S. m. (Astronomie et Chronologie) c'est la douzième partie de l'année. Voyez ANNEE.

Comme il y a différentes espèces d'années, il y a aussi différentes espèces de mois suivant l'astre particulier par les révolutions duquel on les détermine, et les usages particuliers auxquels on les destine, comme mois solaire, mois lunaire, mois civil, mois astronomique, etc.

Mais solaire, c'est l'espace de temps que le soleil emploie à parcourir un signe entier de l'écliptique. Voyez SOLEIL.

Si on a égard au vrai mouvement du soleil, les mois solaires sont inégaux, puisque le soleil est plus longtemps dans les signes d'hiver que dans ceux d'été.

Mais comme il parcourt constamment tous les douze signes en 365 j. 5h. 49'. on aura la quantité du mois moyen en divisant ce nombre par douze ; et d'après ce principe on déterminera la quantité du mois solaire de 30 j. 10. h. 29'. 5''.

Les mois lunaires sont ou synodiques ou périodiques.

Le mois lunaire synodique qui s'appelle simplement mois lunaire ou lunaison, c'est l'espace de temps compris entre deux conjonctions de la lune avec le soleil, ou entre deux nouvelles lunes. Voyez SYNODIQUE et LUNAISON.

La quantité du mois synodique est de 29 j. 12 h. 44'. 3''. 11'''. Voyez LUNE.

Le mois lunaire périodique, c'est l'espace de temps dans lequel la lune fait son tour dans le zodiaque, c'est-à-dire le temps qu'elle emploie à revenir au même point du zodiaque d'où elle est partie. Voyez PERIODIQUE.

La quantité de ce mois est de 27 j. 7h. 43'. 8''.

Les anciens romains se sont servis des mois synodiques lunaires, et les ont fait alternativement de 29 et 30 jours ; ils marquaient les différents jours de chaque mois par trois termes, calendes, nones et ides. Voyez CALENDES, NONES et IDES.

Mais astronomique ou naturel, c'est celui qui est mesuré par quelqu'intervalle exact correspondant au mouvement du soleil ou de la lune.

Tels sont les mois lunaires et solaires dont nous avons déjà parlé, sur quoi il faut remarquer que ces mois ne sont point d'usage dans la vie civile, où on demande que les mois commencent et finissent à un jour marqué ; c'est ce qui fait qu'on a recours à une autre sorte de mois.

Mais civil ou commun, c'est un intervalle d'un certain nombre entier de jours qui approche beaucoup de la quantité de quelques mois astronomiques, soit lunaires, soit solaires. Voyez JOURS.

Les mois civils sont différents, suivant les différents mois astronomiques auxquels ils répondent.

Comme le mois lunaire synodique est de 29 j. 12h. 44'. 3''. 11''', les mois lunaires civils devraient être alternativement de 29 à 30 jours, pour conserver autant qu'il serait possible l'accord avec les vrais mois lunaires. Cependant si tous les mois étaient alternativement de 29 et de 30 jours, on négligerait 44'. 3''. 11''', qui au bout de 948 mois font un mois de 29 jours ; il faut ajouter à la fin de chaque 948e mois un mois de 29 jours, ou bien il faut faire, si l'on aime mieux, chaque 33e mois de 30 jours, ainsi que le 32e, parce que ces 44'. 3''. 11'''. font un jour au bout de 33 mois.

C'était-là le mois qui était d'usage civil ou commun parmi les Grecs, les Juifs et les Romains, jusqu'au temps de Jules-César.

Sous Auguste, le sixième mois, qui jusqu'alors avait été nommé par cette raison Sextilis, fut nommé, en l'honneur de ce prince, Augustus, et il eut dans la suite 31 jours, au lieu qu'il n'en avait eu jusqu'alors que 30. Pour faire une compensation, on ôta un jour à Février, de façon qu'il n'eut plus que 28 jours, et à chaque quatrième année 29, etc. Tels sont encore les mois civils ou du calendrier dont on se sert pour compter le temps en Europe. Voyez CALENDRIER.

Mais dracontique, voyez DRACONTIQUE.

Mais embolismique, voyez EMBOLISMIQUE. Chambers. (O)

MOIS APOSTOLIQUES, (Jurisprudence) sont les mois que les papes se sont réservés pour la collation des bénéfices dans les pays d'obédience. La règle de chancellerie de mensibus alternativâ donne au pape la collation de tous les bénéfices qui vaquent pendant huit mois de l'année, n'en conservant que quatre de libres aux collateurs ordinaires. La même règle donne six mois aux évêques en faveur de la résidence, quand ils ont accepté l'alternative.

On tient que ce furent quelques cardinaux qui projettèrent cette règle des huit mois après le concile de Constance. Martin V. en fit une loi de la chancellerie ; Innocent VIII. en 1484 établit l'alternative pour les évêques en faveur de la résidence.

Chaque mois apostolique commence et finit à minuit. Voyez les lois ecclésiastiq. de d'Héricourt, p. 329, et les mots ALTERNATIVE, BENEFICE, CHANCELLERIE ROMAINE, COLLATEUR, COLLATION, PAPE, REGLES DE CHANCELLERIE. (A)

MOIS MILITAIRES, en Pologne sont trois mois de l'année, ainsi nommés, parce qu'autrefois les fiefs de nomination royale qui venaient à vaquer dans le cours de ces trois mois, ne se conféraient qu'à des gens de guerre. La diete de Pologne proposa en 1752 de rétablir ces mois militaires, mais l'opposition d'un nonce rendit ce projet et plusieurs autres inutiles. Voyez le journal de Verdun de Janvier 1753, pag. 9. (A)

MOIS ROMAINS sont des aides extraordinaires qui se paient à l'empereur en troupes ou en argent ; ils consistent aussi en quelques subsides ordinaires des villes impériales, en taxes de la chancellerie de l'empire ; enfin, en redevances ordinaires et extraordinaires que les Juifs sont obligés de payer à l'empereur : savoir les redevances extraordinaires à son couronnement, les redevances ordinaires tous les ans à Noë, ce qui ne forme pas des sommes fort considérables. Les fiefs de l'empire produisent aussi quelqu'argent à l'empereur pour l'investiture, mais cet argent est presque toujours tout pour les officiers qui assistent à la cérémonie. Voyez le tableau de l'empire Germanique, pag. 31. (A)

MOIS PHILOSOPHIQUE, (Alchimie). Les Alchimistes ont désigné par cette expression un temps de quarante jours, et c'est-là la durée qu'ils ont déterminée pour plusieurs opérations alchimiques, principalement des circulations et des digestions. Voyez CIRCULATION et DIGESTION. (b)

MOIS DES ARABES. Les Arabes, depuis qu'ils ont embrassé la religion de Mahomet, partagent leur année, qui est de 355 jours, en douze mois lunaires, dont les uns ont 30 jours et les autres 29 jours. Ils donnent à ces mois les noms suivants : Moharram, Safar, le premier Rabbi, le dernier Rabbi, le premier Jomada, le dernier Jomada, Rajeb, Shaaban, Ramadan, Shawal, Dhulkaada et Dhulhaja. Le premier de ces mois est de 30 jours, le second est de 29, et ainsi de suite alternativement ; cependant dans les années intercalaires on ajoute un jour de plus au mois Dhulhaja, qui par ce moyen en a 30. Il n'est point permis aux Mahométants de rien changer à cet égard, et leur manière de compter est fixée par l'alcoran. Par cette manière de diviser l'année, dans l'espace de 33 ans le premier jour de l'année mahométane passe par les quatre saisons.

Avant la venue de Mahomet, les arabes payens avaient quatre mois dans l'année qu'ils regardaient comme sacrés, pendant lesquels toute guerre et tout acte d'hostilité cessaient ; il n'était pas permis durant cet intervalle de se venger de ses plus cruels ennemis, ni même de porter des armes. Cette loi s'observait avec la plus grande exactitude, et sa violation était regardée comme la plus grande impiété.

MOIS DES EGYPTIENS, (Calendrier Egypt.) c'est une matière des plus obscures que celle de ce calendrier. S'il est vrai, comme le rapporte Diodore de Sicile, que les Egyptiens des premiers âges employèrent des années qui n'avaient chacune qu'un seul mois ou deux ; il en résulte qu'ils ne connurent point d'année proprement dite, ni de mesure plus longue pour supputer les temps, que l'intervalle des révolutions lunaires. Une méthode si bornée désigne manifestement l'enfance du monde ; et bientôt la vicissitude des saisons dut conduire les hommes à la connaissance de quelques périodes plus longues que celle du cours de la lune : de-là, cette distinction qu'on fit des saisons, qui portèrent aussi le nom d'année, par exemple, les années de trois mois établies, dit-on, par l'égyptien Horus, et les années de quatre mois, dont on prétend que les auteurs furent les peuples d'Egypte : c'est par une réduction de ces sortes d'années si fort abrégées, que d'anciens écrivains, tels que Diodore, Varron et Pline, expliquent historiquement les antiquités égyptiennes, qu'on faisait remonter à tant de milliers de siècles ; pendant que d'autres estiment que tout cet appareil chronologique cache réellement des calculs de pure astronomie.

Quoiqu'il en sait, il est démontré que l'Egypte employa dans la suite une mesure de temps plus longue et plus conforme à l'idée que nous avons de ce qu'on nomme année. Telle fut l'année en usage parmi les Hébreux à leur sortie d'Egypte, la même année sans doute que celle des naturels du pays. On voit par l'histoire sainte que les mois de cette année Judéo-égyptienne avaient pour toute dénomination celle de premier mois, second mois, ainsi du reste jusqu'au douzième, et Josephe suppose manifestement qu'ils étaient lunaires. D'ailleurs, comme on sait que les mois judaïques des temps postérieurs étaient réglés par le cours de la lune, on doit juger par l'attachement de la nation juive à ses usages et à ses cérémonies, que ses mois furent effectivement lunaires dès les premiers temps, et que les anciens mois égyptiens ayant été les mêmes, furent aussi pareillement lunaires. Cependant on ne peut rien établir de positif, ni sur la forme d'une pareille année, ni même sur l'année de 360 jours, que les Egyptiens employèrent, selon le Syncelle, avant leur année vague de 365 jours ; et c'est avec raison à cette dernière qu'on fait ordinairement commencer l'histoire du calendrier égyptien.

Les années égyptiennes ont été l'objet du travail de plusieurs savants modernes. Scaliger et Pétau ont traité cette matière dans leurs ouvrages chronologiques ; Golius dans ses notes sur Alfragan ; Marsham, dans son canon chronique ; Dodwel, dans un appendix ou addition à différentes dissertations ; M. Des Vignoles dans une pièce qui est à la tête du quatrième tome des mémoires intitulés, Miscellanea Berolinensia ; Dom Martin, dans son explication de divers monuments ; et M. Averani, dans son petit livre sur les mois égyptiens, imprimé à Florence en 1731, in -4°. Nous renvoyons le lecteur à tous ces divers ouvrages qui regardent la forme des années égyptiennes : c'est assez de donner ici l'ordre des mots qui la composaient.

Tels étaient les mois qui composaient la forme des années civiles des Egyptiens, soit de leur année vague, soit de leur année solaire, dite l'année Alexandrine, soit enfin de leur année lunaire ; car ces différentes formes d'années furent toutes trois en usage pendant un certain temps dans différents cantons de l'Egypte.

L'année alexandrine, établie en l'an 366 avant Jesus-Christ, et usitée encore du temps de Pline, vers l'an 800 de l'ère chrétienne, subsista plus de 400 ans. Voici présentement quel était le rapport du calendrier alexandrin avec le calendrier julien des Romains, et quel était dans les années communes le jour julien, qui répondait à l'ouverture des mois alexandrins.

Vers les premiers siècles de l'ère chretienne, les peuples qui composaient la partie orientale de l'empire Romain ne s'accordaient point entr'eux dans la manière de compter leurs années ; et parmi les peuples d'Asie, souvent une seule province avait des calendriers différents ; le cardinal Noris l'a démontré par rapport à la Syrie en particulier, dans son ouvrage intitulé, annus et epochae Syro-Macedonum. On ne doit donc pas trouver étrange si les Egyptiens, étant voisins de la Syrie, se divisèrent aussi pour leurs méthodes de calendrier ; et si dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, où ils employaient ici une année vague et là une année fixe solaire, ils se servirent ailleurs d'une troisième sorte d'année véritablement lunaire, comme celle des Juifs et des Grecs, c'est ce qui a engagé le savant Dodwel à dresser la table du cycle egyptio-judeo-macédonien, suivant laquelle on voit l'ordre des mois égyptiens, judaïques et macédoniens, qui se répondaient uniformément. Comme cette table est essentielle pour l'intelligence de l'Histoire, il convient de la rapporter ici.

(D.J.)

MOIS DES HEBREUX, (Histoire sacrée) Les Hébreux ne désignaient les mois que par l'ordre qu'ils tenaient entr'eux, le premier, le second, le troisième, et ainsi du reste. Moïse, Josué, les juges, les rais, suivirent le même usage ; et ce n'est que depuis la captivité de Babylone que les Israèlites prirent les noms des mois des Chaldéens et des Perses, chez qui ils avaient demeuré si longtemps. Voici les noms de tous les mois des Hébreux, et l'ordre qu'ils tiennent entr'eux dans l'année sainte et dans l'année civile.

Comme les mois des juifs étaient lunaires, ils ne pouvaient exactement répondre aux nôtres, qui sont solaires ; ainsi ils se rapportent à deux des nôtres, et enjambent de l'un dans l'autre ; et les douze mois lunaires ne faisant que 364 jours et six heures, l'année des Juifs était plus courte que la romaine de 12 jours. C'est pourquoi les Juifs avaient soin de trois en trois ans d'intercaler dans leur année un treizième mois qu'ils appelaient Né-adar ou le second Adar ; et par-là leur année lunaire égalait l'année solaire, parce qu'en 36 mois de soleil il y en a 7 de lune. (D.J.)

MOIS DES GRECS, (Littérature grecque) chez les anciens Grecs, l'année était partagée en douze mois, qui contenaient chacun alternativement trente, on vingt-neuf jours. Mais comme les mois de trente jours précédaient toujours ceux de 29, on les nommait pleins, ou , comme finissant au dixième jour. Les mois de vingt-neuf jours étaient appelés creux, ; et comme ils finissaient au neuvième jour, on les nommait .

Pour entendre la manière qu'avaient les Grecs de compter les jours des mois, il faut savoir que chacun de leurs mois était divisé en trois décades, ou dixaines de jours, ; la première décade était du mois commençant, ou ; la seconde décade était au milieu du mois, ; la troisième décade était du mois finissant, , ou , ou .

Ils nommaient le premier jour du mois , comme tombant sur la nouvelle lune ; ils l'appelaient aussi , ou , parce qu'il faisait le premier jour de la première décade ; le second jour se nommait ; le troisième, , et ainsi de suite jusqu'à .

Le premier jour de la deuxième décade, qui faisait le onzième jour du mois, s'appelait , ou ; c'est-à-dire le premier au-dessus de la dixaine ; le second de cette même décade se nommait , ou , et ainsi de suite, jusqu'à , le vingtième, qui était le dernier de la deuxième décade.

Le premier jour de la troisième décade était nommé ; le second , et ainsi des autres.

Quelquefois ils renversaient les nombres de cette dernière décade, appelant le premier jour , le second , le troisième , et ainsi de suite jusqu'au dernier jour du mois, qui se nommait , en l'honneur de Démétrius Poliorcete. Avant le règne de ce prince, et en particulier du temps de Solon, on appelait le dernier jour du mois , le vieux et le nouveau, parce que la nouvelle lune arrivant alors, une partie de ce jour tombait sur la vieille lune, et l'autre partie sur la nouvelle. On le nommait encore , le trentième ; et cela non-seulement dans les mois de trente jours, mais aussi dans ceux de vingt-neuf. A l'égard de ces derniers, on ne comptait pas le vingt-deux, &, selon d'autres, le vingt-neuf, mais on comptait toujours constamment le trentième ; ainsi, conformément au plan de Thalès, tous les mois étaient nommés mois de trente jours, quoique par le réglement de Solon, la moitié des mois n'avait que vingt-neuf jours. De cette manière l'année lunaire des Athéniens s'appelait une année de 360 jours, quoique réellement elle en eut seulement 354.

Comme les noms des mois étaient différents dans les différentes parties de la Grèce, et que nous n'avons de calendriers complets que ceux d'Athènes et de Macédoine, c'est assez de considérer ici les mois athéniens, en mentionnant simplement ceux de quelques autres Grecs qui leur répondent.

Hecatombaeon était le premier mois de l'année athénienne, il commençait à la nouvelle lune, après le solstice d'été, et répondait suivant le calcul du savant Potter, à la fin de notre mois de Juin et au commencement de Juillet. Il avait trente jours, et s'appelait par les Béotiens Hippodromus, et par les Macédoniens Lous ; son ancien nom était Cronius.

2°. Métagitnion, second mois de l'année athénienne qui répondait à la fin de Juillet et au commencement d'Aout. Il n'avait que vingt-neuf jours, et était appelé par les Béotiens Panémus, et par le peuple de Syracuse, Carnius.

3°. Boédromion était le troisième mois de l'année athénienne. Il contenait trente jours, et répondait à la fin de notre mois d'Aout et au commencement de Septembre.

4°. Maemacterion, quatrième mois de l'année des Athéniens, était composé de vingt-neuf jours. Il répondait à la fin de notre mois de Septembre et au commencement d'Octobre. Les Béotiens le nommaient Alalcomenéus.

5°. Pianepsion était le cinquième mois de l'année des Atheniens. Il avait trente jours, et répondait à la fin de notre Octobre et au commencement de Novembre. Il était appelé par les Béotiens Damatrius.

6°. Anthesterion était le sixième mois de l'année athénienne. Il répondait à la fin de notre mois de Novembre, et au commencement de Décembre. Il avait vingt-neuf jours. Les Macédoniens le nommaient Doesion.

7°. Posideon, septième mois de l'année athénienne, répondant à la fin de Décembre et au commencement de Janvier, et contenant trente jours.

8°. Gamélion était le huitième mois de l'année des Athéniens. Il répondait en partie à la fin de notre Janvier, en partie au commencement de Février, et il n'avait que vingt-neuf jours.

9°. Elaphébolion faisait le neuvième mois de l'année athénienne. Il était de trente jours et répondait à la fin de Février, ainsi qu'au commencement de Mars.

10°. Munychion, dixième mois de l'année des Athéniens. Il était de vingt-neuf jours, et répondait à la fin de Mars et au commencement d'Avril.

11°. Thargelion faisait le onzième mois de l'année des Athéniens. Il répondait à la fin de notre mois d'Avril et au commencement de Mai. Il avait 30 jours.

12°. Scirrophorion était le nom du douzième et dernier mois de l'année des Athéniens. Il était composé de vingt-neuf jours, et répondait en partie à la fin de Mai, et en partie au commencement de Juin.

Telle est la réduction du calendrier attique au nôtre, d'après M. Potter ; et je l'ai pris pour mon guide, parce qu'il m'a paru avoir examiné ce sujet avec le plus de soin et d'exactitude. Le P. Pétau dispose bien différemment les douze mois des Athéniens. Il en met trois pour l'automne ; savoir Hécatombeon ; Métageitnion et Boèdromion, Septembre, Octobre, Novembre ; trois pour l'hiver, Mémactérion, Pyanepsion et Posideon, Décembre, Janvier, Février ; trois pour le printemps, Gamélion, Anthesterion et Elaphébolion, Mars, Avril, Mai ; et trois pour l'été, Munychion, Thargelion, Scirrophorion, Juin, Juillet et Aout.

Mais quelque respect que j'aie pour tous les savants qui ont entrepris d'arranger le calendrier des Athéniens avec le nôtre, je suis persuadé que la chose est impossible par la raison que les mois des Grecs etant lunaires, ils ne peuvent répondre avec la même justesse à nos mois solaires ; c'est pourquoi je pense qu'en traduisant les anciens auteurs, il vaut mieux retenir dans nos traductions les noms propres de leurs mois, que de suivre aucun systeme, en les ajustant pour sur mal ou faussement avec nôtre calendrier romain.

Je sai tout ce qu'on peut objecter contre mon sentiment. On dira qu'il vaut mieux être moins exact, que d'épouvanter la plus grande partie des lecteurs par des mots étrangers auxquels ils ne sont point accoutumés ; car, quelles oreilles françaises ne seraient effrayées des mois nommés Pyanepsion, Posidéon, Gamélion, Anthesterion ? etc. On ajoutera que hasarder des termes si difficiles à articuler, c'est faire naitre dans l'esprit des lecteurs des diversions désagréables, et leur faire porter sur des mots une partie de l'attention qu'ils doivent aux choses. Mais toutes ces raisons ne sont pas assez fortes pour me faire changer d'avis ; je ne crois pas que par trop d'égard pour une fausse délicatesse, on doive commettre volontairement une sorte d'anacronisme, et user de noms postérieurs aux Grecs qu'on fait parler français. J'ai du moins pour moi l'exemple de M. d'Ablancourt, qui dans la traduction de Thucydide, emploie cruement le nom des mois grecs. On ne peut pas dire que ce savant homme a pris ce parti sans réflexion ; car en cela même il se retractait, puisqu'il avait pratiqué le contraire dans ses ouvrages précédents. Je n'affectionne point pédantesquement des termes d'un vieux calendrier conçu en langue barbare pour bien des gens ; mon oreille est peut-être aussi délicate que celle de ceux qui se piquent d'avoir du goût ; aussi le nom français de chaque mois me plairait bien mieux que le nom grec ; mais aucune complaisance vicieuse ne doit obtenir d'un traducteur qu'il induise sciemment en erreur, et qu'il emploie des noms affectés aux mois romains et solaires, qui n'ont aucun rapport avec les mois attiques et lunaires.

Le P. Pétau s'est persuadé que les douze mois macédoniens répondaient aux mois d'Athènes à-peu-près de la manière suivante : pour l'automne, Gorpiaeus, Hyperberetaeus, Dius ; pour l'hiver, Appellaeus, Audinaeus, Lous ; pour le printemps, Dyrtrus, Xanticus, Artemisius ; et pour l'été, Doesius ; Panemus et Peritius : mais si Philippe Macédonien et Plutarque prétendent, l'un que le mois Lous répondait au mois Boèdromion, et l'autre au mois Hécatombaeon, comment un moderne peut-il oser ajuster les douze mois macédoniens, je ne dis pas aux nôtres, mais même aux mois attiques ?

Quand à ce qui regarde les mois des Corinthiens, les anciens monuments ne nous ont conservé que les noms de quelques-uns.

Nous n'avons aussi que quatre mois du calendrier de Béotie, et cinq du calendrier de Lacédémone. (D.J.)

MOIS DES ROMAINS, (Calendrier romain) les mois des Romains gardent encore les mêmes noms qu'ils avaient autrefois. Le mois de Janvier, Januarius, qui commence l'année, fut ainsi nommé de Janus, dieu du temps ; Février, de la fête Februale, parce qu'il y avait dans ce mois une purification de tout le peuple. Le mois de Mars prend son nom du dieu Mars auquel il était consacré. Avril vient du mot latin aperire, qui veut dire ouvrir, parce que c'est dans ce mois que la terre ouvre son sein pour produire toutes les plantes. D'autres le tirent d'un mot grec qui signifie Vénus, parce que Romulus l'avait consacré à cette déesse, en qualité de fondatrice de l'empire romain par Enée. Le mois de Mai avait reçu ce nom en l'honneur des jeunes gens, ou, selon quelques-uns, à cause de Maïa, mère de Mercure, et selon d'autres, en considération de la déesse Majesta, que l'on disait fille de l'Honneur. Le mois de Juin tirait son nom de Junon, ce qui a fait que quelques peuples du Latium l'ont appelé Junonius, Juniales. Le mois de Juillet qu'on nommait le cinquième mois, quintilis, parce qu'il est le cinquième en commençant par Mars, porta le nom de Juillet, Julius, en l'honneur de Jules-César, comme le mois d'Aout, sextilis, sixième mois, fut appelé Augustus, à cause de l'empereur Auguste. Les autres mois ont conservé le nom du rang qu'ils avaient quand le mois de Mars était le premier de l'année : ainsi, Septembre, Octobre, Novembre et Décembre, ne signifiaient autre chose, que le septième, neuvième et dixième mois. Dans la suite des temps, les Romains, pour faire leur cour aux empereurs, ajoutaient au nom de ces mois celui de l'empereur regnant, comme Septembre-Tibere, Octobre-Livie, en l'honneur de Tibere et de Livie sa mère. Les mêmes mois eurent aussi les noms de Germanicus, Domitianus : etc. L'empereur Commode donna même à tous les mois différents noms qu'ils avaient tirés des surnoms qu'il portait ; mais ces noms furent abolis après la mort de ce prince. On divisait les mois en calendes, nones et Ides. Voyez ces trois mots et l'article AN. (D.J.)

MOIS, pl. m. (Médecine) terme vulgaire pour signifier cet écoulement périodique des femmes, que les médecins nomment flux menstruel. Les femmes ont je ne sais combien d'autres termes de mode, moins propres que celui-ci, mais que tout le monde entend, et qu'elles emplaient pour désigner l'indisposition régulière à laquelle la nature les a soumises pendant une partie de leur vie. (D.J.)

MOIS DE CAMPAGNE, (Art militaire) c'est dans les troupes un mois de quarante cinq jours. Les appointements que le roi paye aux officiers généraux employés à l'armée, aux brigadiers, etc. de ses troupes, sont fixés pour des mois de cette espèce.