S. f. en Astronomie, c'est un corps céleste qui fait sa révolution autour du Soleil comme centre, et qui change continuellement de position par rapport aux autres étoiles.

C'est de-là que lui est venu le nom de , errant, par opposition aux étoiles fixes ; aussi les planètes s'appelent-elles quelquefois étoiles errantes. Voyez ETOILE.

Les planètes se distinguent ordinairement en principales et secondaires.

Les planètes principales ou premières, auxquelles on donne le simple nom de planètes, sont celles qui tournent autour du Soleil ; quoique la durée de leurs révolutions ne soit pas la même, elle est constante pour chacune ; telles sont Saturne, Jupiter, Mars, la Terre, Vénus et Mercure.

Nous mettons la Terre au nombre des planètes, en suivant le système qui est aujourd'hui le plus généralement adopté, et presque le seul qui soit reçu parmi les nations les plus éclairées de l'Europe. Mais quand on supposerait que la Terre est immobile, et que c'est le Soleil qui fait chaque année une révolution dans l'écliptique, il ne sera pas moins vrai de dire qu'un spectateur placé dans le Soleil, verrait chaque année la Terre parcourir le cercle de l'écliptique.

Toutes les planètes se meuvent dans leurs orbites autour du Soleil, et à-peu-près dans le même plan ; leurs mouvements se font d'occident en orient, c'est-à-dire qu'elles suivent toutes une même direction. Quand nous disons néanmoins que leurs orbites sont à-peu-près dans un même plan, c'est qu'elles sont fort peu inclinées l'une à l'autre, et que la ligne où se coupent les plans de ces orbites, passe toujours par le centre du Soleil. Or il suit de-là qu'un observateur placé à ce centre, serait toujours dans le vrai plan de l'orbite de chaque planète ; il leur verrait faire exactement leurs révolutions périodiques dans le plan d'un grand cercle de la surface sphérique concave du ciel ; mais il ne pourrait, à la vue simple juger de leur plus grande ou de leur plus petite distance au Soleil. C'est pourquoi, afin de mieux reconnaitre les différentes distances des planètes au Soleil, aussi-bien que les principales inégalités apparentes de leurs mouvements, il est à propos de transporter hors du Soleil l'oeil de l'observateur. On peut donc le supposer élevé au-dessus du plan des orbites des planètes, ou plutôt dans la ligne perpendiculaire à l'orbite de la Terre, qui passe par le centre du Soleil, et de plus à la même distance à ce centre que la Terre. L'observateur placé en cet endroit du ciel, pourra juger facilement des différentes distances des planètes au Soleil, et des temps de leurs révolutions.

Les planètes secondaires sont celles qui tournent autour de quelque planète principale, comme centre, de la même manière que les planètes principales tournent autour du Soleil ; telles sont la Lune, qui tourne autour de notre Terre, et ces autres planètes qui tournent autour de Saturne et de Jupiter, et que l'on appelle proprement satellites. Voyez la théorie des planètes secondaires, aux articles SATELLITES et SECONDAIRES.

Les planètes principales se distinguent encore en supérieures et inférieures.

Les planètes supérieures sont celles qui sont plus éloignées du Soleil que notre Terre ; telles sont Mars, Jupiter et Saturne.

Les planètes inférieures sont celles qui sont plus proches du Soleil que notre Terre, et situées entre la Terre et le Soleil, comme Vénus et Mercure. Voyez l'ordre, la position, etc. des planètes dans les Pl. d'Astron. fig. 44.

Cette figure représente la disposition des planètes dans le système de Copernic ; système qui est le plus ancien de tous, et qui a été enseigné autrefois par Pythagore et ses disciples. Ce philosophe qui l'avait appris dans l'Orient, le répandit bientôt dans la Grèce ; mais le commun des Philosophes embrassèrent longtemps après un autre système, qui supposait la Terre immobile, et qui attribuait aux cieux tous les mouvements apparents. Aristote et ceux de sa secte qui ont enseigné dans les écoles pendant les siècles suivants, avaient adopté cette opinion, et l'ont soutenue longtemps, jusqu'à ce que le savant astronome Copernic est venu tirer de l'oubli l'ancien système de Pythagore, l'unique et le vrai système du monde, comme il était aisé à tous les bons esprits de s'en convaincre, s'ils eussent réfléchi sur les solides raisons qu'il en a apportées. Ce système a été depuis appelé de son nom. Environ cent ans après, la découverte des lunettes d'approche a fait connaitre aux hommes un nouveau ciel : on y a aperçu tant de phénomènes surprenans et inconnus aux anciens, que le système de Copernic a bientôt été reconnu pour le vrai système du monde. Voyez COPERNIC et SYSTEME.

On représente les planètes avec les mêmes caractères dont se servent les chimistes pour désigner leurs métaux, à cause de quelque analogie ou rapport que l'on supposait autrefois entre ces corps célestes et les métaux.

Saturne est représenté par le caractère , qui en chimie représente le plomb. Cette planète ne parait à la vue simple, que d'une lumière faible, à cause de sa grande distance. Elle acheve sa révolution autour du Soleil, dans l'espace d'environ trente années. Voyez SATURNE.

Jupiter marqué par le signe , qui en chimie représente l'étain, est une planète brillante, qui fait sa révolution autour du Soleil dans l'espace d'environ douze ans. Voyez JUPITER.

Mars caractérisé par le signe , qui en chimie représente le fer, est une planète d'une couleur rougeâtre, qui fait sa révolution en deux ans environ. Voyez MARS.

Vénus marquée , qui en chimie représente le cuivre, est la plus brillante de toutes les planètes ; elle accompagne constamment le Soleil et n'en est jamais éloignée de plus de 47 degrés ; elle acheve sa révolution en sept mois environ. Voyez VENUS.

Quand elle précède le Soleil ; on l'appelle Phosphorus et Lucifer, et quand elle le suit, on lui donne le nom d'Hesperus. Voyez PHOSPHORUS, etc.

Mercure caractérisé par le signe , qui en chimie représente ce qu'on appelle aussi mercure ou vif argent, est une petite planète brillante qui accompagne constamment le Soleil ; sa distance du Soleil n'est jamais de plus de 28 degrés, moyennant quoi elle est ordinairement cachée dans les rayons de cet astre. Elle acheve son cours en trois mois environ. Voyez MERCURE et ELONGATION.

Au nombre de ces planètes, on peut mettre à présent la Terre marquée , faisant sa révolution autour du Soleil, entre Mars et Vénus, dans l'espace d'une année. Voyez TERRE.

En faisant attention aux définitions que nous venons de donner, il n'y a personne qui ne puisse distinguer aisément toutes les planètes ; car, si après le Soleil couché, on voit une planète plus près de l'orient que de l'occident, on peut d'abord conclure que ce n'est ni Mercure ni Vénus, et l'on peut déterminer par la différence de couleur et de lumière, si c'est Saturne, Jupiter ou Mars : on distinguera par le même moyen Vénus de Mercure.

Nature des planètes, en observant les différentes phases et les différentes apparences des planètes, on trouve qu'elles sont toutes parfaitement semblables à la Lune, que l'on a démontré à l'article LUNE, avoir une ressemblance parfaite avec notre Terre, d'où il suit que les planètes sont aussi des corps opaques, sphériques, etc. de même que la Terre.

Ce que l'on dit ici des planètes, peut être porté à la démonstration. 1°. Vénus observée avec le télescope parait rarement pleine ; on lui trouve des phases variables, semblables à celles de la Lune, sa partie illuminée toujours tournée vers le Soleil, c'est-à-dire, vers l'orient, quand elle précède le Soleil, et vers l'occident quand elle le suit. On observe la même chose par rapport à Mars et à Mercure.

2°. Gassendy le premier, et d'autres après lui, ont observé Mercure sur la surface du Soleil, qu'il paraissait traverser, semblable à une tache noire et ronde. Voyez PASSAGE. Horrose, en 1639, observa aussi Vénus sur le Soleil, où elle fit voir les mêmes apparences que Mercure.

3°. De la Hire, en 1700, observant Vénus avec un télescope de 16 pieds, y découvrit des montagnes plus grandes que celles de la Lune.

4°. Cassini a observé deux taches sur Vénus, quatre sur Mars, semblables à celles que Campani y avait vues, et plusieurs à la fois sur Jupiter ; par l'observation de ces taches on a trouvé que ces planètes tournaient autour de leur axe : on a même déterminé la vitesse de cette rotation, ou de la période dans l'espace de laquelle cette rotation s'acheve. Par exemple, celle de Jupiter se fait en 9 heures 56'; celle de Mars en 24 heures 40'& celle de Vénus en 24 heures. Voyez TACHE. Et puisque l'on trouve que le Soleil, la Lune, Jupiter, Mars, Vénus et la Terre tournent autour de leur axe, c'est-à-dire, ont une rotation diurne, il ne faut pas douter que Mercure et Saturne ne fassent la même chose, quoique la grande proximité de Mercure au Soleil, et la grande distance de Saturne empêchent que l'on n'y puisse observer quelques taches, qui serviraient à démontrer cette rotation.

5°. On observe dans Jupiter deux bandes ou deux espèces de baudriers plus brillans que le reste de son disque, et qui sont mobiles ; on les voit quelquefois d'un côté, et quelquefois d'un autre, tantôt plus larges, et tantôt plus étroits. Voyez BANDES.

6°. En 1609 Sim. Marius observa le premier trois petites étoiles ou trois petites lunes, faisant leur révolution autour de Jupiter ; et en 1610, Galilée fit la même observation : on remarque à présent que ces petites étoiles disparaissent, quoique le ciel soit très-clair et très-net, quand Jupiter se trouve placé diamétralement entr'elles et le Soleil ; d'où il parait qu'elles perdent leur lumière, précisément lorsque les rayons du Soleil, interceptés par Jupiter, ne peuvent pas arriver en lignes droites jusqu'à ces étoiles, et qu'ainsi ce sont, comme la Lune, des corps opaques éclairés par le Soleil : et puisque Jupiter n'éclaire point ses satellites, quand ils sont derrière lui, il s'ensuit encore que Jupiter lui-même est privé de lumière dans la partie de son corps qui ne regarde pas le Soleil.

7°. Quand les lunes ou les satellites de Jupiter sont placés diamétralement entre Jupiter et le Soleil, on aperçoit sur le disque de Jupiter une tache ronde ; il parait de là que les satellites sont des corps opaques éclairés par le Soleil, qu'ils jettent une ombre sur le Soleil et que les taches rondes observées sur Jupiter sont les ombres des satellites ; et comme l'on trouve que la figure de cette ombre projetée sur le disque de Jupiter est un cercle, il s'ensuit aussi que cette ombre doit être conique, c'est pourquoi les satellites ont une figure sphérique, au moins sensiblement.

Maintenant pour résumer cette démonstration, 1°. puisque dans Vénus, Mercure et Mars, on ne voit briller que cette partie de leur disque, qui est éclairée par le Soleil ; et que de plus, Vénus et Mercure paraissent sur le disque du Soleil, comme des taches obscures, quand ils sont entre la Terre et le Soleil ; il est évident que Mars, Jupiter et Mercure sont des corps éclairés par une lumière empruntée du Soleil : et que l'on doit dire la même chose de Jupiter, à cause qu'il est privé de lumière dans cette partie de son disque, sur laquelle s'étend l'ombre des satellites ; aussi-bien que dans cette partie qui n'est pas tournée vers le Soleil ; il est donc suffisamment demontré que les satellites sont des corps opaques, et qu'ils réfléchissent la lumière du Soleil.

C'est pourquoi, puisque Saturne avec son anneau et ses satellites, ne donne qu'une faible lumière, et considérablement plus faible que celle des étoiles fixes (quoique celles-ci soient infiniment plus éloignées) et que celles de toutes les autres planètes, il est encore hors de doute que Saturne et ses satellites sont des corps opaques.

2°. Puisque Vénus et Mercure ne transmettent pas la lumière du Soleil, lorsque ces planètes sont placées vis-à-vis de cet astre, il est évident que ce sont des corps denses, opaques : ce qui est pareillement évident de Jupiter, qui cache les satellites dans son ombre ; ainsi par analogie, on peut conclure la même chose de Saturne.

Quant à ce que la Lune, qui est aussi un corps dense opaque comme les éclipses de Lune et du Soleil le démontrent, jette une si grande lumière en comparaison de celle de toutes les autres étoiles, et qu'elle nous parait d'une grandeur à-peu-près égale à celle du Soleil, cela vient uniquement de ce qu'elle est fort proche de la terre ; car si on l'observait du Soleil, elle ne paraitrait pas sous un angle sensible, de sorte qu'à peine serait-elle visible. Ce serait donc la même chose si elle était aussi éloignée de la Terre qu'est le Soleil ; on ne l'apercevrait guère avec la lunette d'approche que comme un petit point lumineux.

3°. Les taches variables qui paraissent sur Vénus, Mars et Jupiter, semblent prouver que ces planètes ont une atmosphère changeante ; ainsi en raisonnant toujours par analogie, on peut conclure la même chose des autres planètes.

4°. Pareillement on peut conclure des montagnes observées sur Vénus, qu'il y en a de semblables dans les autres planètes.

5°. Puisque Saturne, Jupiter et leurs satellites, Mars, Vénus et Mercure sont des corps opaques qui reçoivent leur lumière du Soleil, qui sont couverts de montagnes, et environnés d'une atmosphère changeante, il parait s'ensuivre que ces planètes ont des eaux, des mers, etc. aussi-bien que des terrains secs ; en un mot, que ce sont des corps semblables à la Lune, et par conséquent à la Terre. Par conséquent, selon plusieurs philosophes, rien ne nous empêche de croire que les planètes sont habitées. Huygens dans son Cosmothéoros, a prétendu donner des preuves très-fortes de l'existence des habitants des planètes : ces preuves sont tirées de la ressemblance des planètes avec la Terre, et de ce qu'elles sont, comme la Terre, des corps opaques, denses, raboteux, pesans, éclairés et échauffés par le Soleil ; ayant leur nuit et leur jour, leur été et leur hiver.

M. de Fontenelle a aussi traité cette question dans les entretiens sur la pluralité des mondes ; il y soutient que chaque planète est habitée, et il explique chemin faisant avec beaucoup de clarté, le système de Copernic et les tourbillons de Descartes, qui étaient alors tout ce qu'on connaissait de mieux. Ce livre a eu la plus grande réputation ; et on le regarde encore aujourd'hui comme un de ceux qui font le plus d'honneur à son auteur. Voyez PLURALITE DES MONDES, au mot MONDE.

Wolf s'appuyant sur des preuves d'une autre espèce, va jusqu'à faire des conjectures sur les habitants des planètes : par exemple, il ne doute point que les habitants de Jupiter ne soient beaucoup plus grands que nous, et de taille gigantesque. La preuve qu'il en donne est si singulière, qu'il ne sera peut-être pas inutile de la rapporter ici : on se souviendra que c'est M. Wolf qui parle. " On enseigne dans l'Optique que la prunelle de l'oeil est dilatée par une lumière faible, et retraite par une lumière forte : donc la lumière du Soleil étant beaucoup moins grande pour les habitants de Jupiter que pour nous, parce que Jupiter est le plus éloigné du Soleil, il s'ensuit que les habitants de cette planète ont la prunelle beaucoup plus large et beaucoup plus dilatée que la nôtre. Or on observe que la prunelle a une proportion constante avec le globe de l'oeil, et l'oeil avec le reste du corps ; de sorte que dans les animaux, plus la prunelle est grande, plus l'oeil est gros, et plus aussi le corps est grand.

Pour déterminer la grandeur des habitants de Jupiter, on peut remarquer que la distance de Jupiter au Soleil, est à la distance de la Terre au Soleil, comme 26 à 5 ; et que par conséquent la lumière du Soleil, par rapport à Jupiter, est à sa lumière par rapport à la Terre, en raison doublée de 5 à 26 ; or on trouve par l'expérience, que la prunelle se dilate en plus grand rapport, que l'intensité de la lumière ne croit : autrement un corps placé à une grande distance, paraitrait aussi nettement qu'un autre plus près. Ainsi le diamètre de la prunelle des habitants de Jupiter, est au diamètre de la nôtre, en plus grande raison que celle de 5 à 26. Supposons-le de 10 à 26, ou de 5 à 13 ; comme la hauteur ordinaire des habitants de la Terre, est de cinq pieds quatre pouces environ, (c'est la hauteur que M. Wolf s'est trouvée à lui-même) on en conclud que la hauteur commune des habitants de Jupiter, doit être de 14 pieds 2/3. Or cette grandeur était à peu-près celle de Og, roi de Basan, dont parle Moïse, et dont le lit de fer était long de neuf coudées, et large de quatre. "

Voilà les égarements où tombe l'esprit humain, quand il se livre à la fureur de faire des systèmes ; car surquoi M. Wolf se fonde-t-il pour avancer que les habitants de Jupiter, supposé qu'ils voient, ont la prunelle plus grande que la nôtre, et que la grandeur de leur prunelle est proportionnelle à la hauteur de leur corps. La lumière est plus faible dans Jupiter que sur la terre, il est vrai, mais les habitants de Jupiter peuvent être d'une telle nature, que cette lumière soit aussi forte pour eux que la nôtre l'est pour nous. Il suffit pour cela qu'ils aient l'organe plus sensible ; d'ailleurs est-il vrai que la grandeur du corps soit proportionnée au diamètre de la prunelle ? Ne voyons-nous pas tous les jours le contraire dans les animaux ? Les chats ont la prunelle beaucoup plus grande que nous ; les cochons l'ont beaucoup plus petite que les chats, etc.

M. de Fontenelle est bien éloigné de faire des conjectures aussi puériles sur la figure des habitants des planètes ; il pense qu'elle est fort différente de la nôtre, et que nous n'en avons aucune idée ; et il appuie cette opinion par des raisons ingénieuses. " Quelle différence, dit-il, de notre figure, de nos manières, etc. à celle des Américains ou des Africains ! Nous habitons pourtant le même Vaisseau dont ils tiennent la proue et nous la poupe ? Combien ne doit-il pas y avoir de différence de nous aux habitants des autres planètes, c'est-à-dire, de ces autres vaisseaux qui flottent loin de nous par les cieux " ? Cela est beaucoup plus vraisemblable ; mais cependant il n'est pas encore bien sur (voyez MONDE) que les planètes soient habitées.

Mouvement des planètes. Il est évident par une infinité de phénomènes, que les planètes tournent autour du Soleil, comme centre, et non autour de la Terre.

1°. L'orbite dans laquelle Vénus se meut, environne certainement le Soleil, et par conséquent cette planète tourne autour du Soleil en décrivant cette orbite.

On prouve aisément que cette orbite environne le Soleil, par la raison que Vénus est quelquefois au-dessus du Soleil, quelquefois au-dessous, quelquefois derrière, et quelquefois du même côté ; ce qui est évident par les différentes circonstances de ses phases. Voyez PHASE.

Elle passe derrière le Soleil lorsque vers le temps de sa conjonction, quand elle nous parait fort proche de ce corps lumineux, on l'aperçoit parfaitement ronde, sa lumière étant également vive de toutes parts. Comme cette planète ne reçoit d'autre lumière que celle du Soleil qui l'éclaire d'un côté, pendant que son hémisphère opposé au Soleil demeure dans les ténèbres, il est évident que toutes les fois que cette planète nous parait pleine ou parfaitement ronde, la surface ou la moitié de cette planète que nous apercevons, est précisément la même qui est tournée vers le Soleil, et qu'ainsi Vénus est pour lors à notre égard bien au-delà du Soleil. Au contraire, lorsque dans ses conjonctions au Soleil elle disparaitra tout à fait, ou qu'on ne la verra que comme un croissant fort mince, on en doit conclure que cette planète est alors entre la Terre et le Soleil. Aussi lorsque Vénus est entre la Terre et le Soleil, il doit arriver quelquefois qu'elle passera sur le disque même du Soleil, où elle paraitra comme une tache noire. Voyez VENUS.

Il n'est pas moins certain qu'elle ne tourne pas autour de la Terre, mais autour du Soleil, parce qu'on l'observe toujours dans le même quart de cercle avec le Soleil, et qu'elle ne s'en éloigne jamais beaucoup au-de-là de 45°. Elle n'est donc jamais en opposition avec le Soleil, ni même en quadrature ; ce qui arriverait pourtant fréquemment, si cette planète se mouvait autour de la Terre, et non autour du Soleil.

2°. On peut se convaincre de même, que Mercure tourne autour du Soleil, par les phases de cette planète, qui ressemblent à celle de Vénus et de la Lune ; et par le voisinage de cette planète au Soleil, dont elle s'éloigne encore moins que ne fait Vénus.

D'où il suit que Mercure doit avoir par cette raison une orbite beaucoup plus petite, et que cette orbite renferme le Soleil : c'est la même preuve que pour Vénus, avec cette différence que l'orbite de Mercure doit être renfermée dans celle de Vénus, parce qu'elle est plus petite ; mais le Soleil demeure constamment au centre de l'une et de l'autre orbite. Une autre preuve que Mercure est plus proche du Soleil, c'est que sa lumière est très-vive et bien plus éclatante que celle de Vénus et des autres planètes.

3°. Il est certain que l'orbite de Mars renferme le Soleil, puisque Mars s'observe en conjonction et en opposition avec le Soleil, et que dans l'un et l'autre cas, sa face entière est éclairée. Il est vrai que par ces mêmes circonstances, l'orbite de Mars parait aussi renfermer la Terre ; mais comme le diamètre de Mars parait sept fois aussi gros dans l'opposition que dans la conjonction, il s'ensuit que dans l'opposition, cette planète est sept fois plus proche de la Terre que dans la conjonction. Ainsi il s'en faut beaucoup que la Terre ne soit le centre du mouvement de Mars, au lieu que Mars est toujours à-peu-près à la même distance du Soleil. De plus, Mars vu de la Terre, parait se mouvoir fort irrégulièrement ; il semble quelquefois aller fort vite, quelquefois beaucoup plus lentement, quelquefois aller en avant, et quelquefois rétrograder. Voyez RETROGRADATION. Mais cette planète vue du Soleil paraitrait se mouvoir à-peu-près avec une égale vitesse ; d'où il faut conclure que c'est le Soleil et non la Terre qui est le centre de son mouvement. Quand Mars se trouve éloigné du Soleil environ de 90 degrés, alors sa rondeur est un peu altérée, parce que son hémisphère éclairé n'est pas entièrement tourné vers nous ; et c'est le seul temps où on puisse l'observer sous cette phase : par-tout ailleurs il parait assez exactement rond, comme il doit en effet le paraitre.

4°. Les mêmes phénomènes qui prouvent que Mars tourne autour du Soleil, et non autour de la Terre, prouvent aussi que Jupiter et Saturne tournent autour du Soleil.

Il n'y a de différence que dans la quantité dont les diamètres apparents de ces planètes, et par conséquent leurs distances à la Terre, varient dans le cours de chaque année ; car l'inégalité des diamètres ou des distances est beaucoup moins considérable dans Jupiter que dans Mars, et beaucoup moins dans Saturne que dans Jupiter. Mais il suit néanmoins de ces variétés de diamètres et de distances, que l'une et l'autre planète font leurs révolutions autour du Soleil dans des orbites qui sont fort au-delà de l'orbite de Mars. De plus, lorsqu'on observe de la Terre les mouvements de ces deux planètes, ils nous paraissent inégaux et très-irréguliers, ainsi que ceux de Mars.

Enfin il est évident que la Terre tourne autour du Soleil, comme centre, tant par la place qu'elle occupe entre les orbites de Mars et de Vénus, que par les phénomènes des planètes supérieures vues de la Terre ; si la Terre était en repos, on ne verrait les planètes, ni stationnaires, ni retrogrades. La Terre se meut donc : or nous avons fait voir qu'elle doit se trouver entre les orbites de Mars et de Vénus : donc le Soleil est à-peu-près le centre : donc la Terre tourne autour du Soleil.

Les orbites des planètes sont toutes des ellipses, dont le foyer commun est dans le Soleil. C'est ce que Kepler a trouvé le premier, d'après les observations de Tycho : avant lui tous les Astronomes avaient cru que les orbites des planètes étaient des cercles excentriques. Voyez ORBITE, ELLIPSE, EXCENTRIQUE. Les plans de ces orbites se coupent tous dans des lignes qui passent par le Soleil ; et ces plans ne sont pas fort éloignés les uns des autres : en effet ils ne sont que fort peu inclinés entr'eux : et celui qui fait le plus grand angle avec le plan de l'écliptique ; c'est-à-dire de l'orbite de la Terre, est l'orbe de Mercure, qui ne fait qu'un angle de 6°. 52'. celui de l'orbite de Vénus est de 3°. 23'. celui de Mars de 1°. 52'. celui de Jupiter, de 1°. 20'. et celui de Saturne, de 2°. 30'.

La ligne dans laquelle le plan de chaque orbite coupe l'écliptique, est appelée la ligne des nœuds, et les deux points où les orbites elles-mêmes coupent le plan de l'écliptique sont appelés nœuds. Voyez NOEUD.

La distance entre le centre du Soleil, et le centre de chaque orbite, est appelée l'excentricité de la planète. Voyez EXCENTRICITE ; et l'angle sous lequel chaque plan coupe l'écliptique, est appelé inclinaison de ce plan. Voyez PLAN, INCLINAISON, LIPTIQUEIQUE.

Pour expliquer le mouvement des planètes autour du Soleil, il ne faut que supposer qu'elles ont d'abord reçu un mouvement de projection uniforme en ligne droite, et qu'elles ont une force de gravitation ou d'attraction, telles que nous l'observons dans tous les grands corps de notre système, car un corps A (Pl. astr. fig. 60. n. 2.) qui tend à avancer uniformément le long d'une ligne A B doit par la force d'un corps C qui l'attire, être détourné à chaque moment de son chemin rectiligne, et obligé de prendre un mouvement curviligne, selon les lois des forces centrales. Voyez FORCE et CENTRAL.

Donc si le mouvement de projection est perpendiculaire à une ligne C A tirée du corps attirant C et que la vitesse de ce mouvement soit tellement proportionnée à la force d'attraction du corps A que les forces centrale et centrifuge soient égales, c'est-à-dire que l'effort pour tomber vers le corps central C en ligne droite, et l'effort pour avancer dans la direction de la tangente A B se contrebalancent l'un l'autre, le corps A doit faire sa révolution dans une orbite circulaire, x, B, j, s. Voyez CENTRIPETE et CENTRIFUGE.

Si le mouvement de projection de la planète ne contrebalance pas parfaitement l'attraction du Soleil, la planète décrira une ellipse ; si le mouvement de la planète est trop prompt, l'orbite sera plus grande qu'un cercle, et le foyer le plus proche sera dans le corps central même : si le mouvement est trop lent, l'orbite sera moindre qu'un cercle, et le corps central occupera le foyer le plus éloigné.

De plus la forme des orbites planetaires dépend non-seulement de la proportion entre le mouvement de projection, et la force attractive, mais aussi de la direction suivant laquelle ce mouvement peut être ou avoir été imprimé. Si la direction était suivant la tangente A B comme nous l'avons supposé jusqu'ici, et que les forces centrales se contrebalançassent exactement, les orbites seraient circulaires, mais si la direction était oblique, d'une obliquitté quelconque, l'orbite de la planète serait toujours une ellipse ; quelque rapport qu'il y eut d'ailleurs entre l'attraction et le mouvement de projection.

Les mouvements des planètes dans leurs orbites elliptiques, ne sont pas uniformes, parce que le Soleil n'occupe pas le centre de ces orbites, mais leur foyer. Les planètes se meuvent donc tantôt plus vite, tantôt plus lentement, selon qu'elles sont plus proches ou plus éloignées du Soleil : mais ces irrégularités sont elles-mêmes réglées, et suivent une loi certaine.

Ainsi supposons que l'ellipse B E P (Pl. astr. fig. 61. n. 2.) soit l'orbite d'une planète, et que le Soleil S occupe le foyer de cette ellipse, soit A P l'axe de l'ellipse appelé la ligne des apsides, le point A l'apside supérieure ou l'aphelie P l'apside inférieure ou le périhélie, S C l'excentricité, et E S la moyenne distance de la planète au Soleil. Voyez APSIDE, APHELIE, PERIHELIE, etc. Le mouvement de la planète dans son périhélie est plus prompt que par-tout ailleurs, et plus lent au contraire dans son aphélie ; au point E la vitesse du mouvement est moyenne aussi-bien que la distance, c'est-à-dire ce mouvement est tel que s'il demeurait uniforme, la planète décrirait son orbite dans le même temps qu'elle emploie à la décrire réellement. La loi par laquelle le mouvement est réglé dans chaque point de l'orbite, est qu'une ligne ou un rayon tiré du centre du Soleil au centre de la planète, et qu'on suppose se mouvoir avec la planète, décrit toujours des aires elliptiques proportionnelles au temps. Supposons par ex. que la planète soit en A et que de-là elle parvienne en B après un certain temps ; l'espace ou l'aire que décrit le rayon S A est le triangle A S B : si on imagine ensuite que la planète arrive en P, et que tirant un rayon S D du centre du Soleil, l'aire elliptique P S D soit égale à l'aire A S B, la planète décrira l'arc P D dans le même temps qu'elle a décrit l'arc A B : ces arcs sont inégaux, et sont à-peu-près en raison inverse de leurs distances au Soleil, car il suit de l'égalité des aires que P D doit être à A B à peu-près comme S A à S P.

Kepler est le premier qui ait démontré cette loi par les observations, et M. Newton l'a depuis expliquée par des principes physiques : tous les astronomes admettent aujourd'hui et cette règle, et l'explication que M. Newton en a donnée, comme étant la plus propre à résoudre les phénomènes des planètes.

A l'égard du mouvement que toutes les planètes ont dans le même sens d'occident en orient, de leur mouvement de rotation autour de leurs axes, et de l'inclinaison de leurs orbites au plan de l'écliptique, ces phénomènes ne sont pas si faciles à expliquer dans le système newtonien, que leur mouvement autour du Soleil.

Descartes s'étant aperçu que les planètes allaient toutes dans le même sens, imagina de les faire nager dans un fluide très-subtil qui tournait en tourbillon autour du Soleil, et qui emportait toutes les planètes dans la même direction. M. Newton ne parait point donner d'autre raison de ce mouvement commun, que la volonté du Créateur. Il en est de même du mouvement de rotation et de l'inclinaison des orbites des planètes au plan de l'écliptique. Tous ces mouvements, dit-il, n'ont point de causes mécaniques. Hi motus originem non habent ex causis mechanicis. La raison qu'il en apporte, c'est que les cometes se meuvent autour du Soleil dans des orbites fort excentriques, et vont indifféremment en tous sens, les unes d'orient à l'occident, d'autres du midi au nord, etc. Il est certain que si le mouvement commun de toutes les planètes d'occident en orient, était causé par un tourbillon dont les couches les entrainassent, les cometes qui descendent fort loin dans ce tourbillon devraient aussi se mouvoir toutes dans le même sens : or c'est ce qui n'arrive pas. A l'égard de la rotation des planètes autour de leurs axes, dans le même sens qu'elles tournent autour du Soleil, c'est un phénomene que Descartes a tenté d'expliquer aussi par les tourbillons ; mais la plupart de ses partisans l'ont abandonné là-dessus. On lui a objecté qu'en vertu de la construction de ses tourbillons, les planètes devraient tourner sur elles-mêmes en sens contraire, c'est-à-dire d'orient en occident ; et il ne parait pas que jusqu'à-présent l'hypothèse des tourbillons ait pu satisfaire à cette partie du système général du monde.

M. Bernoulli, dans le tom. IV. de ses œuvres in-4°. imprimées à Lausanne en 1743, explique le mouvement de rotation des planètes dans le système de Newton, d'une manière assez ingénieuse. Cet auteur remarque que tout corps à qui on imprime un mouvement de projection suivant une direction qui ne passe pas par son centre de gravité, doit tourner autour de son centre de gravité, tandis que ce centre va en avant, suivant une direction parallèle à celle de la force qui a imprimé le coup. Il suffit donc pour imprimer la rotation des planètes, de supposer que le mouvement de projection qui leur a été imprimé d'abord suivant l'idée de M. Newton, avait une direction qui ne passait point par leur centre de gravité. A l'égard de l'inclinaison des orbites des planètes sur le plan de l'écliptique, voyez INCLINAISON ; et sur les aphélies des planètes, voyez APHELIE.

Les Cartésiens font sur le mouvement des planètes, une objection qu'ils croient victorieuse contre le Newtonianisme. Si le Soleil, disent-ils, attirait les planètes, elles devraient s'en approcher sans cesse, au-lieu que tantôt elles s'en approchent, tantôt elles s'en éloignent. Il est facile de répondre que les planètes à la vérité tendent à s'approcher du Soleil par leur gravitation vers cet astre, mais qu'elles tendent à s'en éloigner par leur mouvement de projection, qui les ferait aller en ligne droite : or si le mouvement de projection est tel, que les planètes en vertu de ce mouvement s'éloignent plus du Soleil que la gravitation ne les en approche, elles s'éloignent du Soleil nonobstant la gravitation, mais moins à la vérité que si la gravitation était nulle. C'est en effet ce qui arrive, comme le calcul le fait voir, quand les planètes sont arrivées à leur périhélie, où leur vitesse de projection est la plus grande, et où par conséquent elles tendent à s'éloigner le plus du soleil en vertu de cette vitesse. Il est vrai que le Soleil les attire aussi davantage dans ce même point ; mais comme le calcul le prouve, il ne les attire pas autant que leur vitesse de projection les éloigne. Voilà une des grandes objections cartésiennes résolue sans replique ; on peut en voir une autre de la même force à l'article FLUX et REFLUX DE LA MER, tom. VI. p. 490.

Calcul du mouvement et du lieu d'une planète. Les périodes et les vitesses des planètes, ou les temps qu'elles mettent à faire leurs révolutions, ont une analogie singulière avec les distances de ces planètes au Soleil. Plus une planète est proche du Soleil, plus sa vitesse est grande, et plus le temps de sa révolution est court ; la loi générale est que les carrés des temps périodiques sont comme les cubes des distances des planètes aux centres de leurs orbites. Voyez PERIODE, DISTANCE, etc.

On doit la découverte de cette loi à la sagacité de Kepler, qui la trouva pour les planètes premières : les Astronomes ont trouvé depuis qu'elle avait aussi lieu pour les planètes secondaires. Voyez SATELLITE.

Kepler n'a déduit cette loi que des observations et de la comparaison qu'il a faite entre les distances des planètes et leurs temps périodiques ; la gloire de la découvrir par les principes physiques, était réservée à Newton, qui a démontré que cette loi est une suite de la gravitation. Voyez GRAVITATION.

Le mouvement ou la distance d'une planète par rapport à son apogée, est appelé l'anomalie de la planète ; ce mouvement se mesure par l'arc ou l'aire que la planète a décrite depuis son apogée. Voyez ANOMALIE. Quand on compte le mouvement de la planète depuis le premier point d'aries, son mouvement est appelé mouvement en longitude ; or ce mouvement est ou moyen, c'est-à-dire égal à celui que la planète aurait si elle se mouvait uniformement dans un cercle ; ou vrai, c'est-à-dire, celui même par lequel elle décrit actuellement son orbite, et ce mouvement est mesuré par l'arc correspondant de l'écliptique. Voyez LONGITUDE, etc.

Par-là on peut toujours trouver le lieu d'une planète dans son orbite, l'intervalle de temps depuis qu'elle a passé par son aphelie, étant donné, car supposons que l'aire de l'ellipse soit tellement divisée par la ligne S G, que l'aire elliptique entière soit à l'aire A S G comme le temps de la révolution de la planète, est au temps donné : en ce cas G sera le lieu de la planète dans son orbite. Voyez ANOMALIE et LIEU. Les phénomènes des planètes inférieures sont leurs conjonctions, élongations, stations, rétrogradations, phases, et éclipses. Voyez CONJONCTION, ÉLONGATION, STATION, RETROGRADATION, PHASE et ECLIPSE. Les phénomènes des planètes supérieures, sont les mêmes que ceux des planètes inférieures ; il y en a seulement un de plus dans les supérieures, savoir l'opposition. Voyez OPPOSITION, etc.

A l'égard des phénomènes particuliers de chaque planète, on les trouvera aux articles de chacune. Voyez JUPITER, MARS, etc.

On trouvera de même aux articles SYSTEME, SOLAIRE, DIAMETRE, DEMI-DIAMETRE, etc. les proportions générales, les diamètres, les distances des différentes planètes.

Configuration des planètes. Voyez CONFIGURATION. Volf et Chambers. (O)

PLANETE, en terme de Vannerie, est un instrument dont on se sert pour aplatir un brin d'osier à tel degré qu'on veut. Cet instrument est plat et d'environ quatre pouces de long sur deux de large. Son tranchant est monté sur une espèce d'oreille placée de côté, au-dessus d'une lame de fer à ressort qui couvre l'instrument dans toute sa longueur et toute sa largeur, et est près ou loin de cette lame à proportion qu'on ferme ou qu'on ouvre une petite vis qui est dessous l'instrument, et sur laquelle est appuyée cette lame à ressort. Voyez les Planches.