rouleau 1, on a donné une inclinaison considérable à la partie de ce levier, qui reçoit ce rouleau afin de prémunir ces deux pièces du choc, trop rude lorsque les grands vents les portent avec violence l'un vers l'autre.

On voit au dessus du levier C les lignes ponctuées c, qui représentent le même levier lorsqu'il est porté par le moulin à son plus haut degré d'élevation. Ces lignes font voir de combien est grande cette élevation, et en même temps qu'il faut pratiquer dans le comble une ouverture entre deux chevrons pour laisser passer le bout de ce levier lorsqu'il est élevé.

Les leviers C et D ont leur point d'appui 9 et 6 entre les jumelles K et k, lesquelles jumelles sont de 6 pouces d'échantillon en leur partie supérieure, solidement arcboutée par les pièces de charpente 11 et 66 : on réduit l'échantillon de ces jumelles à quatre pouces pour les faire passer dans la poutre 13, afin d'enfermer la partie k de la même jumelle où le levier D est fixé ; l'intervalle entre ces jumelles est de 5 pouces, pour donner passage libre aux leviers, qui ont quatre pouces et demi d'épaisseur.

L et I sont deux autres jumelles semblables aux précédentes, entre lesquelles lèvent et baissent librement le bout des deux leviers C et D ; l'extrémité supérieure de ces jumelles est fixée avec le comble, et la partie inférieure l est percée de divers trous, dans l'un desquels on introduit une forte cheville de fer, que l'on garnit d'un bouchon de paille 15, enveloppé de mauvaise toile, afin que le levier D qui tombe dessus lorsque la machine est en mouvement, ne descende pas trop bas, et ne fasse pas un trop grand bruit en tombant. Ce bruit est encore diminué et presque annullé par un pareil bouchon que l'on passe semblablement sous le levier C au point 12. On n'a représenté qu'une des jumelles K et L, pour éviter l'embarras ; on doit les considérer toutes comme doubles, et fixées aux poutres 13 et 14 par des chevilles que l'on voit dessous ces poutres. On voit la disposition de leur passage dans les poutres 13 et 14, figure 2 de la IV. Pl.

La barre de fer F qui descend du levier D sur le levier de la pompe G, où elle est attachée au point 8, est assujettie à deux sortes de mouvements ; le premier est de hausser et baisser avec le reste de la machine, lorsque le moulin est en mouvement, ce qui s'opère sur les tourillons de la cheville 8, qui passe au travers de ce levier G.

L'autre mouvement est de tourner sur elle-même, lorsque le comble du moulin, la charpente 61, et toute la machine tourne sur l'ourlet 62, pour exposer les ailes au vent. Cette barre F qui occupe le centre de la tour tourne dans la cheville 8, au-travers de laquelle elle passe. Voyez le bout de cette barre F développée en la fig. 4.

Fig. 4. 17 est la barre de fer : les lignes ponctuées représentent un bout du levier de la pompe G, fig. 1. dans lequel les parties suivantes sont cachées ; 18 est un bouton qui oblige le levier G de baisser, en foulant sur les parties qui lui sont inférieures ; et par cette pression, fait rentrer dans la pompe la branche du piston H, fig. 1.

19 est la place que la cheville 16 doit occuper ; 20 est un écrou de cuivre, qui tient en place la cheville 16.

21 est une clavette qui fixe l'écrou, afin qu'il ne se divise pas ; 16 est la cheville percée qui doit être placée en 19, qui est la même cheville dont nous avons parlé au point 8, fig. 1. Au moyen de la barre de fer F ainsi disposée, le moulin agit sur la pompe au point 8, de quel côté que soient tournées les ailes.

Figure 3, 4 est le point d'appui du levier de pompe G. Ce point d'appui est une cheville de fer passée dans deux crampons scellés dans la maçonnerie de la tour ; mais en-dehors ce levier est posé dessus, et y est retenu par un encochement 4.

C'est pour faire un passage à ce levier et au canal qui est au-dessous, qu'on a pratiqué dans la maçonnerie de la tour une ouverture b de 10 pouces de large, et de trois pieds et demi de haut, de laquelle nous avons parlé à la première Pl. sous la pareille lettre.

Le levier de la pompe G agit entre deux jumelles pratiquées à la partie supérieure de la pompe, dont on ne voit qu'une en M ; l'intervalle entre ces deux jumelles est de 5 pouces, dans laquelle agit le levier G, qui est de 4 pouces et demi d'épaisseur ; mais comme il ne serait pas possible de passer la cheville qui assemble le piston au levier, ainsi engagée entre deux jumelles ; on a fait dans les jumelles les ouvertures O, tant pour la commodité de placer cette cheville, que pour donner la liberté aux deux extrémités de cette cheville, pour monter et baisser avec le piston, sans froisser en aucun endroit : cette cheville du piston doit être à tête carrée, afin qu'elle ne tourne pas, et que la clavette puisse être facilement rivée en un lieu si étroit.

Du frein. III. Planche, fig. 1. La roue P, qui est fixe sur l'arbre tournant A, sert à arrêter les ailes du moulin ; elle a huit pieds de diamètre et 8 pouces d'épaisseur à la circonférence. Elle reçoit sur cette épaisseur le cercle R, appelé le frein, qui l'entoure. Lorsque l'on tire avec la pièce de bois Q (dont on ne voit ici que la copie), le cercle R touche cette roue en tous les points de sa circonférence, et par ce frottement, que l'on fait sentir à cette roue par degrés, on modere l'action des ailes, et enfin on les arrête, ce qui s'opère ainsi.

On voit au bout du cercle R deux chevilles de fer, et une chaîne de même métal, tournée autour de ces chevilles, et de la pièce de bois 64 qui les attache ensemble très-solidement : car l'effort est très-considérable en ce point. 33 est la partie inférieure de la corde d'un palant, dont il faut reconnaitre la partie supérieure à la IV. Pl. figure 3. n °. 23.

10 est le palant du frein avec lequel on élève le contre-poids 24 attaché à l'extrémité de la pièce de bois ou de levier Q.

IV. Planche, fig. 3. T est une pièce de bois qui sert de point d'appui au levier Q. Lorsque le garde moulin lâche la corde 23, le contre-poids 24 descend, tire en bas le cercle R ; et la roue P est comprimée, d'autant qu'il juge à-propos lui faire sentir l'effet du contre-poids, qu'on ne doit jamais abaisser que par degrés, autrement on risquerait de briser l'arbre tournant, que l'effort du vent tordrait vers le collet.

De la pompe V. Pl. Cette machine, en l'état qu'elle est construite, ne met en mouvement qu'une pompe, parce qu'il faut nécessairement que les forces du mobile agissent au centre de la tour, et que toutes les parties supérieures du moulin que l'on tourne alternativement de tous les côtés, aboutissent au point central 8, III. Pl. fig. 1. or, puisqu'il n'y a qu'un centre, il est difficile d'y ajuster plusieurs pompes ; il les faudrait faire agir sur une bascule appuyée sur un point d'appui, ce qui ne serait pas avantageux ; puisque cette composition et les parois de plusieurs pompes, multiplieraient les frottements. Il a paru plus simple et plus avantageux de n'y en admettre qu'une, et de lui donner un plus grand diamètre, comme aussi de le faire lever deux fois dans un tour du moulin ; ces deux coups de pompe forment dans le mouvement une sorte d'équilibre semblable à la pluralité des pompes, qu'on estime en ces sortes de machines hydrauliques.

Figure 1. La première figure de la V. Pl. représente cette pompe en son entier, formée de plusieurs corps solidement établis, et soutenues sur la charpente qui est dans l'intérieur du puits.

A et A sont deux pièces de charpente qui entrent dans la maçonnerie du puits, dont le plan est à côté. Elles sont situées un peu au-dessus de l'eau ; elles servent à porter tout le fardeau de la pompe, et sont aidées des barres de fer que l'on y voit.

B et B ainsi que C et C sont d'autres poutres qui forment comme deux étages dans l'intérieur du puits, lesquelles servent à appuyer les corps de pompe qui y sont unis au moyen de liens de fer, ainsi qu'on le voit aux plans de ces étages qui sont à côté.

G et G est un assemblage de charpente qui sert à fixer cette pompe au milieu du puits, ainsi que nous l'avons dit de la Pl. lettre G.

D D D sont trois corps de pompe de bois appuyés, ainsi qu'on le voit, sur les poutres A.

Les emboitures de ces pièces étant bien arrondies, on enduit ces deux pièces, à l'endroit de leur emboiture, de goudron ; on seme sur ce goudron du sable fin, bien tamisé et très-sec : lorsque les pièces sont unies, le sable et le goudron tombent dans la jonction, et la tiennent parfaitement étanchée, tant que dure la pompe. Il est bon d'avertir que ces corps de pompe sont sujets à fendre lorsqu'on les emploie secs, si on n'a pas la précaution de les humecter plusieurs jours en dehors avant de leur faire sentir l'humidité en-dedans.

E, est un corps de pompe de cuivre de quatre pieds de longueur, attaché à l'extrémité inférieure des corps de pompe de bois D. Le piston agit dans cette pièce ; il est destiné à en supporter les frottements, sans altération sensible de la part de ce corps de pompe.

F, est une lanterne de cuivre, percée de trous sans nombre, dans laquelle le bout inférieur de la pompe de cuivre entre : elle empêche que les ordures n'entrent dans la pompe lorsqu'elle agit. Cette lanterne est attachée sur la planche M, qui est au fond du puits. Cette planche est retenue au fond du puits par deux pierres 1 et 2, au travers desquelles passent deux broches de fer qui les fixent sur la planche.

Fig. 2. La figure 2. de cette V. Pl. donne la coupe de tous les corps de la pompe, dans l'intérieur desquels on voit la branche du piston et le piston même plongé dans l'eau : cette branche est composée de deux longues pièces de sapin arrondies, et de trois puces à trois pouces et demi de diamètre, jointes ensemble par des pièces de fer, et par deux écrous E, qu'il faut avoir soin de river. A l'extrémité supérieure H, sont des trous qui servent à passer la cheville du levier G. fig. 1. de la IV. Pl.

A l'extrémité inférieure de la même Planche est le piston qui est développé en la fig. 3. ainsi que le corps de pompe de cuivre, et toutes les parties qui lui appartiennent.

Développement du corps de pompe de cuivre, V. Pl. 3. fig. L est le piston que l'on a fait de bois de hêtre, parce qu'il est d'un très-bon usage dans l'eau : on voit cette pièce en grand, entourée de son cuir du Brésil attaché à la branche du piston O, au moyen d'une pièce de fer à charnière N, dont un bout tient au piston par trois écrous qu'il faut river.

La même pièce de fer N est attachée par l'autre bout sur la branche du piston O, au moyen d'un long affourchement de fer : des branches de fer passent au-travers et lient ces affourchements ensemble, comme vous le voyez en O. Observez que ces broches soient à écrou et rivées, afin qu'elles compriment fortement le bois et le fer ; mais ces broches quoiqu'en nombre, comme vous les voyez en la branche du piston H, 2. fig. seraient sujettes à déchirer le bois suivant son fil, lorsque le moulin lève le piston avec violence, si elles n'étaient soutenues elles-mêmes par une autre broche de fer toute semblable, que l'on passe au-travers du bois, mais dans un sens opposé, comme on le voit en O, où l'on a rendu sensible une de ces broches soutenue d'une autre : toutes les jonctions qui sont à cette branche du piston doivent être traitées ainsi.

Cette branche est si solide (celles de fer seraient sujettes à fléchir), que depuis 1743 jusqu'à présent, on n'y a fait aucunes opérations, et on n'a pas trouvé à propos de la renouveller en 1754, quoiqu'on ait été obligé de passer de nouveaux corps de pompe de bois, qui étaient totalement pourris. Par la longueur de cette branche on a évité toute aspiration incommode dans ces pompes.

P est la soupape qui est au fond de la pompe de cuivre ; cette pièce est du même bois que le piston ; elle est legérement entourée d'étoupes imbibées de suif, afin qu'elle joigne le cuivre et remplisse exactement la place qu'elle occupe. Elle porte une anse de fer qui sert à accrocher et à enlever cette soupape lorsqu'il faut la réparer.

On voit tant-à-côté de la soupape que du piston, le plan des clapets de ces deux pièces : l'explication de l'un servira pour l'autre, parce qu'ils sont de même construction, ils diffèrent seulement de grandeur ; ils sont faits d'un cuir fort (le cuir du Brésil bien liant et bien égal est le meilleur), tenu entre deux pièces de cuivre. La pièce de dessous porte une large vis qui passe au-travers du cuir, et va se visser dans la pièce de cuivre I, qui est en-dessus de quatre lignes d'épaisseur : l'on voit cette vis exprimée par des points à l'endroit où elle est rivée. Le cuir qui est entre ces deux pièces de cuivre porte sur les bords du fût de bois des soupapes, et les rend étanches. Ce même cuir s'étend sur toute la partie postérieure des mêmes fûts pour y servir de charnière. On pose sur cette dernière partie du cuir une nouvelle plaque de cuivre 2, d'une ligne d'épaisseur, que l'on attache aux fûts, en passant des clous au-travers de la plaque de cuivre et du cuir, desorte cependant que le clapet 1 puisse ouvrir et fermer librement. On observe d'abattre les arrêts des pièces de cuivre, afin que les cuirs ne soient pas coupés par le jeu du clapet.

La fig. 3. fait encore voir la pièce Q, qui est une plaque de cuivre vue de profil, d'un pouce d'épaisseur, et d'un pied en carré ; le corps de pompe de cuivre passe dedans, et y est fortement soudé. R est le plan de cette pièce de cuivre.

Sur cette pièce on pose un cuir du Brésil 3, auquel on observe les mêmes ouvertures qui sont à la plaque de cuivre R. Quatre écrous 4, compriment cette plaque de cuivre contre la pompe de bois et le cuir 3 qui se trouve pris entre les deux corps de pompe, et étanchent cette jonction.

Mais comme les crampons qui portent les vis et les écrous 4, ne peuvent être fixés au corps de pompe de bois avec des clous qui y feraient des trous, on y a suppléé par un cercle de fer divisé en quatre parties S, qui sont jointes ensemble par quatre bonnes vis. On pose ce cercle en S fig. 1. et 2. il sert premièrement à fixer le crampon ci-dessus, en embrassant la pompe de bois, à laquelle il donne de la solidité ; et lorsque le corps de bois vieillit, que le bois diminue de volume, on répare ce défaut en serrant les quatre parties de ce cercle également avec les quatre vis, et on empêche la pompe de fuir tant qu'elle n'est pas totalement pourrie ; c'est pour cette dernière raison que l'on a fait les quatre trous qui sont à la plaque de cuivre R un peu en ovale, tendant au centre de cette plaque, au moyen desquels les crampons qui y passent peuvent se rapprocher du centre, à mesure que le cercle S les comprime.

Cette pompe ainsi travaillée a toute la solidité requise pour résister à tous les efforts du moulin ; deux années se passent communément avant qu'on soit obligé d'y mettre de nouveaux cuirs. On a préferé l'usage des corps de pompe de bois à ceux de plomb, qui auraient pu s'affaisser par leur propre poids et par l'action du piston.

On a donné 5 pouces de diamètre à l'intérieur du corps de pompe de cuivre, et 5 pouces et 3 lignes à ceux de bois, afin que la soupape et le piston puissent passer librement dans ces corps de pompe lorsqu'on les introduit pour les mettre en place.

Lorsqu'on introduit, ou que l'on retire la branche du piston, cette pièce embarrasse par sa longueur : les écrous E, V. Planche, 2. figure, donnent la liberté de la diviser en deux parties que l'on introduit l'une après l'autre.

Lorsqu'il s'agit de lever la soupape P, l'effort qu'il faut faire pour l'arracher du lieu où elle est posée, et où elle s'attache par l'effet du moulin, est considérable, il faut être pourvu d'un croc de pompe 6, Pl. V. fait d'une balle de fer d'un pouce ; on y attache une forte corde avec laquelle on descend ce croc dans la pompe, après en avoir enlevé le piston ; et quand on a saisi l'ance de la soupape P, Pl. V. fig. 3. on porte le bout de la corde sur l'arbre tournant, autour duquel on fait plusieurs tours, et trois hommes font tourner les ailes du moulin, jusqu'à ce que cette soupape soit hors du corps de pompe de cuivre, l'arbre tournant fait en cette opération l'office d'un cabestan.

Pour donner au corps de pompe de cuivre la solidité convenable au travail qu'il a à supporter, on y a employé des planches de cuivre de deux lignes d'épaisseur, et on l'a fortifié de bandes de pareil cuivre, que l'on a soudées par-dessus de distance en distance, ainsi que l'on voit, fig. 3. de la Pl. V.

Du produit de la pompe. Nous avons dit que le corps de pompe dans lequel le piston agit, est de 5 pouces de diamètre.

Le piston H, 1. fig. de la Pl. V. peut être levé jusqu'à 21 pouces ; mais nous supposons qu'il ne sera élevé que de 18 pouces, pour ne pas compter trop avantageusement : chaque coup de piston fera donc sortir de la pompe un cylindre d'eau de 5 pouces de diamètre sur 18 pouces de hauteur, qui équivaut à-peu-près à 350 pouces cubiques. Nous avons dit que la vitesse des ailes la plus avantageuse était celle où le moulin faisait neuf tours par chaque minute ; ou 540 tours par heure, qui font 1080 coups de pompe par heure ; le produit sera donc de 378000 pouces cubiques d'eau : en supposant le muid d'eau de 8 pieds cubiques, il contient 13824 pouces cubiques ; en ce cas la somme de 378000 pouces d'eau équivaut à 27 muids un tiers par heure : en 16 heures de travail, qui est la journée ordinaire, il produira 437 muids. Nous supposons ici un vent très-favorable et bien soutenu, et les cuirs de la pompe en très-bon état, ce qui arrive rarement ; ainsi on ne doit espérer que 350 muids lorsque le vent est très-favorable, beaucoup moins lorsque le vent est plus faible, et qu'il n'est pas continuel, comme en été.

Le levier G, même figure, s'élève lorsque le moulin marche jusqu'aux lignes ponctuées G, qui sont au-dessus, ce qui donne 21 pouces d'élévation au piston H : que si l'on voulait faire rapporter à cette pompe une plus grande quantité d'eau que nous n'avons dit ci-dessus, on pourrait la transporter vers le point 8 ; la levée du piston se trouverait augmentée, la pompe rapporterait en proportion ; mais le moulin aurait à mouvoir un plus grand fardeau. On doit donc consulter les forces du moulin avant de prendre cet avantage : si au contraire le moulin se trouvait trop chargé, on le soulagerait en transportant la pompe vers le point 4, les points 4 et 8 restant toujours tels qu'ils sont.

Toute la charpente qui est à ce puits, Pl. V. figure première, est disposée pour opérer ces changements, au cas qu'il en eut été besoin. Que si le moulin eut été établi dans un lieu isolé, éloigné de tous les objets qui peuvent arrêter le cours du vent, on aurait pu sans nul inconvénient approcher la pompe du point 8, jusqu'à la faire peser sur le moulin au point 8, 150 liv. plus qu'elle ne pese ; mais les murailles et les bois voisins qui diminuent l'action du vent, ont déterminé à la laisser au milieu du puits.

Nous avons dit que le cylindre d'eau qui sort de la pompe à chaque coup de piston, pouvait être évaluée à 350 pouces cubiques d'eau ; sur ce pied la pompe de 50 pieds en contiendra 11700 pouces cubiques, qui équivalent à 6 pieds 3 quarts de pieds cubiques : à 72 liv. le pied cubique, font 486 liv. que peserait l'eau contenue dans l'intérieur de la pompe, si elle ne contenait que de l'eau ; mais les bois des pistons et le fer qui s'y trouve pesent ensemble plus que l'eau ; c'est pourquoi l'on a estimé la charge totale contenue en l'intérieur de la pompe, à 520 l. indépendamment des frottements intérieurs évalués à 200 liv. et du poids des leviers, comme nous l'avons dit.

Si on fait attention au total de cette machine, on trouvera qu'elle tire un avantage de la longueur des leviers dont elle est composée : quoiqu'ils soient forts, ils fléchissent cependant quand le vent force le mouvement, de sorte que la pompe n'a jamais été incommodée des négligences du gardien, et la solidité de toutes les parties est telle qu'il n'est encore point arrivé de désastre.

Cette machine est d'autant plus avantageuse, qu'elle n'a couté que 3000 liv. au plus ; c'est-à-dire, la tour, la pompe, l'intérieur du puits et toute la machine, indépendamment du puits et des réservoirs qui étaient faits d'ancienneté.

Que s'il s'agissait d'élever l'eau d'une hauteur moindre que celle du puits dont est question, il suffirait d'augmenter les diamètres des corps des pompes, pour profiter de tous les avantages du moulin dont le produit augmenterait.

Projet, fig. 2. de la première Pl. Mais s'il s'agissait d'élever l'eau d'un puits de 150 à 200 pieds de profondeur, on pourrait multiplier les forces du moulin en faisant les ailes de 32 pieds de long et de 9 pieds de large ; on pourrait même y pratiquer six ailes ; alors on pourrait multiplier les pompes en les arrangeant comme on les voit à la première Pl. fig. 2. qui est une idée de la disposition qu'il conviendrait leur donner. F est la barre de fer sur laquelle agit le moulin que nous avons vu ci-devant au milieu de la tour. G, le levier de pompe sur lequel les quatre pistons des pompes sont fixes, 4 est son point d'appui. Les quatre pompes que l'on voit dans l'intérieur du puits sont censées avoir chacune 50 pieds de longueur ; elles se communiquent au moyen d'une petite cuvette qui est à leur partie supérieure.

Le moulin étant en mouvement, les quatre pompes agissent ensemble, celle d'en bas 1 remplit et entretient la cuvette A ; la pompe 2 y puise l'eau, qu'elle transporte dans la cuvette B ; la pompe 3 puise en B l'eau qu'elle élève en la cuvette C ; la pompe 4 puise en C l'eau qu'elle élève jusqu'au dessus du puits, et la transporte au-dehors.

Une commodité qu'il est bon de faire observer, est que si un homme pose sa main au point 8, III Pl. fig. première, lorsque ce levier est au plus haut degré d'élévation G, où le moulin puisse le porter, et qu'il soutienne ce levier à ce degré d'élévation, soit de sa main, soit de quelqu'autre appui, la pompe et le moulin sont partagés de sorte que l'un n'a plus de prise sur l'autre, et qu'il ne peut arriver nulle sorte d'accident par la vitesse des ailes qui sont seules en mouvement.

Il y a beaucoup d'autres machines auxquelles on a donné le nom de moulins ; nom qui semblerait par son étymologie ne devoir appartenir qu'aux machines qui par le moyen des meules pulvérisent et réduisent en farine les différentes graines : car toutes les autres machines auxquelles on a donné le nom de moulins, n'ont de commun avec ceux qu'on vient de décrire, qu'une roue à l'eau, soit à aubes ou à pots, premier moteur de la machine ; c'est cette ressemblance extérieure qui peut-être aura fait donner indistinctement à toutes les machines qui suivent le nom de moulins : ainsi pour

MOULIN à poudre à canon. Voyez POUDRE et SALPETRE.

MOULIN à tan. Voyez TAN.

MOULIN à scier le bois en planches. Voyez SCIE.

MOULIN à chapelets. Voyez POMPE.

MOULIN à papier. Voyez PAPIER ou PAPETERIE.

MOULIN à foulon. Voyez MANUFACTURE EN LAINE.

MOULINS A BRAS. On voit deux de ces moulins représentés, dans nos Pl. d'Agriculture, ils sont de fer, ils servent à moudre tout ce qu'on ne peut porter aux moulins à blé, comme amande, poivre, ris, caffé.

La construction en varie beaucoup relativement à la forme intérieure ; quand à la partie qui mout, elle est toujours la même.

La position de l'arbre peut être ou verticale, comme on la voit, fig. 1. ou horizontale, comme elle est fig. 9. où l'on voit une des sortes de moulins à bras garni de toutes ses pièces : nous allons commencer par le détail de celui-ci. Aux deux côtés sont deux platines de fer battu de 6 pouces de large sur 10 pouces de haut ; c'est entre ces platines qu'est placé et suspendu le corps du moulin. Les pièces dont le corps du moulin est composé sont la boite qu'on voit fig. 10. la noix qui entre dans cette boite fig. 11. le noyau de la noix qui se place dans la noix fig. 12. et les cloisons qu'on voit fig. 9. forment extérieurement le corps du moulin, revêtant la boite, et fixée sur les platines au moyen de deux étochios rivés chacun, et sur les platines et sur les cloisons. Les bouts des étochios, du côté de la face de la cloison sur laquelle doit poser la boite, doivent excéder d'une ligne ou deux la dite cloison, pour entrer dans deux trous pratiqués dans l'épaisseur de la boite, fig. 10. mais on ne peut apercevoir ces étochios, parce qu'ils sont au dedans de la machine ; mais voyez-les aux fig. 13 et 14. Les platines et le corps du moulin sont tenus ensemble par quatre vis dont on voit les extrémités et leurs écrous, sur la face d'une des platines du moulin, fig. 9.

Il faut bien remarquer, 1°. qu'avant que de fixer le corps du moulin et les plaques ensemble, il faut placer la noix qui doit être montée sur son arbre, comme on voit fig. 11. la noix placée, on arrête les platines par les vis et leurs écrous.

Il faut encore remarquer, 2°. que la hauteur de la cloison laisse un intervalle entre la plaque où l'on voit la manivelle fig. 9. et le derrière de la noix, pour laisser passer la farine de ce qu'on mout.

3°. Que comme il faut que la noix puisse avancer ou reculer, selon que l'on veut moudre plus gros ou plus fin, et que cependant il ne faut pas que cette noix se déplace, on a posé sur la face intérieure de la même plaque, où l'on voit les vis et leurs écrous, un heurtoir, ou une pièce de fer plat, longue de 3 pouces ou environ, sur 15 de large, et 3 ou 4 d'épaisseur, au milieu de laquelle est un trou où l'arbre de la noix est reçu, et qu'à chaque extrémité il y a deux trous pour recevoir le bout des vis à tête carrée qu'on voit fig. 17. qui passent à-travers la plaque et par-dessous le heurtoir qu'on voit fig. 18. et qui entrent dans les deux trous susdits comme on voit fig. 18. ces vis y sont rivées, mais mobiles, de sorte qu'en tournant ces vis auxquelles la même plaque sert d'écrou, on fait avancer parallèlement le heurtoir vers l'embase de l'arbre de la noix, il est impossible que l'arbre recule ; car la noix et la boite étant de forme conique, la noix fait toujours effort pour sortir de sa place.

4°. Que la hauteur de la cloison appliquée à l'autre platine, laisse un vuide entre la plaque et la tête de la noix, vuide qu'on appelle l'engrenoire, c'est sur cette cloison qu'est en partie posée la trémie, et en partie sur la boite.

Ce que nous venons de dire suffit de reste pour entendre le mécanisme et l'action d'une machine aussi simple ; mais quelque détail sur les parties acheveront d'éclaircir le reste.

On voit fig. 16. la plaque ou platine de derrière par la face du dedans sur cette platine, la cloison, avec les étochios qui la rendent immobile ; au centre de la cloison une douille rivée sur la plaque, à-travers de laquelle l'arbre de la noix passe ; cette douille est saillante à l'extérieur, comme on voit fig. 15. face extérieure de la même platine : on voit aussi à cette douille une virole. L'usage de la douille est de donner plus de solidité à l'arbre, et lui servir de palier, ce qui est nécessité par le trop peu d'épaisseur des plaques, qui ne pourraient résister longtemps à l'effort de l'arbre mu quand on mout.

La fig. 18. est l'autre plaque, ou la plaque de devant, vue par la face intérieure : on remarquera sur cette plaque l'autre cloison avec ses étochios, au centre de la cloison le heurtoir, et les bouts des vis rivées sur le heurtoir.

La fig. 17. représente la plaque ou platine de devant vue en dehors du côté de l'arbre qui meut la machine ; on y remarquera aussi les vis du heurtoir avec une bouterolle fixée comme la douille à l'autre plaque et pour le même usage.

On sait par l'emploi précédent des figures, que la dixième est la boite du moulin. Il faudra la forger d'une barre plate d'acier, et lui donner 20 lignes de hauteur sur 6 lignes d'épaisseur de dehors en dehors. On tournera cette barre de forme conique sur un mandrin. La base de la boite aura 46 lignes de diamètre, et le diamètre du côté de la tête n'aura que 39 lignes ; le tout de dehors en dehors : dans l'épaisseur des deux faces de la même pièce, comme on a dit, seront percés des trous pour recevoir les tenons des étochios : au reste, les mesures présentes varieront selon la force des moulins.

La noix qu'on voit fig. 11. se fera aussi comme la boite d'une barre d'acier, de même hauteur et épaisseur, tournée et soudée comme on l'a indiqué.

La fig. 12. est le noyau de la noix. Il faut que ce noyau soit un peu moins haut que la noix ou la virole, afin qu'on puisse serrer le bord de dedans de cette virole sur le noyau sans diminuer la hauteur.

Au centre du noyau est un trou carré qui reçoit l'arbre.

Au milieu de l'arbre est une embase qui sert à arrêter la noix : au côté de la tête de la noix on a ouvert une mortaise pour une clavette qui serrera la noix contre l'embase.

La mortaise qui a environ 6 lignes de hauteur, empêche que le heurtoir ne pose ou ne s'applique entièrement contre la base de la noix, ce qui rendrait le mouvement rude.

Le dedans de la boite est cannelé ; ses dents sont comme celles d'une écouanne, c'est-à-dire que le devant de la dent est perpendiculaire et le derrière incliné.

L'inclination des dents de la boite et l'inclination des dents de la noix sont en sens contraire.

La fig. 13. est la cloison des dents de devant, elle porte en partie la trémie ; elle est faite de fer battu comme une cloison de serrure ; elle a 9 lignes de hauteur sur deux lignes d'épaisseur : on y a montré les étochios qu'il attache à la plaque.

La fig. 14. est la cloison de derrière, c'est elle qui forme l'intervalle resserré entre la platine et la noix ; elle sera aussi faite d'une lame de fer battu, sa hauteur de 14 lignes et son épaisseur de deux : on y voit aussi ses deux étochios.

Passons maintenant au moulin à bras, à arbre perpendiculaire, celui de la fig. première : on le voit garni et monté de toutes ses pièces ; il ne diffère du précédent qu'en ce qu'il n'a ni platine ni cloison, mais seulement deux entretoises et deux vis qui en lient toutes les pièces.

L'espèce d'entonnoir qui le forme est cannelé en dedans. Sur cet entonnoir au haut est l'entretoise supérieure entaillée dans son épaisseur ; et au bas l'autre entretoise ou l'inférieure ; ces deux entretoises sont tenues par des vis bien parallèles afin que l'arbre soit bien vertical. A la patte de l'entretoise supérieure on a percé plusieurs trous ; dans ces trous sont rivées des pointes ; ces pointes servent à fixer le moulin sur le dessus d'une table ; à la patte de l'entretoise inférieure il y a un trou taraudé qui reçoit une vis dont le bout est en griffe ; cette vis et cette griffe fixent le moulin contre le dessus de la table : la vis en griffe est traversée en-bas d'un boulon à tête, arrêté dans l'oeil de la dite vis. On voit dans la même figure la tremie, le bas de l'entonnoir qui est en cône s'appelle le culot du moulin ; c'est-là que tombe la mouture. La partie cylindrique est fermée en-dessus par une rondelle qui couvre la noix ; sur cette rondelle est montée la tremie.

Les figures adjacentes montrent les parties séparées de ce moulin ; la fig. 2 est la manivelle, son pommeau est mobile sur la broche ; la fig. 3. représente la noix et son arbre ; la fig. 4. l'entretoise de dessus ; la fig. 5. l'entretoise de dessous ; la fig. 6. la rondelle qui tourne le moulin ; la fig. 7. le boulon de la vis à griffe ; et la fig. 8 la vis à griffe.

MOULIN A BRAS DU LEVANT, (Mécanique) on se sert beaucoup dans le Levant de moulins à bras pour moudre le blé. Ces moulins consistent en deux pierres plates et rondes, d'environ 2 pieds de diamètre, que l'on fait rouler l'une sur l'autre par le moyen d'un bâton qui tient lieu de manivelle. Le blé tombe sur la pierre inférieure, par un trou qui est au milieu de la meule supérieure, laquelle par son mouvement circulaire, le répand sur la meule inférieure où il est écrasé et réduit en farine ; cette farine s'échappant par le bord des meules, tombe sur une planche où on la ramasse. Le pain qu'on en fait est de meilleur goût que le pain de farine moulue aux moulins à vent ou à eau : ces moulins à bras ne se vendent qu'un gros écu ou une pistole. (D.J.)

MOULIN pour exprimer l'huile des graines. Cette machine a beaucoup d'affinité avec le moulin à foulon à la hollandaise décrit à son article. Voyez MANUFACTURE EN LAINE. Celui-ci construit dans une tour de charpente élevée sur une autre de maçonnerie d'environ 12 pieds d'élévation, est mu par la force du vent comme les moulins à vent. Voyez MOULIN A VENT. C'est le comble de ce moulin qui tourne sur la tour pour virer au vent et y présenter les ailes. Voyez POMPE, et les figures plus détaillées de ces sortes de combles, la construction et l'explication de leurs différentes parties représentées plus au net dans les planches des pompes mues par le vent.

L'arbre tournant A B, renfermé dans le comble, lequel porte les volans, porte aussi un rouet C, dont les alluchons engrainent dans les alluchons d'un autre rouet horizontal D, ou les fuseaux d'une lanterne fixe sur l'arbre vertical D F concentrique à la tour ; cet arbre porte une lanterne E dont les fuseaux conduisent les alluchons d'un rouet G fixé sur le gros arbre horizontal H K auquel sont adhérentes les levées N N N des pilons O P qui pulvérisent les graines placées dans les mortiers F F F, pratiqués dans une forte pièce de bois X Y où elles sont écrasées par les chutes réitérées des pilons.

Les pilons sont guidés dans leur mouvement vertical par des moises T V c d entre lesquelles leurs tiges peuvent couler librement lorsque les levées dont elles sont armées sont rencontrées par celles de l'arbre H K ; l'extrémité P des mêmes pilons est arrondie et garnie d'une boite de fer pour la conserver, la partie arrondie remplit l'ouverture du mortier, ce qui empêche les graines de ressortir, comme on peut voir en Z AE qui représente la coupe de quatre mortiers et celle de l'auge où se fait le pressurage.

Entre les deux moises qui servent de guides aux pilons en est une troisième a b à laquelle sont fixées par un boulon des pièces de bois servant de cliquets pour arrêter et suspendre les pilons quand on veut suspendre leur effet ; pour cela il y a une coche à la face latérale de chaque pilon dans laquelle, lorsqu'il est relevé un peu plus haut que les levées de l'arbre ne peuvent le conduire, une des pièces dont nous parlons vient s'engager et tient par ce moyen le pilon suspendu, ce qui permet de retirer les graines pulvérisées de dedans les mortiers sans pour cela suspendre l'effet des autres parties de la machine, chaque pilon ayant son cliquet.

Les graines pulvérisées, ainsi qu'il vient d'être expliqué, et réduites en une espèce de pâte, sont mises dans des sacs de crin qu'on appelle scoufins, pour être portées à la presse et en exprimer l'huile, ce qui se fait en cette sorte ; aux extrémités X et AE des deux grosses pièces de bois, dans lesquelles sont creusés les mortiers, sont aussi pratiqués deux vides ou auges dans lesquelles se fait le pressurage : on place un sac entre les deux plaques de fer 1, et un autre entre les deux autres plaques 5 ; on remplit le reste de l'auge avec des billots de bois 6, 7, dont les faces sont inclinées en talud, et dont la longueur est égale à la largeur de l'auge ; on place aussi la pièce 2 dont un des taluds s'applique contre la face en surplomb de la pièce 6 ; cette pièce 2 qui répond au-dessous du pilon R ne porte point au fond de l'auge ; enfin contre ces pièces on applique quelques planches 44 pour remplir suffisamment le vuide de l'auge, et ne laisser au coin 3 qu'une place suffisante ; on ôte ensuite le cliquet ou autre arrêt qui tient le pilon S suspendu ; les levées Q de l'arbre horizontal H K relèvent quatre fois à chaque révolution le pilon S dont les chutes réitérées sur la tête du coin 3 le font entrer à force entre les calles ou éclisses 4, 4, ce qui comprime latéralement les sacs et exprime l'huile de la pâte qu'ils contiennent ; cette huile s'écoule par une ouverture pratiquée au fond de l'auge dans les vases destinés à la recevoir.

Lorsque le coin 3 est descendu au fond de l'auge on arrête le pilon S, et après que l'huile a cessé de couler, on desserre les sacs par le moyen du pilon R, qui agissant sur la partie étroite du coin renversé 2, dont la tête ne touche point au fond, repousse ce coin 2 jusqu'à ce que sa tête touche au fond de l'auge, ce qui desserre d'autant toutes les pièces dont elle est remplie, et permet de relever le coin 3 ; on arrête alors le pilon R ; on remet le coin 2 en situation ; on met deux ou plusieurs nouvelles éclisses 4, 4, qui s'appliquent contre celles qui y sont déjà placées, et entre lesquelles on replace le coin 3 que l'on fait entrer à force par l'action du pilon S comme auparavant, ce qui comprime de nouveau les sacs et en exprime une plus grande quantité d'huile : on réitère cette manœuvre jusqu'à ce que l'huile cesse de couler, et on a la première huile ou l'huile vierge tirée sans feu.

Le marc que l'on tire de cette opération n'est pas encore si bien épuisé d'huile qu'il n'en reste encore beaucoup, mais si bien liée au marc que la plus forte expression ne saurait l'en faire sortir ; pour l'en retirer on met le marc dans des chaudières établies sur des fourneaux de maçonnerie. Voyez la fig. 2. Plan. suivante ; ces chaudières dont la concavité est sphérique, et dans lesquelles on met un peu d'eau pour empêcher le marc de bruler ; il y a au-dessus de la chaudière une tige de fer a b, dont l'extrémité inférieure est terminée par une ancre c d concentrique à la chaudière, et dans laquelle elle peut tourner librement étant suspendue par deux traverses de bois fixes à quelques-unes des parties du bâtiment qui renferme la machine ; l'extrémité supérieure a de la tige b a de l'ancre, est armée d'une lanterne dont les fuseaux engrenent et sont conduits par les dents d'un petit rouet dont l'axe horizontal placé au niveau de l'arbre H K fig. première, est terminée à l'autre extrémité par une lanterne dont les fuseaux sont menés par les dents d'un des petits rouets L M, fixés sur le grand arbre H K, chacun de ces deux rouets conduit une ancre semblable à celle que l'on vient de décrire.

Le marc toujours brouillé dans l'eau par le mouvement continuel de l'ancre, s'en imprègne, et l'effet combiné de ce fluide et de la chaleur en dissout l'huile et la dispose à sortir ; pour cela on reporte ce marc à la presse, qui en fait sortir l'eau et l'huile qu'il contient, laquelle se sépare facilement de l'eau à laquelle elle surnage dans les vaisseaux où ce mélange a été reçu au sortir de la presse ; pour favoriser cette opération on chauffe médiocrement les plaques de fer entre lesquelles les sacs sont placés, et on réitère cette opération tant qu'on espère en tirer quelque profit ; on met à part les résultats de ces différentes opérations qui donnent des huiles de 1re. 2e. 3e. sortes, etc.

Il est des substances dont on tire de l'huile, qui exigent avant d'être mises dans les mortiers, la préparation d'être écrasées sous des meules, comme celles de la fig. 3. Pour cela il y a au-dessus de la lanterne E, fig. 1. de l'arbre vertical D E, une autre lanterne plus petite, dont les fuseaux conduisent les dents d'un hérisson horizontal fixé sur la tige verticale du châssis A B C D, fig. 3. qui contient les meules. Ce châssis est composé de deux jumelles A B, C D, réunies par quatre entretoises B c, e, f, A D, dont les deux intérieures e, f, embrassent sur deux faces opposées l'arbre vertical. Ce même arbre est aussi enfermé sur les deux autres faces par deux petites entretoises 9 assemblées dans les deux premières, avec lesquelles elles composent un carré dans lequel l'arbre est renfermé. Les deux autres entretoises A D, C D, portent chacune dans leur milieu un poinçon pendant n m, assemblé ainsi que les quatre entretoises à queues et clavettes ; ces poinçons sont affermis par deux liens o p, et leurs extrémités inférieures sont percées d'un trou circulaire pour recevoir les tourillons de l'axe h des meules, dont la circonférence en roulant, écrase les matières que l'on a mises dans le bassin circulaire L. Ce bassin ou auge circulaire de pierre dure est établi sur un massif de maçonnerie, et a à son centre une crapaudine dans laquelle roule le pivot d'embas de l'arbre vertical.

Comme l'action des meules en roulant range les matières qui sont dans le bassin vers les bords et vers le centre où elles resteraient sans être écrasées, on a pour remédier à cet inconvénient placé un ou deux rateaux f k e, qui ramènent à chaque révolution ces matières sous la voie des meules.

Au lieu d'établir ce moulin dans une tour de bois composée de huit arestiers réunis par des entretoises, guettes, contrevents, ou croix de saint André, comme celle de la figure, on pourrait le construire dans une tour de pierre : on peut aussi se servir au lieu du vent, du courant d'une rivière.

MOULIN A TABAC ; ces moulins qui ont beaucoup d'affinité avec les moulins à tan (voyez MOULIN A TAN), et avec celui que l'on vient de décrire, la manière de faire mouvoir les pilons étant la même, n'en diffèrent qu'en quelques détails que nous allons expliquer.

Le tabac que l'on veut hacher est placé dans un mortier A, fig. 4. de forme cylindrique, dans lequel les pilons armés de longs couteaux affilés et bien tranchans, tombent alternativement, et coupent par ce moyen le tabac. Mais comme les couteaux des pilons guidés par deux moises suivent toujours la même direction, ils retomberaient toujours sur le même endroit dans le mortier, si l'on n'avait donné à celui-ci un mouvement circulaire qui présente successivement à l'action des couteaux les différentes parties du tabac qui y sont contenues.

Le mortier est armé d'une cramaillere dentée en rochet, dont les dents reçoivent l'extrémité d'un cliquet B fixé à l'extrémité inférieure d'un chevron vertical E D, avec laquelle il est articulé à charnière : l'extrémité supérieure E du même poteau est de même assemblée à charnière dans l'extrémité d'une bascule S V représentée en profil, fig. 5. mobile au point T sur un boulon qui la traverse aussi-bien que la mortaise pratiquée dans une des jumelles de la cage des pilons, à-travers de laquelle on a fait passer la bascule S V : l'extrémité S répond vis-à-vis des levées fixées sur l'arbre horizontal destinées à l'élever quatre fois à chaque révolution ; ce qui fait baisser en même temps l'autre extrémité V, fig. 5. ou E, fig. 4. et par conséquent l'extrémité D du chevron E D, dont le cliquet pousse une des dents de la cramaillere du mortier, et le fait tourner sur son centre d'une quantité proportionnée à la distance d'une dent à l'autre.

Le même chevron est reçu dans la fourchette d'une bascule D C X qui lui sert de guide, et où il est traversé par un boulon. Cette bascule mobile au point C sur un boulon qui la traverse, et le chevalet qui la porte, est chargée à son autre extrémité X par un poids dont l'effet est de relever le chevron vertical D E après qu'une des levées a échappé l'extrémité S de la bascule supérieure S V ; ce qui met en prise le cliquet ou pied de biche B dans la dent qui suit celle qu'il avait poussée en avant lors de la descente du chevron E D.

L'arbre des levées au nombre de vingt pour chaque mortier, savoir quatre pour chacun des quatre pilons armés de couteaux qui agissent dans le mortier, et les quatre autres pour la bascule du chevron, les extrémités de toutes ces levées doivent être disposées en hélice ou spirale, pour qu'elles ne soient pas toutes chargées à la fois des poids qu'elles doivent élever ; cet arbre, dis-je, porte aussi un rouet vertical, dont les alluchons conduisent une lanterne G, fig. 6. fixée sur un treuil vertical ; le treuil porte une poulie H qui y est fixée, laquelle au moyen d'une corde sans fin qui l'embrasse, et une des poulies pratiquée sur la fusée K, fig. 6. lui transmet le mouvement qu'elle a reçu du rouet. Cette fusée K fixée à une tige de fer L N coudée en M, fait mouvoir en différents sens les tamis O, P, fixés à un châssis dont la queue embrasse le coude de la manivelle M. Par cette opération le tabac pulvérisé qui a été apporté des mortiers dans les tamis O, P, y est sassé continuellement, ce qui sépare la poudre la plus fine d'avec les parties grossières ; cette poudre passe à-travers les toiles des tamis, et tombe dans le coffre R qui est au-dessous : quant aux parties grossières qui n'ont pas pu passer au-travers des tamis, elles sont reportées dans les mortiers, où par l'action continuelle des pilons, elles sont réduites en poudre assez fine pour pouvoir passer au-travers des tamis.

MOULIN A GRAND BANC, pour exprimer l'huile des graines ; pour faire l'huile on commence par mettre la quantité de deux sacs d'olives, qui pesent les deux environ 400 livres, dans le bassin A du moulin, pour être écrasées par la meule B, et réduites en ce que l'on appelle pâte, que l'on met dans une auge C, qui est auprès du pressoir. On réitère cette opération quatre fais, ce qui fait la quantité de pâte nécessaire pour remplir les cabacs ; après quoi on exprime l'huile de la manière suivante.

Par le moyen de la vis D, ayant élévé l'arbre F G sur les clés ou solives E, dont les mortaises des petites jumelles dites serres N, sont remplies, en sorte que le point F de l'arbre soit plus élevé que le point G, pour laisser la commodité de manœuvrer ; on remplit les cabacs de pâte, et on les empile au nombre de quarante-huit, comme il se voit au point H ; cela fait, on abaisse le point F, ce qui faisant porter l'arbre sur la pile de cabacs, donne moyen de placer les clés I dans les mortaises des grandes jumelles L, et d'ôter celles E des petites jumelles N. Alors tournant la vis en sens contraire, on abaisse le point G jusqu'à ce que l'arbre appuyant au point H sur la pile des cabacs, celle-ci résiste, et la vis D pour lors continuant d'être tournée dans son écrou O jusqu'à ce qu'elle soit montée à son collet, tient le massif P suspendu. Si venant à descendre par son poids il appuie son pivot Q sur la crapaudine R, il faut relever le point G de l'arbre pour donner moyen de mettre une autre clé I dans les mortaises des grandes jumelles L ; et la compression sur les cabacs est portée à son dernier période lorsque le massif P reste suspendu. Alors l'huile coule dans une cuvette S pleine d'eau jusqu'aux deux tiers, à côté de laquelle il y en a une autre T, où se place l'homme qui ramasse l'huile d'abord avec une cuillière ou casserole de cuivre V, et ensuite avec une lame de cuivre X, pour ne point prendre d'eau. Après quoi par un robinet on fait passer l'eau de la cuvette S dans l'autre T, d'où elle va se rendre dans un réceptacle dit les enfers Y. Ce réceptacle étant plein, se décharge à mesure de la nouvelle eau, qui vient, par un tuyau de fer blanc dit chantepleure Z, qui la puisant à cinq pans de profondeur ne vuide pas l'huile qui surnage. Voyez les Pl. d'Agriculture.

MOULIN A SCIER LE BOIS, est une machine par le moyen de laquelle on refend les bois soit carrés ou en grume. Le mécanisme d'un moulin à scier se réduit à trois choses : 1°. à faire que la scie hausse et baisse autant de temps qu'il est nécessaire, 2°. que la pièce de bois avance vers la scie, 3°. que le moulin puisse s'arrêter de lui-même après que les pièces sont sciées. Il y a des moulins de différentes constructions, et même on peut employer à cet usage la force du vent.

Celui dont il va être question est mu par un courant : une roue à aubes A de douze pieds de diamètre, placée dans un coursier, en reçoit l'impression, et devient le moteur de toute la machine ; l'arbre de cette roue placé horizontalement, porte l'hérisson B de cinq pieds de diamètre garni de trente-deux dents, qui engrene dans une lanterne C de huit fuseaux : l'arbre de cette lanterne est coudé ; ce qui forme une manivelle d'environ quinze pouces de rayon, dont le tourillon est embrassé par les collets de fonte qui remplissent le vuide de la fourchette pratiquée à la partie inférieure D de la chasse D E, d'environ huit pieds de longueur : la partie supérieure E de cette chasse est assemblée à charnière avec la traverse inférieure du châssis de la scie ; toutes ces pièces sont dans la cave du moulin.

Sur le plancher du moulin sont fixées deux longues coulisses f g, f g, composées chacune d'une pièce de bois évuidée en équerre, et deux fois aussi longue que le chariot auquel elles servent de guide ; leur direction est perpendiculaire à celle de l'axe de la roue à aubes, et aussi au plan du châssis de la scie.

Le chariot est aussi composé de deux brancards ou longues pièces de bois h k, h k de neuf à dix pouces de gros, unies ensemble par des entretoises de trois pieds ou environ de longueur : ce chariot peut avoir trente ou trente-six pieds de long ; il est garni de roulettes de fonte de quatre pouces de diamètre, espacées de deux pieds en deux pieds pour faciliter son mouvement le long des longues coulisses qui lui servent de guide ; ces roulettes sont engagées dans la face inférieure du chariot qu'elles desafleurent seulement de quatre lignes : il y a aussi de semblables roulettes encastrées dans les faces latérales extérieures du chariot ; ces dernières roulent contre les faces latérales intérieures des longues coulisses, et servent à guider en ligne droite le mouvement du chariot.

A côté et au milieu des longues coulisses, sont placées verticalement deux pièces de bois l m, l m, de douze pieds de longueur, évuidées aussi en équerre comme les longues coulisses, et qui en servent en effet au châssis de la scie ; ces pièces sont fixées par de forts boulons de fer qui les traversent aux faces latérales de deux poutres dont l'inférieure fait partie du plancher au-dessus de la cave, et l'autre fait partie d'une des fermes du comble qui couvre l'attelier dans lequel toute la machine est renfermée.

Le châssis de la scie est composé de deux jumelles n o, n o, de huit pieds de longueur, assemblées par deux entretoises n n, o o, dont l'inférieure o o est raccordée à charnière avec la chasse D E : la supérieure n n est percée de deux trous dans lesquels passent les boulons à tête et à vis p p, par le moyen desquels on élève une troisième entretoise mobile par ses extrémités terminées en tenons dans deux longues rainures pratiquées aux faces intérieures des jumelles du châssis, c'est par ce moyen que l'on bande la feuille ou les feuilles de scie, car on en met plusieurs qui sont arrêtées haut et bas par des étriers de fer qui embrassent l'entretoise inférieure et l'entretoise mobile dont on vient de parler. Il faut remarquer aussi que le plan du châssis répond perpendiculairement sur l'axe de la lanterne E, dont la manivelle communique le mouvement vertical au châssis de la scie.

Le châssis de la scie est retenu dans les feuillures de ses coulisses par des clés de bois, trois de chaque côté ; ces clés dont la tête est en crossette recouvrent de deux pouces le châssis, et sont arrêtées aux coulisses après les avoir traversées par des clavettes qui en traversent les queues.

Les faces intérieures des coulisses du châssis de la scie sont revêtues de règles de bois d'environ dix pouces d'épaisseur : ces règles sont mises pour pouvoir être renouvellées lorsque le frottement du châssis les ayant usées, il a trop de jeu, et ne descend plus bien perpendiculairement, sans quoi il faudrait réparer ou rapprocher les coulisses qui sont fixes à demeure. Ces règles aussi-bien que toutes les autres parties frottantes de cette machine, doivent être graissées ou enduites de vieux-oing.

Pour refendre une pièce de bois, soit carrée ou en grume, on la place sur le chariot, où on l'affermit dans deux entailles pratiquées à deux coussinets ; ces coussinets sont des morceaux de madriers entaillés en dessous de manière à entrer d'environ deux pouces entre les brancards du chariot, et au milieu en dessus d'une entaille assez grande pour recevoir en tout ou en partie la pièce de bois que l'on veut débiter ; c'est dans ces entailles qu'elle est affermie avec des coins ou avec des crochets de fer. Les coussinets sont aussi fixés sur les brancards, le long desquels ils sont mobiles par des étriers, dont la partie inférieure embrasse le dessous des brancards, et la supérieure les coins, au moyen desquels on affermit les coussinets à la longueur des pièces que l'on veut refendre, ou bien on fixe les coussinets par des vis dont la partie inférieure aplatie embrasse le dessous des brancards, et la supérieure terminée en vis est reçue dans un écrou que l'on manœuvre avec une clé percée d'un trou carré qui embrasse le corps de l'écrou.

La pièce de bois à refendre ayant donc été amenée sur le chariot, et l'extrémité sur laquelle le sciage doit finir ayant été posée sur un coussinet, ou sur l'entretoise du chariot qu'elle couvre d'environ deux pouces, on place un coussinet sous cette même pièce à l'extrémité par laquelle la scie doit entrer, sur lequel on l'affermit : ce coussinet est fendu verticalement par autant de traits qu'il y a de feuilles de scie, et dans lesquels pour lors les feuilles sont engagées de toute leur largeur, et encore deux ou trois pouces au-delà. C'est sur cet excédent que repose la pièce de bois que l'on veut débiter, où elle est affermie par quelqu'un des moyens indiqués ci-dessus.

Au-dessous et tout-le-long des deux brancards sont fixées deux cramailleres de fer dentées dans toute leur longueur ; les dents de ces cramailleres engrenent dans des lanternes de même métal fixées sur un arbre de fer horizontal qui porte une roue dentée en rochet. C'est par le moyen de cette roue que le chariot, et par conséquent la pièce de bois dont il est chargé, avancent à la rencontre de la scie.

Le rochet dont on vient de parler est poussé du sens convenable pour faire avancer le chariot sur la scie à chaque relevée, et cela par une bascule dont l'extrémité terminée en pied de biche, s'engage dans les dents du rochet pour empêcher celui G de rétrograder. Il y a un cliquet ou volet mobile à charnière sur le plancher, et disposé de manière à retomber dans les dentures à mesure qu'elles passent devant lui. Voyez les fig. et leur explication en Charpenterie.

C'est du nombre plus ou moins grand des dents du rochet, que dépend le moins ou plus de vitesse du chariot, et par conséquent du sciage. Cette vitesse doit être moindre quand le châssis porte plusieurs scies que quand il n'en porte qu'une, puisque la résistance qu'elles trouvent est proportionnelle à leur nombre. On refend de cette manière des troncs d'arbres jusqu'en dix-huit ou vingt feuillets de trois ou quatre lignes d'épaisseur, qu'on appelle feuillets d'Hollande, et dont les Menuisiers, Ebénistes, etc. font l'emploi.

Reste à expliquer comment, lorsque la pièce est sciée sur toute sa longueur à un pouce ou deux près, la machine s'arrête d'elle-même : pour cela il y a une bascule par laquelle la vanne qui ferme le coursier est tenue suspendue, et le coursier ouvert : la corde par laquelle l'autre extrémité de la bascule est tenue abaissée, est accrochée à un déclict placé près d'une des coulisses du châssis de la scie, et tellement disposée, que lorsque l'extrémité du chariot est arrivée jusques-là, un index que ce même chariot porte fait détendre le déclict qui lâche la corde de la bascule de la vanne ; cette vanne chargée d'un poids venant à descendre, ferme le coursier et arrête par ce moyen toute la machine.

Pour amener les pièces de bois que l'on veut scier sur le chariot, il y a dans la cave du moulin un treuil armé d'une lanterne, disposé parallèlement à l'axe de la roue à aubes. Ce treuil, monté par une de ses extrémités sur quelques-unes des pièces de la charpente qui, dans la cave du moulin, soutiennent les pivots de la roue à aubes et de la lanterne de la manivelle, est soutenu, du côté de la lanterne, par un chevron vertical ; l'extrémité inférieure de ce chevron, terminée en tenon, est mobile dans une mortaise pratiquée à une semelle, posée au fond de la cave du moulin ; l'extrémité supérieure du même chevron traverse le plancher par une ouverture aussi large que le chevron est épais, et longue autant qu'il convient pour que la partie supérieure de ce chevron, poussée vers l'une ou l'autre extrémité de cette ouverture, puisse faire engrener ou désengrener la lanterne du treuil avec les dents de l'hérisson. On arrête le chevron dans la position où il faut qu'il soit pour que l'hérisson puisse mener la lanterne, soit avec une cheville qui traverserait l'ouverture qui lui sert de coulisse, ou avec un valet ou étai assemblé à charnière à l'autre extrémité de la même coulisse, et dont l'extrémité terminée en tranchant, s'engage dans des crants pratiqués à la face du chevron.

Lorsqu'on veut faire cesser le mouvement du treuil, il n'est besoin que de relever le valet et de repousser le chevron vers l'autre extrémité de la coulisse où il reste arrêté par son propre poids, sa situation étant alors inclinée, et la lanterne, n'engrenant plus avec l'hérisson, cesse de tourner.

La corde du treuil, après avoir passé, en montant obliquement sur le plancher du moulin, par une ouverture où il y a un rouleau, est étendue horizontalement le long des coulisses du chariot, et est attachée à un autre petit chariot monté sur quatre roues, sur lequel on charge les pièces de bois que l'on veut amener dans le moulin pour y être débitées ; la même corde peut aussi servir à ramener le chariot entre les longues coulisses, après que la pièce de bois dont il est chargé aurait été débitée dans toute sa longueur. Pour cela il faut relever l'extrémité de la bascule qui engrene dans les dents du rochet et le cliquet qui l'empêche de rétrograder ; on amarre alors la corde du treuil à la tête du chariot après cependant qu'elle a passé sur une poulie de retour ; et relevant la vanne du coursier, la roue à aubes venant à tourner fera aussi tourner le treuil dont la lanterne est supposée engrener dans l'hérisson, et fera, par ce moyen, rétrograder le chariot dont les cramailleres feront en même temps rétrograder le rochet, jusqu'à ce que la scie soit entièrement dégagée de la pièce qu'elle avait refendue. En laissant alors retomber la vanne, elle fermera le coursier, et la machine sera alors arrêtée.

Dans les pays de montagnes où on trouve des chutes d'eau qui tombent d'une grande hauteur, il y a des moulins à scier plus simples que celui dont on vient de voir la description. Ils n'ont ni hérisson ni lanterne, le mouvement de la scie dépendant immédiatement du mouvement de la roue à aubes, sur laquelle l'eau est conduite par une beuse ou canal de bois, dont l'ouverture est proportionnée à la grandeur des aubes qui peuvent être faites en coquilles, et à la quantité d'eau dont on peut disposer, ou on sert d'une roue à pots dans lesquels l'eau est conduite par le même moyen.

Dans ces sortes de moulins, l'arbre de la roue porte la manivelle qui, par le moyen de la chasse, communique le mouvement à la scie. Le chariot et le reste est à-peu-près disposé de même.

La vitesse de la scie est d'environ soixante-douze ou quatre-vingt relevées par minute, et la marche du chariot pendant le même temps est d'environ dix pouces ; ainsi, en une demi-heure, une pièce de bois de vingt-cinq pieds peut-être refendue d'un bout à l'autre. Pour ce qui concerne la forme des dentures des scies, voyez l'article SCIE et SCIEUR DE LONG.

MOULIN, en terme d'Epinglier-Aiguilletier, est une boite de bois, longue et ronde, garnie de plusieurs bâtons comme une cage d'oiseau, et surpassée par un autre plus gros qui la traverse dans toute sa longueur. Ce bâton a à l'un de ses bouts une manivelle avec laquelle on tourne le moulin sur deux montants. Voyez les figures, Planches de l'Aiguillier-Bonnetier. Une de ces figures, même Pl. représente l'arbre du moulin, traversé de plusieurs bâtons. Ou met les aiguilles, après qu'elles sont trempées, dans le moulin avec du son pour les sécher et les éclaircir, ce qui se fait en les sassant dans cette machine.

MOULIN, en terme de Batteur d'or, c'est un instrument de fer monté sur un banc d'environ quatre pieds de haut. Cette machine est composée de deux montants percés vers le milieu de deux encoches dans lesquelles sont rivées par un bout deux roues massives d'acier trempé, qui se terminent chacune du côté opposé par un arbre carré à son extrémité, qui excède le montant, et où entre une manivelle. Les montants sont traversés en-haut d'une pièce qui les surpasse tous deux, et qui, dans cette partie même, est percée en vis et contient un écrou qui tombe de part et d'autre sur l'arbre de chaque roue, et par le moyen duquel on les approche ou on les éloigne tant qu'il est besoin. Entre les deux roues, seulement à l'extérieur, est un morceau de fer percé en carré, qui contient toujours l'or au milieu. A mesure qu'on tourne les manivelles, les roues écrasent et chassent l'ouvrage, et l'aplatissent suffisamment pour pouvoir être perfectionné au marteau, ce qui s'appelle passer au moulin. Voyez l'article Batteur d'or et les Pl.

MOULIN, machine dont les Bimblotiers, faiseurs de dragées de plomb pour la chasse, se servent pour adoucir les angles des dragées, c'est-à-dire, la partie du jet particulier par lequel elles tenaient à la branche ou jet principal. Voyez BRANCHE et l'article FONTE DES DRAGEES AU MOULE. Pour cet effet, on les met trois ou quatre cent pesans dans le moulin que l'on fait tourner ensuite.

Le moulin représenté dans les Pl. de la fonderie des dragées au moule, est une caisse de bois fortement sertie par des bandes de fer qui en maintiennent les pièces assemblées ; cette caisse qui a un pied carré de face par les bouts et quinze pouces de long, est traversée dans sa longueur par un axe terminé par deux tourillons, qui roulent sur les coussinets M des montants M N du pied sur lequel la machine est posée ; ces montants sont assemblés dans des couches O O, où ils sont maintenus par des étais P P, en sorte que le tout forme un assemblage solide ; une des extrémités de l'axe est terminée par un carré B sur lequel est attaché avec une clavette la manivelle F K L, au moyen de laquelle un homme tourne la boite A B C D dont tous les parois intérieurs sont armés de grands clous, dont l'usage est de frapper en tout sens les dragées dont la boite est remplie à moitié ou aux deux tiers. Le couvercle est tenu fortement appuyé sur la boite A B C D par le moyen de quatre charnières 11, 22, qui tiennent à la boite, et de quatre autres 33, 44, qui tiennent au couvercle Q R. Ces charnières sont retenues les unes dans les autres par des boulons S et T qui les traversent ; ces boulons sont arrêtés par des clavettes qui passent au-travers d'un oeil pratiqué à leurs extrémités s et t ; l'autre est une tête ronde qui empêche le boulon de sortir de la charnière par ce côté.

MOULIN en terme de Boutonniers en tresses, ce sont deux meules de bois bien polies, placées l'une au-dessus de l'autre, et ayant chacune la manivelle pour la tourner. Au-dessus, en travers, est une planche garnie dans le milieu d'une vis. Cette planche répond à deux montants qui se haussent et se baissent comme on veut sur l'arbre de la roue de dessus ; par-là on les écarte et on les rapproche à son gré. Ce moulin sert à fouler les tresses pour les reparer. Voyez TRESSES. Je ne parle point du banc et des pieds du moulin, il lui faut ces deux pièces, cela va sans dire, mais nulle forme affectée. L'essentiel de la machine sont ses roues ; la carcasse sur laquelle elles sont montées, on peut la faire de diverses manières également bonnes.

MOULIN A PIERRES PRECIEUSES, en terme de Diamantaire, est une machine de bois composée de quatre montants c b, figures et Planche I. du Diamantaire, assemblés les uns avec les autres par des traverses b b, i i, qui forment en-bas et en-haut des châssis qui affermissent les quatre montants. Les traverses sont assemblées par des vis qui traversent les montants, et se vissent dans les écrous placés dans l'intérieur des traverses à trois ou quatre pouces de leurs extrémités, en sorte que tout cet assemblage a la forme d'un parallélipipede plus long que haut et plus haut que large. La longueur est de sept ou huit pieds, la hauteur de six, et la largeur ou épaisseur de deux. Nous appellerons cette dernière, dimension, le côté de la machine. Les côtés, outre les deux traverses 1 et 5, en ont encore trois autres 2, 3, 4. La première porte le sommier du chef l, qui est une forte pièce de bois qui traverse la cage dans le milieu de son épaisseur. Cette pièce est assemblée à tenons et mortaise dans le milieu de chaque traverse 22. La traverse 3 porte la table, c c, qui est un fort madrier de chêne ainsi que tout le reste de la machine. Les traverses 4 4 portent le sommier du bas n, assemblé de même que le premier l. Celui-ci est soutenu dans le milieu de sa longueur par un pilier o, assemblé d'un bout dans le sommier, &, par en-bas, dans une pièce de bois qui traverse le châssis inférieur. Cette pièce est assemblée à tenons et mortaises dans les longues barres i i de ce châssis. Le sommier supérieur est percé de deux trous carrés verticaux, dans lesquels passent deux barreaux de bois de noyer e e, qui sont retenus dans les trous par des clavettes ou clés de même bois qui traversent horizontalement le sommier, voyez les figures ; o est le bâton de noyer, c la clé qui le serre dans le trou du sommier.

Le sommier inférieur n est de même percé de deux trous, dans lesquels passent deux autres bâtons de noyer d, retenus avec une clé e. Ces bâtons doivent répondre à plomb au-dessus de ceux du sommier supérieur l. Ces bâtons doivent être placés vers les extrémités des sommiers à un quart de leur longueur de distance. La table m de la machine est percée de deux trous ronds de cinq ou six pouces de diamètre, dont les centres répondent précisément entre les extrémités des deux bâtons e et f, qui servent de crapaudines pour les pivots p et R de l'axe de la roue de fer q qui traverse la table l m. Voyez les fig. On élève plus ou moins la roue q en élevant ou abaissant les deux barreaux D d, qui servent de crapaudines à son axe.

Cet axe se termine en pointes par les deux bouts. Ces pointes sont les pivots qui roulent dans les trous coniques, pratiqués aux extrémités des bâtons qui regardent l'axe. A un tiers ou environ, en montant, est une platine de fer de cinq pouces de diamètre, soudée sur l'arbre qui lui est perpendiculaire. Cette platine a quatre tenons zzzz (fig. 17.), qui entrent dans quatre trous yyyy, pratiqués à la face inférieure de la meule (fig. 16.) ; x est le trou par où entre l'arbre. La fig. u u représente le dessus de la meule qui est de fer forgé ; le milieu de la meule est cavé à moitié de l'épaisseur totale.

Après que la meule est passée sur l'arbre, et que les tenons z sont entrés dans les trous yy ; on passe, sur la partie cylindrique 2 de l'arbre, une virole i que l'on serre contre la meule et celle-ci contre la platine par le moyen d'une clavette ou coin qui traverse la mortaise 3. Voyez la figure 5. qui représente comment les tenailles sont posées sur la meule précisément de q en Q, et sur la table ; et l'article TENAILLES, qui explique leur construction.

Le mouvement est communiqué à la meule par le moyen d'une roue de bois, posée horizontalement. Cette roue a une gravure dans toute sa circonférence, dans laquelle passe une corde sans fin qui passe aussi dans une poulie (fig. 15.) fixe sur l'arbre au-dessous de la platine. Voyez la figure première, Pl. II. du Diamantaire, et R, fig. 5. de sa première Pl. et 15 et 17, qui représentent, la première, sa poulie qui a plusieurs gravures ; et la seconde, l'arbre sur lequel elle doit être montée. Le mouvement est communiqué à la roue par le moyen d'un bras (voyez BRAS), qui communique au coude de l'arbre de la roue de bois par le moyen d'un lien de fer, appelé épée. Voyez éPEE, et la Pl. du Diamantaire.

Lorsque la meule par l'usage est rayée et inégale, on la redresse avec une lime à quatre faces, fig. 14. 6 6 sont deux poignées par le moyen desquelles on gouverne la lime sur la meule qui tourne dessous. 7 7 est une règlette de bois dont l'usage est de garantir la virole de l'action de la lime ; on applique cette règle sur la face de la lime qui regarde l'axe de la roue.

MOULINS A DEGRAISSER ET A FOULER, (Draperie) voyez l'article MANUFACTURE EN LAINE, où ils sont expliqués.

MOULINS A FIL, voyez l'article FILS et DENTELLES, où ils sont expliqués.

MOULIN, (Fourbisseur) les moulins pour faire les lames d'épée sont menés par l'eau, ils sont fréquents à Vienne en Dauphiné ; on y forge avec de grands marteaux ces excellentes lames d'épée qu'on nomme lames de Vienne. Voyez la planche du Fourbisseur au moulin, dont voici l'explication.

Ce moulin est mu par une chute d'eau qui coule dans un canal a, d'où elle tombe sur les aubes de la roue à l'eau c, dont l'axe est horizontal et porté par les tourillons qui sont à ses extrémités sur des coussinets de cuivre posés sur des massifs, dont l'un est au-dehors du bâtiment, et l'autre en-dedans ; en sorte que l'arbre ou axe de cette roue traverse la muraille par un trou fait exprès ; on a représenté la muraille rompue, pour laisser voir la roue à l'eau et le canal qui la conduit sur l'arbre de la roue à l'eau, et à sa partie qui est dans le bâtiment, est moulée une grande poulie d d sur laquelle passent deux cordes sans fin, qui par le moyen des poulies n et f qu'elles entourent, communiquent le mouvement aux deux arbres n N f n. L'arbre n N par le moyen de la poulie o, communique de même le mouvement à la poulie p qui fait tourner l'arbre sur lequel sont montées les deux meules qq. Par le moyen de la poulie r, le même arbre n N deux poulies s et u la première porte sur son arbre une meule de bois t, qui au moyen de l'émeril, dont elle est enduite sur la circonférence, sert à polir l'ouvrage, c'est la dernière façon des lames au moulin. L'autre poulie u porte sur son arbre une grande meule de grès x sur laquelle l'ouvrier, fig. 2. couché sur le chevalet, ébauche une lame d'épée, après qu'elle a été forgée ; c'est la première meule sur laquelle on la fait passer. L'autre arbre f N porte trois poulies f g h et une meule i, la poulie f communique le mouvement par le moyen de la poulie k et d'une corde sans fin à l'arbre qui porte les deux meules l m de bois, qui, comme la meule t servent à polir l'ouvrage, la meule de grès i qui le meut avec moins de vitesse que la meule x, et la seconde de grès sur laquelle on passe l'ouvrage, tous les tourillons des arbres de cette machine sont portés sur des coussinets, établis sur des massifs de pierre ou de gros billots de bois. Les rigoles mm yy portent de l'eau par le moyen des tuyaux yyyyy, sur les tourillons et les meules pour y entretenir l'humidité.

La fig. 1. du bas de la Planche représente en particulier la grande poulie A B fixée sur l'arbre de la pièce à l'eau ; D D sont les deux poulies f et n de la vignette, auxquelles la grande poulie communique le mouvement par le moyen de deux cordes sans fin encraisées en c et en G. E est la poulie k qui est menée par une corde sans fin qui l'entoure et la poulie D, cette corde est encraisée en f.

Les fig. 2. et 3. représentent en particulier la poulie S et la meule de bois t, fig. 3. vignette. N est la poulie t qui reçoit le mouvement par le moyen d'une corde sans fin, o la jonction des deux pièces de l'arbre, M la meule de bois t, P une fourchette qui soutient l'arbre de la poulie N.

La fig. 3. représente la même chose démontrée, 1 la poulie, K la boite de l'arbre de la poulie qui reçoit le tenon, L de l'arbre de la meule de bois M, qui est divisée par plusieurs gravures circulaires, ainsi qu'on peut voir en P et en Q R qui est la coupe d'une meule de bois.

La fig. 4 représente la barre sur laquelle on assujettit les lames pour les passer sur les meules ; a a, est une barre de bois ou de fer courbée, comme on le voit dans la figure ; on applique la lame qu'on veut passer sur les meules sur le côté convexe de cette barre, on l'y assujettit par le moyen des deux anneaux d c qui entourent à la fois la barre et la lame b c qui en cet état est ceintrée comme la barre, ce qui fait qu'elle porte mieux sur la meule a laquelle on présente le côté convexe.

MOULIN, en terme de Lapidaire, est une machine composée de deux roues, dont l'une fait tourner l'autre sur un pivot ; c'est sur cette dernière que l'on travaille les pierres, les cristaux, etc. Voyez les détails, Planches et figures du Lapidaire : elle tourne sur un pivot, enfoncé dans une traverse, qui se hausse et s'abaisse au gré de l'ouvrier. Ces deux roues sont montées sur une charpente assez forte, et qui est couverte d'une sorte de table, bordée sur le derrière et les côtés, partagée en deux parties par une barre de bois dans l'une desquelles est la manivelle, et dans l'autre la roue à travailler les pierres, dont l'arbre tourne dans le pivot de la potence. Voyez POTENCE. Voyez l'art. PIERRE FINE.

MOULIN, à la monnaie, nom que les ouvriers donnent au laminoir. Voyez LAMINOIR.

MOULIN, en terme de Fondeur de plomb à tirer, c'est un petit coffre suspendu sur deux montants où on le tourne à la main. Son intérieur est rempli de clous qui abattent les carnes qui sont restées au petit plomb. Voyez l'art. préced. Fond. des dragées.

MOULIN, en terme de Potier de terre, est un tonneau ou un massif de plâtre ou de pierre, creux, dans le milieu duquel, on voit une crapaudine qui reçoit l'extrémité de l'arbre d'une roue qui se tourne à la main dans ce massif. C'est dans le moulin que le potier broye ses couleurs. Voyez planche du Fayancier, cette machine étant commune à ces deux arts.

MOULIN à tirer L'OR, est une machine dont les Tireurs d'or se servent pour écraser le fil qui sort rond des filières : ce sont deux roues d'acier enchâssées dans une cage ou montant au-dessus l'une de l'autre, de manière qu'elles se touchent plus ou moins près, par le moyen de deux grenouilles qui sont au-dessus de l'arbre de ces roues, et qui tenant à une planche sous le banc, sont plus ou moins baissées, à proportion que le poids qu'on met sur cette planche est plus lourd. Derrière la cage est une bobine, d'où le fil vient dans la passette, après avoir passé dans les feuilles d'un livre couvert de quelque chose de pesant, pour empêcher ce fil d'aller de côté et d'autre. Il entre de ce livre dans la passette pour être écaché sous les roues, d'où il sort et va se dévider sur un bois qui est à la tête du moulin Voyez PASSETTE. A cette tête sont, comme nous le venons de dire, les bois sur lesquels on dévide le battu qui sont mus par la roue qui est attachée extérieurement à l'arbre de la roue d'acier qui est dessous, et qui tourne par le jeu de la manivelle.

MOULINS A TOILE ; ils ne diffèrent pas de beaucoup des moulins à foulon, et on s'en sert pour dégraisser les toiles, après les avoir nettoyées une première fais, lorsqu'on les a retirées de la lessive. Voyez BLANCHISSERIE. Il y en a qui sont menés par l'eau ; mais la plus grande partie le sont par les chevaux.

MOULINS A CUIR. On s'en sert pour nettoyer et pour préparer avec l'huile les peaux des cerfs, des bufles, des élans, des bœufs pour faire ce qu'on appelle des peaux de bufles à l'usage des militaires, et il est garni pour cela de plusieurs gros pitons qui s'élèvent et s'abaissent ensuite sur les peaux dans de grandes auges de bois, au moyen d'une roue placée au-dehors, et que la force de l'eau fait tourner. Voyez BUFLE.

MOULIN A POUDRE A CANON, est celui dont on se sert pour broyer et battre ensemble les ingrédiens dont la poudre est composée. Voyez POUDRE A CANON.

La poudre se broye dans un mortier, au moyen de pilons menés par une roue, qu'une chute ou un courant d'eau fait tourner. Ce mortier et ces pilons étaient autrefois de fer, mais les accidents arrivés par le feu ont donné lieu d'en substituer de bois. Voyez Pl. V. de Fortif. fig. 2 et 3. un moulin à poudre construit à Essonne.

Explication de la figure de ce moulin. A, moulin à poudre avec toutes ses roues, ses pilons et ses mortiers.

B, profil des pilons et mortiers.

C, arbre qui fait mouvoir les pilons.

D, pilon.

E, bout du pilon.

F, coupe du mortier où se bat la poudre.

Au lieu de mortier, on se sert quelquefois d'une poutre creusée en forme de mortier, comme il est représenté lettre G, figure A.

Voyez dans l'Architecture hydraulique de M. Belidor, le détail d'un moulin à poudre, construit à la Fere.

MOULIN A MOULINER LA SOIE, voyez l'article SOIE.

MOULINS DES VERRERIES, voyez l'article VERRERIE.

MOULIN A MOUTARDE, (Vinaigrier) espèce de machine dont les Vinaigriers se servent pour broyer le senevé avec le vinaigre dont ils composent la moutarde.

Cette machine est composée de la manière suivante. C'est une espèce de barril, fait de douves, et relié de cerceaux comme les futailles ordinaires, mais beaucoup plus bas. Ce barril s'ouvre par le haut, ou plutôt la partie d'en-haut, appelée le couvercle ou chapeau, s'emboite dans la partie d'en-bas, appelée la cuvette. La cuvette a environ un pied et demi de diamètre, et le fond en est rempli par une meule d'environ 5 pouces d'épaisseur, qui y est assujettie et immobile. Au centre de cette meule est un pivot scellé avec du plomb, et qui ressort d'environ un pouce et demi. A une des douves de la cuvette, et à la hauteur de la meule, est un petit trou destiné à donner passage à la moutarde broyée. Sur le pivot de la meule s'ajuste une autre meule, au-dessus de laquelle est mastiquée une planche de cœur de chêne, de même circonférence et de l'épaisseur de 2 pouces. Vers le milieu de la seconde meule, à la planche de chêne, est un trou circulaire fait en entonnoir, d'environ 3 pouces de diamètre par en-haut ; ce trou est appelé mise, et communique à un petit canal pratiqué dans toute l'épaisseur de la meule supérieure, et destiné à porter entre les deux meules les matières que l'on veut broyer. Sur la planche de chêne ou chapeau du moulin, vers la circonférence, est un trou destiné à recevoir le bâton qui sert de main pour donner le mouvement à la meule. Lorsque le vinaigrier veut faire jouer son moulin, il insinue un long bâton dans ce trou par un côté, et de l'autre le fait entrer dans un autre trou pratiqué dans une planche attachée entre deux solives, immédiatement au-dessus du centre de la meule, de sorte que le bâton mis en place, est toujours panché, ce qui donne plus de facilité à l'ouvrier qui fait jouer le moulin.



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