Lutherie

S. m. en Lutherie, petite machine qui sert à faire résonner la plupart des instruments de Musique à corde. Il est composé d'une baguette de bois dur A C, fig. 8. Pl. II. un peu courbée en A, pour éloigner les crins de la baguette, et d'un faisceau de crins de cheval, composé de 80 ou cent brins, tous également tendus. Le faisceau de crins qui est lié avec de la soie, est retenu dans la mortaise du bec A, par le moyen d'un petit coin de bois qui ne laisse point sortir la ligature. Il est de même attaché au bas de la baguette C, après avoir passé sur la pièce de bois B, qu'on appelle la hausse. Cette hausse communique, par le moyen d'un tenon taraudé qui passe dans une mortaise, à la vis, dont la pièce d'ivoire D est la tête. Cette vis entre de trois ou quatre ou cinq pouces dans la tige ou fût de l'archet. On s'en sert pour tendre ou d'étendre les crins de l'archet, en faisant marcher la hausse vers A ou vers D. Voyez VIOLON ou VIOLE, pour les règles du coup d'archet.

S. m. (Lutherie et Musique) sorte de grand luth ayant ses cordes étendues comme celles du théorbe, et étant à deux jeux : les Italiens s'en servent pour l'accompagnement. Bross. p. 10. Voyez THEORBE et LUTH, et la table du rapport de l'étendue des instruments de musique, où les nombres 1, 2, 3, 4, etc. marquent par les notes vis-à-vis lesquelles ils sont placés, quels sons rendent ces cordes à vuide.
S. f. (Lutherie et Musique) espèce de clavecin qui n'est presque d'aucun usage, auquel on a adapté un jeu de vielle qu'on accorde avec le clavecin, et qu'on fait aller par le moyen d'une roue et d'une manivelle.
BASSON DE HAUTBOIS ou simplement BASSON, (Lutherie) est un instrument de Musique à vent et à anche, représenté fig. 40. et 41. Pl. IX. de Luth.

Il est composé de quatre pièces de bois A, B, D, C, perforées dans toute leur longueur. La première pièce D d, qui est percée intérieurement d'un trou conique, qui va en s'élargissant de D vers d, a un épaulement a b que l'on a ménagé en tournant l'extérieur de la pièce. Cet épaulement est percé de trois trous, qui communiquent au canal intérieur de la pièce. Ces trous notés 1, 2, 3, suivent pour gagner le canal ou tuyau D d, la direction des petites lignes ponctuées que l'on voit auprès des trous. Aux deux extrémités de cette pièce sont deux tenons D d garnis de filasse, pour les faire joindre exactement. Le tenon D entre dans le trou du bocal E ; comme on voit dans les figures qui représentent le basson tout monté. L'autre tenon d entre dans le trou K de la partie inférieure, qu'on appelle le cul, lequel est la seconde partie. Cette pièce est percée de deux trous K C : le premier K reçoit, comme nous avons dit, la pièce D d ; et le second C, qui est plus grand, reçoit la pièce B b par le tenon b. Les deux trous K C de la pièce K L vont dans toute sa longueur ; savoir, le trou K en s'élargissant de K vers L, et le trou C au contraire de L vers C : ces deux trous communiquent l'un à l'autre vers L, en sorte qu'ils forment un tuyau recourbé. On perce les trous comme ceux de tous les autres instruments à vent. Voyez FLUTE. Ces deux trous K C qui traversent d'outre en outre la pièce K L lorsqu'on fabrique l'instrument, sont ensuite rebouchés en L par un tampon de liège, ou autre bois garni de filasse, pour fermer exactement : or avant de reboucher le trou L, on abat un peu de la cloison qui sépare les deux trous K C ; en sorte que du côté de L ils ne forment qu'une seule ouverture ; et que la communication que laisse la breche de la cloison, lorsque la pièce L est rebouchée, soit à-peu-près égale à l'ouverture des tuyaux en cet endroit, en sorte que les deux canaux K C forment un tuyau recourbé en L. On garnit de frettes de cuivre ou d'argent les deux extrémités de cette pièce K L, pour qu'elle ne fende point lorsqu'on met en L le bouchon, et dans les trous K C, les pièces D d et B b, appelées petite et grosse pièces. Le cul est percé de six trous ; les trois marqués 4, 5, 6, communiquent au tuyau K de la petite pièce, en suivant la direction des lignes ponctuées qui partent des ouvertures de ces trous. Le trou marqué 7, et qui est fermé par une clé que son ressort tient appliquée sur ce trou comme celle du mi-b de la flute traversière. et qui ne débouche que lorsqu'on appuie avec le petit doigt sur la patte de cette clé, communique aussi avec le tuyau K. Le trou marqué 8, au contraire, communique avec le tuyau C, et est toujours ouvert quoiqu'il ait une clé d 8, fig. 51 et 52. Cette clé est composée de deux pièces principales ; de la bascule A C, a c, et de la soupape C D, c d. La bascule A C, a c, fait charnière dans un tenon fg, fig. 53. où elle est traversée par une goupille ou une vis h, qui lui laisse la liberté de se mouvoir. La soupape est de même articulée dans un tenon, fig. 54. par le moyen d'une vis qui traverse ses oreilles k k. Les tenons sont fixés sur le corps de l'instrument par le moyen de quelques vis qui le traversent, et vont s'implanter dans le corps de l'instrument. Ces tenons doivent être tellement éloignés les uns des autres, que le crocher de la bascule puisse prendre dans l'anneau de la soupape. Au-dessous de la patte A de la bascule, est un ressort qui la renvoye en en-haut ; en sorte que le crochet de la bascule est toujours baissé, et par conséquent l'anneau de la soupape, dont le cuir D est par ce moyen tenu éloigné du trou e. Voyez la fig. 52. Mais lorsqu'on tient le doigt appliqué sur la patte de la bascule, on fait hausser son crochet et l'anneau de la soupape, et par conséquent baisser cette même soupape D d, dont le cuir s'applique et ferme exactement le trou e. Les trois clés du basson qui ferment les trous 8, 10, 12, sont construites de même ; elles ne diffèrent que par les différentes longueurs de leurs bascules.

S. f. (Lutherie et Instruments de musique) c'est ainsi qu'on appelle la corde la plus aiguë du violon et autres instruments à corde.

CHANTERELLE, (Chapel.) c'est dans l'arçon des Chapeliers la partie qui sert à faire resonner la corde, dont le son indique à l'ouvrier qu'elle est assez bandée pour battre et voguer. Voyez les articles ARÇON et CHAPEAU.

CHANTERELLE, en terme de Tireur d'or, est une petite bobine sous laquelle passe le battu en sortant des roues du moulin. On la nomme ainsi à cause du bruit qu'elle fait.