S. m. (Manufacture en soie) espèce de taffetas très-leger et très-moèlleux, dont les Chinois s'habillent en été. Il y en a d'uni ; il y en a à fleurs. S'il est vrai que les fleurs de ces derniers soient à jour et vuidées comme nos dentelles d'Angleterre, en sorte qu'on ne discerne pas le corps de l'étoffe, ainsi qu'on le lit dans le Dictionnaire du Commerce ; il faut, ou que ces fleurs s'exécutent comme notre marli, si elles se font sur le métier (voyez MARLI, espèce de gaze), ou qu'elles se brodent après coup : c'est ce qu'il serait facile de reconnaitre à l'inspection de l'étoffe. Au reste, cette étoffe étant beaucoup moins serrée que nos taffetas, il est facile de concevoir comment on peut y pratiquer différents points à l'aiguille, la travailler précisément comme nous travaillons la mousseline, et à l'aide des fils comptés, pris et laissés, y exécuter toutes sortes de desseins ; avec cette seule différence, que si le cha n'est pas assez clair pour qu'on puisse apercevoir un patron au-travers et bâti dessous, il faudra ou tracer le dessein sur l'étoffe même, ou que l'ouvrier sache dessiner. Voilà une sorte d'ouvrage qu'il me semble que nous pourrions faire aussi-bien que les Chinois ; je veux dire une broderie à jour sur un taffetas très-leger, telle qu'elle se fait sur la mousseline et sur d'autres toiles plus fortes. Voyez TAFFETAS, BRODERIE, MOUSSELINE, POINTS, etc.