S. f. (Médecine) inflammation du poumon, que l'on distingue en vraie et en fausse.

Péripneumonie vraie. La péripneumonie vraie est l'inflammation de la substance même du poumon, avec secheresse, chaleur et douleur.

Les vaisseaux susceptibles de cette inflammation sont les artères bronchiales et les artères pulmonaires : elle est plus ou moins dangereuse, selon la différence des vaisseaux engorgés, et selon la qualité du sang engorgé.

Les causes de cette double inflammation sont, 1°. les causes générales de toutes les inflammations : 2°. les causes qui affectent particulièrement le poumon, comme un air trop humide ou trop sec, trop chaud ou trop froid, trop grossier ou trop subtil, un air chargé d'exhalaisons caustiques, ou astringentes, ou coagulantes, un chyle formé de matières épaisses, seches, visqueuses, l'exercice violent du poumon par la course, la lutte, le mouvement du cheval contre le vent, les poisons coagulants, caustiques, astringens, portés au cœur par les veines qui s'y rendent, les violentes passions de l'âme, l'esquinancie avec oppression de poitrine et orthopnée, une forte pleurésie, une paraphrénésie violente, l'action d'un émétique dans un estomac tendre et délicat.

Les symptômes de la peripneumonie sont différents, selon son siège ; celle qui réside dans les bronches produit tous les effets de l'inflammation, et enflamme même les extrémités de l'artère pulmonaire qui leur sont contiguès, en les comprimant et en leur communiquant la maladie dont ils sont attaqués.

Cette inflammation peut s'attacher à différentes parties du poumon ; son étendue peut aussi varier ; les symptômes seront plus violents s'il y a deux lobes entrepris que s'il n'y en a qu'un, ou si un lobe est totalement enflammé, que s'il n'y en a qu'une partie ; la peripneumonie n'est pas guérissable dans le premier cas, à cause de la grandeur et de l'étendue de l'engorgement : dans le second cas elle peut se guérir, si les symptômes ne sont pas extrêmes, si la toux, la douleur, la chaleur et l'oppression peuvent se supporter et céder peu-à-peu à l'action des remèdes.

La péripneumonie vraie se guérit par une résolution bénigne, par des crachats abondants qui viennent de bonne heure, par un cours de ventre bilieux, dont la matière ressemble assez aux crachats, par une évacuation abondante d'urine épaisse et chargée, dont le sédiment devient blanc.

Si elle ne se résout pas, elle se change en une autre maladie qui est l'abscès du poumon, ou une métastase de la matière morbifique sur une autre partie ; la suppuration prochaine se connait par le défaut de la résolution au jour marqué, par la diminution, par la douleur, par la faiblesse du pouls, par le changement de la fièvre, par la continuation de la difficulté de respirer, accompagnée de la soif et des autres accidents ; d'autres fois il se fait une éruption soudaine du pus dans la trachée-artère, le malade en est suffoqué ; quelquefois aussi le pus est évacué par un crachement abondant de matière purulente, mais souvent il tombe dans la cavité de la poitrine, dans laquelle il cause l'empyème, la phtisie, ou d'autres maladies.

La métastase arrive lorsque la matière purulente et morbifique étant prise par les petites vénules lymphatiques du poumon se mêle avec le sang et forme un dépôt dans quelque viscère particulier, comme dans le foie, la rate, le cerveau, ou quelqu'autre partie : de-là viennent des parotides ou abscès péripneumoniques autour des oreilles, aux jambes, ou aux hypochondres ; souvent ces abscès disparaissent tout-à-coup, ce qui annonce une mort prochaine.

Le pronostic de cette maladie est des plus fâcheux ; ainsi avant de rien prononcer, on doit surtout considérer le nombre et la violence des symptômes, les excrétions, la qualité des crachats.

La suppression des crachats, jointe à l'oppression, au crachement de sang épais, bourbeux, noir, livide, semblable à de la lie, sont d'un présage funeste, ils marquent un grand embarras du poumon, et un resserrement des vaisseaux, avec une grande acrimonie dans les humeurs. Si le pus sort par le dévoiement, l'urine épaisse devenue claire, la toux seche, les éternuements fréquents, le pouls manquant, les extrémités du corps froides, pendant que la poitrine, la tête ou le cou conservent une ardeur brulante, ce sont autant de signes avant-coureurs d'une mort prochaine.

La cure est la même que celle de toutes les inflammations ; elle consiste dans les saignées répétées, selon la force de la fièvre et la vigueur du pouls, la tisane délayante, adoucissante et béchique, les béchiques doux, légèrement incisifs : les apéritifs doux conviennent et sont indiqués dans les différents états et périodes de cette maladie.

Tisane pour la péripneumonie vraie. Prenez racine de chiendent, de fraisier, de chaque une once ; faites-les bouillir dans cinq pintes d'eau de rivière réduites à quatre ; lorsqu'elles auront un peu bouilli, ajoutez-y fleurs de violette, de mauve, de chaque deux gros ; faites-y infuser racine de guimauve, reglisse effilée, de chaque deux gros : passez le tout, et faites-en boire au malade le plus qu'il pourra.

Potion propre à débarrasser les poumons en augmentant les crachats. Prenez eau distillée de buglose, de bourache, de scabieuse, de chacune deux onces ; blanc de baleine un demi gros, kermès minéral deux grains, huile d'amandes douces une once, et de syrop de guimauve une once ; faites du tout une potion à prendre par cuillerée.

On ne négligera pas, dans le cours de la maladie, l'usage des lavements faits avec la décoction de graine de lin, de son, et des herbes émollientes : ces lavements doivent être donnés deux et trois fois par jour.

Enfin on doit avoir pour objet de rétablir le ton des parties, et de faciliter de plus en plus les excrétions de l'humeur bronchiale et des crachats, et alors on emploie, sur la fin surtout, le quinquina, le mars, les opiates, le benjoin, les pilules de Morthon, combinés tous ensemble, et partagés ou coupés avec le lait.

On fait des opiates que l'on donne après avoir évacué, ensuite on adoucit avec le lait coupé. Voyez OPIAT.

Souvent on a recours aux eaux de Cauterets, de Plombières, ou on fait des eaux artificielles qui imitent la qualité savonneuse des véritables eaux naturelles.

Dans le cas de suppuration menaçante, il faut faire tout ce qu'on peut pour la détourner et pour procurer la résolution, ce que l'on obtient par les saignées réitérées, le régime humectant et tempérant. Cependant, si malgré toutes les précautions que l'art suggère on ne saurait l'empêcher de se faire, on doit, autant qu'il est possible, recourir aux remèdes qui aident la suppuration ; et lorsqu'elle est faite, il faut chercher à évacuer le pus ; mais comme on ne peut savoir où s'ouvrira l'abscès, la maladie n'en devient que plus dangereuse ; on pourrait déterminer la suppuration par la tisane d'orge, avec l'hydromel, par l'usage des plantes expectorantes et détersives, telles que le lierre terrestre, l'hysope, le pied de chat, et autres de cette nature.

Lorsque la suppuration est faite, alors ce n'est plus une inflammation, mais un abscès ou un ulcère interne que l'on a à traiter ; c'est une véritable phtisie qu'il faut entreprendre. Voyez PHTHISIE.

Si au contraire la fièvre, la toux, la douleur et la chaleur se soutiennent au-delà du cinquième ou du septième jour, ce qui marque une impossibilité de la résolution, on doit craindre un mal incurable, qui est la gangrene du poumon. Voyez GANGRENE.

Le régime doit être des plus rigides dans tout le temps de la maladie. Le bouillon seul, et le plus léger, est tout ce qu'on doit permettre ; l'air doit être tempéré.

Péripneumonie fausse. Cette maladie tire ordinairement son origine d'une humeur muqueuse ou pituite lente, dont toute la masse du sang se trouve empreinte et qui engorge insensiblement les vaisseaux sanguins ramifiés sur les bronches, et les ramifications des vaisseaux pulmonaires et bronchiques.

Les causes éloignées sont les saignées copieuses, un sang aqueux et appauvri, dépouillé de sa partie sulphureuse, tandis que les humeurs contenues dans les premières voies ont passé dans le sang et dans ses vaisseaux à la place des globules sanguins ; aussi cette maladie arrive à toutes les personnes faibles, délicates, aux tempéraments pituiteux, aux vieillards, aux hydropiques, à tous ceux qui sont d'une constitution catharreuse, pituiteuse, froide, et enrhumés du cerveau ; elle saisit inopinément et commence par une courbature, ou légère fatigue, une faiblesse, un abattement presque entier des forces de l'esprit ; elle est accompagnée d'oppression, de pesanteur, de difficulté de respirer, qui sont les signes les plus dangereux. Les symptômes ordinaires sont une chaleur douce et une fièvre légère ; la difficulté de respirer avec râle, suivie d'une grande faiblesse, terminent en peu de temps cette maladie par une mort d'autant plus subite, que ni les urines ni le pouls n'ont donné aucun lieu de prévoir un tel événement.

Cure. Lorsqu'on reconnait une péripneumonie fausse par ses signes propres, qui sont surtout une difficulté de respirer, un pouls faible, une oppression considérable, il faut employer les remèdes évacuans, incisifs et expectorants, les béchiques incrassants.

L'indication principale est d'aider l'expectoration et de provoquer les crachats ; plus le malade crachera, et plutôt il sera soulagé : les huileux sont moins propres à cela que les incisifs.

Tisane bonne dans la Péripneumonie fausse. Prenez des feuilles de beccabunga, de lierre terrestre, d'hysope, de fleurs de pied de chat, de chaque un gros ; faites les infuser dans trois demi-septiers d'eau bouillante, et y ajoutez du miel blanc une once ; on fera prendre de cette infusion de demi-heure en demi-heure, et pour aider plus efficacement l'excrétion de l'humeur muqueuse, on fera prendre la potion suivante.

Prenez d'huile d'amandes douces tirée sans feu, trois onces, de syrop de lierre terrestre, de syrop de pas d'âne, de chaque demi-once ; de blanc de baleine, deux gros ; de kermès minéral, six grains : dissolvez le kermès et le blanc de baleine en particulier dans l'huile, ensuite mêlez le tout ensemble, et donnez une cuillerée de ce mélange au malade, d'heure en heure, et par-dessus un verre de la boisson ci-dessus.

Si la toux est stomachale, que la langue soit épaisse et la bouche fort sale et pâteuse, on ordonnera l'apozeme suivant. Prenez de racine d'aunée, d'iris de Florence, de chaque six gros ; de fleurs de mauve et de pas d'âne, de chaque deux gros ; faites les infuser dans trois chopines d'eau bouillante, ajoutez-y du tartre stibié, six grains. On tâchera de procurer le vomissement selon l'indication, et si le vomissement fatigue trop, on procurera la précipitation par les selles au moyen d'un minoratif, tel que la manne et le sel d'epson, dont on donnera une dose proportionnée à la quantité du liquide.