en latin nobilis, (Histoire romaine) Ceux qui avaient passé par les charges curules, c'est-à-dire ceux qui avaient été consuls, préteurs, censeurs et édiles, pouvaient laisser leurs portraits à leurs enfants. Delà vint que parmi les citoyens romains les uns avaient les portraits de leurs ancêtres, les autres n'avaient que les leurs, et le reste n'en avait aucun. Ceux qui avaient les portraits de leurs ancêtres s'appelaient nobles ; ceux qui avaient les leurs étaient appelés hommes nouveaux ; et ceux qui n'en avaient aucuns, gens ignobles. Or les patriciens qui, dans le commencement de la fondation de Rome furent revêtus des charges et des dignités au préjudice du peuple, furent seulement qualifiés du titre de nobles ; mais ensuite les plébéïens, dont les ancêtres avaient passé par les charges curules, jouirent de cette prérogative. (D.J.)

NOBLE, s. m. (Jurisprudence) se dit de quelque personne ou chose distinguée du commun, et décorée de certains titres et privileges dans lesquels consiste la prérogative de noblesse.

Il y a des personnes nobles et des biens nobles : les biens de cette espèce sont les fiefs et les franc-aleux nobles.

Les biens nobles se partagent ordinairement noblement, c'est-à-dire comme succession noble. Dans certaines coutumes le partage noble se règle, non par la qualité des biens, mais par la qualité des personnes ; c'est-à-dire que quand la succession est noble, que les héritiers sont nobles, ils partagent tous les biens noblement.

Le titre de noble veut dire connu, nobilis quasi noscibilis seu notabilis. Ce titre est beaucoup plus ancien que ceux d'écuyer, de gentilhomme et de chevalier, dont on se sert présentement pour exprimer la noblesse : il y a eu des nobles chez toutes les nations. Voyez NOBLESSE.

En France, sous nos premiers rais, noble et libre signifiaient la même chose.

Dans la suite, lorsque la noblesse proprement dite a commencé à s'établir, la qualité de noble servait pour exprimer toute sorte de noblesse, grande et petite.

Quand on commença à distinguer les différents degrés de noblesse, les nobles étaient d'abord au-dessus des écuyers : les plus grands seigneurs, les princes, les rois même, prenaient le titre de noble ; on confondit ensuite le titre de noble avec celui d'écuyer et avec la qualité de gentilhomme.

Le titre noble dans les pays de droit écrit, équivaut à celui d'écuyer ; mais pour les officiers de justice, avocats et médecins, ils ne peuvent le prendre qu'avec celui de leur profession, et il ne leur attribue pas les privileges de noblesse.

En pays coutumier il faut, pour preuve de noblesse, avoir pris dans les actes le titre d'écuyer.

En Normandie, le titre de noble homme est équivalent dans les anciens actes.

Présentement on prend presque partout le titre d'écuyer pour exprimer la noblesse.

Cependant en quelques endroits les nouveaux nobles ne prennent le titre que de nobles tels ; leurs enfants prennent le titre d'écuyer, comme il se pratique à Lyon pour les échevins. Voyez ci-après NOBLESSE. (A)

NOBLE, rente, (Jurisprudence) Voyez RENTE NOBLE.

NOBLE. Cheval noble est celui qui a beaucoup de beauté, surtout à l'avant-main. Voyez AVANT-MAIN.

NOBLE A LA ROSE, (Monnaie d'Angleterre) ancienne monnaie d'or d'Angleterre, mais qui n'y a plus de cours. On commença à battre en Angleterre des nobles à la rose sous le règne d'Edouard III. vers l'an 1334. Le poids en était de six deniers, c'est-à-dire de douze grains plus que les pistoles d'Espagne, et l'or au plus près du fin à vingt-trois carats trois quarts. On la nommait roosenobel.

Cette monnaie d'or a cours encore aujourd'hui en Hollande, où néanmoins il s'en trouve assez peu ; elle s'y reçoit sur le pied d'onze florins. (D.J.)

NOBLE-HENRY, (Monnaie d'Angleterre) monnaie d'or d'Angleterre de quatorze grains moins pesant que le noble à la rose, et prenant seulement de fin vingt-trois carats et demi.

Il y a eu aussi des nobles à la rose et des nobles-Henrys frappés en France pendant les guerres des Anglais, sur la fin du règne de Charles VI. et pendant les commencements de Charles VII. Le noble-Henry avait encore cours du temps de François I. et on taillait 35 nobles-Henry au marc. Ce noble-Henry était grand et large environ comme un écu blanc, et avait d'un côté pour figure un prince de son tronc avec une épée à la main, et de l'autre une croix au milieu de laquelle il y avait une H, et tout autour de cette croix des petits lions couronnés. (D.J.)