S. m. (Histoire naturelle, Ornithologie) corvus aquaticus : oiseau aquatique qui est de la grosseur d'une oie, et dont toute la face supérieure est de couleur brune mêlée d'un peu de verd obscur et luisant. Le ventre et la poitrine sont blancs, et il y a dans chaque aile environ trente grandes plumes dont la pointe est cendrée, de même que dans les plumes du second rang qui recouvrent les grandes. La queue s'étend au-delà des pieds ; elle est composée de quatorze fortes plumes ; quand on les étend elle s'arrondit dans sa circonférence, et se voute par-dessous. Le bec est crochu à l'extrémité, et a trois pouces et demi de longueur ; la pièce supérieure est noire, et ses bords sont tranchants ; ceux de l'inférieure sont larges et aplatis, et la base de cette pièce est revêtue d'une membrane jaunâtre. La langue est fort petite. les yeux sont situés plus près des angles de la bouche dans le cormorant, que dans la plupart des autres oiseaux. L'iris est de couleur cendrée. Les cuisses sont fortes, courtes, épaisses, larges, et aplaties, au moins quand cet oiseau est jeune. Les ongles sont noirs ; les pattes sont de la même couleur, et couvertes d'écailles disposées en forme de mailles : il y a quatre doigts, et tous sont dirigés en avant ; ils sont réunis ensemble par une membrane noire, le doigt extérieur est le plus long, et l'intérieur est le plus court ; le bord intérieur de l'ongle du doigt du milieu est dentelé. Ces oiseaux nichent non-seulement sur les rochers du bord de la mer, mais aussi sur des arbres ; ce qui est particulier au grand et au petit cormorant, entre tous les oiseaux qui ont une membrane aux pieds.

On a mis sous le nom de petit cormorant un oiseau désigné par les noms de gracculus palmipes Arist. et de corvus aquaticus minor. Il diffère du grand cormorant par les caractères suivants. Le petit cormorant est plus petit ; le ventre est brun-roussâtre ; il n'y a que douze plumes dans la queue ; la peau qui est à la base du bec, n'est pas de la même couleur jaune que dans le grand cormorant ; enfin le bec est plus long et plus mince, etc. Willughby, Ornit. Voyez OISEAU.

Le père Le Comte dit qu'on élève à la Chine les cormorants à la pêche ; que le pêcheur en a sur les bords d'un bateau jusqu'à cent ; qu'au signal qu'on leur donne ils partent tous, et se dispersent sur un étang, qu'ils apportent tout le poisson qu'ils peuvent attraper, et qu'on leur serre l'oesophage avec une corde pour les empêcher de le manger, Voyez dans nos Planches d'oiseaux (Histoire naturelle) la figure du cormorant. (I)