ou CHAMAECERASUS, (Jardinage) arbrisseau dont il y a plusieurs espèces, qui n'ayant toutes ni d'agrément, ni d'utilité, ni d'usages, sont assez méconnues et peu recherchées.

Le chamaecerasus à fruit rouge ; c'est un vil arbrisseau qui n'est propre à rien ; aussi n'a-t-il pas de nom français bien connu, ou généralement reçu ; celui de chamaecerasus qui est moitié grec et moitié latin, signifie petit cerisier, et c'est le nom français qu'on a commencé à lui donner dans le catalogue des arbres qu'on peut élever en pleine terre aux environs de Paris : nom peu propre au reste à désigner cet arbrisseau qui ne ressemble au cerisier en quoi que ce sait. Les Anglais l'appellent avec plus de vraisemblance par rapport à sa fleur, upright honey suckle, c'est-à-dire chevrefeuille à tige droite, par opposition au chevrefeuille ordinaire, dont les tiges sont rampantes. Dans une partie de l'Auxais en Bourgogne, on le nomme frole, et dans d'autres endroits on l'appelle petit bois blanc. Enfin Linnaeus a jugé à-propos qu'il dut s'appeler lonicera. Cet arbrisseau se trouve communément dans les buissons et dans les haies, où il s'élève à 5 ou 6 pieds, et quelquefois jusqu'à 10 dans des lieux frais et à l'ombre ; ses branches peu flexibles et qui se croisent irrégulièrement, sont couvertes d'une écorce cendrée, qui fait surtout remarquer cet arbrisseau, dont les feuilles un peu ovales et sans dentelures, sont aussi d'un verd blanchâtre ; ses fleurs d'un blanc sale sont peu apparentes, quoiqu'assez ressemblantes à celles du chevrefeuille ; elles paraissent au commencement de Mai, viennent toujours par paire à la naissance des feuilles, et durent environ quinze jours. Son fruit mauvais et nuisible, est une baie de la grosseur d'un pais, qui devient rouge et molle en mûrissant au mois de Juillet, et qui ne tombe qu'après les premières gelées. Cet arbrisseau vient dans tous les terrains, résiste à toutes les intempéries, se multiplie plus qu'on ne veut, et de toutes les façons.

Le chamaecerasus à fruit rouge, marqué de deux points. Cet arbrisseau ne s'élève qu'à quatre ou cinq pieds ; ses branches qui se soutiennent droites, permettent de l'amener à une forme régulière ; sa fleur qui a une teinte légère d'une couleur pourpre obscure, est plus petite que dans l'espèce précédente, et n'a pas meilleure apparence ; elle parait au commencement du mois de Mai, et dure environ quinze jours. Ses fruits qui mûrissent au mois de Juillet, sont des baies rouges de mauvais gout, qui sont remarquables par les deux points noirs qui se trouvent sur chacune. Cet arbrisseau qui est originaire des Alpes et d'Allemagne, est très-robuste, réussit par-tout, se multiplie aussi aisément que le précédent, et par autant de moyens ; mais on ne lui connait pas plus d'utilité.

Le chamaecerasus à fruit bleu : c'est un arbrisseau fort rameux qui s'élève au plus à quatre pieds ; ses fleurs pâles et petites paraissent de très-bonne heure au printemps, dont elles ne font pas l'ornement. Son fruit qui mûrit à la fin de l'été, est une baie de couleur bleue, dont le suc aigrelet n'est pas desagréable au gout. Cet arbrisseau n'est nullement délicat ; on peut le multiplier de graine et de branches couchées, qu'il faut avoir la précaution de marcotter si l'on veut qu'elles fassent suffisamment racine, pour être transplantées au bout d'un an ; mais il ne réussit que difficilement de bouture.

Le chamaecerasus à fruit noir : c'est un fort petit arbrisseau qui ne s'élève qu'à trois ou quatre pieds ; ses feuilles le font distinguer des autres espèces par leurs dentelures. Ses fleurs qui sont petites et d'une couleur violette très-tendre, paraissent au mois de Mai, et sont suivies d'une baie noire de mauvais goût qui mûrit au mois de Juillet. Cet arbrisseau aime l'ombre et un terrain humide ; il est extrêmement robuste, et on peut le multiplier de graine, de branches couchées, et de bouture ; on ne lui connait encore aucun usage. (c)