S. m. (Botanique) on nomme monstres en Botanique des singularités qui sont hors du cours ordinaire. Par exemple, des feuilles qui naissent de l'intérieur d'autres feuilles ; des fleurs du milieu desquelles sort une tige qui porte une autre fleur ; des fruits qui donnent naissance à une tige, dont le sommet porte un second fruit semblable, etc. (D.J.)

MONSTRE, s. m. (Zoologie) animal qui nait avec une conformation contraire à l'ordre de la nature, c'est-à-dire avec une structure de parties très-différentes de celles qui caractérisent l'espèce des animaux dont il sort. Il y a bien des sortes de monstres par rapport à leurs structures, et on se sert de deux hypothèses pour expliquer la production des monstres : la première suppose des œufs originairement et essentiellement monstrueux : la seconde cherche dans les seules causes accidentelles la raison de toutes ces conformations.

S'il n'y avait qu'une différence légère et superficielle, si l'objet ne frappait pas avec étonnement, on ne donnerait pas le nom de monstre à l'animal où elle se trouvait.

Les uns ont trop ou n'ont pas assez de certaines parties ; tels sont les monstres à deux têtes, ceux qui sont sans bras, sans pieds ; d'autres pechent par la conformation extraordinaire et bizarre, par la grandeur disproportionnée, par le dérangement considérable d'une ou de plusieurs de leurs parties, et par la place singulière que ce dérangement leur fait souvent occuper ; d'autres enfin ou par l'union de quelques parties qui, suivant l'ordre de la nature et pour l'exécution de leurs fonctions, doivent toujours être séparées, ou par la désunion de quelques autres parties qui, suivant le même ordre et pour les mêmes raisons, ne doivent jamais cesser d'être unies. M. FORMEY.

On trouve dans les mémoires de l'académie des Sciences une longue dispute entre deux hommes célèbres, qui à la manière dont on combattait, n'aurait jamais été terminée sans la mort d'un des combattants ; la question était sur les monstres. Dans toutes les espèces on voit souvent naitre des animaux contrefaits, des animaux à qui il manque quelques parties ou qui ont quelques parties de trop. Les deux anatomistes convenaient du système des œufs, mais l'un voulait que les monstres ne fussent jamais que l'effet de quelqu'accident arrivé aux œufs : l'autre prétendait qu'il y avait des œufs originairement monstrueux, qui contenaient des monstres aussi-bien formés que les autres œufs contenaient des animaux parfaits.

L'un expliquait assez clairement comment les désordres arrivés dans les œufs faisaient naitre des monstres ; il suffisait que quelques parties dans le temps de leur mollesse eussent été détruites dans l'œuf par quelqu'accident, pour qu'il naquit un monstre par défaut à un enfant mutilé ; l'union ou la confusion de deux œufs ou de deux germes d'un même œuf produisait les monstres par excès, les enfants qui naissent avec des parties superflues. Le premier degré des monstres serait deux gemeaux simplement adhérents l'un à l'autre, comme on a vu quelquefois. Dans ceux-là aucune partie principale des œufs n'aurait été détruite. Quelques parties superficielles des foetus déchirées dans quelques endroits et reprises l'une avec l'autre, auraient causé l'adhérence des deux corps. Les monstres à deux têtes sur un seul corps ou à deux corps sous une seule tête ne différeraient des premiers que parce que plus de parties dans l'un des œufs auraient été détruites : dans l'un, toutes celles qui formaient un des corps, dans l'autre, celles qui formaient une des têtes. Enfin un enfant qui a un doigt de trop est un monstre composé de deux œufs, dans l'un desquels toutes les parties excepté ce doigt ont été détruites. L'adversaire, plus anatomiste que raisonneur, sans se laisser éblouir d'une espèce de lumière que ce système répand, n'objectait à cela que des monstres dont il avait lui-même disséqué la plupart, et dans lesquels il avait trouvé des monstruosités qui lui paraissaient inexplicables par aucun désordre accidentel.

Les raisonnements de l'un tentèrent d'expliquer ces désordres ; les monstres de l'autre se multiplièrent. A chaque raison que M. Lemery alléguait, c'était toujours quelque nouveau monstre à combattre que lui produisait M. Winslow.

Enfin on en vint aux raisons métaphysiques. L'un trouvait du scandale, à penser que Dieu eut créé des germes originairement monstrueux : l'autre croyait que c'était limiter la puissance de Dieu, que de la restraindre à une régularité et une uniformité très-grande.

Ceux qui voudraient voir ce qui a été dit sur cette dispute, le trouveraient dans les mémoires de l'académie, Mém. de l'acad. royale des Sciences, années 1724, 1733, 1734, 1738 et 1740.

Un fameux auteur danois a eu une autre opinion sur les monstres ; il en attribuait la production aux cometes. C'est une chose curieuse, mais bien honteuse pour l'esprit humain, que de voir ce grand médecin traiter les cometes comme des abscès du ciel, et prescrire un régime pour se préserver de leur contagion, Recherches phys.