S. f. terme de Chirurgie, est l'action de châtrer, où l'opération par laquelle on ampute et retranche les testicules d'un animal mâle qui devient par-là incapable d'engendrer. Voyez TESTICULES.

La castration se pratique communément en Asie, spécialement chez les Turcs, qui châtrent tous ceux de leurs esclaves qu'ils emploient à la garde de leurs femmes, et à qui ils coupent non-seulement les testicules, mais souvent même la verge. La castration se pratique aussi en Italie sur les musiciens dont on veut que la voix se conserve. Cette castration n'est point une opération de Chirurgie, puisqu'elle n'a pas le rétablissement de la santé pour objet. Voyez EUNUQUE et CASTRATI.

La castration est aussi une opération médicinale, nécessaire en certains cas, comme dans la mortification ou autres maladies des testicules, et singulièrement dans la sarcocele et la varicocele. On l'a quelquefois faite aussi à des maniaques. Voyez SARCOCELE, etc.

La castration peut aussi se pratiquer sur les femmes. Athenée dit que le roi Andramiris fut le premier qui fit châtrer les femmes. Hésychius et Suidas rapportent que Gyges fit la même chose. Galien observe qu'on ne les peut châtrer sans les mettre en danger de la vie. Dalechamp, sur le passage d'Athenée que nous venons de citer, dit qu'il ne faut pas entendre là châtrer à la lettre, que ce n'était que boucler.

Pour faire l'opération de la castration dans les maladies du testicule qui n'ont pu se guérir par les différents secours qu'elles indiquaient, on fait coucher le malade sur le dos ; on lui fait assujettir les jambes et les mains par des aides. Le chirurgien pince la peau du scrotum sur la tumeur, à l'endroit de l'anneau, avec les pouces et les doigts indicateurs de ses deux mains : un aide prend le pli de peau que tenaient les doigts de la main droite ; l'opérateur prend alors un bistouri droit avec lequel il fend ce pli. Il continue l'incision jusqu'à la partie inférieure, au moyen d'une sonde cannelée et du bistouri. Il sépare tout le tissu cellulaire qui entoure le testicule, soit en le coupant, soit en le déchirant. On fend le muscle cremaster suivant sa longueur, pour mettre le cordon spermatique à nud : on passe par-dessous une aiguille courbe, enfilée de quelques brins de fil ciré, afin d'en faire la ligature. Voyez LIGATURE. Quelques praticiens veulent qu'on ne lie que l'artère. Si le cordon spermatique est gonflé jusqu'au-dessus de l'anneau, il faut débrider cette ouverture, et ne point faire de ligature. On coupe le cordon ; et si l'artère donnait du sang, on mettrait sur son embouchure un peu de charpie imbibée d'eau de rabel.

L'artère de la cloison du scrotum donne quelquefois du sang : dans ce cas on peut en faire la ligature, ou appliquer sur l'embouchure un petit bourdonnet trempé dans l'essence de rabel.

Après avoir extirpé le testicule, on retranche avec le bistouri les lèvres de la poche que forme le scrotum. On panse la plaie avec de la charpie seche, soutenue d'une compresse en fer à cheval, et le tout contenu par un suspensoire. Voyez SUSPENSOIRE.

Il ne faut lever l'appareil qu'au bout de trois ou quatre jours, lorsque la suppuration le détache ; on peut seulement dès le lendemain humecter la charpie avec l'huile d'hypericum.

Les pansements doivent être simples, et ne demandent pas d'autres attentions que la cure des ulcères. Voyez ULCERE.

Il est à propos de faire saigner le malade, et de lui faire sur le bas-ventre des embrocations avec les huiles émollientes, pour relâcher le tissu de toutes les parties, et prévenir l'inflammation. (Y)