Mythologie & Littérature

S. m. genius, (Mythologie, Littérature et Antiquité) esprit d'une nature très-subtile et très déliée, que l'on croyait dans le paganisme, présider à la naissance des hommes, les accompagner dans le cours de leur vie, veiller sur leur conduite, et être commis à leur garde jusqu'à leur mort.

La tradition la plus ancienne, la plus générale, et la plus constamment répandue, puisqu'elle subsiste encore, est que le monde soit rempli de génies. Cette opinion chimérique, après avoir si souvent changé de forme, successivement adoptée sous le nom de démons, de manes, de lares, de lémures, de pénates, a finalement donné lieu à l'introduction des fées, des gnomes, et des sylphes ; tant est singulière la propagation permanente des erreurs superstitieuses sous différentes métamorphoses ! mais nous nous arrêtons aux siècles de l'antiquité, et nous tirons le rideau sur les nôtres.

S. f. (Mythologie et Littérature) trois sœurs filles de Phorcus et de Céto, et sœurs cadettes des Grées. Elles demeuraient, selon Hésiode, au-delà de l'Océan, à l'extrémité du monde, près du séjour de la nuit, là même où les Hespérides font entendre les doux accens de leur voix.

Les noms des Gorgones sont Sthéno, Euryale, et Méduse si célèbre par ses malheurs : elle était mortelle, au lieu que ses deux sœurs n'étaient sujettes ni à la vieillesse ni à la mort. Le dieu souverain de la mer fut sensible aux charmes de Méduse ; et sur le gazon d'une prairie, au milieu des fleurs que le printemps fait éclore, il lui donna des marques de son amour. Elle périt ensuite d'une manière funeste ; Persée lui coupa la tête.

ou plutôt GRYPHON, s. m. (Mythologie et Littérature) en grec , animal fabuleux qui pardevant ressemblait à l'aigle, et par derrière au lion ; avec des oreilles droites, quatre pieds, et une longue queue.

Hérodote, Pomponius Méla, Elien, Solin, et Apulée, semblent avoir cru que cette espèce d'animal existait dans la nature ; car ils nous disent que près les Arismaspes dans les pays du nord, il y avait des mines d'or gardées par des gryphons, et qu'on en immolait quelquefois sur les hécatombes ; mais tous les autres écrivains de l'antiquité ne reconnaissaient de gryphons que dans la fable, et les écrits des Poètes. Quand Virgile, parlant du mariage mal assorti de Mopsus et de Nisa, s'écrie, qu'on joindrait plutôt des gryphons avec des juments ; il ne veut que peindre la bizarrerie d'une pareille union.

S. f. (Mythologie et Littérature) nom propre d'une divinité des Egyptiens, et dont le culte a été adopté par presque tous les peuples de l'antiquité payenne. Il en est peu dont il nous reste autant de monuments, et sur laquelle les savants de tous les âges aient plus exercé leur imagination. Plutarque a fait un livre d'Isis et d'Osiris ; mais on ne peut que s'étonner que la fureur des étymologies ne se soit pas étendue sur le nom d'une divinité célèbre ; ces recherches souvent plus curieuses que d'autres sur lesquelles quelques savants se sont exercés, n'auraient cependant pas laissé de répandre un certain jour sur la nature de cette divinité, et par-là même sur le culte fastueux et presque universel qui lui était rendu.

S. f. pl. Lamiae, (Mythologie et Littérature) spectres de la fable qu'on représentait avec un visage de femme, et qu'on disait se cacher dans les buissons, près des grands chemins, pour dévorer les passants. On leur donna ce nom du mot grec , qui signifie voracité ; hormis qu'on aime mieux adopter le sentiment de Bochart, qui tire de Lybie la fable des Lamies, et qui donne à ce mot une étymologie phénicienne, dont le sens est le même que celui de l'étymologie grecque.

Ce qu'il y a de sur, c'est que de tout temps et en tout pays, on a inventé de pareilles chimères, dont les nourrices, les gouvernantes, et les bonnes femmes, se servent comme d'un épouvantail pour faire peur à leurs enfants, les empêcher de pleurer, ou les apaiser. C'est une coutume d'autant plus mauvaise, que rien n'est plus capable d'ébranler ces petits cerveaux, si tendres et si flexibles, et d'y produire des impressions de frayeur dont ils se ressentent malheureusement toute leur vie.