S. m. pl. (Histoire ecclésiastique) hérétiques qui s'élevèrent dans le deuxième siècle. L'auteur de cette secte était Tatien disciple de S. Justin martyr, homme éloquent, et qui avait même écrit en faveur de la religion chrétienne ; mais après la mort de son maître, il tomba dans les erreurs de Valentin, de Marcion et de Saturnin. Il soutenait entr'autres choses qu'Adam n'était pas sauvé, et traitait le mariage de corruption et de débauche, en attribuant l'origine au démon. De-là ses sectateurs furent nommés Encratites ou Continens. Ils s'abstenaient de la chair des animaux et du vin, dont ils ne se servaient pas même dans l'Eucharistie, ce qui leur fit aussi donner le nom d'Aquariens et d'Hydroparastates.

Ils fondaient cette aversion pour le vin sur ce qu'ils s'imaginaient que cette liqueur était une production du diable, alléguant en preuve l'ivresse de Noé et la nudité qui en fut la suite ; ce n'est pas qu'ils respectassent fort l'autorité de l'ancien Testament ; ils n'en admettaient que quelques passages qu'ils tournaient à leur fantaisie. Fleury, Histoire ecclés. tome I. liv. IV. tit. viij. p. 436. (G)