S. m. pl. (Histoire ancienne) c'était chez les Romains une troupe choisie, ou régiment destiné à la garde du roi. Romulus institua ce corps, composé de trois cent jeunes gens tirés des plus illustres familles de Rome, et approuvés par les suffrages des curies de Rome, dont chacune en fournissait dix. Leur nom vient de celer, promt, actif, parce que cette troupe exécutait avec promtitude les ordres du prince : d'autres prétendent qu'ils le tiennent de leur premier tribun nommé Celer, qui fut d'un grand secours à Romulus dans le combat contre son frere Remus, tué, dit-on, par ce même Celer. On confond encore les celeres avec les soldats nommés trossuli, parce qu'ils emportèrent d'emblée la ville de Trossulum en Etrurie.

Outre l'honneur de garder à Rome la personne du roi quand on était en campagne, les celeres faisaient l'avant-garde de l'armée, chargeaient les premiers, et formaient l'arriere-garde dans les retraites. Ils ressemblaient à nos dragons, puisqu'ils combattaient quelquefois à pied, quoiqu'ils fussent d'ailleurs montés et compris dans la cavalerie. Ils étaient divisés en trois escadrons de cent maîtres chacun, sous un capitaine ou centurion ; et leur commandant en chef se nommait tribunus ou praefectus celerum. On le regardait comme la seconde personne de l'état.

Plutarque assure que Numa supprima ce corps : mais il fut rétabli sous les rois ses successeurs ; puisqu'il est certain que le fameux Brutus qui chassa de Rome Tarquin le superbe, avait été tribun des celeres. (G)