(anciens), instrument à vent (Lutherie). Nous distinguerons le hautbais en ancien et en moderne.

Il y a deux sortes de hautbais anciens : les uns qu'on appelait hautbais de Poitou ; les autres simplement hautbais ; ils étaient à anches. On voit au-dessus les huit premiers trous disposés comme on les bouche, pour avoir l'étendue des sons. Les trous neuf et dix servent seulement à donner de l'air aux sons, et à accourcir le dessus, dont la patte va en s'élargissant depuis le neuvième trou qui est double, jusqu'au dixième qui l'est aussi, et de-là jusqu'à l'extrémité de l'instrument. C'est en bouchant ces derniers trous qu'on fait descendre l'instrument ; la taille de ces hautbais est d'une quinte plus basse que le dessus, sonnée à vuide ; mais elle n'a que sept trous qui se bouchent. De ces sept trous le septième est caché sous la boite ; cette boite est criblée ; ces petites ouvertures donnent issue au vent, ornent l'instrument, et cachent le ressort d'une clef qui sert à boucher le trou correspondant à cette boite ; la boite est arrêtée par deux petites branches ; le corps de la taille est aplati dans toute cette capacité ; l'anche de la taille ne diffère point de l'anche du dessus ; elle se ente sur un cuivret qu'on couvre d'un morceau de bois que les Luthiers appellent pirouette, qui s'emboite dans le haut de l'instrument ; le huitième trou ne sert qu'à donner jour des deux côtés. Mais tous les trous sont faits en biais, en sorte qu'ils répondent au-dedans de cet instrument en un autre endroit qu'au dehors ; ou pour parler plus juste, le trou et l'endroit auquel il répond, ne sont pas dans un même plan perpendiculaire à la longueur de l'instrument ; ils biaisent vers l'anche, c'est-à-dire en montant. Il arrive ainsi que les trous extérieurs étant proches, et les intérieurs éloignés, on peut facilement boucher et faire les intervalles ; la distance des trous n'est pas la même ; le quatrième est aussi éloigné du troisième, que le troisième du premier, ou que le quatrième du sixième, et le septième est presque aussi éloigné du sixième, que le quatrième du second ; cependant la différence des sons rendus est la même. Le dessus de hautbais a deux pieds de long depuis l'endroit où l'anche s'adapte au corps, jusqu'à son extrémité, et neuf pouces un tiers depuis le neuvième trou, jusqu'à la même extrémité. Il y a trois pouces et un tiers depuis le commencement du corps jusqu'au premier trou, qui est éloigné du second de treize lignes ; les autres gardent à-peu-près le même intervalle. Il n'y a que le huitième qui soit éloigné du cinquième de vingt-deux lignes. La taille a deux pieds quatre pouces et demi de long, y compris la pirouette qui est à deux pouces et cinq lignes. De l'extrémité de la pirouette au premier trou, il y a cinq pouces et sept lignes ; du huitième trou jusqu'à la pirouette, il y a un pied et trois quarts. Le premier trou est éloigné du second, le second du troisième, le quatrième du cinquième, et le cinquième du sixième, d'un pouce et un tiers ; la distance du troisième au quatrième est double de celle-ci ; celle du sixième au septième, et du septième au huitième, est de trois pouces et deux tiers. Quant à la basse, elle est si longue, qu'au lieu d'anche, elle a un canal recourbé au bout duquel est adapté une anche. Cette basse a cinq pieds depuis l'endroit où le canal tient au corps jusqu'au bout de l'instrument ; onze trous, dont les huit, neuf, dix et onze, sont cachés sous leurs boites ; en sorte qu'il y a dans cette capacité trois clefs, sans compter la poche qui a aussi sa clef, qui bouche l'onzième trou. Quand à l'étendue de ces parties, le dessus, par exemple, fait la quinzième. Après avoir tiré de l'instrument autant de tons naturels qu'il y a de trous, en forçant le vent, on en obtient d'autres plus aigus. Il est inutile de s'étendre sur les hautbais de Poitou ; ce sont les mêmes instruments que nous venons de décrire, si on veut négliger quelque légère différence de facture. Voyez dans nos Planches de Lutherie, le dessus, la taille, et la basse de hautbais.

HAUTBOIS, instrument de musique à vent et à anche, représenté Planche de Lutherie, parmi les instruments à vent, est composé de quatre parties ; la première et la plus étroite A B, reçoit l'anche. Cette partie s'assemble avec la suivante par le moyen de la noix B, et est percée de trois trous 1, 2, 3 ; la seconde B C, qui entre dans la noix de la troisième, est percée de cinq trous 4, 5, 6, 7, 8, et garnie de deux clés ; la troisième C D, plus grosse que les autres, se termine par un pavillon ou entonnoir semblable à celui de la trompette ou du cors. Cette pièce est percée de deux trous 9, placés vis-à-vis l'un de l'autre ; ces trous ne ferment jamais ; leur distance à l'extrémité A, détermine le ton de l'instrument.

Le hautbais est percé dans toute sa longueur comme les flutes, avec cette différence, que leur trou s'élargit de plus en plus du côté de la patte D. Des deux clés qui ferment le septième et huitième trou, il n'y a que la petite qui soit tenue appliquée sur le septième trou par son ressort, comme la clé de la flute traversière ; l'autre clé qui est la grande, est toujours ouverte, et elle ne ferme comme celles du basson, que lorsque l'on appuie le doigt sur sa bascule. Voyez CLES DES INSTRUMENS DE MUSIQUE. A l'extrémité A, on ajuste une anche G H, qui est composée de deux lames de roseau ou cannes aplaties par le côté G, et arrondies par le côté H, sur une cheville de fer, sur laquelle on en fait la ligature h h, plus haut ; vers la partie G, on met un autre lien g, qui fixe les deux lames en cet endroit, et ne les laisse vibrer que depuis g jusqu'en G. Cette longueur g G, détermine le ton de l'anche. Voyez ANCHES DES ORGUES. On fait entrer les ligatures de l'anche dans le trou du hautbais par le côté A, en sorte que le plat de l'anche soit tourné du même côté que les trous 1, 2, 3, etc. sur lesquels on pose les doigts. Le hautbais en cet état est comme il doit être pour en jouer.

Pour jouer de cet instrument, il faut le tenir à-peu-près comme la flute à bec, seulement plus élevé ; par conséquent on aura la tête droite et les mains hautes, la gauche en haut ; c'est-à-dire vers l'anche, et la droite vers le bas ou vers la patte D ; on posera ensuite les doigts sur les trous en cette sorte ; savoir le doigt indicateur de la main gauche sur le premier trou, le doigt medius sur le second, et l'annulaire ou quatrième de la même main, sur le troisième trou ; ensuite on posera le doigt indicateur de la main droite sur le quatrième trou, le doigt du milieu sur le cinquième, et le doigt annulaire de cette main sur le sixième ; l'auriculaire ou petit doigt de la main droite sert à toucher les clés quand il est nécessaire.

On placera ensuite l'anche entre les lèvres justement au milieu ; on ne l'enfoncera dans la bouche que de l'épaisseur de deux ou trois lignes ; en sorte qu'il y ait environ une ligne et demie de distance depuis les lèvres jusqu'à la ligature g de l'anche ; on la placera de manière que l'on puisse la serrer plus ou moins selon le besoin, et on observera de ne la point toucher avec les dents.

Tous les tons naturels se font, comme il est démontré dans la tablature de la flute traversière, à l'exception de l'ut en-haut et en-bas qui se font différemment. Celui d'en-bas (note onzieme) se fait en bouchant le deuxième trou, et laissant tous les autres débouchés. La cadence se fait comme sur la flute traversière, excepté que l'on doit trembler sur le troisième trou. Celui d'en-haut (note 23) se fait en débouchant tous les trous, ou bien en débouchant seulement les trois premiers, et en bouchant les 4, 5 et 6 ; il y a de plus un ut tout-en-bas, lequel n'est point démontré dans la tablature, par lequel passe l'étendue de la flute traversière ; il se fait en bouchant tous les trous, et appuyant le doigt sur la bascule de la grande clé, ce qui fait appliquer la soupape sur le huitième trou qui se trouve par ce moyen fermé, on le tremble sur cette même clé. On doit observer que l'on ne monte guère plus haut que le ré (note 25), en sorte que le hautbais a deux octaves et un ton d'étendue, et qu'il sonne l'unisson des deux octaves de taille et de dessus des clavecins.

Tous les dièses et bémols se font aussi conformément à la tablature de la flute traversière, excepté ceux qui suivent le sol b en-bas (note 53) qui se forme en débouchant le cinquième trou tout à fait, et la moitié du quatrième, et en bouchant tous les autres, excepté celui de la grande clé ; il se tremble sur le troisième trou : le fa (note cinquieme) se fait quelquefois de même, et se tremble sur la moitié du quatrième trou ; mais plus ordinairement on le fait sur le hautbais comme sur la flute traversière : le sol bémol en-haut (note quarante-unieme) se forme en débouchant tous les trous, excepté le quatrième, et celui de la grande clé ; il se tremble aussi sur le troisième trou : le fa (note dix-septieme) se fait de la même manière, et se tremble sur le cinquième trou ; il se fait aussi comme sur la flute traversière.

Le sol ou la bémol se forme de haut et en-bas, en débouchant la moitié du troisième trou, en bouchant le premier et le second tout à fait, et en débouchant aussi tous les autres ; le sol se tremble sur la moitié du troisième trou, et le bémol sur le deuxième trou plein.

Le la ou si bémol se fait en-haut et en-bas, en bouchant le premier et le troisième trou, et en laissant tous les autres débouchés ; l'ut ou ré bémol (notes douzième et quarante-sixieme) se forme en débouchant le premier trou, et en bouchant tous les autres, même celui de la grande clé ; l'ut se tremble sur la clé avec le petit doigt ; le ré bémol se tremble sur le sixième trou, tous les trous bouchés, ou comme sur la flute traversière. Ce demi-ton se fait au si à l'octave en-haut, en forçant le vent et serrant l'anche avec les lèvres.

On doit observer en jouant de cet instrument, de fortifier le vent à mesure que l'on monte, et de serrer en même temps les lèvres.

A l'égard des coups de langue, flattements, battements, etc. ils se font comme sur la flute traversière. Voyez l'article FLUTE TRAVERSIERE.

Quant à l'explication de la formation du son dans le hautbais, et autres instruments à hanche, voyez l'article TROMPETTE, jeu d'orgue.