ou PATROPASSIENS, s. m. (Histoire ecclésiastique) nom qu'on donna en occident aux Sabelliens, parce qu'ils ne croyaient pas que ce fût Dieu le Fils, mais Dieu le Père qui eut souffert et qui eut été crucifié.

Le concile d'Antioche tenu par les Eusébiens en 345, dit que les Orientaux appelaient Sabelliens ceux qui étaient appelés Patripassiens par les Romains. Le nom même de Patripassiens est une raison qu'il allegue de leur condamnation, ajoutant qu'on ne les nommait ainsi que parce qu'ils rendaient Dieu le Père passible.

Mais cette hérésie venait de plus loin, elle devait son origine à Praxéas, qui sur la fin du second siècle, enseignait que Dieu le Père tout-puissant était le même que Jesus-Christ, qui avait été crucifié. Un nommé Victorin enseigna la même erreur au commencement du troisième siècle. L'un et l'autre convenaient que Jesus-Christ était Dieu, qu'il avait souffert et était mort pour nous ; mais ils confondaient les Personnes divines, et niaient au fond le mystère de la Trinité ; car par le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ils n'entendaient pas trois Personnes, mais une seule Personne sous trois noms, et qui était autant le Père que le Fils, et le Fils que le Père. Tertullien a écrit expressément contre Praxéas.

Hermogène ayant adopté l'erreur des Patripassiens, on donna à ceux-ci le nom d'Hermogéniens, puis de Noétiens, de Noétus autre hérésiarque ; ensuite celui de Sabelliens, de Sabellius le Libyen son disciple ; et parce que ce dernier était de Pentapole dans la Libye, et que son hérésie y fut fort répandue, on l'appela l'hérésie, ou la doctrine pintapolitaine.