S. f. (Histoire naturelle) c'est ainsi qu'on nomme en italien un endroit du royaume de Naples, dans le voisinage de Pouzzole, qui parait bruler perpétuellement, et où l'on trouve un grand nombre d'ouvertures qui donnent passage à des vapeurs sulfureuses et à de la fumée que le feu souterrain fait sortir du sein de la terre qui est au-dessous. Les pierres qui sont autour de ces orifices ou ouvertures sont dans un mouvement perpétuel, et lorsqu'on y jette quelques corps légers, ils sont repoussés à dix ou douze pieds de hauteur ; et l'on voit dans certains endroits le sable bouillonner comme de l'eau qui serait sur le feu. Les pierres qui se tirent de cet espace de terrain sont très-chaudes, friables, blanches et comme calcinées ; pour peu qu'on y creuse, on trouve des cendres. On en tire aussi une très-grande quantité de vitriol bleu et d'alun ; la chaleur du terrain épargne les frais du bois pour l'évaporation de ces sels, on ne fait que laver dans de l'eau les pierres qui en sont chargées, on met cette dissolution dans des chaudières de plomb que l'on place sur les ouvertures de ce terrain, dont la chaleur est assez grande pour faire bouillir la dissolution, après quoi l'eau chargée de ces sels se met dans des cuves de bois où ils se crystallisent ; le débit de ce vitriol et de cet alun fait un revenu assez considérable.

Tout le terrain de la Solfatara est creux, et résonne sous les pieds. Ayant été comme miné par les feux souterrains, il serait dangereux d'y passer à cheval, parce qu'on serait en danger d'y enfoncer. Quelques personnes croient que les feux qui sont sous la Solfatara communiquent par-dessous terre avec le mont Vésuve, qui en est à quatre lieues ; et l'on prétend que lorsque ce volcan est tranquille, la fumée est plus forte dans la Solfatara, et au contraire que lorsque le volcan vomit des flammes et éprouve de fortes éruptions, ce terrain est moins agité.

Cet endroit était déjà connu des anciens, qui l'appelaient Forum-Vulcani ; il a été décrit en vers par Pétrone. Les modernes l'appellent Solfatara ou Solforata, soufrière ; on croit que ce sont les restes d'une montagne qui a été détruite par les embrasements souterrains, et qui a été changée en une plaine.