S. m. (Manufacture en laine, fil, soie, etc.) Ce sont trois chevilles placées à demeure sur les traverses de deux des ailes du moulin, en-haut. Ces chevilles sont boutonnées par le bout, pour retenir les soies, qui sans cela s'échapperaient. Une de ces chevilles est fixée sur une autre aile, et c'est ordinairement sur l'aile la plus prochaîne des deux dont on vient de parler. Cette dernière cheville reçoit le bout de la pièce ; les deux autres qui sont auprès, portent les soies encraisées, ainsi qu'on verra aux articles OURDIR et ENCROISER. Ces chevilles se trouvent répétées au bas de ce moulin, puisqu'il faut aussi encraiser en-bas. Si l'on ourdit de l'un à l'autre de ces encroix, la pièce contiendra 144 aulnes de long ; c'est la mesure la plus ordinaire, et l'étendue des ourdissoirs. Il y a encore un encroix mobile, qui consiste en une tringle de même forme que les traverses qui portent les encroix fixes dont on vient de parler. Celui-ci n'est pas plus long qu'il ne faut pour pouvoir entrer entre deux ailes du moulin : il est chantourné par les bouts, suivant le contour des ailes, qui étant les mêmes dans tout l'ourdissoir, on posera où l'on voudra. Il doit être fait de façon qu'il entre juste, et même un peu serré. Les ailes par leur délicatesse pouvant aisément reculer un peu pour lui faire place, il est mis communément au milieu ; en ce cas ses bouts se reposent sur les traverses de ce milieu : mais si on le voulait mettre ailleurs, il faudrait avoir soin de lier les deux bouts avec les ailes qui le porteraient, de crainte qu'ils n'échappassent malgré la petite gêne avec laquelle ils sont entrés. Cet encroix mobile donne la facilité d'ourdir de telle longueur que l'on veut au-dessous de 144 aulnes ; mais lorsqu'on emplit l'ourdissoir en totalité, cet encroix est vacant, et doit être ôté de dessus le moulin, où il nuirait.