(Littérature) , ce terme grec signifie un remède contre la tristesse, de , négation, et de , deuil, affliction. C'était je ne sai quoi d'excellente vertu, dont Homère, Odiss. liv. IV. v. 220. dit qu'Helène fit usage pour charmer la mélancholie de Télémaque. Ce prince inquiet de n'avoir point de nouvelles de son père, vint trouver Nestor, qui ne put lui apprendre ce qu'il était devenu. De-là continuant son voyage, il se rendit chez Ménélas où il vit Hélène, et soupa avec elle : cependant il était fort triste ; et comme cette princesse en eut pitié, elle usa d'un charme pour dissiper son chagrin. Elle mêla dans le vin qu'on devait servir à table, une drogue qui séchait les larmes, calmait la colere, et dissipait tous les déplaisirs dès le moment qu'on en avait gouté. Elle tenait cette excellente drogue de Polydamna, femme de Théonis roi d'Egypte. Tous ses hôtes burent de ce breuvage, et en éprouvèrent les merveilleux effets.

Pline et Théophraste parlent du népenthès, comme d'une plante d'Egypte, dont le prince des poètes grecs a seulement exagéré les vertus. Diodore dit que de son temps, c'est-à-dire du temps d'Auguste, les femmes de Thèbes en Egypte, se vantaient d'avoir seules la recette d'Hélène ; et il ajoute qu'elles l'employaient avec succès : mais Plutarque, Athénée et Philostrate, prétendent que le népenthès d'Homère n'était autre chose que les charmes de la conversation d'Hélène. Plusieurs savants modernes ont à leur tour choisi le népenthès de l'Odyssée, pour le sujet de leurs conjectures et de leurs hypothèses ; et l'on ne saurait croire jusqu'où leur imagination s'est égarée pour découvrir le secret de la belle lacédemonienne. Mais ce reproche ne doit pas tomber sur la dissertation de Pierre Petit, intitulée Homeri nepentes, et imprimée à Utrecht en 1689 in 8 °. On y découvrira beaucoup d'esprit et de science, si on se donne la peine de la lire. (D.J.)