S. m. (Géométrie) c'est l'ouverture que forment deux lignes ou deux plans, ou trois plans qui se rencontrent : tel est l'angle B A C, tab. de Géom. fig. 91. formé par les lignes A B, A C, qui se rencontrent au point A. Les lignes A B, A C, sont appelées les jambes ou les côtés de l'angle ; et le point d'intersection A en est le sommet. Voyez COTES et SOMMET. Lorsque l'angle est formé par trois plans, on le nomme angle solide.

Les angles se marquent quelquefois par une seule lettre, comme A, que l'on met au sommet ou point angulaire, et quelquefois par trois lettres, dont celle du milieu marque la pointe ou sommet de l'angle, comme B A C.

La mesure d'un angle, par laquelle on exprime sa quantité, est un arc tel que D E, décrit du sommet A entre les côtés A C, A B, avec un rayon pris à volonté. Voyez ARC et MESURE.

D'où il s'ensuit que les angles se distinguent par le rapport de leurs arcs à la circonférence du cercle entier. Voyez CERCLE et CIRCONFERENCE. Ainsi l'on dit qu'un angle est d'autant de degrés qu'en contient l'arc D E, qui le mesure. Voyez DEGRE.

Puisque les arcs semblables A B, D E, figure 87. ont le même rapport à leurs circonférences respectives, et que les circonférences contiennent chacune le même nombre de degrés, il s'ensuit que les arcs A B, D E, qui sont les mesures des deux angles A C B, D C E, contiennent un nombre égal de degrés : c'est pourquoi les angles eux-mêmes sont aussi égaux ; et comme la quantité d'un angle s'estime par le rapport de son arc à la circonférence, il n'importe avec quel rayon cet arc est décrit ; car les mesures d'angles égaux sont toujours ou des arcs égaux, ou des arcs semblables.

Donc la quantité d'un angle demeure toujours la même, soit que l'on prolonge ses côtés, soit qu'on les raccourcisse. Ainsi dans des figures semblables, les angles homologues ou correspondants sont égaux. Voyez SEMBLABLE, FIGURE, etc.

L'art de prendre la valeur des Angles est une opération d'un grand usage et d'une grande étendue dans l'Arpentage, la Navigation, la Géographie, l'Astronomie, etc. Voyez HAUTEUR, ARPENTAGE.

Les instruments qui servent principalement à cette opération, sont les quarts de cercle, les théodolites ou planchettes rondes, les graphomètres, etc. Voyez CERCLE D'ARPENTEUR, PLANCHETTE, GRAPHOMETRE, etc.

Les angles dont il faut déterminer la mesure ou la quantité, sont sur le papier ou sur le terrain. 1°. Quand ils sont sur le papier, il n'y a qu'à appliquer le centre d'un rapporteur sur le sommet de l'angle O, (Table d'Arpent. fig. 29.) de manière que le rayon O B soit couché sur l'un des côtés de cet angle ; alors le degré que coupera l'autre côté O P sur l'arc du rapporteur, donnera la quantité de l'angle proposé. Voyez RAPPORTEUR. On peut aussi déterminer la grandeur d'un angle par le moyen de la ligne des cordes. Voyez CORDE et COMPAS DE PROPORTION.

2°. Quand il s'agit de prendre des angles sur le terrain, il faut placer un graphomètre ou un demi-cercle, (fig. 16.) de telle sorte que le rayon C G de l'instrument réponde bien exactement à l'un des côtés de l'angle, et que le centre C soit verticalement au-dessus du sommet : on parvient à la première de ces opérations, en observant par les pinnules E G, quelque objet remarquable, placé à l'extrémité ou sur l'un des points du côté de l'angle ; et à la seconde, en laissant tomber un plomb du centre de l'instrument. Ensuite on fait aller et venir l'alidade jusqu'à ce que l'on aperçoive par ses pinnules quelque marque placée sur l'un des points de l'autre côté de l'angle : et alors le degré que l'alidade coupe sur le limbe de l'instrument, fait connaitre la quantité de l'angle que l'on se proposait de mesurer. Voyez DEMI-CERCLE.

L'on peut voir aux articles CERCLE D'ARPENTEUR, PLANCHETTE, BOUSSOLE, etc. comment l'on prend des angles avec ces instruments.

Que l'on consulte aussi les articles LEVER UN PLAN et RAPPORTER, pour savoir la manière de tracer un angle sur le papier quand sa grandeur est donnée.

Pour couper en deux parties égales un angle donné, tel que H I K (Table de Géométrie, figure 92.) du centre I avec un rayon quelconque, décrivez un arc L M I. Des points L, M, et d'une ouverture plus grande que la distance L M, tracez deux arcs qui s'entrecoupent au point N ; si vous tirez alors la ligne droite I N, vous aurez l'angle H I N égal à l'angle N I K.

Pour couper un angle en trois parties égales, voyez le mot TRISECTION.

Les angles sont de différentes espèces, et ont différents noms. Quand on les considère par rapport à leurs côtés, on les divise en rectilignes, en curvilignes et mixtes.

L'angle rectiligne est celui dont les côtés sont tous deux des lignes droites ; tel est l'angle B A C, (Table de Géom. fig. 91.) Voyez RECTILIGNE.

L'angle curviligne est celui dont les deux côtés sont des lignes courbes. Voyez COURBE et CURVILIGNE.

L'angle mixte ou mixtiligne est celui dont un des côtés est une ligne droite, et l'autre une courbe.

Par rapport à la grandeur des angles, on les distingue encore en droits, aigus, obtus, et obliques.

L'angle droit est formé par une ligne qui tombe perpendiculairement sur une autre ; ou bien c'est celui qui est mesuré par un arc de 90 degrés : tel est l'angle K L M, (fig. 93.) Voyez PERPENDICULAIRE.

La mesure d'un angle droit est donc un quart de cercle, et par conséquent tous les angles droits sont égaux entr'eux. Voyez CERCLE.

L'angle aigu est plus petit qu'un angle droit, c'est-à-dire qu'il est mesuré par un arc moindre que l'arc de 90 degrés : tel est l'angle A E C, (fig. 86.) Voyez AIGU.

L'angle obtus est plus grand que l'angle droit, c'est-à-dire que sa mesure excède 90 degrés, comme l'angle A E D, (fig. 86.) Voyez OBTUS.

L'angle oblique est un nom commun aux angles obtus et aigus. Voyez OBLIQUE.

Par rapport à la situation des angles l'un à l'égard de l'autre, on les divise en contigus, adjacens, verticaux, alternes, et opposés.

Les angles contigus sont ceux qui ont le même sommet et un côté commun : tels sont les angles F G H, H G I, (fig. 94.) Voyez CONTIGU.

L'angle adjacent, ou autrement l'angle de suite, est celui qui est formé par le prolongement de l'un des côtés d'un autre angle : tel est l'angle A E C, (fig. 86.) formé par le prolongement du côté E D de l'angle A E D jusqu'au point C. Voyez ADJACENT.

Deux angles quelconques adjacens x, y, ou un nombre quelconque d'angles faits au même point E sur la même ligne droite C D, sont, pris ensemble, égaux à deux angles droits, et par conséquent à 180d. Il suit de-là que l'un des deux angles contigus étant donné, l'autre est aussi nécessairement donné, étant le complément du premier à 180d. Voyez COMPLEMENT.

Ainsi on mesurera un angle inaccessible sur le terrain, en déterminant l'angle accessible adjacent ; et soustrayant ce dernier de 180d, le reste est l'angle cherché.

De plus, tous les angles x, y ; o, E, etc. faits autour d'un point E donné, sont, pris ensemble, égaux à quatre angles droits ; ainsi ils font 360d.

Les angles verticaux sont ceux dont les côtés sont des prolongements l'un de l'autre : tels sont les angles o, x, (fig. 86.) Voyez VERTICAL. Si une ligne droite A B coupe une autre ligne droite C D au point E, les angles verticaux x, o, ainsi que y, E, sont égaux.

Il suit de-là que si l'on propose de déterminer sur le terrain un angle inaccessible x, si son vertical est accessible, on pourra prendre ce dernier en la place de l'autre. Les angles verticaux s'appellent plus communément opposés au sommet.

Pour les angles alternes, voyez le mot ALTERNE, et la figure 36, où les angles x, y, sont alternes.

Les angles alternes y, x, sont égaux.

Pour savoir aussi ce que c'est que les angles opposés, voyez OPPOSE et la figure 36. où les angles u, y, sont opposés, ainsi que les angles z, y.

Les angles extérieurs sont ceux qui sont au-dehors d'une figure rectiligne quelconque, et qui sont formés par le prolongement des côtés de cette figure.

Tous les angles extérieurs d'une figure quelconque, pris ensemble, sont égaux à quatre angles droits, et l'angle extérieur d'un triangle est égal aux deux intérieurs opposés, ainsi qu'il est démontré par Euclide, liv. I. prop. 32.

Les angles intérieurs sont les angles formés par les côtés d'une figure rectiligne quelconque.

La somme de tous les angles intérieurs d'une figure quelconque rectiligne, est égale à deux fois autant d'angles droits que la figure a de côtés, moins quatre angles droits ; ce qui se démontre aisément par la prop. 32 du liv. I. d'Euclide.

On démontre que l'angle externe est égal à l'angle interne opposé, et que les deux angles internes opposés sont égaux à deux droits dans des lignes parallèles.

L'angle à la circonférence est un angle dont le sommet et les côtés se terminent à la circonférence d'un cercle ; tel est l'angle E F G, (fig. 95.) Voyez CIRCONFERENCE.

L'angle dans le segment est le même que l'angle à la circonférence. Voyez SEGMENT.

Il est démontré par Euclide, que tous les angles dans le même segment sont égaux entr'eux, c'est-à-dire qu'un angle quelconque E H G est égal à un autre angle quelconque E F G dans le même segment E F G.

L'angle à la circonférence ou dans le segment, est compris entre deux cordes E F, F D, et il s'appuie sur l'arc E B D. Voyez CORDE, etc.

La mesure d'un angle qui a son sommet au-dehors de la circonférence (fig. 96.), est la différence qu'il y a entre la moitié de l'arc concave I M sur lequel il s'appuie, et la moitié de l'arc convexe N O, intercepté entre les côtés de cet angle.

L'angle dans un demi-cercle est un angle dans un segment de cercle, dont le diamètre fait la base. Voyez SEGMENT.

Euclide a démontré que l'angle dans un demi-cercle est droit ; qu'il est plus petit qu'un droit dans un segment plus grand qu'un demi-cercle ; et plus grand qu'un droit dans un segment plus petit qu'un demi-cercle.

En effet, puisqu'un angle dans un demi-cercle s'appuie sur un demi-cercle, sa mesure est un quart de cercle, et il est par conséquent un angle droit.

L'angle au centre est un angle dont le sommet est au centre d'un cercle, et dont les côtés sont terminés à la circonférence : tel est l'angle C A B (figure 95.) Voyez CENTRE.

L'angle au centre est compris entre deux rayons, et sa mesure est l'arc B C. Voyez RAYON, etc.

Euclide démontre que l'angle B A C, au centre est double de l'angle B D C, appuyé sur le même arc B C ; ainsi la moitié de l'arc B C est la mesure de l'angle à la circonférence.

On voit encore que deux ou plusieurs angles H L I, H M I (fig. 97.) appuyés sur le même arc ou sur des arcs égaux, sont égaux.

L'angle hors du centre H K L est celui, dont le sommet K n'est point au centre, mais dont les côtés H K, L K, sont terminés à la circonférence. La mesure de cet angle est la moitié des arcs H L, I M, sur lesquels s'appuient cet angle et son vertical ou opposé au sommet.

L'angle de contact ou de contingence est formé par l'arc d'un cercle et par une tangente : tel est l'angle H L M (fig. 43.) V. CONTACT et CONTINGENCE.

Euclide a prouvé que l'angle de contact, dans un cercle, est plus petit qu'un angle rectiligne quelconque : mais il ne s'ensuit pas pour cela que l'angle de contact n'ait aucune quantité, ainsi que Peletarius, Wallis, et quelques autres l'ont pensé. Voyez l'Alg. de Wallis, pag. 71. 105. M. Isaac Newton démontre que si la courbe A F (fig. 97. n°. 3.) est une parabole cubique, où l'ordonnée D F soit en raison sous-triplée de l'abscisse A D, l'angle de contact B A F formé par la tangente A B, au sommet de la courbe et par la courbe même, est infiniment plus petit que l'angle de contact B A C, formé par la tangente et la circonférence du cercle ; et que si l'on décrit d'autres paraboles d'un plus haut degré, qui aient le même sommet et le même axe, et dont les abscisses A D sont comme les ordonnées D F 4, D F 5, D F 6, etc. l'on aura une suite d'angles de contingence qui décraitront à l'infini, dont chacun est infiniment plus petit que celui qui le précède immédiatement. Voyez INFINI et CONTINGENCE.

L'angle du segment est formé par une corde et une tangente au point de contact : tel est l'angle M L H, (fig. 43.) Voyez SEGMENT.

Il est démontré par Euclide que l'angle M L H est égal à un angle quelconque M a L, situé dans le segment alterne M a L.

Quant aux effets, aux propriétés, aux rapports, etc. d'angle, qui résultent de leur combinaison dans différentes figures, voyez TRIANGLE, QUARRE, PARALLELOGRAMME, FIGURE, etc.

Il y a des angles égaux, des angles semblables. Voyez ÉGAL, SEMBLABLE.

On divise encore les angles en angles plans, sphériques, et solides.

Les angles plans sont ceux dont nous avons parlé jusqu'à présent ; on les définit ordinairement par l'inclinaison de deux lignes qui se rencontrent en un point sur un plan. Voyez PLAN.

L'angle sphérique est formé par la rencontre des plans de deux grands cercles de la sphère. Voyez CERCLE et SPHERE.

La mesure d'un angle sphérique est l'arc d'un grand cercle de la sphère, intercepté entre les deux plans, dont la rencontre forme cet angle, et coupant à angles droits ces deux mêmes plans. Pour les propriétés des angles sphériques, voyez SPHERIQUE.

L'angle solide est l'inclinaison mutuelle de plus de deux plans, ou d'angles plans, qui se rencontrent en un point, et qui ne sont pas dans un seul et même plan. Quant à la mesure, aux propriétés, etc. des angles solides, voyez SOLIDE.

On trouve encore chez quelques Géomètres d'autres espèces d'angles moins usités, tels que l'angle cornu, angulus cornutus, qui est fait par une ligne droite tangente ou sécante, et par la circonférence d'un cercle.

L'angle lunulaire, angulus lunularis, qui est formé par l'intersection de deux lignes courbes ; l'une concave, et l'autre convexe. Voyez LUNULE.

L'angle pélécoïdal, angulus pelecoïdes, a la forme d'une hache. Voyez PELECOÏDE.

Angle, en Trigonométrie. Voyez TRIANGLE et TRIGONOMETRIE. (E)

Quant aux sinus, aux tangentes et aux secantes d'angles, voyez SINUS, TANGENTES et SECANTES.

Il y a, en mécanique, l'angle de direction, qui est compris entre les lignes de direction de deux forces conspirantes. Voyez DIRECTION.

L'angle d'élévation est compris entre la ligne de direction d'un projectile, et une ligne horizontale ; tel est l'angle R A B (Table de mécaniq. fig. 47.) compris entre la ligne de direction du projectile A R et la ligne horizontale A B. Voyez ÉLEVATION et PROJECTILE.

Angle d'incidence. Voyez INCIDENCE.

Angles de réflexion et de refraction. Voyez REFLEXION et REFRACTION.

Dans l'Optique, l'angle visuel ou optique est formé par les deux rayons tirés des deux extrémités d'un objet au centre de la prunelle, comme l'angle A B C, (tab. d'Optiq. fig. 69.) compris entre les rayons A B, B C. Voyez VISUEL.

L'angle d'intervalle ou de distance de deux lieux, est l'angle formé par les deux lignes tirées de l'oeil à ces deux endroits.

En Astronomie, angle de commutation. Voyez COMMUTATION.

L'angle d'élongation ou l'angle à la terre. Voyez ÉLONGATION.

Angle parallactique, que l'on appelle aussi parallaxe, est l'angle fait au centre d'une étoile S par deux lignes droites tirées, l'une du centre de la terre T B, (tab. Astron. fig. 27.) et l'autre de sa surface, E B

Ou, ce qui revient au même, l'angle parallactique, est la différence des angles C E A et B T A, qui déterminent les distances de l'étoile S au zénith de deux observateurs, dont l'un serait placé en E, et l'autre au centre de la terre. Voyez PARALLAXE.

Les sinus des angles parallactiques A L T et A S T, (tab. Astron. fig. 30.) aux mêmes, ou à d'égales distances du zénith, sont en raison réciproque des distances des étoiles au centre de la terre T L et T S ; et les sinus des angles parallactiques A S T, A M T, de deux étoiles S, M, ou de la même étoile à la même distance du centre T, et à différentes distances du zénith Z, sont entr'eux, comme les sinus des angles Z T S, Z T M, qui marquent la distance de l'étoile au zénith.

Angle de la position du soleil, est l'angle formé par l'intersection du méridien avec un arc d'un azimuth, ou de quelqu'autre grand cercle qui passe par le soleil. Cet angle est donc proprement l'angle formé par le méridien et par le vertical où se trouve le soleil ; et l'on voit aisément que cet angle change à chaque instant, puisque le soleil se trouve à chaque instant dans un nouveau vertical. Voyez AZIMUTH, MERIDIEN et VERTICAL.

Angle du demi-diamètre apparent du soleil dans sa moindre distance de la terre. C'est l'angle sous lequel nous voyons le demi-diamètre du soleil, lorsque cet astre est le plus près de nous ; et que par conséquent il nous parait plus grand. M. Bouillaud trouva par deux observations, qu'il était de 16 min. 45 sec. Il trouva le demi-diamètre de la lune de 16 min. 54 sec. et dans une éclipse de lune, il trouva le demi-diamètre de l'ombre de la terre de 44 minutes 9 secondes.

L'angle au soleil est l'angle R S P (tab. d'Astron. fig. 26.) sous lequel on verrait du soleil la distance d'une planète P à l'écliptique P R. Voyez INCLINAISON.

Angle de l'est. Voyez NONAGESIME.

Angle d'obliquitté de l'écliptique. Voyez OBLIQUITE et ECLIPTIQUE.

L'angle de l'inclinaison de l'axe de la terre à l'axe de l'écliptique, est de 23d 30', et demeure inaltérablement le même dans tous les points de l'orbite annuel de la terre. Par le moyen de cette inclinaison, les habitants de la terre, qui vivent au-delà du 45d de latitude, reçoivent plus de chaleur du soleil, dans le cours d'une année entière, et ceux qui vivent en-deçà des 45d, en reçoivent moins, que si la terre faisait constamment ses révolutions dans le plan de l'équateur. Voyez CHALEUR, etc.

L'angle de longitude est l'angle que fait avec le méridien, au pôle de l'écliptique, le cercle de longitude d'une étoile. Voyez LONGITUDE.

L'angle d'ascension droite est celui que fait avec le méridien, au pôle du monde, le cercle d'ascension droite d'une étoile. V. l'art. ASCENSION DROITE.

* Les angles, en Astrologie, signifient certaines maisons d'une figure céleste : ainsi l'horoscope de la première maison est appelé l'angle de l'orient. Voyez MAISON, HOROSCOPE, etc.

On dit, en navigation, l'angle de rhumb, ou l'angle loxodromique. Voyez RHUMB et LOXODROMIE.

L'angle de muraille ou d'un mur, en Architecture, est la pointe, le coin ou l'encoignure, où les deux côtés ou faces d'un mur viennent se rencontrer. Voyez MURAILLE, COIN, etc. (O)

Les angles d'un bataillon, en terme de Tactique, sont les soldats qui terminent les rangs et les files. Voyez BATAILLON.

On dit que les angles d'un bataillon sont mousses ou émoussés, quand on en ôte les soldats des quatre angles ; de manière qu'après cela le bataillon carré a la forme d'un octogone. Cette disposition était fort commune chez les anciens ; mais elle n'est plus d'usage aujourd'hui.

En Fortification, on appelle angle du centre du bastion, celui qui est formé par deux demi-gorges, ou, ce qui est la même chose, par le prolongement de deux courtines dans le bastion. Voyez BASTION.

Angle diminué, c'est l'angle formé par le côté du polygone et la face du bastion : tel est l'angle D C H, Pl. I. de l'Art milit. fig. 1. Dans la fortification régulière cet angle est égal au flanquant intérieur C F E.

Angle de l'épaule, est l'angle formé de la face et du flanc. Voyez EPAULE, BASTION, FACE et FLANC.

Angle du flanc, c'est celui qui est formé de la courtine et du flanc. Cet angle ne doit jamais être aigu, comme le faisait Errard, ni droit comme le pensaient la plupart des anciens Ingénieurs, mais un peu obtus. Mallet le fixe à 100 degrés : c'est à-peu-près l'ouverture des angles du flanc du Maréchal de Vauban. Voyez BASTION.

Angle flanquant, est celui qui est formé vis-à-vis la courtine par le concours des deux lignes de défense : tel est l'angle C R H. Pl. I. de l'Art milit. fig. 1.

On nomme quelquefois cet angle, angle flanquant extérieur ; et alors on donne le nom de flanquant intérieur à l'angle C F E, formé de la ligne de défense C F, et de la courtine F E.

On l'appelle encore l'angle de la tenaille, parce qu'il forme le front que faisait autrefois la tenaille. Voyez TENAILLE.

Angle flanquant intérieur, c'est celui qui est formé par la courtine et la ligne de défense. Voyez ci-dessus.

Angle flanqué, c'est l'angle formé par les deux faces du bastion, lesquelles forment par leur concours la pointe du bastion. Cet angle ne doit jamais être au-dessous de 60 degrés. Voyez BASTION, TENAILLE.

Angle mort, c'est un angle rentrant, qui n'est point flanqué ou défendu.

L'épaisseur du parapet ne permettant point au soldat de découvrir le pied du mur, ou du revêtement du rempart, il arrive que lorsque deux côtés de l'enceinte forment un angle rentrant, il se trouve un espace vers le sommet de cet angle, qui n'est absolument vu d'aucun endroit de l'enceinte, et qui est d'autant plus grand que le rempart est plus élevé et le parapet plus épais. Les tenailles simples et doubles qu'on construisait autrefois au-delà du fossé, avaient des angles de cette espèce. C'est ce qui les a fait abandonner. On ne les emploie aujourd'hui que dans des retranchements, qui ayant peu d'élévation et un parapet moins épais que celui des places, mettent le soldat à portée par-là d'en flanquer ou défendre toutes les parties.

Angle rentrant, est un angle dont la pointe ou le sommet est vers la place et les côtés en-dehors, ou vers la campagne. Voyez angle mort.

Angle saillant, c'est celui dont la pointe ou le sommet se présente à la campagne, les côtés étant tirés du côté de la ville.

Angle de la tenaille, c'est ainsi qu'on appelle quelquefois, dans la Fortification, l'angle flanquant. Voyez angle flanquant. (Q)

ANGLE en Anatomie, se dit de différentes parties qui forment un angle solide ou linéaire. C'est dans ce sens que l'on distingue dans les os pariétaux qui ont la figure d'un carré, quatre angles ; dans l'omoplate qui a la figure d'un triangle, trois angles. Dans les yeux, les bords de la paupière, tant supérieure qu'inférieure, étant considérés comme deux lignes qui se rencontrent, d'un côté aux parties latérales du nez, et de l'autre du côté opposé, on a donné à ces points de rencontre le nom d'angle ou canthus. Voyez PARIETAL, OMOPLATE, etc. (L)

ANGLE, en terme d'Ecriture, est le coin intérieur du bec d'une plume. Il y en a de deux sortes : l'angle du côté des doigts est ordinairement plus petit que celui du côté du pouce, parce qu'il ne produit que des parties délicates, des déliés et des liaisons ; au lieu que l'angle du pouce produit des pleins de plusieurs figures.

* ANGLES CORRESPONDANS DES MONTAGNES, (Histoire naturelle) observation fort importante pour la théorie de la terre. M. Bourguet avait observé que les montagnes ont des directions suivies et correspondantes entr'elles ; en sorte que les angles saillans d'une montagne se trouvent toujours opposés aux angles rentrants de la montagne voisine qui en est séparée par un vallon ou par une profondeur. M. de Buffon donne une raison palpable de ce fait singulier qui se trouve par-tout, et que l'on peut observer dans tous les pays du monde ; voici comment il l'explique dans le premier volume de l'Histoire naturelle et part. avec la descript. du cab. du Roi : On voit, dit-il, en jetant les yeux sur les ruisseaux, sur les rivières, et toutes les eaux courantes, que les bords qui les contiennent forment toujours des angles alternativement opposés ; de sorte que quand un fleuve fait un coude, l'un des bords du fleuve forme d'un côté une avance, ou un angle rentrant dans les terres, et l'autre bord forme au contraire une pente ou un angle saillant hors des terres, et que dans toutes les sinuosités de leurs cours, cette correspondance des angles alternativement opposés se trouve toujours. Elle est en effet fondée sur les lois du mouvement des eaux, et l'égalité de l'action des fluides ; et il nous serait facile de démontrer la cause de cet effet : mais il nous suffit ici qu'il soit général et universellement reconnu, et que tout le monde puisse s'assurer par ses yeux, que toutes les fois que le bord d'une rivière fait une avance dans les terres, qui se suppose à main gauche, l'autre bord fait au contraire une avance hors des terres à main droite : dès lors les courants de la mer qu'on doit regarder comme de grands fleuves ou des eaux courantes, sujettes aux mêmes lois que les fleuves de la terre, formeront de même dans l'étendue de leur cours plusieurs sinuosités, dont les avances ou les angles seront rentrants d'un côté, et saillans de l'autre côté ; et comme les bords de ces courants sont les collines et les montagnes qui se trouvent au-dessous ou au-dessus de la surface des eaux, ils auront donné à ces éminences cette même forme qu'on remarque au bord des fleuves ; ainsi on ne doit pas s'étonner que nos collines et nos montagnes, qui ont été autrefois couvertes des eaux de la mer, et qui ont été formées par le sédiment des eaux, aient pris par le mouvement des courants cette figure régulière, et que tous les angles en soient alternativement opposés : elles ont été les bords des courants ou des fleuves de la mer ; elles ont donc pris nécessairement une figure et des directions semblables à celles des bords des fleuves de la terre ; et par conséquent toutes les fois que le bord à main gauche aura formé un angle rentrant, le bord à main droite aura formé un angle saillant, comme nous l'observons dans toutes les collines opposées.

Au reste tous ces courants ont une largeur déterminée, et qui ne varie point : cette largeur du courant dépend de celle de l'intervalle qui est entre les deux éminences qui lui servent de lit. Les courants coulent dans la mer comme les fleuves coulent sur la terre, et ils y produisent des effets semblables : ils forment leur lit, et donnent aux éminences entre lesquelles ils coulent une figure régulière, et dont les angles sont correspondants. Ce sont en un mot ces courants qui ont creusé nos vallées, figuré nos montagnes, et donné à la surface de notre terre, lorsqu'elle était couverte des eaux de la mer, la forme qu'elle conserve aujourd'hui.

Si quelqu'un doutait de cette correspondance des angles des montagnes, j'oserais, dit M. de Buffon, en appeler aux yeux de tous les hommes, surtout lorsqu'ils auront lu ce qui vient d'être dit. Je demande seulement qu'on examine en voyageant la position des collines opposées, et les avances qu'elles font dans les vallons, on se convaincra par ses yeux que le vallon était le lit, et les collines les bords des courants ; car les côtés opposés des collines se correspondent exactement, comme les deux bords d'un fleuve. Dès que les collines à droite du vallon font une avance, les collines à gauche du vallon font une gorge. Ces collines à très-peu près ont aussi la même élévation ; et il est très-rare de voir une grande inégalité de hauteur dans deux collines opposées et séparées par un vallon. Histoire naturelle p. 451. et 456. tome I. Voyez VALLON, RIVIERE, COURANT, MER, TERRE, etc. (I)