terme de Pêche usité dans le ressort de l'amirauté de Poitou, ou des sables d'Olone ; ce sont des rets que l'on tend des deux manières, flottés et sédentaires pour la pêche des orphies ou aiguillettes ; on peut les regarder comme une espèce de ceux que les pêcheurs de la Manche, tant en la haute qu'en la basse-Normandie, nomment Warnettes, Marsaiques et Haranguières ; leur manœuvre ne peut avoir d'abusif ; c'est celle des pêcheurs aux harengs avec leurs seines dérivantes, elles restent aussi à fleur d'eau, sans cependant dériver à la marée.

Les pièces de ces rets ont depuis quinze jusqu'à vingt brasses de long, et une brasse de chute ; les flottes sont affilées et non amarrées sur la ligne de la tête du ret, et le pied est chargé de brasse en brasse d'une bague de plomb pesant environ une once chacune, pour le câbler et le tenir étendu. Il faut pour employer ce filet un petit bateau ; on amarre sur un petit cablot de sept à huit brasses de long, une pierre environ du poids de quarante livres, elle empêche la dérive, et il faut de nécessité que le filet soit toujours à fleur d'eau, parce que les pêcheurs le tendent sur des fonds qui ont au-plus trois à quatre brasses de profondeur, et qui sont couverts de roches sur lesquelles le ret se déchirerait s'il venait à y toucher ; au bout forin du filet est une bouée de bois de sapin ou de linge.

Les vettes restent à l'eau deux à trois fois vingtquatre heures, cependant les pêcheurs viennent de temps à autre les visiter pour en retirer les poissons qui s'y trouvent pris ; ce sont ordinairement des grandes aiguilles ou orphies ; on y prend aussi quelquefois de grandes sardines ou seclans, et même des maquereaux ; mais l'objet de la pêche est celle des orphies pour servir de boite aux hameçons des pêcheurs à la ligne.

Cette espèce de pêche se fait de jour et de nuit ; elle commence ordinairement au mois de Mars ; et dure jusqu'à la fin de Juillet, après quoi on fait sécher les vettes pour ne s'en servir que l'année suivante. Les temps les plus favorables pour cette pêche à la côte de l'Isle Dieu sont les vents d'O. S. O. d'O. et de S. O.

Les mailles des vettes sont de trois espèces, les plus larges ont dix lignes en carré, les autres neuf lignes, et les plus serrées n'ont que huit lignes ; quant à l'établissement de ce filet, et à sa manœuvre, il ne peut qu'être avantageux et sans abus.