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Catégorie parente: Arts & métiers
Catégorie : Arpentage
en Arpentage, est un instrument pour mesurer les distances par le chemin qu'on a fait. On l'appelle aussi pédomètre ou compte-pas, et roue d'arpenteur. Voyez PEDOMETRE, etc. Ce mot vient des deux mots grecs , chemin, et , mesure.

L'avantage de cet instrument consiste en ce qu'il est d'un usage fort facîle et sort expéditif. Sa construction est telle qu'on peut l'attacher à une roue de carrosse. Dans cet état, il fait son office, et mesure le chemin, sans causer aucun embarras.

Il y a quelques différences dans la manière de construire cet instrument. Voici l'odomètre qui est à présent le plus en usage, et qui parait le plus commode.

Construction de l'odomètre. Celui qui est réprésenté, Planche de l'arpent. fig. 23. consiste en une roue de deux pieds sept pouces et demi de diamètre, et dont la circonférence est par conséquent d'environ huit pieds trois pouces. A un des bouts de l'axe est un pignon de trois quarts de pouces de diamètre, divisé en huit dents, qui viennent quand la roue tourne s'engrener dans les dents d'un autre pignon c, fixé à l'extrémité d'une verge de fer, de manière que cette verge tourne une fais, pendant que la roue fait une révolution. Cette verge qui est placée le long d'une rainure pratiquée sur le côté de l'affut B de cet instrument, porte à son autre bout un trou carré, dans lequel est placé le bout b du petit cylindre P. Ce cylindre est disposé sous un cadran à l'extrémité de l'affut B, de telle manière qu'il peut se mouvoir autour de son axe. Son extrémité a est faite en vis sans fin, et s'engrene dans une roue de trente-deux dents, qui lui est perpendiculaire. Quand l'instrument est porté en avant, la roue fait une révolution à chaque sixième perche. Sur l'axe de cette roue est un pignon de six dents, qui rencontre une autre roue de soixante dents, et lui fait faire un tour sur cent soixante perches ou un demi mille.

Cette dernière roue porte un index ou aiguille, qui peut tourner sur la surface du cadran, dont le limbe extérieur est divisé en cent soixante parties répondantes aux cent soixante perches, et l'aiguille indique le nombre de perches que l'on a faites. De plus, sur l'axe de cette dernière roue est un pignon de vingt dents, qui s'engrene dans une troisième roue de quarante dents, et lui fait faire un tour sur trois cent vingt perches ou un mille. Sur l'axe de cette roue est un pignon, lequel s'engrenant dans une autre roue, qui a soixante-douze dents, lui fait faire un tour en douze milles.

Cette quatrième roue porte un autre index, qui répond au limbe intérieur du cadran. Ce limbe est divisé en douze parties pour les milles, et chaque mille est subdivisé en moitiés, en quarts, etc. et sert à marquer les révolutions de l'autre aiguille, ainsi qu'à connaître les demi-milles, les milles, etc. jusqu'à douze milles, que l'on a parcourus.

Usage de l'odomètre. La manière de se servir de cet instrument est facîle à comprendre par sa construction. Il sert à mesurer les distances dans les cas où l'on est pressé, et où l'on ne demande pas une si grande exactitude.

Il est évident qu'en faisant agir cet instrument, et observant les tours des aiguilles, on a la longueur de l'espace qu'on veut mesurer, comme si on l'arpentait à la chaîne ou à la taise. Chambers. (E)

L'odomètre ci-dessus est celui qui est destiné à compter le chemin par les tours de roue d'un carrosse ou d'une voiture.

L'odomètre à compter les pas s'ajuste dans le gousset, où il tient à un cadran qu'on fait passer au-dessous du genou, et qui, à chaque pas, fait avancer l'aiguille. Du reste, ces deux odomètres diffèrent peu l'un de l'autre.

C'est par le moyen d'un odomètre que Fernel mesura les degrés de Paris à Amiens ; et malgré la grossiereté de ce moyen, il le trouva très-approchant du vrai. Voyez FIGURE DE LA TERRE et DEGRE.

M. Meynier présenta à l'académie des Sciences en 1724 un odomètre qui parut fort bien construit, et dans lequel chaque pas et chaque tour de roue donnait exactement un pas d'aiguille, et n'en donnait qu'un : cependant cet odomètre avait un inconvénient, c'est que dans le recul il s'arrêtait ; et reprenant ensuite son mouvement, donnait sur le cadran autant de tours de roue ou de pas de trop en avant qu'on avait eus en arrière. M. l'abbé Outhier a remédié à cet inconvénient dans un odomètre qu'il a présenté à l'académie en 1742, et dans lequel l'aiguille recule quand le voyageur recule ; en sorte que l'odomètre décompte de lui-même tous les pas de trop que l'on a fait en arrière. Voyez Hist. acad. 1742, pag. 145. (O)




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