Antiquité romaine

S. m. Pour bien entendre ce que c'est que l'amentum, il faut savoir que les Romains avaient deux sortes de lance ou pique, hasta : les unes pour les soldats armés à la légère, elles se lançaient comme le javelot ; les autres plus longues et plus pesantes, dont on frappait sans les lâcher, celles-ci s'appelaient hastae amentatae ; et l'amentum était un petit lien de cuir qui les traversait à peu près dans le milieu. Le soldat passait son doigt dans le lien, de peur qu'en lançant son coup, la pique ne lui échappât de la main. Il y avait aussi des javelots à amentum. Voyez l'Antiq. expliq. pag. 64.
(Histoire romaine) les empereurs communiquaient le nom de Caesar à ceux qu'ils destinaient à l'empire ; mais ils ne leur donnaient point les titres d'imperator et d'augustus ; c'eut été les associer actuellement. Ces deux derniers titres marquaient la puissance souveraine. Celui de Caesar n'était proprement qu'une désignation à cette puissance, qu'une adoption dans la maison impériale. Avant Dioclétien on avait déjà vu plusieurs empereurs et plusieurs Caesars à-la-fais : mais ces empereurs possédaient l'empire par indivis. Ils étaient maîtres solidairement avec leurs collègues de tout ce qui obéissait aux Romains. Dioclétien introduisit une nouvelle forme de gouvernement, et partagea les provinces romaines. Chaque empereur eut son département. Les Caesars eurent aussi le leur : mais ils étaient au-dessous des empereurs. Ils étaient obligés de les respecter comme leurs pères. Ils ne pouvaient monter au premier rang que par la permission de celui qui les avait fait Caesar, ou par sa mort. Ils recevaient de sa main leurs principaux officiers. Ordinairement ils ne portaient point le diadème, que les augustes avaient coutume de porter depuis Dioclétien. Cette remarque est de M. de la Bléterie. (D.J.)
S. f. (Histoire romaine) en latin curia ; portion d'une tribu chez les anciens Romains.

Romulus divisa le peuple Romain en trois tribus, qui formèrent trente curies, parce que chaque tribu fut composée de dix curies, c'est-à-dire de mille hommes. Les cérémonies des fêtes se faisaient dans un lieu sacré destiné à chaque curie, dont le prêtre ou le sacrificateur s'appela curion, à sacris curandis, parce qu'il avait soin des sacrifices. Le peuple s'assemblait par curies dans la place de Rome appelée comitium, pour y gérer toutes les affaires de la république. Il ne se prenait aucune résolution, soit pour la paix, soit pour la guerre, que dans ces assemblées. C'est là qu'on créait les rais, qu'on élisait les magistrats et les prêtres, qu'on établissait des lais, et qu'on administrait la justice. Le roi de concert avec le sénat, convoquait ces assemblées, et décidait par un sénatus-consulte du jour qu'on devait les tenir, et des matières qu'on y devait traiter. Il fallait un second sénatus-consulte pour confirmer ce qui y avait été arrêté. Le prince ou premier magistrat présidait à ces assemblées, qui étaient toujours précédées par des auspices et par des sacrifices, dont les patriciens étaient les seuls ministres.

S. m. (Histoire romaine) magistrat des Romains qui fut créé avec autorité souveraine pour faire des lois dans l'état. On le nomma décemvir, parce que ce grand pouvoir ne fut attribué qu'à dix personnes ensemble, et seulement pendant le cours d'une année. Mais à peine eurent-ils joui de cet état de souveraineté, qu'ils convinrent par serment de ne rien négliger pour le retenir toute leur vie. Rappelons au lecteur les principaux faits de cette époque de l'histoire romaine, et disons d'abord à quelle occasion les décemvirs furent institués.

S. m. (Histoire romaine) magistrat romain créé tantôt par un des consuls ou par le général d'armée, suivant Plutarque ; tantôt par le sénat ou par le peuple, dans des temps difficiles, pour commander souverainement, et pour pourvoir à ce que la république ne souffrit aucun dommage.

Les Romains ayant chassé leurs rais, se virent obligés de créer un dictateur dans les périls extrêmes de la république, comme, par exemple, lorsqu'elle était agitée par de dangereuses séditions, ou lorsqu'elle était attaquée par des ennemis redoutables. Dès que le dictateur était nommé, il se trouvait revêtu de la suprême puissance ; il avait droit de vie et de mort, à Rome comme dans les armées, sur les généraux et sur tous les citoyens, de quelque rang qu'ils fussent : l'autorité et les fonctions des autres magistrats, à l'exception de celle des tribuns du peuple, cessaient, ou lui étaient subordonnées : il nommait le général de la cavalerie qui était à ses ordres, qui lui servait de lieutenant, &, si l'on peut parler ainsi, de capitaine des gardes : vingt-quatre licteurs portaient les faisceaux et les haches devant lui, et douze seulement les portaient devant le consul : il pouvait lever des troupes, faire la paix ou la guerre selon qu'il le jugeait à-propos, sans être obligé de rendre compte de sa conduite, et de prendre l'avis du sénat et du peuple : en un mot il jouissait d'un pouvoir plus grand que ne l'avaient jamais eu les anciens rois de Rome ; mais comme il pouvait abuser de ce vaste pouvoir si suspect à des républicains, on prenait toujours la précaution de ne le lui déférer tout au plus que pour six mois.