S. m. (Histoire et Hiérarchie ecclésiastique) un des ministres inférieurs de l'ordre ecclésiastique, celui qui est promu au second des ordres sacrés. Sa fonction est de servir à l'autel dans la célébration des saints mystères. Voyez ORDRES. Il peut aussi baptiser et prêcher avec permission de l'évêque.

Ce mot est formé du latin diaconus, qui vient du grec , qui signifie ministre, serviteur.

Les diacres furent institués au nombre de sept par les apôtres. Act. chap. vj. Ce nombre fut longtemps conservé dans plusieurs églises. Leur fonction était de servir dans les agapes, d'administrer le pain et le vin aux communiants, et de distribuer les aumônes. Voyez AGAPES, etc.

Selon les anciens canons, le mariage n'était pas incompatible avec l'état et le ministère des diacres : mais il y a longtemps qu'il leur est interdit dans l'église romaine ; et le pape ne leur accorde des dispenses que pour des raisons très-importantes, encore ne restent-ils plus alors dans leur rang et dans les fonctions de leur ordre. Dès qu'ils ont dispense et qu'ils se marient, ils rentrent dans l'état laïque.

Anciennement il était défendu aux diacres de s'asseoir avec les prêtres. Les canons leur défendent de consacrer : c'est une fonction sacerdotale. Ils défendent aussi d'ordonner un diacre, s'il n'a un titre, s'il est bigame, ou s'il a moins de vingt-cinq ans. L'empereur Justinien dans sa novelle 133, marque le même âge de vingt-cinq ans : cela était en usage lorsqu'on n'ordonnait les prêtres qu'à trente ans ; mais à présent il suffit d'avoir vingt-trois ans pour pouvoir être ordonné diacre. Sous le pape Sylvestre il n'y avait qu'un diacre à Rome ; depuis on en fit sept, ensuite quatorze ; et enfin dix-huit, qu'on appelle cardinaux-diacres pour les distinguer de ceux des autres églises. Voyez CARDINAL.

Leur charge était d'avoir soin du temporel et des rentes de l'église, des aumônes des fidèles, des besoins ecclésiastiques, et même de ceux du pape. Les sous-diacres faisaient les collectes, et les diacres en étaient les dépositaires et les administrateurs. Ce maniement qu'ils avaient des revenus de l'église, accrut leur autorité à mesure que les richesses de l'église augmentèrent. Ceux de Rome, comme ministres de la première église, se donnaient la préséance ; ils prirent même à la fin le pas sur les prêtres. S. Jérôme s'est fort recrié contre cet abus, et prouve que le diacre est au-dessous du prêtre.

Le concile in Trullo, qui est le troisième de Constantinople ; Aristinus, dans sa synopse des canons de ce concile, Zonaras sur le même concile, Siméon Logothète, et Oecuménius, distinguent les diacres destinés au service des autels, de ceux qui avaient soin de distribuer les aumônes des fidèles. Ainsi la coutume de faire des diacres sans autre fonction que de servir le prêtre à l'autel, s'étant introduite, ce simple ordre de diacres n'osa plus s'élever au-dessus des prêtres. Pour les autres qui avaient retenu l'administration des deniers, ils voulurent toujours conserver leur supériorité ; et depuis qu'ils se furent multipliés par distinction, le premier d'entr'eux s'appelait archidiacre. Voyez ARCHIDIACRE.

Les diacres récitaient dans les saints mystères certaines prières, qui à cause de cela s'appelaient prières diaconiques. Ils avaient soin de contenir le peuple à l'église dans le respect et la modestie convenables : il ne leur était point permis d'enseigner publiquement, au moins en présence d'un évêque ou d'un prêtre : ils instruisaient seulement les cathécumenes, et les préparaient au baptême. La garde des portes de l'église leur était confiée ; mais dans la suite les sous-diacres furent chargés de cette fonction, et ensuite les portiers, ostiarii. PORTIERS.

Parmi les Maronites du mont Liban, il y a deux diacres qui sont de purs administrateurs du temporel. Dandini, qui les appelle li signori diaconi, dit que ce sont deux seigneurs séculiers qui gouvernent le peuple, jugent de tous leurs différends, et traitent avec les Turcs de ce qui regarde les tributs, et de toutes les autres affaires. En cela le patriarche des Maronites semble avoir voulu imiter les apôtres, qui se déchargèrent sur les diacres de tout ce qui concernait le temporel de l'église. Il ne convient pas, dirent les apôtres, que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables : et ce fut-là en effet ce qui occasionna le premier établissement des diacres. C'est par la même raison que dans les monastères on a quelquefois donné aux oeconomes ou dépensiers le nom de diacres, quoiqu'ils ne fussent pas ordonnés diacres. Chambers et Moréry. (G)