S. f. grus, (Ornithologie) grand oiseau aquatique qui a le cou et les jambes fort longues. Il pese pour l'ordinaire dix livres, et il a près de cinq pieds de longueur, depuis l'extrémité du bec jusqu'au bout des pieds. Le bec est droit, pointu, et de couleur verdâtre teinte de noirâtre. Il a près de quatre pouces de longueur, et il est aplati sur les côtés. Le sommet de la tête a une couleur noire, et il est couvert de poil ou de soie, au lieu de plumes. Il y a sur l'occiput une aréole rouge et nue ; deux bandes blanches s'étendent depuis les yeux jusqu'au sommet d'une tache de couleur de cendrée qui est sur l'occiput, au-dessous de l'aréole dont il a été fait mention : ces deux bandes descendent ensuite jusqu'à la poitrine. La gorge et les côtés de la tête sont noirs ; le dos, les épaules et la poitrine, le ventre en entier, les cuisses et presque toutes les petites plumes des ailes ont une couleur cendrée ; les ailes sont très-étendues, et ont vingt-quatre grandes plumes ; la queue est petite, ronde et composée de douze plumes qui sont de couleur cendrée, à l'exception du bout qui est noir ; les jambes ont aussi une couleur noire, et sont nues jusqu'au-dessous de l'articulation. Cet oiseau est passager, et il a la chair assez bonne ; il vit de semences et d'herbes. Willughbi, Ornit. Voyez
GRUE' a>OISEAU (I)

GRUE
, (Astronomie) constellation de l'hémisphère austral, située entre le Paisson austral et le Toucan. C'est une de celles qui ne sont point visibles dans nos climats. Voyez CONSTELLATION et ETOILE. (O)

GRUE, (Mécanique) machine en usage dans la construction des bâtiments, pour élever des pierres et autres grands fardeaux.

M. Perrault dans ses notes sur Vitruve, prétend que la grue est le corbeau des anciens. Voyez CORBEAU.

La grue des modernes est composée de plusieurs pièces, dont la principale est un arbre élevé perpendiculairement, et terminé en poinçon par le haut : cet arbre est garni par le milieu de huit pièces de bois posées en croix, et soutenu de huit bras ou liens en contre-fiche, qui s'assemblent vers le haut de l'arbre, et y sont joints avec tenon et mortaise. La pièce de bois qui porte et qui sert à élever les fardeaux, s'appelle échelier ou rancher ; elle est garnie de chevilles ou ranches, et posée sur un pivot de fer qui est au bout du poinçon de l'arbre : il est assemblé avec plusieurs moises à des liens montants. Il y a des pièces de bois que l'on nomme soupentes, attachées à la grande moise d'en-bas et à l'échelier, et qui servent à porter la roue et le treuil, autour duquel se devide le câble. Le câble passe dans des poulies qui sont au bout des moises, et à l'extrémité de l'échelier. Tout le corps de la grue, c'est-à-dire, l'échelier, les moises, les liens montants, les soupentes, la roue et le treuil, tourne sur le pivot autour de l'arbre pour placer les fardeaux où l'on veut. Chambers.

A proprement parler la grue est un composé du treuil et de la poulie : ainsi pour connaitre l'effet de cette machine et sa force, il ne faut qu'y appliquer ce que nous dirons de ces deux machines. Voyez donc POULIE et TREUIL. Voyez aussi AXE DANS LE TAMBOUR, qui est la même chose que treuil, &c.

GRUE, (la danse de la) c'est un ballet des anciens, par lequel ils représentaient les divers détours du labyrinthe de Crète. Il fut inventé par Thesée, après la défaite du Minotaure. Il l'exécuta lui-même avec la jeunesse de Délos ; et cette danse passa dans les tragédies des Grecs, pour y servir d'intermèdes. Elle fut mise à la place des ballets qui représentaient le mouvement des astres, etc.

La danse de la grue fut nommée ainsi, parce que tous les danseurs s'y suivaient à la file, comme font les grues lorsqu'elles volent en troupe. Plutarque, dans la vie de Thesée. Voyez BALLET. (B)