(Géographie) petite rivière de l île de Candie, qui se jette dans la mer près de Spinalonga.

Ce, ces ; cet, cette ; ceci, cela ; celui, celle ; ceux, celles ; celui-ci, celui-là ; celles-ci, celles-là.

Ces mots répondent à la situation momentanée où se trouve l'esprit, lorsque la main montre un objet que la parole va nommer ; ces mots ne font donc qu'indiquer la personne ou la chose dont il s'agit, sans que par eux-mêmes ils en excitent l'idée. Ainsi la propre valeur de ces mots ne consiste que dans la désignation ou indication, et n'emporte point avec elle l'idée précise de la personne ou de la chose indiquée. C'est ainsi qu'il arrive souvent que l'on sait que quelqu'un a fait une telle action, sans qu'on sache qui est ce quelqu'un-là. Ainsi les mots dont nous parlons n'excitent que l'idée de l'existence de quelque substance ou mode, soit réel, soit idéal : mais ils ne donnent par eux-mêmes aucune notion décidée et précise de cette substance ou de ce mode.

Ils ne doivent donc pas être regardés comme des vice-gerents, dont le devoir consiste à figurer à la place d'un autre, et à remplir les fonctions de substitut.

Ainsi au lieu de les appeler pronoms, j'aimerais mieux, les nommer termes métaphysiques, c'est-à-dire mots qui par eux-mêmes n'excitent que de simples concepts ou vues de l'esprit, sans indiquer aucun individu réel ou être physique. Or on ne doit donner à chaque mot que la valeur précise qu'il a ; et c'est à pouvoir faire et à sentir ces précisions métaphysiques, que consiste une certaine justesse d'esprit où peu de personnes peuvent atteindre.

Ce, ceci, cela, sont donc des termes métaphysiques, qui ne font qu'indiquer l'existence d'un objet que les circonstances ou d'autres mots déterminent ensuite singulièrement et individuellement.

Ce, cet, cette, sont des adjectifs métaphysiques qui indiquent l'existence, et montrent l'objet : ce livre, cet homme, cette femme, voilà des objets présents ou présentés. " Ce, adjectif, ne se met que devant les noms masculins qui commencent par une consonne, au lieu que devant les noms masculins qui commencent par une voyelle, on met cet, mais devant les noms féminins, on met cette ", soit que le nom commence ou par une voyelle ou par une consonne. Grammaire de Buffier, page 189.

Ce, désigne un objet dont on vient de parler, ou un objet dont on va parler.

Quelquefois pour plus d'énergie on ajoute les particules ci ou là aux substantifs précédés de l'adjectif ce ou cet ; cet état-ci, ce royaume-là ; alors ci fait connaitre que l'objet est proche, et là plus éloigné ou moins proche.

Ce est souvent substantif ; c'est le hoc des Latins ; alors quoi qu'en disent nos Grammairiens, ce est du genre neutre ; car on ne peut pas dire qu'il soit masculin, ni qu'il soit féminin. J'entens ce que vous dites, istud quod. Ce fut après un solennel et magnifique sacrifice, que, etc. Flechier, or, fun. Ce, c'est-à-dire la chose que je vais dire arriva après, &c.

Dans les interrogations, ce substantif est mis après le verbe est. Qui est-ce qui vous l'a dit, dont la construction est ce, c'est-à-dire celui ou celle qui vous l'a dit est quelle personne ?

Ce substantif se joint à tout genre et à tout nombre. Ce sont des Philosophes etc. ce sont les passions ; c'est l'amour ; c'est la haine.

La particule ci et la particule là ajoutées au substantif ce, ont formé ceci et cela. Ces mots indiquent ou un objet simple, comme quand on dit cela est bon, ceci est mauvais : ou bien ils se rapportent à un sens total, à une action entière ; comme quand on dit ceci va vous surprendre, cela mérite attention, cela est fâcheux.

Au reste ceci indique quelque chose de plus immédiatement présent que cela. Ecoutez ceci, avez-vous vu cela ? Vous êtes-vous aperçu de cela ? Venez voir ceci.

Ceci, cela, sont aussi des substantifs neutres ; ces mots ne donnent que l'idée métaphysique d'une substance qui est ensuite déterminée par les circonstances ou idées accessoires ; l'esprit ne s'arrête pas à la signification précise qui répond au mot ceci ou au mot cela, parce que cette signification est trop générale ; mais elle donne occasion à l'esprit de considérer ensuite d'une manière plus distincte et plus décidée l'objet indiqué.

Ceci veut dire chose présente ou qui demeure ; cela signifie chose présente et déjà connue. Vos isthæc intro auferte. Emportez cela au logis, dit Mde Dacier, Ter. And. act. I. sc. j. vers 1. Ainsi il faut bien distinguer en ces occasions la propre signification du mot, et les idées accessoires qui s'y joignent et qui le déterminent d'une manière individuelle.

Il en est de même de il m'a dit ; la valeur de il est seulement de marquer une personne qui a dit, voilà l'idée présentée, mais les circonstances ou idées accessoires me font connaitre que cette personne ou ce il est Pierre ; voilà l'idée ajoutée à il, idée qui n'est pas précisément signifiée par il.

Celui et celle sont des substantifs qui ont besoin d'être déterminés par qui ou par de ; ils sont substantifs puisqu'ils subsistent dans la phrase sans le secours d'un substantif, et qu'ils indiquent ou une personne ou une chose. Celui qui me suit, etc. c'est-à-dire l'homme, la personne, le disciple qui, etc. D. Quel est le meilleur acier dont on se serve communément en France ? R. C'est celui d'Allemagne, c'est-à-dire c'est l'acier d'Allemagne : ainsi ces mots indiquent ou un objet dont on a déjà parlé, ou un objet dont on va parler.

On ajoute quelquefois les particules ci ou là à celui et à celle, et au pluriel à ceux et à celles ; ces particules produisent à l'égard de ces mots-là le même effet que nous venons d'observer à l'égard de cet.

Ceux est le pluriel de celui, et en ajoutant un s à celle, on en a le pluriel. Voyez PRONOM. (F)