AIDE, en Droit Canon, ou église succursale, est une église bâtie pour la commodité des paraissiens, quand l'église paroissiale est trop éloignée, ou trop petite pour les contenir tous.

AIDE, dans les anciennes Coutumes, signifie un subside en argent, que les vassaux ou censitaires étaient obligés de payer à leur seigneur en certaines occasions particulières.

Aide diffère de taxe en ce que la taxe s'impose dans quelque besoin extraordinaire et pressant ; au lieu que l'aide n'est exigible qu'autant qu'elle est établie par la coutume, et dans le cas marqué par la coutume ; de cette espèce sont les aides de relief et de chevel. Voyez AIDE-RELIEF et AIDE-CHEVAL.

On payait une aide au seigneur quand il voulait acheter une terre. Mais il n'en pouvait exiger une semblable qu'une fois en sa vie.

Ces aides, dans l'origine, étaient libres et volontaires ; c'est pourquoi on les appelait droits de complaisance.

Il parait que les seigneurs ont imposé cette marque de servitude sur leurs vassaux, à l'exemple des patrons de l'ancienne Rome, qui recevaient des présents de leurs cliens et de leurs affranchis, en certaines occasions, comme pour doter leurs filles, ou en certains jours solennels, comme le jour de leur naissance. Voyez PATRON et CLIENT. (G)

AIDE, en terme de Jurisprudence féodale, sont des secours auxquels les vassaux, soit gentilshommes ou roturiers, sont tenus envers leur seigneur dans quelques occasions particulières, comme lorsqu'il marie sa fille ou fait recevoir son fils chevalier, ou qu'il est prisonnier de guerre ; ce qui fait trois sortes d'aides, l'aide de mariage, l'aide de chevalerie, et l'aide de rançon.

On appelle d'un nom commun ces trois sortes d'aides, aide-chevel, quia capitali domino debentur.

L'aide de rançon s'appelait aussi aides loyaux, parce qu'elle était dûe indispensablement. On appela aussi aides loyaux, sous Louis VII. une contribution qui fut imposée sur tous les sujets sans distinction, pour le voyage d'outre-mer ou la croisade ; et on appelait ainsi en général toutes celles qui étaient dues en vertu d'une loi.

On appelait au contraire aides libres ou gracieuses, celles qui étaient offertes volontairement par les sujets ou vassaux.

L'aide chevel est le double des devoirs que le sujet doit ordinairement chaque année, pourvu qu'ils n'excédent pas vingt-cinq sous. Si le sujet ne doit point de devoirs, il payera seulement vingt-cinq sous. Le seigneur ne peut exiger cette aide qu'une fois en sa vie pour chaque cas.

Aides raisonnables, étaient celles que les vassaux étaient obligés de fournir au seigneur dans de certaines nécessités imprévues, et pour raison desquelles on les taxait au prorata de leurs facultés ; telles étaient par exemple, en particulier, celles qu'on appelait aides de l'ost et de chevauchée, qui étaient des subsides dus au seigneur pour l'aider à subvenir aux frais d'une guerre, comme qui dirait de nos jours, le dixième denier du revenu des biens.

Aide-relief, est un droit dû en certaines provinces par les vassaux aux héritiers de leur seigneur immédiat, pour lui fournir la somme dont ils ont besoin pour payer le relief du fief qui leur échet par la mort de leur parent.

On trouve aussi dans l'Histoire ecclésiastique des aides levées par des évêques dans des occasions qui les obligeaient à des dépenses extraordinaires ; comme lors de leur sacre ou joyeux avenement, lorsqu'ils reçoivent les rois chez eux, lorsqu'ils partaient pour un concile, ou qu'ils allaient à la cour du pape.

Ces aides s'appelaient autrement coutumes épiscopales ou synodales, ou denier de Pâque.

Les archidiacres en levaient aussi chacun dans leur archidiaconé.

Il est encore d'usage et d'obligation de leur payer un droit lorsqu'ils font leur visite ; droit qui leur est dû par toutes les églises paroissiales, même celles qui sont desservies par des religieux.

AIDE, adj. pris subst. en Cuisine, est un domestique subordonné au cuisinier, et destiné à l'aider.

AIDE se joint aussi à plusieurs mots, avec lesquels il ne fait proprement qu'un seul nom substantif.

AIDES, en terme de Finance, signifie les impôts qui se lèvent, à quelque titre que ce sait, par le souverain sur les denrées et les marchandises qui se vendent dans le royaume. Ce droit répond à ce que les Romains appelaient vectigal, à vehendo ; parce qu'il se levait, comme parmi nous, à titre de péage, d'entrée ou de sortie sur les marchandises qui étaient transportées d'un lieu à un autre. Le vectigal était opposé à tributum, lequel se levait par têtes sur les personnes, comme parmi nous les aides sont opposées à la taille ou capitation, qui sont aussi des taxes personnelles.

On a appelé les aides de ce nom, parce que c'était originairement des subsides volontaires et passagers, que les sujets fournissaient au prince dans des besoins pressants, et sans tirer à conséquence pour la suite. Mais enfin elles ont été converties en impositions obligatoires et perpétuelles.

On croit que ces aides furent établies sous le règne de Charles V. vers l'an 1270, et qu'elles n'étaient qu'à raison d'un sou pour livre du prix des denrées. Les besoins de l'état les ont fait monter successivement à des droits beaucoup plus forts. (H)

La Cour des Aides est une cour souveraine établie en plusieurs provinces du royaume pour connaitre de ces sortes d'impositions et de toutes les matières qui y ont rapport : elle connait, par exemple, des prétendus titres de noblesse, à l'effet de décharger ceux qui les alleguent des impositions roturières, s'ils sont véritablement nobles, ou de les y soumettre s'ils ne le sont pas.

Dans plusieurs provinces, telles que la Provence, la Bourgogne, et le Languedoc, la Cour des Aides est unie à la chambre des Comptes.

Il y a en France douze Cours des Aides, comme douze Parlements ; savoir à Paris, à Rouen, à Nantes, à Bourdeaux, à Pau, à Montpellier, à Montauban, à Grenoble, à Aix, à Dijon, à Châlons, et à Metz.

Avant l'érection des Cours des Aides, il y avait des généraux des aides pour la perception et la régie des droits, et une autre sorte de généraux pour le jugement des contestations en cette matière ; et ce furent ces généraux des aides, sur le fait de la justice, qui réunis en corps par François premier, commencèrent à former un tribunal en matière d'aides, qu'on appela par cette raison la Cour des Aides.

AIDES, s. f. (Manège) se dit des secours et des soutiens que le cavalier tire des effets modérés de la bride, de l'éperon, du caveçon, de la gaule, du son de la voix, du mouvement des jambes, des cuisses, et du talon, pour faire manier un cheval comme il lui plait. On emploie les aides pour prévenir les châtiments qu'il faut souvent employer pour dresser un cheval. Il y a aussi les aides secrètes du corps du cavalier ; elles doivent être fort douces. Ainsi on dit : ce cheval connait les aides, obéit, répond aux aides, prend les aides avec beaucoup de facilité et de vigueur. On dit aussi : ce cavalier donne les aides extrêmement fines, pour exprimer qu'il manie le cheval à propos, et lui fait marquer avec justesse ses temps et ses mouvements. Lorsqu'un cheval n'obéit pas aux aides du gras des jambes, on fait venir l'éperon au secours, en pinçant de l'un ou des deux. Si l'on ne se sert pas avec discrétion des aides du caveçon, elles deviennent un châtiment qui rebute peu-à-peu le cheval sauteur, qui va haut et juste en ses sauts et sans aucune aide. Voyez SAUTEUR. Un cheval qui a les aides bien fines se brouille ou s'empêche de bien manier, pour peu qu'on serre trop les cuisses, ou qu'on laisse échapper les jambes.

Aides du dedans, aides du dehors : façons de parler relatives au côté sur lequel le cheval manie sur les voltes, ou travaille le long d'une muraille ou d'une haie. Les aides dont on se sert pour faire aller un cheval par airs, et celles dont on se sert pour le faire aller sur le terrain, sont fort différentes. Il y a trois aides distinguées qui se font ayant les rênes du dedans du caveçon à la main. La première est de mettre l'épaule de dehors du cheval en dedans ; la seconde est de lui mettre aussi l'épaule de dedans en dedans ; et la troisième est de lui arrêter les épaules. On dit : répondre, obéir aux aides ; tenir dans la sujétion des aides. Voyez REPONDRE, OBEIR, JETIONTION. (V)

AIDES, s. f. pl. (Architecture) pièce où les aides de cuisine et d'office font leur service ; c'est proprement la décharge des cuisines, où l'on épluche, lave et prépare tout ce qui se sert sur la table, après avoir été ordonné par le maître-d'hôtel. Ces aides doivent être voisines des cuisines, avoir des tables, une cheminée, des fourneaux, et de l'eau abondamment. (P)