adj. (Physique) signifie la même chose qu'intérieur, c'est-à-dire, qui existe, ou qui se passe au-dedans.

Mouvement intestin se dit du changement de place entre les parties constituantes de quelque corps ou masse que ce sait, sans que la masse totale change de place.

Les Cartesiens supposent un mouvement intestin pour expliquer la fluidité. Voyez FLUIDITE. Chambers.

INTESTINS, en termes d'Anatomie, sont des parties creuses, membraneuses et cylindriques, qui s'étendent depuis l'orifice droit de l'estomac jusqu'à l'anus, au moyen desquelles le chyle passe dans les veines lactées, et les excréments se vident. Voyez VISCERE, CHYLE, CHYLIFICATION, etc.

Les intestins ne paraissent être qu'une continuation du ventricule, car ils ont le même nombre de tuniques, et sont construits de la même manière que lui. Ils aboutissent par différentes circonvolutions et inflexions à l'anus, par lequel ils déchargent les excréments. Voyez ESTOMAC.

Ils sont, après qu'on les a séparés du mésentère auquel ils adhèrent, d'une longueur fort considérable, ordinairement six fois aussi longs que le corps qui les porte ; et quoiqu'ils ne paraissent être qu'un tuyau continu, néanmoins comme leur grandeur, leur figure et leur épaisseur varient, on les divise généralement en gros et en grêles, et chacun de ceux ci en trois autres. Les intestins grêles sont le duodenum, le jejunum et l'ileum ; et les gros le caecum, le colon, et le rectum.

Ils ont tous en commun une espèce de mouvement vermiculaire, qui commence à l'estomac, et qui se continue dans toute leur longueur, auquel on donne le nom de mouvement péristaltique. C'est pour faciliter ce mouvement, qu'ils sont tous humectés d'une grande quantité de graisse, principalement les gros, dont la surface étant un peu plus inégale, et le contenu moins fluide que celui des grêles, ont besoin d'en avoir un peu plus pour être plus glissants. Voyez nos Planches d'Anatomie, Voyez aussi PERISTALTIQUE.

Des intestins grêles le premier est le duodenum qui s'étend depuis le pilore jusqu'à l'extrémité des vertèbres du dos du côté droit, et se termine à l'endroit où les intestins forment le premier angle ; il a environ douze pouces de longueur, d'où il semble avoir tiré son nom ; il s'en faut de beaucoup que cette mesure soit exacte, et que cet intestin ait cette longueur ; il reçoit l'ouverture du conduit cholidoque et du pancréatique, qui y conduisent la bile et le suc pancréatique, qui s'y mêlent avec le chyle. Voyez DUODENUM.

Le second est le jejunum qui tire son nom de ce qu'il est ordinairement plus vide que les autres, ce qui peut venir, tant de la fluidité du chyle qui est beaucoup plus grande dans cet intestin que dans aucun de ceux qui le suivent, que de sa capacité qui étant plus grande que celle du duodenum, laisse plus aisément passer la matière, et peut-être aussi de l'irritation que souffre cet intestin de l'acrimonie de la bile, qui se vide dans les intestins un peu au-dessus de l'origine de celui-ci, et qui est cause en partie qu'il ne retient pas les matières ; néanmoins il peut se faire que le grand nombre des veines lactées dont cet intestin abonde plus qu'aucun autre, facilite la descente des matières qui sont ici privées de leurs parties les plus fluides. Cet intestin occupe presque toute la région ombilicale, et a ordinairement douze ou treize palmes de longueur.

L'ileum, qui est le troisième des intestins grêles, est situé sous l'ombilic, et remplit l'espace qui est entre les os des îles par ses plis et ses circonvolutions. Il est le plus long de tous les intestins, car on lui donne vingt-une palmes de longueur ; mais cette mesure est assez arbitraire, parce que les Anatomistes ne conviennent point de l'endroit où le jejunum finit, et où l'ileum commence, ce qui importe très-peu. La tunique interne de ces deux intestins est extrémement ridée, et l'on a cru que les plis lâches du dernier font en quelque sorte l'office de valvules, ce qui les a fait appeler valvules conniventes. Elles sont formées, comme dans l'estomac, par la tunique interne qui est beaucoup plus grande que l'externe.

Des gros intestins, le premier est le caecum qui s'insére latéralement dans l'extrémité supérieure du colon ; il n'est point percé à son autre extrémité, mais il ressemble au doigt d'un gant ; il a trois ou quatre pouces de longueur. On ne sait point encore quel est son usage ; quelques Anatomistes modernes craient que ce nom ne lui convient point, et prétendent qu'il est différent du caecum des anciens, qui, suivant eux, n'est autre que cette partie sphérique du colon, qui tient immédiatement à l'ileum, ce qui fait qu'ils lui ont donné le nom d'appendice vermiculaire. Le caecum, ou l'appendice est à proportion beaucoup plus grosse dans les enfants que dans les adultes, et dans plusieurs animaux bien plus petite que dans l'homme, et elle tient, par l'extrémité qui est fermée, au rein droit. Voyez CAECUM.

Le colon qui vient après, est le plus considérable des gros intestins ; il a la même origine que le caecum, et s'attache avec lui au rein droit. Il s'avance de-là vers le foie, où il est quelquefois attaché à la vésicule du fiel, qui lui communique une teinture jaune en cet endroit. De-là l'arc du colon se porte devant la grande convexité de l'estomac, quelquefois plus bas, et vient s'attacher à la rate par des membranes extrémement minces ; il passe ensuite par dessus le rein gauche, où sa cavité se trouve quelquefois très-resserrée, jusqu'au bas de l'os des iles, d'où il remonte à la partie supérieure de l'os sacrum, où après avoir formé les contours de l's romaine, il vient aboutir au rectum. A l'endroit où l'ileum s'unit au colon, on trouve une valvule formée par l'allongement de la tunique interne à l'ileum, qui semblable au doigt d'un gant dont on a coupé l'extrémité, pend dans la cavité du colon, et empêche le retour des excréments, quoiqu'elle soit quelquefois inutile pour cet usage, comme il arrive dans le miserere. On y remarque un grand nombre de cellules ou cavités distinctes, lesquelles sont formées par le resserrement de l'intestin par deux ligaments ou trousseaux de fibres membraneux, d'environ un doigt de large, qui s'étendent à l'opposite l'un de l'autre le long de l'intestin qu'ils entourent par intervalle, et le font ressembler à un verre dont les incorporateurs se servent pour mêler l'huile et le vinaigre.

Le dernier des intestins et le rectum, qui s'étend depuis l'os sacrum jusqu'à l'anus, et qui est sans cellules. Il est attaché à l'os sacrum et au coccyx par le moyen du péritoine, au col de la vessie dans les hommes, au vagin dans les femmes, auquel il tient fortement par une substance membraneuse ; il est presque impossible de distinguer la substance du vagin de celle de l'intestin. Sa longueur est ordinairement d'une palme et demie ou deux, et sa largeur de trois doigts. Son extrémité à laquelle on donne le nom d'anus est munie de quatre muscles ; savoir, de deux sphincters et de deux releveurs, dont on peut voir la description en leur place.

On trouve encore dans les intestins un grand nombre de glandes, qui forment dans les grêles comme autant de grappes de raisin ; elles sont très-petites dans ces derniers, et on les distinguerait à peine si elles ne formaient plusieurs amas. Elles sont plus grosses dans les gros intestins, et dispersées, et on leur donne le nom de glandes solitaires, malgré leur nombre, qui est très-considérable : ces glandes déchargent une liqueur dans les intestins ; mais on ne sait si elle sert à quelque chose de plus qu'à les lubrifier et à délayer les matières qu'ils contiennent, quoique ce soit par ces glandes que se fait la plus grande partie de la décharge que l'on a souvent occasion d'observer dans les diarrhées extraordinaires, ou dans l'administration des cathartiques.

Les intestins reçoivent du sang des artères mésentériques, lequel retourne par les veines mésaraïques : mais le duodenum reçoit une branche d'artère de la coeliaque, qu'on appelle duodenate, à laquelle répond une veine de même nom, qui ramène pareillement le sang dans la veine porte. Le rectum en reçoit d'autres, auxquelles on donne le nom d'hémorroïdales ; savoir, l'interne de la mésentérique inférieure, et l'externe de l'hypogastrique, avec des veines correspondantes qui ont le même nom, et qui aboutissent aussi à la veine porte. Ces vaisseaux fournissent aux intestins une infinité de ramifications, et varient souvent dans plusieurs sujets de même espèce. Il s'en faut de beaucoup aussi qu'ils aient une apparence uniforme dans les animaux de différente espèce. Les intestins reçoivent leurs nerfs de ceux de l'estomac ; il leur en vient aussi du grand plexus mésentérique, qui donne des branches à tous les intestins. Les autres vaisseaux des intestins sont les conduits lymphatiques et les veines lactées. Voyez LACTEE et CONDUIT LYMPHATIQUE.