S. m. (Théologie) liste ou catalogue des martyrs : ce mot vient de , témoin, et de , dico, discours. D'autres disent de , colligo, je ramasse. Voyez MARTYR.

Le martyrologe, à proprement parler, ne contient que le nom, le lieu et le jour du martyre de chaque saint. Toutes les sectes ont aussi des livres de l'histoire de leurs martyrs, qu'ils ont aussi appelés martyrologe. Cette coutume de dresser des martyrologes est empruntée des Payens, qui inscrivaient le nom de leurs héros dans leurs fastes pour conserver à la postérité l'exemple de leurs belles actions. Baronius donne au pape Clément la gloire d'avoir introduit l'usage de recueillir les actes des martyrs. Voyez ACTES.

Le martyrologe d'Usebe de Césarée a été l'un des plus célébres de l'ancienne Eglise. Il fut traduit en latin par S. Jérôme ; mais les savants conviennent qu'il ne se trouve point.

Celui qu'on attribue à Bede dans le viij. siècle, est assez suspect en quelques endroits. On y remarque le nom de quelques saints qui ont vécu après lui. Le ix. siècle fut très-fécond en martyrologes. On y vit paraitre celui de Florus, soudiacre de l'église de Lyon, qui ne fit pourtant que remplir les vides du martyrologe de Bede : celui de Wandelbertus, moine du diocèse de Trèves : celui d'Usuard, moine français, qui le composa par l'ordre de Charles le Chauve ; c'est le martyrologe dont l'Eglise romaine se sert ordinairement : celui de Pabanus Maurus, qui est un supplément à celui de Bede et de Florus, composé vers l'an 845 : celui de Notkerus, moine de S. Gal, publié en 894.

Le martyrologe d'Adon, moine de Ferrières en Gatinais, puis de Prom, dans le diocese de Trèves, et enfin archevêque de Sienne, est une suite et un descendant du romain, si l'on peut parler ainsi. Car voici comme le P. du Sollier marque sa généalogie.

Le martyrologe de S. Jérôme est le grand romain. De celui-là on a fait le petit romain imprimé par Roswicy. De ce petit romain avec celui de Bede, augmenté par Florus, Adon a fait le sien, en ajoutant à ceux-là ce qui y manquait. Il le compila à son retour de Rome, en 858. Le martyrologe de Nevelon, moine de Corbie, écrit vers l'an 1089, n'est proprement qu'un abrégé d'Adon, avec les additions de quelques saints. Le P. Kirker parle d'un martyrologe des Koptes, gardé aux Maronites à Rome. On a encore divers autres martyrologes, tels que celui de Notger surnommé le Begue, moine de l'abbaye de S. Gal en Suisse, fait sur celui d'Adon. Le martyrologe d'Augustin Belin, de Padoue ; celui de François Maruli, dit Maurolicus ; celui de Vander Meulen, autrement Molanus, qui rétablit le texte d'Umard, avec de savantes remarques. Galerini, protonotaire apostolique, en dédia un à Grégoire XIII. mais qui ne fut point approuvé. Celui que Baronius donna ensuite accompagné de notes, fut mieux reçu et approuvé par le Pape Sixte V. et il a depuis passé pour le martyrologe moderne de l'Eglise romaine. M. l'abbé Chastelain, si connu par son érudition, donna, en 1709, un texte du martyrologe romain, traduit en français, avec des notes, et avait entrepris un commentaire plus étendu sur tout le martyrologe, dont il a paru un volume.

Quant à la différence qui se trouve dans les narrations de quelques martyrologes, et au peu de certitude des faits qui y sont quelquefois rapportés, voici quelles en sont les causes. 1°. La malignité des hérétiques, ou le zèle peu éclairé de quelques chrétiens des premiers temps, qui ont supposé des actes. 2°. La perte des actes véritables arrivée dans la persécution de Diocletien, ou occasionnée par l'invasion des Barbares ; actes auxquels on en a substitué d'autres, sans avoir de bons mémoires. 3°. Les falsifications commises par les hérétiques. 4°. La crédulité des légendaires, et leur audace à fabriquer des actes à leur fantaisie. 5°. La dévotion mal-entendue des peuples, qui a accrédité plusieurs traditions ou incertaines, ou fausses, ou suspectes. 6°. La timidité des bons écrivains, qui n'ont osé choquer les préjugés populaires. Il est vrai pourtant que, depuis la renaissance des lettres, et les progrès qu'a fait la critique, les Bollandistes, MM. de Launoy, de Tillemont, Baillet, et plusieurs autres, ont purgé les vies des saints de plusieurs traits, qui, loin de tourner à l'édification des fidèles, servaient de matière à plaisanterie aux hérétiques, ou aux libertins. Dom Thierry Ruinart nous a donné entr'autres, deux petits volumes sous le titre d'Actes sincères des martyrs, qui, dans leur simplicité, portent tous les caractères de la vérité, et respirent un certain goût de l'antique, qui montre qu'on ne les a pas composés à dessein d'enfler les faits, et de surprendre la crédulité du lecteur.

Les protestants ont aussi leurs martyrologes ; savoir, en anglais, composée par J. Fox, Bray et Clarck. Si l'on peut donner ce titre à l'histoire du supplice de quelques fanatiques, que la reine Marie fit punir pour leurs emportements.

Martyrologe se dit aussi d'un regitre, ou rôle d'une sacristie, où sont contenus les noms des saints et des martyrs, tant de l'église universelle, que des particuliers de la ville du diocèse à pareil jour. On le dit aussi des tableaux qui sont dans les grandes sacristies, qui contiennent le mémoire des fondations, obits ou prières, et messes qui se doivent dire chaque jour.