adj. terme de Chirurgie concernant la matière médicale externe. Ce sont des médicaments qui ont la vertu de repousser les humeurs qui font affluence sur une partie, ou qui s'y seraient déjà engagées. Ils ne peuvent être appliqués avec fruit que dans le commencement des tumeurs inflammatoires pour en empêcher le progrès, ou dans des cas où l'on prévait une inflammation nécessaire sans l'application de ces médicaments qui la préviennent, ou du moins la modèrent.

On peut regarder les répercussifs sous deux classes, qui sont les rafraichissants et les astringens. Chaque classe contient des genres et des espèces, qui diffèrent par leur nature et le degré de leur vertu.

Les répercussifs rafraichissants se tirent des remèdes aqueux, tels que la laitue, le pourpier, l'endive, la lentille d'eau, le blanc d'œuf, le frai de grenouille, etc. Voyez RAFRAICHISSANS. Les répercussifs astringens sont les roses rouges, les balaustes, le sang de dragon, le bol d'Arménie, l'alun. Voyez ASTRINGENS. Les auteurs mettent les narcotiques, tels que le solanum, la belladonna, la mandragore, l'opium. Et dans la seconde toutes les plantes vulnéraires, aromatiques, qui ont la vertu de fortifier et de corroborer les parties.

La doctrine des anciens sur l'usage des répercussifs était très-raisonnée, et fait honneur au savoir et au discernement de ces premiers maîtres. Dans le traitement des tumeurs contre nature, ils avaient égard à la matière antécédente, laquelle était l'humeur dont la tumeur se fait, et dans le temps qu'elle est encore en voie de former la fluxion. Dans ce premier temps on employait, d'après le précepte de Galien, des répercussifs plus ou moins forts, excepté en six cas, très-clairement exposés par Gui-de-Chauliac. 1°. Quand l'humeur est virulente ou venéneuse : 2°. lorsque la tumeur se fait par crise, voyez CRISE : 3°. quand le siege de la tumeur est près de quelque partie respectable par l'importance de ses fonctions : 4°. quand l'humeur est épaisse, crasse et visqueuse : 5°. quand la matière est située profondément ; et 6°. quand elle attaque les parties connues par les anciens sous le nom d'émunctoires. On sent assez, dans ces cas d'exception, quels sont ceux où les répercussifs seraient dangereux, et ceux où ils ne seraient qu'inutiles.

Dans les cas où l'humeur est venéneuse, le danger de repousser au-dedans est manifeste : cependant, en certain cas, comme dans les charbons gangreneux, les répercussifs, défendus par la première exception, peuvent être employés utilement, non sur la tumeur, mais au-dessus du mal, pour défendre la partie supérieure du membre, de la contagion des sucs corrompus, et donner aux vaisseaux le ressort nécessaire pour soutenir l'action vitale dans une partie où il y a des semences de mort. Pendant ce temps on administre les remèdes généraux qui sont indiqués ; on établit un régime convenable ; on fait usage des remèdes intérieurs appropriés pour corriger la mauvaise qualité des liqueurs, et l'on traite le vice local suivant les indications qu'il présente au chirurgien savant et expérimenté. Il y a des cas où l'on peut scarifier la partie pour procurer le dégorgement des sucs putrides ou putrescibles qui sont en stagnation. Dans d'autres cas, on peut, par l'application d'un cautère potentiel, fixer l'humeur sur la partie, et attirer une promte suppuration. D'autres circonstances peuvent exiger de détruire promtement la partie par le cautère actuel qui desseche puissamment, et fortifie les vaisseaux de la circonférence du mal.

Lorsque la tumeur se fait par crise, les répercussifs seraient dangereux, puisqu'ils agiraient directement contre l'intention de la nature, qu'il faut favoriser par des émolliens et des maturatifs : c'est le cas de la seconde exception.

Il suffit de donner pour le cas de la troisième exception l'exemple du danger des répercussifs appliqués extérieurement dans les maux de gorge, dont on a vu l'usage suivi de suffocation par la métastase de l'humeur sur la poitrine. Voyez METASTASE.

Les répercussifs détermineraient l'induration des tumeurs par congestion faite de sucs lymphatiques, disposés à l'épaississement. C'est le cas de la quatrième exception.

Quand le siege de la tumeur est profond, on appliquerait en vain des répercussifs, à l'action desquels l'humeur ne serait point soumise ; c'est le cas de l'inutilité de ces remèdes qui fait l'objet de la cinquième exception.

Le sixième cas d'exception présente précisément le même inconvénient que le second ; parce que la matière morbifique déposée sur certaines parties doit faire regarder les tumeurs qui en sont formées comme critiques, quoiqu'elles ne soient pas la terminaison d'une fièvre aiguë.

On applique avec succès les répercussifs dans les premiers moments d'une contusion ; on trempe le pied dans de l'eau très-fraiche, et même dans de l'eau à la glace, dans le cas d'entorse ; ayant toutefois égard aux circonstances où se peuvent trouver d'ailleurs les personnes auxquelles ce remède pourrait convenir ; telle est une femme qui aurait ses règles, un homme fort échauffé par exercice violent. On risquerait une suppression des menstrues dans le premier cas, et une fluxion de poitrine dans le second.

Les plaies contuses récentes admettent les répercussifs ; jusqu'au quatrième jour ils apaisent la douleur, et préviennent l'inflammation en procurant la résolution la plus promte des sucs épanchés dans l'interstice des fibres, déchirées et meurtries par la contusion, tels que les cataplasmes des quatre farines avec le vinaigre et un peu d'huile rosat, ou des embrocations avec l'oxyrrodinon. Les saignées faites à-propos, et réitérées suivant l'exigence, aident et favorisent beaucoup le bon effet des topiques répercussifs.

Bien des praticiens appliquent pour première pièce d'appareil, dans le premier pansement d'une fracture, un défensif avec le bol d'Arménie, l'alun de roche et le blanc d'œuf. Voyez DEFENSIF.

Après les amputations des membres on se servait anciennement de répercussifs pour fortifier la partie supérieure. Par exemple, après l'amputation de la jambe, le défensif s'appliquait quatre travers de doigts au-dessus du genou. Il était composé de sang de dragon, de bol d'Arménie, de terre sigillée, d'aloès, de mastic, mêlée en consistance de miel dans des blancs d'œufs et de l'huile rosat ; on appliquait cette composition sur des étoupes trempées dans de l'oxicrat. Cette pratique négligée par les modernes, pourrait être remise en usage avec succès ; on ne manquerait pas de raisons pour en faire connaitre l'utilité.

Quand on applique des répercussifs au commencement des tumeurs inflammatoires, il faut les prendre dans la classe des rafraichissants, et avoir égard au degré de chaleur. On peut consulter à ce sujet Fabrice d'Aquapendente, au livre I du pentateuque chirurgical, article du phlegmon : et le premier tome du recueil des pièces qui ont concouru pour le prix de l'académie royale de Chirurgie, dans lequel on trouvera deux mémoires sur cette question.... Déterminer les différentes espèces de répercussifs, leur manière d'agir, et l'usage qu'on en doit faire dans les différentes maladies chirurgicales. (Y)