S. f. (Théologie) , pluriel de , livre, c'est-à-dire les écritures ou livre par excellence. Voyez ECRITURE. C'est le nom que les Chrétiens donnent à la collection des livres sacrés, écrits par l'inspiration du Saint-Esprit. La bible se divise généralement en deux parties ; savoir, l'ancien et le nouveau Testament. On appelle livres de l'ancien Testament, ceux qui ont été écrits avant la naissance de Jesus-Christ, et qui contiennent, outre la loi et l'histoire des Juifs, les prédictions des prophetes touchant le Messie, et divers livres ou traités de morale. Le nouveau Testament contient les livres écrits depuis la mort de Jesus-Christ par ses apôtres ou ses disciples.

Suivant la décision du concile de Trente, sess. 4. les livres de l'ancien Testament sont le Pentateuque, qui comprend les cinq livres de Moyse, savoir la Genese, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, et le Deuteronome : viennent ensuite les livres de Josué, des Juges, de Ruth, les quatres livres des Rais, les deux des Paralipomenes, le premier et le second d'Esdras, ceux de Tobie, de Judith, d'Esther, de Job ; le Pseautier de David, contenant cent cinquante pseaumes ; les Proverbes, l'Ecclésiaste, la Sagesse, l'Ecclésiastique, le Cantique des cantiques, Isaïe, Jérémie, et Baruch ; Ezéchiel, Daniel, les douze petits Prophetes, et les deux livres des Macchabées, ce qui fait en tout quarante-cinq livres.

Le nouveau Testament en contient vingt-sept, qui sont les quatre Evangiles, le livre des Actes des Apôtres, les quatorze épitres de S. Paul, l'épitre de S. Jacques, les deux épitres de S. Pierre, les trois épitres de S. Jean, l'épitre de S. Jude, et l'Apocalypse. Tel est à-présent le canon ou catalogue des Ecritures reçu dans l'Eglise catholique, mais qui n'est pas admis par toutes les sectes ou sociétés qui se sont séparées d'elle. Voyez CANON.

Quand à l'ancien Testament, il y a une grande partie des livres qu'il contient, qui ont été reçus comme sacrés et canoniques par les Juifs et par tous les anciens Chrétiens, mais aussi il y en a quelques-uns que les Juifs n'ont pas reconnus, et que les premiers Chrétiens n'ont pas toujours reçus comme canoniques, mais qui depuis ont été mis par l'Eglise dans le canon des livres sacrés. Ces derniers sont les livres de Tobie, de Judith, le livre de la Sagesse, l'Ecclésiastique, et les deux livres des Maccabées : quelques-uns même ont douté de l'authenticité des livres de Baruch et d'Ester. Tous ces livres ont été écrits en langue hébraïque, à l'exception de ceux que les Juifs ne reconnaissaient point. Les anciens caractères étaient les Samaritains : mais depuis la captivité on s'est servi des nouveaux caractères Chaldéens. Ils ont été traduits plusieurs fois en grec ; la version la plus ancienne et la plus authentique, est celle des Septante, dont les apôtres mêmes se sont servis. Voyez SEPTANTE et VERSION.

Quoique la plupart des livres du nouveau Testament aient aussi été reçus pour canoniques dès les premiers temps de l'Eglise, on a douté cependant de l'authenticité de quelques-uns, comme de l'épitre aux Hébreux, de celle de S. Jude, de la seconde de S. Pierre, de la seconde et de la troisième de S. Jean, et de l'Apocalypse. Tous les livres du nouveau Testament ont été écrits en grec, à l'exception de l'évangile de S. Matthieu et de l'épitre aux Hébreux, qu'on croit avoir été originairement écrits en hébreu. C'est le sentiment de S. Jérôme, contre lequel quelques critiques modernes ont soutenu que tout le nouveau Testament avait été écrit en syriaque : mais cette opinion est également destituée de preuves et de vraisemblance.

Les exemplaires de la bible s'étant extrêmement multipliés, soit par rapport aux textes originaux, soit par rapport aux versions qu'on en a faites dans la plupart des langues mortes ou vivantes, cette division est la plus commode pour en donner une idée nette au lecteur. On distingue donc les bibles selon la langue dans laquelle elles sont écrites en hébraïques, grecques, latines, chaldaïques, syriaques, arabes, cophtes, arméniennes, persiennes, moscovites, etc. et celles qui sont en langues vulgaires : nous allons traiter par ordre et séparément de chacune.

Les BIBLES HEBRAIQUES sont ou manuscrites ou imprimées. Les meilleures bibles manuscrites sont celles qui ont été copiées par les Juifs d'Espagne ; celles qui l'ont été par les Juifs d'Allemagne étant moins exactes, quoiqu'en plus grand nombre. Il est facile de les distinguer au coup-d'oeil. Les premières sont en beaux caractères bien carrés, comme les bibles hébraïques de Bomberg, d'Etienne, et de Plantin. Les autres en caractères semblables à ceux de Munster et de Gryphe. M. Simon observe que les plus anciennes bibles hébraïques n'ont pas 6 ou 700 ans. Le rabbin Menahem, dont on a imprimé quelques ouvrages à Venise en 1618 sur les bibles hébraïques, en cite pourtant un grand nombre, dont l'antiquité (à compter de son temps) remontait déjà au-delà de 600 ans. On trouve plusieurs de ces bibles manuscrites dans la bibliothèque du Roi, dans celle des Jésuites de Paris, et dans celle des PP. de l'Oratoire de la rue Saint-Honoré.

Les plus anciennes bibles hébraïques imprimées, sont celles qui ont été publiées par les Juifs d'Italie, surtout celles de Pesaro et de Bresce. Ceux de Portugal avaient commencé d'imprimer quelques parties de la Bible à Lisbonne, avant qu'on les chassât de ce royaume. On peut remarquer en général, que les meilleures bibles hébraïques sont celles qui sont imprimées sous les yeux même des Juifs, si soigneux à observer jusqu'aux points et aux virgules, qu'il est impossible qu'on les surpasse en exactitude. Au commencement du XVIe siècle, Daniel Bomberg imprima plusieurs bibles hébraïques in-folio et in -4°. à Venise, dont quelques-unes sont très-estimées des Juifs et des Chrétiens. La première fut imprimée en 1517 : elle porte le nom de son éditeur, Felix Pratenni ; et c'est la moins exacte. La seconde le fut en 1526 ; on y joignit les points des Massoretes, les commentaires de différents rabbins, et une préface hébraïque de Rabbi Jacob Benchajim. En 1548, le même Bomberg imprima la bible in-fol. de ce dernier rabbin ; c'est la meilleure et la plus parfaite de toutes : elle est distinguée de la première bible du même éditeur, en ce qu'elle contient le commentaire de Rabbi D. Kimchi sur les chroniques ; ce qui n'est pas dans l'autre. Ce fut sur cette édition que Buxtorf le père imprima à Bâle en 1618 sa bible hébraïque des rabbins : mais il se glissa, surtout dans les commentaires de ceux-ci, plusieurs fautes ; car Buxtorf altéra un assez grand nombre de leurs passages, peu favorables aux Chrétiens. La même année parut à Venise une nouvelle édition de la bible rabbinique de Léon de Modene, rabbin de cette ville, qui prétendit avoir corrigé un grand nombre de fautes répandues dans la première édition. Mais outre que cette bible est fort inferieure et pour le papier et pour le caractère aux autres bibles de Venise, elle passa par les mains des Inquisiteurs, qui ne la laissèrent pas en son entier, quant aux commentaires des rabbins.

La bible hébraïque de R. Etienne est estimée pour la beauté des caractères : mais elle est trop infidèle. Plantin a aussi imprimé à Anvers différentes bibles hébraïques fort belles, dont la meilleure est celle de 1566 in -4°. Manassé Ben Israel, savant Juif Portugais, donna à Amsterdam deux éditions de la bible en hébreu, l'une in -4°. et l'autre in -8°. La première est en deux colonnes, et par-là plus commode pour le lecteur. En 1634, Rabbi Jacob Lombroso en publia à Venise une nouvelle édition in -4°. avec de petites notes littérales au bas des pages, où les mots hébreux sont expliqués par des mots espagnols. Cette bible est fort estimée des Juifs de Constantinople. On y a distingué dans le texte par une petite étoile, les endroits où il faut lire le point camés par un camés hatouph, c'est-à-dire par un o et non par un a. De toutes les éditions des bibles hébraïques in 8°. les plus belles et les plus correctes sont les deux de Joseph Athias, Juif d'Amsterdam ; la première de 1661, préférable pour le papier ; l'autre de 1667, plus fidèle : néanmoins Vander Hoogt en a publié une en 1705, qui l'emporte encore sur ces deux-là.

Après Athias, trois protestants qui savaient l'hébreu, s'engagèrent à revoir et à donner une bible hébraïque : ces trois auteurs étaient Claudius, Jablons, et Opitius. L'édition de Claudius fut publiée à Francfort en 1677, in -4°. On trouve au bas des pages les différentes leçons des premières éditions : mais l'auteur ne parait pas assez profond dans la manière d'accentuer, surtout pour les livres de poésie ; et d'ailleurs cette édition n'ayant pas été faite sous ses yeux, fourmille de fautes. Celle de Jablonski parut à Berlin in -4°. en 1699. L'impression en était fort nette, et les caractères très-beaux : mais quoique l'auteur prétendit s'être servi de l'édition d'Athias et de celle de Claudius, plusieurs critiques trouvèrent néanmoins la sienne trop ressemblante à l'édition in -4°. de Bomberg, pour ne le soupçonner pas de l'avoir suivie peut-être trop servilement. Celle d'Opitius fut aussi imprimée in -4°. à Keill en 1709 : mais la beauté du papier ne répondait pas à celle des caractères ; d'ailleurs l'éditeur ne fit usage que de manuscrits allemands, négligeant trop ceux qui sont en France, défaut qui lui était commun avec Claudius et Jablons. Ces bibles ont pourtant cet avantage, qu'outre les divisions, soit générales, soit particulières, en paraskes et pemkim, selon la manière des Juifs, elles ont encore les divisions en chapitres et en versets, suivant la méthode des Chrétiens ; aussi bien que les keri ketib, ou différentes façons de lire, et les sommaires en latin ; ce qui les rend d'un usage très-commode pour les éditions latines et les concordances. La petite bible in-seize de Robert Etienne est fort estimée par la beauté du caractère : on doit observer qu'il y en a une autre édition à Geneve qui lui est pareille, excepté que l'impression en est mauvaise, et le texte moins correct. On peut ajouter à ce catalogue quelques autres bibles hébraïques sans points in -8°. et in -24. fort estimées des Juifs, non qu'elles soient plus exactes, mais parce que la petitesse du volume les leur rend plus commodes dans leurs synagogues et dans leurs écoles. Il y en a deux éditions de cette sorte, l'une de Plantin in -8°. à deux colonnes, et l'autre in -24 imprimée par Raphalengius à Leyde en 1610. On en trouve aussi une édition d'Amsterdam en grands caractères, par Laurent, en 1631 ; et une autre in -12 de Francfort, en 1694, avec une préface de Leusden : mais elle est pleine de fautes.

BIBLES GREQUES. Le grand nombre de bibles que l'on a publiées en grec, peut être réduit à trois ou quatre classes principales ; savoir celle de Complute ou d'Alcala de Henarès, celle de Venise, celle de Rome, et celle d'Oxford. La première parut en 1515 par les ordres du cardinal Ximenès, et fut insérée dans la bible polyglotte, qu'on appelle ordinairement la bible de Complute : cette édition n'est pas exacte, parce qu'en plusieurs endroits on y a changé la version des Septante, pour se conformer au texte hébreu. On l'a cependant réimprimée dans la Polyglotte d'Anvers, dans celles de Paris, et dans l'in -4°. connu sous le nom de bible de Vatable. Voyez POLYGLOTTE. La seconde bible grecque est celle de Venise qui parut en 1518, où le texte grec des Septante a été réimprimé conformément à ce qu'il était dans le manuscrit. Cette édition est pleine de fautes de copistes, mais aisées à corriger. On l'a réimprimée à Strasbourg, à Bâle, à Francfort, et en d'autres lieux, en l'altérant toutefois en quelques endroits pour suivre le texte hébreu. La plus commode de ces bibles est celle de Francfort, à laquelle on a ajouté de courtes scholies dont l'auteur ne s'est pas nommé, mais qu'on attribue à Junius : elles servent à marquer les différentes interprétations des anciens traducteurs grecs. La troisième est celle de Rome en 1587, dans laquelle on a inséré des scholies tirées des manuscrits grecs des bibliothèques de Rome, et recueillies par Pierre Morin. Cette belle édition fut réimprimée à Paris en 1628 par le P. Morin de l'Oratoire, qui y joignit l'ancienne version latine de Nobilius, laquelle dans l'édition de Rome était imprimée séparément avec les commentaires. L'édition grecque de Rome se trouve dans la Polyglotte de Londres ; et on y a ajouté en marge les différentes leçons tirées du manuscrit d'Alexandrie. On l'a aussi donnée en Angleterre in -4°. et in -12. avec quelques changements. Bos l'a encore publiée en 1709 à Francker avec toutes les différentes leçons qu'il a pu recouvrer. Enfin la quatrième bible grecque est celle qu'on a faite en Angleterre d'après un exemplaire très ancien, connu sous le nom de manuscrit d'Alexandrie ; parce qu'il avait été envoyé de cette ville. Elle fut commencée à Oxford par le docteur Grabe en 1707. Dans cette bible, le manuscrit d'Alexandrie n'est pas imprimé tel qu'il était, mais tel qu'on a cru qu'il devait être ; c'est-à-dire, qu'on l'a changé aux endroits qui ont paru être des fautes de copistes, et que l'on a aussi changé les mots qui étaient de différents dialectes : quelques-uns ont applaudi à cette liberté ; d'autres l'ont condamnée, prétendant que le manuscrit était exact, et que les conjectures ou les diverses leçons avaient été rejetées dans les notes dont il était accompagné. Voyez SEPTANTE.

BIBLES LATINES. Quoique leur nombre soit encore plus grand que celui des bibles grecques, on peut les réduire toutes à trois classes ; savoir, l'ancienne vulgate, nommée aussi Itala, traduite du grec des Septante ; la vulgate moderne, dont la plus grande partie est traduite du texte hébreu ; et les nouvelles versions latines faites sur l'hébreu dans le XVIe siècle. De l'ancienne vulgate dont on se servait dans la primitive Eglise, et surtout en occident, jusqu'après le temps du pape S. Grégoire le grand, il ne reste de livres entiers que les Pseaumes, le livre de la Sagesse, et l'Ecclésiaste, et des fragments épars dans les écrits des Peres, d'où Nobilius a tâché de la tirer toute entière ; projet qui a été exécuté par le P. Sabathier, bénédictin. On trouve un grand nombre d'éditions différentes de la vulgate moderne, qui est la version de S. Jérôme faite sur l'hébreu. Le cardinal Ximenès en fit insérer dans la bible de Complute, une qui est altérée et corrigée en plusieurs endroits. La meilleure édition de la vulgate de Robert Etienne, est celle de 1540, réimprimée en 1545, où l'on trouve en marge les différentes leçons des divers manuscrits dont il avait pu avoir connaissance. Les docteurs de Louvain l'ont revue, y ont ajouté de nouvelles leçons inconnues à Robert Etienne : leur meilleure édition est celle qui contient à la fin les notes critiques de François Lucas de Bruges. Toutes ces corrections de la bible latine furent faites avant le temps de Sixte V. et de Clément VIII. depuis lesquels personne n'a osé faire un changement au texte de la vulgate, si ce n'est dans des commentaires et des notes séparées. Les corrections de Clément VIII. en 1592, sont celles que l'on suit dans toute l'Eglise catholique ; car de deux réformations qu'a fait ce pontife, on s'en est toujours tenu à la première. Ce fut d'après elle que Plantin donna son édition, et toutes les autres furent faites d'après celle de Plantin ; de sorte que les Bibles communes sont d'après les corrections de Clément VIII. Il y a un très-grand nombre de Bibles latines de la troisième classe, faites depuis deux siècles, et comprenant les versions des originaux des Livres sacrés : la première est celle de Sanctez Pagninus, dominicain ; elle fut imprimée à Lyon in -4°. en 1528, et est fort estimée des Juifs. L'auteur la perfectionna, et l'on en fit à Lyon une belle édition in-fol. en 1542, avec des scholies sous le nom de Michael Villanovanus, auteur de ces scholies, que M. Chambers croit être Michel Servet, brulé depuis à Geneve. Servet prit ce nom parce qu'il était né à Villa-nueva en Aragon. Ceux de Zurich donnèrent aussi une édition in -4°. de la Bible de Pagninus, et Robert Etienne la réimprima in-fol. avec la vulgate en 1557. On en trouve encore une version de 1586 en quatre colonnes, sous le nom de Vatable, qu'on a insérée dans la Bible en quatre langues, de l'édition d'Hambourg. On range aussi au nombre des Bibles latines la version de Pagninus, corrigée ou plutôt rendue littérale par Arias Montanus, avec l'approbation des docteurs de Louvain, insérée par ordre de Philippe II. dans la Polyglotte de Complute, et ensuite dans celle de Londres. Il y en a eu différentes éditions in-fol. in -4°. et in -8°. auxquelles on a ajouté le texte hébreu de l'ancien Testament, et le grec du nouveau : la meilleure est celle de 1571, in-fol. Depuis la réformation les Protestants ont aussi donné plusieurs versions latines de la Bible : les plus estimées parmi eux, sont celles de Munster, de Léon Juda, de Castalion, et de Tremellius ; les trois dernières ont été souvent réimprimées, et celle de Castalion l'emporte pour la beauté du latin, que quelques critiques trouvent pourtant trop affecté : sa meilleure édition est celle de 1573. La version de Léon Juda, corrigée par les théologiens de Salamanque, a été jointe à l'ancienne édition publiée par Robert Etienne, avec des notes de Vatable. Celles de Junius et de Tremellius sont préférées, surtout par les Calvinistes ; et il y en a un très-grand nombre d'éditions. On pourrait ajouter pour quatrième classe des Bibles latines, comprenant l'édition de la Vulgate corrigée sur les originaux, la Bible d'Isidore Clarius ou Clario, écrivain catholique, et évêque de Fuligno dans l'Ombrie. Cet auteur, peu content des corrections de l'ancien latin, a reformé cette dernière traduction aux endroits qu'il a cru mal rendus : son ouvrage, imprimé à Venise en 1542, fut d'abord mis à l'index, ensuite permis, et réimprimé à Venise en 1564, à l'exception de la préface et des prolégomenes. Plusieurs protestants ont suivi cette méthode. André et Luc Osiander entr'autres ont publié chacun une nouvelle édition de la Vulgate, corrigée sur les originaux.

BIBLES ORIENTALES. On peut mettre à la tête des Bibles orientales la version samaritaine, qui n'admet de l'Ecriture que le Pentateuque. Cette version est faite sur le texte hébreu-samaritain, un peu différent du texte hébreu des Juifs, et dans une langue qui est à peu-près la même que la chaldaïque. Le père Morin, de l'Oratoire, est le premier qui ait fait imprimer ce Pentateuque hébreu des Samaritains avec la version ; l'un et l'autre se trouvent dans les Polyglottes de Londres et de Paris. Les Samaritains ont outre cela une version arabe du Pentateuque, qui n'a point été imprimée, et qui est même fort rare. On en trouve deux exemplaires dans la bibliothèque du roi. L'auteur se nomme Abusaïd, et a ajouté en marge quelques notes littérales. Ils ont aussi l'histoire de Josué, mais différente du livre de Josué que nous reconnaissons pour canonique, titre qu'ils n'accordent pas au livre qu'ils ont sous le même nom.

BIBLES CHALDEENNES. Ce sont seulement des gloses ou des expositions que les Juifs ont faites lorsqu'ils parlaient la langue chaldaïque. Ils les nomment targumim ou les paraphrases, parce qu'en effet ce ne sont point de pures versions de l'Ecriture. Les meilleures sont celle d'Onkelos, qui n'est que sur le Pentateuque, et celle de Jonathan, sur tous les livres que les Juifs appellent Prophetes, c'est-à-dire sur Josué, les Juges, les livres des Rais, les grands et les petits Prophetes. Les autres paraphrases chaldéennes sont la plupart remplies de fables, on les a insérées dans la grande Bible hébraïque de Venise et de Bâle, mais on les lits plus aisément dans les Polyglottes, où l'on a mis à côté la traduction latine. Voyez TARGUM.

BIBLES SYRIAQUES. En 1562 Jean Albert Widmanstadius fit imprimer à Vienne en Autriche tout le nouveau Testament en très-beaux caractères syriaques ; et cette version a été insérée dans la Bible de Philippe II. avec la traduction latine. Gabriel Sionite a publié aussi à Paris en 1525 une très-belle édition des pseaumes en syriaque, avec une version latine. Quant à l'ancien Testament, les Syriens en ont deux sortes de versions : la première, faite sur le grec des Septante, n'a jamais été imprimée ; l'autre, qui a été prise sur le texte hébreu, a été imprimée pour la première fois dans la grande Bible de le Jay, et ensuite dans la Polyglotte d'Angleterre. Elle est en usage chez les chrétiens d'Orient, qui suivent le rit syrien.

BIBLES ARABES, il y a un très-grand nombre de Bibles arabes, dont les unes sont à l'usage des Juifs dans les pays où ils parlent l'arabe, les autres à l'usage des chrétiens du Levant qui parlent cette langue. Les premières ont toutes été faites sur l'hébreu, les autres sur d'autres versions, comme celles des Syriens sur le syriaque, lorsque cette dernière langue n'a plus été entendue du peuple ; celles des Cophtes sur leur langue naturelle, quoiqu'elle fût aussi bien entendue du peuple que des prêtres. En 1516 Augustin Justiniani, évêque de Nebis donna à Genes une version arabe du Pseautier, avec le texte hébreu et la paraphrase chaldaïque, en y ajoutant les interprétations latines. La version arabe de toute l'Ecriture se trouve dans les Polyglottes de Paris et de Londres. Il y a une édition entière de l'ancien Testament, imprimée à Rome en 1671 par ordre de la congrégation de propagandâ fide ; mais qu'on a voulu faire quadrer avec la Vulgate, et qui par conséquent n'est pas toujours exactement conforme aux texte hébreu. Les Bibles arabes de l'Europe ne sont pas non plus tout à fait les mêmes que celles de l'Orient : plusieurs savants pensent que la version arabe du vieux Testament qui est imprimée dans les Polyglottes, est au moins en grande partie celle de Saadias Gaon, rabbin, qui vivait au commencement du dixième siècle ; et la raison qu'ils en donnent est qu'Aben Ezra, grand antagoniste de Saadias, cite quelques passages de cette version que l'on trouve dans les versions arabes des Polyglottes : mais d'autres pensent que la version arabe de Saadias ne subsiste plus. En 1622 Erpenius imprima un Pentateuque arabe, que l'on appelait aussi le Pentateuque de Mauritanie, parce qu'il était à l'usage des Juifs de Barbarie ; la version en est très-littérale, et passe pour fort exacte. On a aussi publié les quatre Evangélistes en arabe, avec une version latine, in-fol. à Rome en 1591. Cette version a été réimprimée depuis dans les Polyglottes de Paris et de Londres, avec quelques changements faits par Gabriel Sionite. Erpenius donna aussi à Leyde en 1616 un nouveau Testament arabe en entier, tel qu'il l'avait trouvé dans un manuscrit.

BIBLES COPHTES. Ce sont les Bibles des Chrétiens d'Egypte, qu'on appelle Cophtes ou Coptes, et qui sont écrites dans l'ancien langage de ce pays-là. Il n'y a aucune partie de la Bible imprimée en cophte ; mais il y en a plusieurs manuscrits dans les grandes bibliothèques, et surtout dans celle du roi. Cette ancienne langue cophte n'étant plus entendue depuis très-longtemps par les Cophtes mêmes, ils lisent l'Ecriture dans une version arabe, comme on le voit par les Bibles cophtes manuscrites qui sont à la bibliothèque du roi.

BIBLES ETHIOPIENNES. Les Ethiopiens ont aussi traduit quelques parties de la Bible en leur langue, comme les Pseaumes, les Cantiques, quelques chapitres de la Genese, Ruth, Joèl, Jonas, Malachie, et le nouveau Testament ; qui ont été imprimés d'abord séparément, puis recueillis dans la Polyglotte d'Angleterre. Cette version a été faite sur le grec des Septante, peut-être même sur le cophte, qui a lui même été pris des Septante. Le nouveau Testament éthiopien, imprimé d'abord à Rome en 1548, est très-inexact : on n'a pas laissé que de le faire passer avec toutes ses fautes dans la Polyglotte de Londres.

BIBLES ARMENIENNES. Il y a une très-ancienne version arménienne de toute la Bible, qui a été faite d'après le grec des Septante par quelques docteurs de cette nation dès le temps de S. Jean Chrysostome. Comme les exemplaires manuscrits coutaient beaucoup, Oschan ou Uscham, évêque d'Uschouanch, un de leurs prélats, la fit imprimer en entier in -4°. à Amsterdam en 1664, avec le nouveau Testament in -8°. on avait cependant imprimé longtemps auparavant le Pseautier arménien.

BIBLES PERSANES. Quelques-uns des Peres semblent dire que toute l'Ecriture fut d'abord traduite en langue persane, mais il ne reste rien de cette ancienne version, qu'on suppose faite d'après celle des Septante. Le Pentateuque persan, imprimé dans la Polyglotte de Londres, est l'ouvrage de Rabbi Jacob, Juif persan. Dans la même Polyglotte se trouvent les quatre Evangélistes en persan, avec la traduction latine ; mais cette version parait être très-moderne, peu exacte, et ne méritait pas d'être publiée.

BIBLES GOTHIQUES. On croit généralement que Ulphilas ou Gulphilas, évêque des Goths qui habitaient dans la Moesie, et qui vivait dans le IVe siècle, fit une version de la Bible entière pour ses compatriotes, à l'exception toutefois des livres des Rois ; qu'il ne voulut pas mettre entre les mains de cette nation assez belliqueuse par elle-même, craignant que les guerres et les combats dont il y est fait mention, ne l'excitassent à avoir toujours les armes à la main, et à justifier cette conduite par l'exemple des anciens Hébreux. Quoiqu'il en soit on n'a plus rien de cette ancienne version que les quatre Evangélistes, qui furent imprimés in -4°. à Dordrecht en 1665, d'après un très-ancien manuscrit.

BIBLES MOSCOVITES. La Bible moscovite est une Bible entière en langue sclavone, faite sur le grec ; elle fut imprimée à Ostravie en Volhynie aux dépens de Constantin Basile duc d'Ostravie, pour l'usage des Chrétiens qui parlent le sclavon, dont la langue moscovite est un dialecte : on la nomme communément la Bible moscovite.

Le nombre des Bibles en langue vulgaire est si prodigieux, et d'ailleurs elles sont si connues, que nous n'avons pas jugé nécessaire d'en traiter expressément, Voyez le livre de Kortholtus, Allemand, intitulé de variis Bibliorum editionibus. R. Elias Levita ; le P. Morin ; Simon, Histoire critiq. du vieux et du nouv. Testam. Bibliot. des aut. ecclés. des trois prem. siec. par M. Dupin, tom. I. Bibliot. sacr. du P. le Long, et celle que dom Calmet a jointe à son dictionn. de la Bible. (G)

* Comme nous ne nous sommes pas proposés seulement de faire un bon ouvrage, mais encore de donner des vues aux auteurs pour en publier sur plusieurs matières de meilleurs que ceux qu'on a, nous allons finir cet article par le plan d'un traité qui renfermerait tout ce qu'on peut désirer sur les questions préliminaires de la Bible. Il faudrait diviser ce traité en deux parties : la première serait une critique des livres et des auteurs de l'Ecriture sainte : on renfermerait dans la seconde certaines connaissances générales qui sont nécessaires pour une plus grande intelligence de ce qui est contenu dans ces livres.

On distribuerait la première partie en trois sections : on parlerait dans la première, des questions générales qui concernent tout le corps de la Bible : dans la seconde, de chaque livre en particulier, et de son auteur : dans la troisième, des livres cités, perdus, apocryphes, et des monuments qui ont rapport à l'Ecriture.

Dans la première de ces sections on agiterait six questions. La première serait des différents noms qu'on a donnés à la Bible, du nombre des livres qui la composent, et des classes différentes qu'on en a faites. La seconde, de la divinité des Ecritures, on la prouverait contre les payens et les incrédules : de l'inspiration et de la prophétie ; on y examinerait en quel sens les auteurs sacrés ont été inspirés ; si les termes sont également inspirés comme les choses ; si tout ce que ces livres contiennent est de foi, même les faits historiques et les propositions de physique. La troisième serait de l'authenticité des Livres sacrés, du moyen de distinguer les livres véritablement canoniques d'avec ceux qui ne le sont pas ; on y examinerait la fameuse controverse des Chrétiens de la communion romaine et de ceux de la communion protestante, savoir si l'Eglise juge l'Ecriture ; on expliquerait ce que c'est que les livres deutérocanoniques ; dans quel sens et par quelles raisons ils sont ou doivent être nommés deutérocanoniques. La quatrième serait des différentes versions de la Bible, et des diverses éditions de chaque version : on y parlerait par occasion de l'ancienneté des langues et des caractères ; on en rechercherait l'origine, on examinerait quelle a été la première langue du monde ; si l'hébraïque mérite cette préférence. S'il n'était pas possible de porter une entière lumière sur ces objets, on déterminerait du moins ce qu'on en voit distinctement ; on rechercherait jusqu'où l'on peut compter sur la fidélité des copies, des manuscrits, des versions, des éditions, et sur leur intégrité ; s'il y en a d'authentiques outre la vulgate, ou si elle est la seule qui le soit ; on n'oublierait pas les versions en langues vulgaires ; on examinerait si la lecture en est permise ou défendue, et ce qu'il faut penser de l'opinion qui condamne les traductions des Livres sacrés. La cinquième serait employée à l'examen du style de l'Ecriture, de la source de son obscurité, des différents sens qu'elle souffre, et dans lesquels elle a été citée par les auteurs ecclésiastiques ; de l'usage qu'on doit faire de ces sens, soit pour la controverse, soit pour la chaire ou le mistique ; on y discuterait le point de conscience, s'il est permis d'en faire l'application à des objets profanes. La sixième et dernière question de la section première de la première partie, traiterait de la division des livres en chapitres et en versets, des différents commentaires, de l'usage qu'on peut faire des rabbins, de leur talmud, de leur gemare et de leur cabale ; de quelle autorité doivent être les commentaires et les homélies des pères sur l'Ecriture ; et de quel poids sont ceux qui sont venus depuis, et quels sont les plus utiles pour l'intelligence des Ecritures.

La seconde section serait divisée en autant de petits traités qu'il y a de livres dans l'Ecriture : on en ferait l'analyse et la critique ; on en éclaircirait l'histoire ; on donnerait des dissertations sur les auteurs, les temps précis, et la manière dont ils ont écrit.

La troisième section comprendrait trois questions : la première, des livres cités dans l'Ecriture ; on examinerait quels étaient ces livres, ce qu'ils pouvaient contenir, qui en étaient les auteurs, enfin tout ce que les preuves et les conjectures en pourraient indiquer : la seconde, des livres apocryphes qu'on a voulu faire passer pour canoniques, soit qu'ils subsistent encore, ou qu'ils aient été perdus, soit qu'ils aient été composés par des auteurs Chrétiens, ou des ennemis de la religion : la troisième, des monuments qui ont rapport à l'Ecriture, comme les ouvrages de Philon, de Josephe, de Mercure Trismegiste, et de plusieurs autres ; tels sont aussi les oracles des sibylles, le symbole des apôtres, et leurs canons.

Tel serait l'objet et la matière de la première partie ; la seconde comprendrait huit traités : le premier serait de la Géographie sacrée : le second, de l'origine et de la division des peuples ; ce serait un beau commentaire sur le chapitre X. de la Genese : le troisième, de la chronologie de l'Ecriture, où par conséquent on travaillerait à éclaircir l'ancienne chronologie des empires d'Egypte, d'Assyrie, et de Babylone, qui se trouve extrêmement mêlée avec celle des Hébreux : le quatrième, de l'origine et de la propagation de l'idolatrie ; celui-ci ne serait, ou je me trompe fort, ni le moins curieux, ni le moins philosophique, ni le moins savant : le cinquième, de l'histoire naturelle relative à l'Ecriture, des pierres précieuses dont il y est fait mention, des animaux, des plantes, et autres productions ; on rechercherait quels sont ceux de nos noms auxquels il faudrait rapporter ceux sous lesquels elles sont désignées : le sixième, des poids, des mesures, et des monnaies qui ont été en usage chez les Hébreux, jusqu'au temps de Notre-Seigneur, ou même après les apôtres : le septième, des idiomes différents des langues principales, dans lesquels les livres saints ont été écrits ; des phrases poétiques et proverbiales, des figures, des allusions, des paraboles ; en un mot, de ce qui forme une bonne partie de l'obscurité des prophéties et des évangiles : le huitième serait un abrégé historique, qui exposerait rapidement les différents états du peuple Hébreu jusqu'au temps des apôtres ; les différentes révolutions survenues dans son gouvernement, ses usages, ses opinions, sa politique, ses maximes.

Voilà une idée qui me parait assez juste et assez étendue pour exciter un savant à la remplir. Tout ce qu'il dirait là-dessus ne serait peut-être pas nouveau : mais ce serait toujours un travail estimable et utile au public, que de lui présenter dans un seul ouvrage complet, sous un même style, selon une méthode claire et uniforme, et avec un choix judicieux, des matériaux dispersés, et la plupart inconnus, recueillis d'un grand nombre de savants.

Qu'il me soit permis de m'adresser ici à ceux qui n'ont pas de l'étendue de la Théologie, toute l'idée qu'ils en doivent avoir. Le plan que je viens de proposer a sans-doute de quoi surprendre par la quantité de matières qu'il comprend ; ce n'est pourtant qu'une introduction à la connaissance de la religion : le théologien qui les possède ne se trouve encore qu'à la porte du grand édifice qu'il a à parcourir ? une seule thèse de licence contient toutes les questions dont je viens de parler. On se persuade faussement aujourd'hui qu'un théologien n'est qu'un homme qui sait un peu mieux son catéchisme que les autres ; et sous prétexte qu'il y a des mystères dans notre religion, on s'imagine que toutes sortes de raisonnements lui sont interdits. Je ne vois aucune science qui demande plus de pénétration, plus de justesse, plus de finesse, et plus de subtilité dans l'esprit, que la Théologie ; ses deux branches sont immenses, la scolastique et la morale ; elles renferment les questions les plus intéressantes. Un théologien doit connaitre les devoirs de tous les états ; c'est à lui à discerner les limites qui séparent ce qui est permis d'avec ce qui est défendu : lorsqu'il parle des devoirs de notre religion, son éloquence doit être un tonnerre qui foudroye nos passions, et en arrête le cours ; ou doit avoir cette douceur qui fait entrer imperceptiblement dans notre âme des vérités contraires à nos penchans. Quel respect et quelle vénération ne méritent pas de tels hommes ! Et qu'on ne croye pas qu'un théologien, tel que je viens de le peindre, soit un être de raison. Il est sorti de la faculté de Théologie de Paris plusieurs de ces hommes rares. On lit dans ses fastes les noms célèbres et à jamais respectables des Gersons, des Duperrons, des Richelieux, et des Bossuets. Elle ne cesse d'en produire d'autres pour la conservation des dogmes et de la morale du Christianisme. Les écrivains qui se sont échappés d'une manière inconsidérée contre ce qui se passe sur les bancs de Théologie, méritent d'être dénoncés à cette faculté, et par elle au clergé de France : que pensera-t-il d'un trait lancé contre ce corps respectable, dans la continuation obscure d'un livre destiné toutefois à révéler aux nations la gloire de l'Eglise Gallicane, dont la faculté de Théologie est un des principaux ornements ? Ce trait porte contre une thèse qui dure douze heures, et qu'on nomme Sorbonique : on y dit plus malignement qu'ingénieusement, que malgré sa longueur elle n'a jamais ruiné la santé de personne. Cette thèse ne tua point l'illustre Bossuet : mais elle alluma en lui les rayons de lumière qui brillent dans ses ouvrages sur le mérite, sur la justification, et sur la grâce. Elle ne se fait point, il est vrai, avec cet appareil qu'on remarque dans certains colléges : on y est plus occupé des bons arguments et des bonnes réponses, que de la pompe et de l'ostentation, moyen sur d'en imposer aux ignorants : on n'y voit personne posté pour arrêter le cours d'une bonne difficulté ; et ceux qui sont préposés pour y maintenir l'ordre, sont plus contens de voir celui qui soutient un peu embarrassé sur une objection très-forte qu'on lui propose, que de l'entendre répondre avec emphase à des minuties. Ce n'est point pour éblouir le vulgaire que la faculté fait soutenir des thèses ; c'est pour constater le mérite de ceux qui aspirent à l'honneur d'être membres de son corps : aussi ne voit-on point qu'elle s'empresse à attirer une foule d'approbateurs ; tous les Licenciés y disputent indifféremment : c'est que ce sont des actes d'épreuve et non de vanité. Ce n'est point sur un ou deux traités qu'ils soutiennent, les seuls qu'ils aient appris dans leur vie ; leurs thèses n'ont d'autres bornes que celles de la Théologie. Je sai que l'auteur pourra se défendre, en disant qu'il n'a rien avancé de lui-même ; qu'il n'a fait que rapporter ce qu'un autre avait dit : mais excuserait-il quelqu'un qui dans un livre rapporterait tout ce qu'on a écrit de vrai ou de faux contre son corps ? Nous espérons que ceux à qui l'honneur de notre nation et de l'église de France est cher, nous sauront gré de cette espèce de digression. Nous remplissons par-là un de nos principaux engagements ; celui de chercher et de dire, autant qu'il est en nous, la vérité. Voyez FACULTE, LICENCE, THEOLOGIE.